Evangile pour le 7° dimanche de Pâques – 2 juin 2019

Posté par rtireau le 30 mai 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17, 20-26.  

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi.
Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN :
moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.
Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.
Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé.
Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

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Homélie

Posté par rtireau le 30 mai 2019

7° dimanche de Pâques dans l’année C –2 juin 2019

Actes  7, 55-60 ; Psaume 96 ; Apocalypse 22, 12-14; 16-20 ; Jean 17, 20-26

Saint Luc (1èrelecture) décrit avec amour la belle figure d’Etienne. Ce jeune juif devenu chrétien est mort, victime de sa largeur d’esprit, et de la passion de son amour au service de l’Evangile. Il est tué pour avoir proclamé sa foi. Son martyre, hors des murs de Jérusalem, tout près de la porte de Damas, ouvrit à l’Eglise les portes de l’évangélisation du monde. En effet, c’est ce meurtre qui a bousculé la première communauté à sortir des remparts de Jérusalem. Peu de temps après, un autre jeune, témoin consentant de la lapidation d’Etienne, sortira par cette même porte pour gagner Damas. A son tour, il sera enveloppé par la gloire du Ressuscité. Vous avez reconnu Saul de Tarse qui prendra le relais d’Etienne. Rien n’arrêtera la course de  l’Evangile.

Avez-vous remarqué comment la mort d’Etienne, le premier martyr chrétien, se trouve présentée comme la mort de Jésus : il passe devant un tribunal ; il est entraîné hors de la ville ; il remet son esprit entre les mains du Seigneur ; il meurt en priant pour ses bourreaux. Pendant 3 siècles, les chrétiens seront peu nombreux et soumis au même type de persécution que Jésus, sûrement parce qu’ils sont un danger pour le pouvoir. De Jérusalem à Rome, on se méfie d’eux et on essaie de les faire disparaître. Malgré cela, les communautés se multiplient et se développent. Et voici qu’au 4èmesiècle l’empereur se déclare lui-même chrétien. Alors les chrétiens sont non seulement acceptés, mais peu à peu prennent les commandes de la société : c’est l’Europe de chrétienté. Mais que devient la foi en situation confortable ? L’authenticité chrétienne se transforme lorsque les chrétiens ont le pouvoir ? C’est à ce moment-là que naît la vie religieuse : des hommes et des femmes quittent la cité pour le désert. Ils ont comme une mission de guetteurs : Attention, le Royaume de Dieu n’est pas arrivé, même si on est au pouvoir et organisés en chrétienté.Ils sont donc de nouveaux dérangeurs, et martyrseux-aussi quelquefois.

J’aime bien cette constatation d’histoire. Ceux qui essaient d’être vraiment chrétiens ne se font pas tous assassiner, mais ils sont rarement populaires bien longtemps. Et si nous sommes si peu dérangés, nous, c’est toujours une fameuse question : sommes-nous vraiment chrétiens ? Vous savez combien j’aime les petites paraboles. En voici une qui aborde cette question : c’est un jeune homme, converti depuis peu, qui demande à un ancien : 

- Abba, devrais-je maintenant renoncer complètement au monde ?- N’aie pas peur, lui répondit-il. Si ta vie est vraiment chrétienne, c’est le monde qui immédiatement renoncera à toi.

 L’évangile nous place au cœur de la prière de Jésus. Il prie pour nous, qui avons accueilli les paroles de ses apôtres et qui croyons en lui. Et il insiste auprès de son Père pour que notre unité soit parfaite, c’est-à-dire à l’image de celle qui existe entre lui et son Père, qui s’appelle l’Esprit. L’Esprit qui guérit sans cesse la maladie des chrétiens qui est de se déchirer à cause du manque de communion. Quelquefois ils se déchirent au nom même de l’Esprit. Eh bien ce n’est pas celui du Christ : car l’Esprit du Christ est bien audace, mais jamais révolte ; il est bien amour, mais jamais soupçon ; il provoque bien des tensions, mais ne pousse jamais à s’entre-déchirer.

Ecoutez Marion Muller-Colard, jeune théologienne protestante, au sujet de notre texte : « Dieu demeure en tout homme qui se sait demeurer en lui. Cet humain-là, quelque soit son statut, est porteur du sacré… En ce sens c’est un affreux malentendu que le message chrétien ait été converti en une nouvelle religion. Le christianisme est, en substance, l’abolissement de tout système religieux… C’est cela la bonne nouvelle pour les hommes… » 

Je pense aussi au livre de Maurice Bellet : Le Dieu Sauvage. Curieux titre pour dire qu’on a affublé Dieu au long des siècles de différents oripeaux : certains très sérieux (Dieu de la raison, Dieu des Philosophes) ; d’autres insupportables (Dieu de la guerre – encore de nos jours, des humains font la guerre au nom de Dieu). Tout plein d’oripeaux, dit Maurice Bellet, sauf ceux de l’Evangile. Et son livre qui a l’air pessimiste se termine tout d’un coup de façon paisible avec ce qu’il appelle le Dieu Surgissant (surgissant de l’Evangile), toutes les fois que se tient cette “relation où l’être humain est pour l’autre humain présence bonne et vivifiante. Ce Dieu-là, par rapport aux dieux installés, est un Dieu surgissant.” C’est en ce Dieu-là que nous sommes heureux de croire.

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Evangile pour la fête de l’Ascension, année C – 30 mai 2019

Posté par rtireau le 27 mai 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24,46-53.

En ce temps-là, Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur dit : « Il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
À vous d’en être les témoins. »
Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut. »
Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit.
Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel.
Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie.
Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

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Homélie

Posté par rtireau le 27 mai 2019

Ascension du Seigneur dans l’année C - 30 mai 2019 (1èrecommunion)

Actes  1, 1-11 ; Psaume 46 ; Hébreux 9, 24-28; 10, 19-23 ; Luc 24, 46-53

Vous vous êtes déplacés nombreux et peut-être de loin pour ce moments de fête où l’un de vos proches est concerné au plus profond de lui, pour ce moment où l’un de vos proches, comme disait Mgr Rouet quand il était évêque de Poitiers, met en jeu quelque chose de fondamental pour son existence. Vous vous êtes déplacés pour une raison relationnelleforte, une raison d’amitié ou d’affection. Et vous avez eu raison. Dieu déplace les foules quand il y a une bonne raison humaine relationnellede bouger. Tertullien, un père de l’Eglise du 3° siècle vous aurait dit que vous êtes venus grâce à ce qu’il appelait le “sacrement du frère.”

Ascension – Pentecôte: deux fêtes qui vont bien ensemble, et qui disent un message très fort sans doute pas assez entendu. Sinon, il y aurait moins de désespérés de l’absence de Dieu. Et moins de rêveurs à l’affût d’interventions directes de Dieu dans le monde pour tout régler. Ascension – Pentecôte: message fort de la présence dans l’absence. Compliqué ? Non ! Simplement mystérieux et très fréquent : Untelqui est toujours là, on dit de lui qu’il est tout le temps dans la lune. Tel autre : on dit de lui qu’il est très présent alors qu’il se trouve à l’autre bout du monde, ou même décédé depuis longtemps. Ceux qui nous sont chers ne sont jamais vraiment absents. Au fond la véritable absence est l’indifférence. Et la vraie présence est celle qu’on ne voit pas forcément, mais qui éclaire tout de sa présence mystérieuse.

Quelques phrases du Nouveau Testament autour de ce messageAscension – Pentecôte :

- Dans les Actes des apôtres (1ère lecture) : “Vous allez recevoir une force, quand le Saint Esprit viendra sur vous. Vous serez alors mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre.”

- Dans l’Evangile de Luc (d’aujourd’hui)“Demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut.”

- Ailleurs dans le livre des Actes des apôtres, au chapitre 15, v. 28), cette fameuse réflexion de quelques apôtres que je trouve tout à fait succulente : “L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé”… Ça peut être tentant de parler comme ça.

-Un autre mot étonnant de Jésus (St Jean au chapitre 16, v. 7) : “Il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai ».Autrement dit, Jésus est venu pour dire que tout ce qui est humain a une dimension divine. Et il faut qu’il parte pour empêcher les hommes d’idolâtrer Jésus, pour signifier : “Dieu, c’est bien moi, mais ce n’est pas seulement ce que vous voyez. Aucun homme à lui tout seul, même pas moi, ne peut dire tout de Dieu.”Il est donc soustrait à leurs yeux pour qu’ils aillent à sa rencontre sur les routes du monde, pour que, vivant de sa mémoire, ils le découvrent ailleurs et autrement, inconnu sous les traits du prochain. Jésus lui-même n’a pas fixé la manière de dire Dieu. Il n’était pas une photo de Dieu.

Des enfants aujourd’hui commencent à communier. Ils vont recevoir le Corps du Christ !Compliqué ? Beaucoup aimeraient qu’on explique. Moi je crois qu’il ne faut pas expliquer. En effet, ce n’est pas compliqué, c’est simplement mystérieux. Et un mystère, ce n’est pas : “circulez, y’a rien à voir”, mais “scrutez car il y a tellement à comprendre que vous n’aurez jamais fini.”Ce qu’il faut, c’est se mettre en chemin sans tarder pour commencer à comprendre le mystère.

En réalité, la messe est la rencontre de deux présences réelles : celle du Christ, qui ne fait aucun doute, et la nôtre, notre présence, qui, elle, est parfois moins sûre. Nous communions à la présence réelledu Christ pendant la messe pour devenir nous-mêmesprésence réelledu Christ après la messe. Vous connaissez la formule : “Moi, je ne mange pas de ce pain-là.”Eh bien, vous les adultes qui accompagnez ces enfants qui vont commencer à manger de ce pain-là, soyez chaque jour à leurs côtés pour qu’ils partagent leur vie comme on partage le pain… 

Soyons tous réellement présents pour accueillir la présencedu Christ en partageant l’eucharistie : car on ne mange pas de ce pain n’importe comment. On le reçoit avec respect. Saint Cyrille de Jérusalem disait dès le 4° siècle : “Fais de ta main gauche un trône pour ta main droite qui doit recevoir le Christ”. Et je vous invite à avoir le sourire en le donnant, sourire en le recevant.

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Evangile pour le 6° dimanche de Pâques – 26 mai 2019

Posté par rtireau le 22 mai 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14, 23-29.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.

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Homélie

Posté par rtireau le 22 mai 2019

6° dimanche de Pâques dans l’année C – 26 mai 2019

Actes 15, 1-2.22-29
 ; Psaume 66
 ; Apocalypse 21, 10-14.22-23
 ; Jean14, 23-29

Discours d’adieu, c’est souvent comme ça qu’on appelle le texte dont je viens de lire un extrait. Le mot confidenceconviendrait mieux car c’est un vrai moment d’intimité. Jésus va quitter ce monde et passer à son Père. Il annonce encore une fois son départà ses amis. Il essaie encore une fois de leur faire comprendre ce qui va lui arriver. C’est tellement le contraire de ce qu’ils espèrent. Juste avant ce texte, Jude, un des apôtres, a posé une question qui montre bien où ils en sont : “Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ?”M’enfin ! Jésus, tu devrais une bonne fois montrer ta puissance ? Pourquoi te réserves-tu seulement pour un petit groupe d’amis ? Si tu veux t’imposer dans l’opinion, si tu veux être quelqu’un pour les foules, montre-toi, fais quelque chose !

Et la réponse de Jésus est prodigieuse, d’autant plus qu’elle est celle d’un homme qui va vers la mort. « Indéracinable volonté, écrit Marion Muller-Colard, de l’homme qui plonge en Dieu au point de ne faire qu’un avec lui » : “Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole.”Et l’effet en retour sera l’amour du Père. “Mon Père l’aimera.”Et ça permettra la visite du Père et du Fils : “Nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.”Traduction plus littérale : “Nous planterons en lui notre tente”, avec tout ce que çà pouvait signifier pour un Israélite : non pas cohabitation mais inhabitation, non pas côte à côte, mais présence intime, au cœur, qui conduira Jésus à dire un instant plus tard : “Que tous soient uns, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi.”(Jean 17, 21) 

En bref, pour celui qui accueille la Parole, la Parole ouvre en lui une demeure de Dieu. L’ami du Christ devient temple de Dieu. Le Christ ressuscité n’a plus maintenant d’autre présence que par les hommes capables d’aimer.

Bientôt, ce sera le temps de l’Esprit, la Pentecôte, qui réveillera en chacun la Parole du Seigneur. Jésus a tout dit de son vivant. Mais les chrétiens n’auront jamais fini de comprendre sa Parole. “L’Esprit Saint… vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.”Un jour, notre évêque qui s’exprimait devant des jeunes avait donné un nom particulier à l’Esprit : il l’avait appelé le Traducteur : “Lisez la bible, disait-il, et l’Esprit qui est en vous traduira les mots que vous lirez en parole de Dieu pour vous aujourd’hui.”Vous vous rendez compte, chacun de nous a son traducteur. Moi, je suis en train de vous dire ma traduction du texte. Mais chacun a un traducteurau fond de son cœur, pour entendre Dieu lui parler.

Notre texte dit aussi un autre nom pour l’Esprit : le Défenseur! Un mot bien concret : le défenseur, l’avocat de la défense. La traduction de Monsieur Chouraqui dit Réconfort. Partout où l’homme sera menacé, Dieu lui-même le défendra. Quand l’Esprit de Dieuse fait droit de l’homme.

Dans la suite de notre texte, Jésus donne sa paix,non pas, dit-il, à la façon dont le monde la donne.En Orient, on donne la paix : salamshalom,comme on dirait bonjour. Donner ainsi la paix, c’est déclarer simplement à celui qu’on rencontre qu’on ne lui fera pas la guerre. C’est déjà beaucoup ! Pourtant Jésus donne plus. Rappelez-vous la belle expression qu’on emploie avec les enfants quand ils sont fâchés : “Faisons la paix !”Eh bien ! Jésus fait la paix, au prix de sa vie. La paix que donne Jésus, dans la mesure où on sait l’accueillir, n’est pas un arrangement, c’est une création nouvelle

Jean Debruynne, le poète, parle de cette paix à la manière de Jésus : “La paix aurait pu être une fleur sauvage, de ces fleurs des champs que nul ne sème ni ne moissonne. La paix aurait pu être de ces fleurs des prés que l’on trouve toutes faites un beau matin au bord d’un chemin, au pied d’un arbre ou au détour d’un ruisseau. Il aurait suffi de ramasser la paix comme on ramasse des champignons ou comme on cueille la bruyère ou la grande marguerite. Au contraire ! La paix est un travail, c’est une tâche. Il faut faire la paix comme on fait du blé. Il faut faire la paix comme il faut des années pour faire une rose et des siècles pour faire une vigne. La paix n’existe pas à l’état sauvage : il n’y a de paix qu’à visage humain.”

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Evangile pour le 5° dimanche de Pâques – 19 mai 2019

Posté par rtireau le 15 mai 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13, 31-33a.34-35.

Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.
Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.
Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. »
Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.
À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

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Homélie

Posté par rtireau le 15 mai 2019

5° dimanche de Pâques dans l’année C -19 mai 2019

Actes 14, 21b-27 ; Psaume 144 ; Apocalypse 21, 1-5a ; Jean 13, 31-33a.34-35

Au cours de son dernier repas avec ses disciples, au moment même où Judas s’apprête à faire son œuvre de mort, Jésus, curieusement, se met à parler de gloire“Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifiéen lui.” Étranges Paroles ! Au moment où l’étau de la haine et de la trahison se referme sur Jésus, il parle de gloire. Ce Jésus bientôt bousculé, giflé, battu, crucifié, ce serait … la gloire de Dieu ? Saint Jean qui a écrit ce passage serait-il illuminé ou sadique pour tenir de tels propos ?

Au temps de Jésus, et dans son pays, la gloire est bien le rayonnement de la puissance aux yeux de tous. Et au temps où Saint Jean a écrit son évangile, on a pu être témoin du triomphed’un général romain qu’on accueillait dans l’euphorie lorsqu’il arrivait victorieux à la tête de son armée. Saint Jean savait donc bien ce qu’était la gloire sur un visage ou au milieu d’une foule. Et c’est bien consciemment qu’il écrit là une des phrases les plus bouleversantes qui ait jamais été prononcées : quand Dieu se montre, quand Dieu rayonne dans la foule, quand il se révèle aux yeux de tous, il peut le faire même sous les traits du juste persécuté !Attention! N’y voyons aucune attirance morbide vers la souffrance et la mort. On n’est pas en train de dire que c’est souhaitable ou qu’il faille passer par cette extrémité pour que la gloire de Dieu soit manifestée. Non ! Mais on dit que Jésus, à qui c’est arrivé, et qui est allé jusqu’au bout, malgré la peur et l’agonie, Jésus remporte la plus haute victoire, celle de l’amour et du don total. Humble, pauvre, discrète, fulgurante gloire humaine de Dieu !

Ainsi, au moment même où Jésus va entrer dans la nuit, le silence et la détresse, Saint Jean annonce le Fils de l’homme glorifié et Dieu glorifié.La gloire de Dieu se montre même au moment de l’apparente déchéance. Même quand l’homme a perdu jusqu’à son visage d’homme, même quand il est torturé et mis à mort, rien ne peut empêcher Dieu de lui reconnaître son propre visage. Un homme reste un homme jusqu’au bout, un homme reste un signe de Dieu jusqu’au bout.

“Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous …” (Test sur le mot le plus important de la phrase…. : Comme…) Souvent, on cite la phrase :“Aimez-vous les uns les autres”. C’est bien. Mais le début commeje vous ai aimés” change complètement le sens. Car il nous interdit de penser amourau sens vague du terme. En effet, la manière dont Jésus a aimé n’était pas vague du tout. Toute une société en était remuée : il renversait les barrièresentre les pécheurs et ceux qui se croyaient justes, entre les infirmes et ceux qui se croyaient bien-portants, entre les pauvres et les riches, entre les exclus et les notables.

Si j’écoute cette parole de Jésus (“Comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous”),je me sais invité à aimer tel ou tel qui m’a trahi, tel ou tel que j’ai du mal à aimer. Je sais que j’ai à répondre par amour à toute violence.Cet amour-la ne se définit pas en termes gentillets ou vaguement religieux. Cet amour-la n’est pas sucré, mais sel, comme le dit Olivier Clément. Cet amour-la n’escamote même pas la violence, mais la change en combat de vie. Et si je vis ainsi,je signifie que je ne m’arrête pas à la mort contenue dans la violence et la haine. Si je suis capable d’aller jusqu’au pardon, je suis conscient que je donne à voir ma foi en la résurrection…

Cet Amour-la est la suprême énergie qui fait toutes choses nouvelles dans l’homme et dans la société : “A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres.”dit Jésus. Non pas seulement parce que l’amour fait du bien, ou fait le bien, mais parce que l’amour est Dieu lui-même rendu présent. Ecoutez cette petite histoire que raconteMarion Muller Collard en parlant de ses enfants : Un jour, j’ai surpris une conversation entre mes fils. Le plus petit demandait à l’aîné : « Comment ça serait, si maman était morte ? » L’aîné a haussé les épaules : « On mangerait moins de gâteaux. » J’ai ri depuis mes fourneaux. Il y aurait moins de gâteaux, mais pas moins d’amour. La bonne nouvelle del’Évangile est extrêmement assimilablepar les enfants. Peut-être est-ce pour cela que Jésus introduitces versets par l’appellation « Petits enfants ? »Il sait qu’ils ont en surcroît cette matière poreusede l’amour qui les rend perméables à Dieu.

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Evangile pour le 4° dimanche de Pâques – 12 mai 2019

Posté par rtireau le 6 mai 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10, 27-30. 

En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent.
Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main.
Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père.
Le Père et moi, nous sommes UN. »

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Homélie

Posté par rtireau le 6 mai 2019

4° dimanche de Pâques dans l’année C – 12 mai 2019

Actes 13, 14…43-52 ; Psaume 99 ; Apocalypse 7, 9.14b-17 ; Jean 10, 27-30

Paul et Barnabé sont à Antioche de Pisidie. Ils font beaucoup de convertis au judaïsme. Et le sabbat suivant presque toute la ville se rassemble pour entendre la parole du Seigneur. Et puis ça tourne mal. Alors Paul et Barnabé leur déclarent avec assurance :“C’est à vous d’abord qu’il était nécessaire d’adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez,… eh bien ! Nous nous tournons vers les nations païennes.” Les uns sont pleins de joieen entendant cette Parole : “les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur.Les autres sont remplis de fureur.

Trois conclusions :

- la première, c’est qu’il est impossible de faire taire les apôtres. Impossible de se taire quand on porte la foi chrétienne en soi. 

- deuxième conclusion : face à la Bonne Nouvelle, il y a fureur ou joie, pas de moyen terme. Je me suis souvent dit que toute les fois qu’il y a indifférence, même polie, c’est que la Parole n’a pas été entendue. La Bonne Nouvelle ne supporte pas l’indifférence.

- Troisième conclusion : Même les poursuites et les expulsions participent aussi à faire répandre la nouvelle plus loin“ils se mirent à poursuivre Paul et Barnabé, et les expulsèrent de leur territoire. Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et se rendirent à Iconium, tandis que les disciples étaient pleins de joie et d’Esprit Saint.”

“Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais”. J’ai lu sous la plume de Fabien Deleclos, dans son livre Prends et mange la Parole, des précisions utiles pour comprendre qui sont les bergers de l’Evangile : “Leur mission n’avait rien de romantique ni de facile. Rude épreuve que de chercher des pâturages et des points d’eau dans des régions désertiques et rocailleuses. Métier dangereux et plein de risques, exigeant beaucoup de courage pour défendre le troupeau contre les fauves et les voleurs. Une vocation(le mot y est) de combattant.”

Alors je suis allé lire Ezéchiel, le chapitre 34 intitulé Les pasteurs d’Israël.Le verset 16 dit ceci : “La brebis perdue, je la chercherai ; l’égarée, je la ramènerai. Celle qui est blessée, je la panserai. Celle qui est malade, je lui rendrai des forces. Celle qui est grasse et vigoureuse, je la garderai.” Quelqu’un a pu dire un jour : « Il y a deux sortes de pasteurs, ceux qui s’intéressent à la laine et ceux qui s’intéressent à la viande. Aucun ne s’intéresse aux brebis« . Dans notre monde de rendement et de solitudes, prenons le temps de goûter cette parabole de l’évangile : Jésus a payé de sa personne, il connaissait ses brebis.Et quand il emploie ce mot connaître, Jésus ne parle pas de Curriculum Vitae.Pour Jésus et pour ses auditeurs Juifs connaîtrec’est naître avec, c’est entrer en communion avec l’autre, c’est compatir quand il souffre, c’est se réjouir avec lui, se battre avec lui. Jésus est entré en communion avec les personnes parce qu’il les rejoignait dans leur être profond. Ce n’est pas la transgression de la loi qu’il voyait d’abord chez les pécheurs, mais leur soif, leur faim, leur désir de vivre autrement. Alors chacun était unique à ses yeux, et les exclusdevenaient pour lui des élus, ce qui ne plaisait pas beaucoup aux pharisiens.

« Mes brebis écoutent ma voix ;moi je les connais…Je leur donne la vie éternelle… Personne ne les arrachera de ma main”Désormais cette parole interpellera tous ceux qui ont à exercer un pouvoirsur les autres. A partir de la Résurrection du Christ Pasteur, on ne peut plus profiter des autres pour agir selon ses intérêts. La nature même du pouvoir a été changée par la vie du Christ au milieu de nous. Le pouvoir n’est plus la possibilité d’exercer son influence sur les autres. Le pouvoir est une délégation de serviceà rendre. A chacun de s’interroger sur ce qu’il peut faire ? C’est plus exigeant que de se contenter de ressasser ce qui ne va pas. 

J’aime bien à ce sujet la réponse de Mère Teresa à un journaliste qui lui demandait :“Qu’est-ce qui ne va pas dans le monde, ma sœur ?” Sa réponse fut brève: “Vous et moi, Monsieur.”Dans nos communautés, quand des chrétiens se connaissent et se reconnaissent, quand des chrétiens ont le souci de ceux qui ne sont pas encore accueillis, alors des personnes se sentent appelées à être des pasteurs au service des communautés. C’est là que le mot vocationpeut surgir.

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