Homélie

Posté par rtireau le 25 juin 2019

13° dimanche dans l’année C30 juin 2019

1 Rois 19, 16b.19-21 ; Psaume 15 ; Galates 5, 1.13-18 ; Luc 9, 51-62

La page de l’évangile d’aujourd’hui nous présente trois visages différents de Jésus : il décide de prendre la route vers Jérusalem ; il renonce à toute violence ; il propose des exigences fortes à ceux qui le suivent.

Il décide de prendre la route vers Jérusalem : Jésus est un homme de courage. A partir de maintenant, dans l’évangile de Luc, les miracles se font plus rares, les paroles de Jésus deviennent plus dures. Son visage aussi, on dirait… et il va prendre résolument la route vers Jérusalem, vers le lieu de son combat décisif contre la mort. Prenons le temps – nous sommes là pour ça – d’évoquer nos difficultés, nos échecs, nos conflits, nos incertitudes professionnelles, nos solitudes affectives. Au lieu de nous laisser aller, durcissons le visage pour tenir bon, à la suite du Christ. Silence !

Jésus renonce à toute violence : Jésus est homme de non-violence. Jésus est courageux et décidé. Et pourtant, il est “doux et humble de cœur”.  Un village de Samaritains a refusé de recevoir des pèlerins juifs dans un réflexe raciste. Jacques et Jean les fils du tonnerre, proposent d’utiliser la manière du prophète Elie (2 Rois 1, 10) pour punir à coup de feu du cielce village qui n’est pas d’accord avec eux. Une tentation, que nous pouvons avoir nous aussi, de supprimer l’adversaire ou de nous venger. Jésus refuse cette intervention spectaculaire et brutale. Il nous révèle ainsi le vrai Dieu qui a créé l’homme libre et qui respecte jusqu’au bout cette liberté. Comment Dieu détruirait-il les pécheurs ? Il les aime et il veut les sauver : “Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.”  (Luc 23, 33). Jésus est le non-violent même, qui arrête le cercle infernal du mal en le recevant sur lui, sans jamais le faire lui-même. Devant le mal, en nous et chez les autres, demandons à Dieu sa patience. Silence !

Jésus propose des exigences fortes : Jésus est homme d’exigences radicales. Sa non-violence n’est pas une sorte de molle tolérance où les frontières seraient floues entre le mal et le bien. Il propose au contraire à ceux qui veulent le suivre des exigences qui peuvent paraître inhumaines. Il ne cherche pas à recruter à tout prix. Il souligne qu’il faudra accepter inconfort et insécurité pour le suivre. Il est bon de nous le rappeler quand nous vivons des fatigues physiques ou morales. “Laisse les morts enterrer leurs morts.” C’est une des paroles les plus dures de tout l’évangile. Ceux qui n’ont pas voulu le rencontrer, Jésus ose les qualifier de morts. Pour le Christ, celui qui n’a pas le souci des choses de Dieu, ne vit pas. Et apparemment on ne peut pas le suivre en faisant passer nos propres affaires avant celles de Dieu.

Comment comprendre une telle rudesse ? Difficile question. Sans doute faut-il toujours nous rappeler que la prédication de Jésus n’est que Bonne Nouvelle et promesse de bonheur. Mais voilà ! Il a rencontré l’obstacle de la dureté des cœurs. Et il a essayé d’entamer cette dureté, de briser cette croûte épaisse, tantôt avec douceur, tantôt avec des paroles sévères. A chaque fois c’était pour faire une brèche dans des cœurs murés. En fait la dureté est en nous : nous sommes durs d’oreille, alors il élève le ton pour nous réveiller ; nous sommes durs à convaincreet portés à remettre à plus tard, alors il élève le ton pour dire : “c’est maintenant” ; nous sommes durs de cœur et notre monde est dur, d’où la dureté de certaines paroles de Jésus et sa rudesse de ton qui sont sans doute proportionnées à tout ça.

En réalité, Jésus n’est pas violent, il est ferme car il ne tolère pas l’intolérable. Il n’est pas un homme doucereux ou mièvre, mais un homme courageux et exigeant, et c’est pour ça que nous l’aimons. 

Nous avons, à sa suite, à parler haut et fort pour dénoncer ce qui n’est pas tolérable, ou alors on n’est plus ses disciples. La brûlure de la Parole de Dieu n’est pas faite pour détruire mais pour guérir et libérer. Saint Paul le disait dans la seconde lecture : « Frères, c’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. Alors tenez-bon, ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage. »  Silence !

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