Homélie

Posté par rtireau le 30 mai 2019

7° dimanche de Pâques dans l’année C –2 juin 2019

Actes  7, 55-60 ; Psaume 96 ; Apocalypse 22, 12-14; 16-20 ; Jean 17, 20-26

Saint Luc (1èrelecture) décrit avec amour la belle figure d’Etienne. Ce jeune juif devenu chrétien est mort, victime de sa largeur d’esprit, et de la passion de son amour au service de l’Evangile. Il est tué pour avoir proclamé sa foi. Son martyre, hors des murs de Jérusalem, tout près de la porte de Damas, ouvrit à l’Eglise les portes de l’évangélisation du monde. En effet, c’est ce meurtre qui a bousculé la première communauté à sortir des remparts de Jérusalem. Peu de temps après, un autre jeune, témoin consentant de la lapidation d’Etienne, sortira par cette même porte pour gagner Damas. A son tour, il sera enveloppé par la gloire du Ressuscité. Vous avez reconnu Saul de Tarse qui prendra le relais d’Etienne. Rien n’arrêtera la course de  l’Evangile.

Avez-vous remarqué comment la mort d’Etienne, le premier martyr chrétien, se trouve présentée comme la mort de Jésus : il passe devant un tribunal ; il est entraîné hors de la ville ; il remet son esprit entre les mains du Seigneur ; il meurt en priant pour ses bourreaux. Pendant 3 siècles, les chrétiens seront peu nombreux et soumis au même type de persécution que Jésus, sûrement parce qu’ils sont un danger pour le pouvoir. De Jérusalem à Rome, on se méfie d’eux et on essaie de les faire disparaître. Malgré cela, les communautés se multiplient et se développent. Et voici qu’au 4èmesiècle l’empereur se déclare lui-même chrétien. Alors les chrétiens sont non seulement acceptés, mais peu à peu prennent les commandes de la société : c’est l’Europe de chrétienté. Mais que devient la foi en situation confortable ? L’authenticité chrétienne se transforme lorsque les chrétiens ont le pouvoir ? C’est à ce moment-là que naît la vie religieuse : des hommes et des femmes quittent la cité pour le désert. Ils ont comme une mission de guetteurs : Attention, le Royaume de Dieu n’est pas arrivé, même si on est au pouvoir et organisés en chrétienté.Ils sont donc de nouveaux dérangeurs, et martyrseux-aussi quelquefois.

J’aime bien cette constatation d’histoire. Ceux qui essaient d’être vraiment chrétiens ne se font pas tous assassiner, mais ils sont rarement populaires bien longtemps. Et si nous sommes si peu dérangés, nous, c’est toujours une fameuse question : sommes-nous vraiment chrétiens ? Vous savez combien j’aime les petites paraboles. En voici une qui aborde cette question : c’est un jeune homme, converti depuis peu, qui demande à un ancien : 

- Abba, devrais-je maintenant renoncer complètement au monde ?- N’aie pas peur, lui répondit-il. Si ta vie est vraiment chrétienne, c’est le monde qui immédiatement renoncera à toi.

 L’évangile nous place au cœur de la prière de Jésus. Il prie pour nous, qui avons accueilli les paroles de ses apôtres et qui croyons en lui. Et il insiste auprès de son Père pour que notre unité soit parfaite, c’est-à-dire à l’image de celle qui existe entre lui et son Père, qui s’appelle l’Esprit. L’Esprit qui guérit sans cesse la maladie des chrétiens qui est de se déchirer à cause du manque de communion. Quelquefois ils se déchirent au nom même de l’Esprit. Eh bien ce n’est pas celui du Christ : car l’Esprit du Christ est bien audace, mais jamais révolte ; il est bien amour, mais jamais soupçon ; il provoque bien des tensions, mais ne pousse jamais à s’entre-déchirer.

Ecoutez Marion Muller-Colard, jeune théologienne protestante, au sujet de notre texte : « Dieu demeure en tout homme qui se sait demeurer en lui. Cet humain-là, quelque soit son statut, est porteur du sacré… En ce sens c’est un affreux malentendu que le message chrétien ait été converti en une nouvelle religion. Le christianisme est, en substance, l’abolissement de tout système religieux… C’est cela la bonne nouvelle pour les hommes… » 

Je pense aussi au livre de Maurice Bellet : Le Dieu Sauvage. Curieux titre pour dire qu’on a affublé Dieu au long des siècles de différents oripeaux : certains très sérieux (Dieu de la raison, Dieu des Philosophes) ; d’autres insupportables (Dieu de la guerre – encore de nos jours, des humains font la guerre au nom de Dieu). Tout plein d’oripeaux, dit Maurice Bellet, sauf ceux de l’Evangile. Et son livre qui a l’air pessimiste se termine tout d’un coup de façon paisible avec ce qu’il appelle le Dieu Surgissant (surgissant de l’Evangile), toutes les fois que se tient cette “relation où l’être humain est pour l’autre humain présence bonne et vivifiante. Ce Dieu-là, par rapport aux dieux installés, est un Dieu surgissant.” C’est en ce Dieu-là que nous sommes heureux de croire.

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