Homélie

Posté par rtireau le 6 juin 2019

Fête de la Pentecôte – 9 juin 2019

Actes 2, 1-11 ; Psaume 103 ; Romains 8, 8-17 ; Jean 14, 15-16.23b-26

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus s’apprête à quitter le monde et il parle de l’Esprit“Moi je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous, l’Esprit de vérité… Il sera en vous.”Beaucoup croient que le mystère de la Trinitéest compliqué. Or vous savez que Jésus, le Fils, nous parle sans cesse de son Père, et qu’il nous quitte en assurant qu’il restera présent par son Espritqui “demeure en nous”. Simple, non ? Le mystère reste entier, mais c’est à la manière du mystère de l’Amourdont chacun peut déjà faire l’expérience. C’est donc un passage de relais que Jésus fait à ses disciples : c’est à eux (à nous) de continuer d’annoncer que Dieu est Père.Et il promet l’Esprit qui sera sa présence jusqu’à la fin des temps.

J’aime bien aussi la petite parabole intitulée: Entre Ascension et Pentecôte.Quand le Christ ressuscité était en train de monter au ciel, il jeta un coup d’œil vers la terre et la vit plongée dans l’obscurité, sauf quelques petites lumières sur Jérusalem. En pleine ascension, il croise l’ange Gabriel qui lui demande :

- “Seigneur, qu’est-ce que c’est que ces petites lumières ?” 

- “Ce sont les Apôtres en prière, groupés autour de ma mère. Mon plan : à peine rentré au ciel, leur envoyer mon Esprit, pour que ces petits feux deviennent un grand brasier, qui enflamme d’Amour – Charité, peu à peu, tous les peuples de la terre !”  

Et l’ange Gabriel ose répliquer: “Et que ferez-vous, Seigneur, si ce plan ne réussit pas ?” 

Après un instant de silence, le Seigneur lui répond doucement :“Mais je n’ai pas d’autre plan.”

Ecoutez maintenant Jacques NOYER, évêque émerite d’Amiens, qui raconte à sa façon, en 2015, l’histoire de la Pentecôte. C’est l’histoire de cette poignée d’hommes qui ce jour-là ont ouvert portes et fenêtres sur le monde pour lui annoncer la Bonne Nouvelle. Ils disaient que tous les peuples sont aimés de Dieu et appelés à vivre en paix. Ils disaient qu’il ne fallait pas avoir peur car l’amour peut changer la face du monde. Pourtant ils avaient eu peur. Ils avaient vu comment les chefs religieux du moment, avec la complicité du pouvoir occupant, avaient crucifié leur leader en l’accusant de blasphème. Ils avaient fui. Ils s’étaient cachés. Ils s’étaient regroupés. Ils se sentaient tellement désarmés. Mais doucement ils avaient retrouvé des forces. Ils ne voyaient plus Jésus comme un vaincu mais comme un vainqueur.II était avec eux. Il comptait sur eux. Il les envoyait pour inviter le monde à la paix.

Peut-être quelques-uns ont-ils pu être tentés de prendre les armes de leurs adversaires. La résistance avait déjà inspiré bien des bandes que la force romaine avait vite matées. Ils n’avaient pas toujours compris pourquoi Jésus avait refusé de les armer et regrettaient les épées qu’ils n’avaient pas pu prendre. Mais ils comprenaient doucement que ce n’était pas une erreur que Jésus avait faite mais que c’était bien le cœur de son projet. On ne répand pas la paix par la guerre. On ne vainc pas la haine par une haine plus forte. On éveille l’amour en prenant le risque d’aimer, les mains nues et les yeux confiants. La haine croira vaincre par la violence. Elle sera vaincue par l’innocent crucifié et aimant. Sommes-nous capables, nous les héritiers de cette poignée de disciples, de sortir de cette église tout à l’heure en annonçant l’Evangile de la paix par l’amour ? Ne soyez pas trop certains que la guerre est loin et que vos armes vous sauveront. Ne laissez pas le virus de la méfiance contaminer nos sociétés. Prenez conscience que tout étranger pacifique, si nous nel’accueillons pas comme un frère, deviendra un ennemi de plus. Ne croyez jamais que les choses s’arrangeront sans vous et sans ébranler votre confort.

La Pentecôte n’est pas un week-end de vacances. C’est le moment où les chrétiens osent affirmer leur programme de paix par l’amour. Devant la barbarie, il n’est question ni de fuir ni de se soumettre. Face à la barbarie, il n’est pas question de devenir barbares à notre tour. Il faut prendre le risque d’ouvrir ses portes, de parler aux inconnus, de partager le toit et la table avec l’étranger sans patrie. Le royaume de Dieu demande des hommes de cœur et non des hommes d’armes, des témoins de l’amour et non des mercenaires, des hommes prêts à donner leur vie et non des assassins sans pitié.

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