Homélie

Posté par rtireau le 27 mai 2019

Ascension du Seigneur dans l’année C - 30 mai 2019 (1èrecommunion)

Actes  1, 1-11 ; Psaume 46 ; Hébreux 9, 24-28; 10, 19-23 ; Luc 24, 46-53

Vous vous êtes déplacés nombreux et peut-être de loin pour ce moments de fête où l’un de vos proches est concerné au plus profond de lui, pour ce moment où l’un de vos proches, comme disait Mgr Rouet quand il était évêque de Poitiers, met en jeu quelque chose de fondamental pour son existence. Vous vous êtes déplacés pour une raison relationnelleforte, une raison d’amitié ou d’affection. Et vous avez eu raison. Dieu déplace les foules quand il y a une bonne raison humaine relationnellede bouger. Tertullien, un père de l’Eglise du 3° siècle vous aurait dit que vous êtes venus grâce à ce qu’il appelait le “sacrement du frère.”

Ascension – Pentecôte: deux fêtes qui vont bien ensemble, et qui disent un message très fort sans doute pas assez entendu. Sinon, il y aurait moins de désespérés de l’absence de Dieu. Et moins de rêveurs à l’affût d’interventions directes de Dieu dans le monde pour tout régler. Ascension – Pentecôte: message fort de la présence dans l’absence. Compliqué ? Non ! Simplement mystérieux et très fréquent : Untelqui est toujours là, on dit de lui qu’il est tout le temps dans la lune. Tel autre : on dit de lui qu’il est très présent alors qu’il se trouve à l’autre bout du monde, ou même décédé depuis longtemps. Ceux qui nous sont chers ne sont jamais vraiment absents. Au fond la véritable absence est l’indifférence. Et la vraie présence est celle qu’on ne voit pas forcément, mais qui éclaire tout de sa présence mystérieuse.

Quelques phrases du Nouveau Testament autour de ce messageAscension – Pentecôte :

- Dans les Actes des apôtres (1ère lecture) : “Vous allez recevoir une force, quand le Saint Esprit viendra sur vous. Vous serez alors mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre.”

- Dans l’Evangile de Luc (d’aujourd’hui)“Demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut.”

- Ailleurs dans le livre des Actes des apôtres, au chapitre 15, v. 28), cette fameuse réflexion de quelques apôtres que je trouve tout à fait succulente : “L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé”… Ça peut être tentant de parler comme ça.

-Un autre mot étonnant de Jésus (St Jean au chapitre 16, v. 7) : “Il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai ».Autrement dit, Jésus est venu pour dire que tout ce qui est humain a une dimension divine. Et il faut qu’il parte pour empêcher les hommes d’idolâtrer Jésus, pour signifier : “Dieu, c’est bien moi, mais ce n’est pas seulement ce que vous voyez. Aucun homme à lui tout seul, même pas moi, ne peut dire tout de Dieu.”Il est donc soustrait à leurs yeux pour qu’ils aillent à sa rencontre sur les routes du monde, pour que, vivant de sa mémoire, ils le découvrent ailleurs et autrement, inconnu sous les traits du prochain. Jésus lui-même n’a pas fixé la manière de dire Dieu. Il n’était pas une photo de Dieu.

Des enfants aujourd’hui commencent à communier. Ils vont recevoir le Corps du Christ !Compliqué ? Beaucoup aimeraient qu’on explique. Moi je crois qu’il ne faut pas expliquer. En effet, ce n’est pas compliqué, c’est simplement mystérieux. Et un mystère, ce n’est pas : “circulez, y’a rien à voir”, mais “scrutez car il y a tellement à comprendre que vous n’aurez jamais fini.”Ce qu’il faut, c’est se mettre en chemin sans tarder pour commencer à comprendre le mystère.

En réalité, la messe est la rencontre de deux présences réelles : celle du Christ, qui ne fait aucun doute, et la nôtre, notre présence, qui, elle, est parfois moins sûre. Nous communions à la présence réelledu Christ pendant la messe pour devenir nous-mêmesprésence réelledu Christ après la messe. Vous connaissez la formule : “Moi, je ne mange pas de ce pain-là.”Eh bien, vous les adultes qui accompagnez ces enfants qui vont commencer à manger de ce pain-là, soyez chaque jour à leurs côtés pour qu’ils partagent leur vie comme on partage le pain… 

Soyons tous réellement présents pour accueillir la présencedu Christ en partageant l’eucharistie : car on ne mange pas de ce pain n’importe comment. On le reçoit avec respect. Saint Cyrille de Jérusalem disait dès le 4° siècle : “Fais de ta main gauche un trône pour ta main droite qui doit recevoir le Christ”. Et je vous invite à avoir le sourire en le donnant, sourire en le recevant.

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