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Evangile du 18° dimanche dans l’année C – 4 août 2019

Posté par rtireau le 28 juillet 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 12,13-21. 

En ce temps-là, du milieu de la foule, quelqu’un demanda à Jésus : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. »
Jésus lui répondit : « Homme, qui donc m’a établi pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ? »
Puis, s’adressant à tous : « Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un, même dans l’abondance, ne dépend pas de ce qu’il possède. »
Et il leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont le domaine avait bien rapporté.
Il se demandait : “Que vais-je faire ? Car je n’ai pas de place pour mettre ma récolte.”
Puis il se dit : “Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y mettrai tout mon blé et tous mes biens.
Alors je me dirai à moi-même : Te voilà donc avec de nombreux biens à ta disposition, pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.”
Mais Dieu lui dit : “Tu es fou : cette nuit même, on va te redemander ta vie. Et ce que tu auras accumulé, qui l’aura ?”
Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. »

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Homélie

Posté par rtireau le 28 juillet 2019

Dix-huitième dimanche dans l’année C - 4 août 2019

Qohèlet 1,2. 2, 21-23 ;  Psaume 89 ; Colossiens 3, 1 … 11 ;  Luc 12, 13-21 

Pour comprendre l’évangile, un mot sur la législation à l’époque de Jésus. Pour sauvegarder le patrimoine familial, le droit juif prévoyait que la totalité des propriétés immobilières revenait au fils aîné, ainsi qu’une double part des biens mobiliers. C’était le droit d’aînesse. Ce qui est raconté ici c’est sans doute qu’un aînés’est emparé de tout l’héritage et refuse de remettre à son cadet la petite part qui lui revient. Et on demande l’arbitrage de Jésus.

« Ah les affaires d’héritages !dit Gabriel Ringlet.On sait comme elles peuvent empoisonner l’existence quand le partage des biens ravive les jalousies et réveille des blessures d’enfance. Ici, un homme en appelle à l’intervention de Jésus auprès d’un frère qui préfère, semble-t-il, laisser l’héritage indivis. Cette demande d’arbitrage devrait honorer Jésus. L’homme qui l’interpelle « du milieu de la foule »montre en effet la considération dont jouissait le jeune maître. Mais Jésus refuse de jouer ce rôle. Il n’est pas notaire. Il ne dit pas le droit. Sa mission est d’une autre nature : il donne sens, il interpelle, il avertit.

L’Évangile de Thomas,un texte poétique découvert en Égypte en 1945, vient souvent jeter sur les Évangiles canoniques une lumière subtile qui élargit parfois l’interprétation. Comme ici, justement, quand Jésus réplique un peu durement : “Qui m’a établi pour être votre juge ou l’arbitre de vos partages ?”Dans L’Évangile de Thomas, cela devient : “ô homme, qui a fait de moi un diviseur ? Il se retourna vers ses disciples et leur dit : vraiment, suis-je un diviseur?”Bouleversante question, si proche de ce que pouvait ressentir Jésus à ce moment-là. Car il est vrai que les autorités religieuses l’accusent de diviser le peuple. Et manifestement cette accusation le blesse. »

C’est une tentation permanente des hommes de demander à la religion de sacraliser leurs options ou leurs intérêts. Jésus ne veut pas entrer dans ce que l’homme doit résoudre lui-même. Mais il indique où est l’essentiel. Il invite à prendre de la hauteur : “Gardez-vous bien de toute avidité, car la vie de quelqu’un… ne dépend pas de ce qu’il possède.” C’est la vie de l’homme  qui est première, pas la richesse ! Et il raconte sa parabole du riche propriétaire. Le gars avec sa récolte et ses greniers est totalement préoccupé par l’en-bas. En fait, il est déjà mort : “Cette nuit-même, on va te redemander ta vie.”Évident puisque tu n’en fais rien. Dans certains rites funéraires antiques on mettait une pièce d’or dans la bouche du mort, pour payer son passage sur le fleuve obscur. Mais les archéologues retrouvent les monnaies : elles n’ont pas servi, elles n’ont pas cours en ce pays si lointain et si proche.

Saint Paul disait : “Pensez aux réalités d’en-haut, non à celles de la terre.” Il y a le monde des apparences, le visible, le concret. Mais il ne peut donner un sens à notre vie. Et puis ce monde est traversé par un nouveau monde en train de germer au-delà des apparences. Ne vous enchaînez pas au service du faux-dieu-argent qui déshumanise. La vie de l’hommene s’achève pas ici-bas. Le coffre fort ne suit pas le cercueil ! Dieu est la seule valeur stable. Tout le reste est passager, “vanité des vanités” disait la 1èrelecture. La richesse n’est pas mauvaise pour autant. Mais la bonne question est de savoir pour quielle est dépensée. Jamais on ne s’est assuréautant que de nos jours : accidents, incendie, intempéries. Tout ça est du progrès et on le voudrait pour tous. Mais quelle compagnie, quel groupe nous assurera contre la sécheresse du cœur et l’anémie du goût de vivre ? Ce serait ça la véritable Assurance-Vie, celle qui nous garderait fervents et joyeux jusqu’au jour où l’on part, les mains ouvertes, sans rien, pour le plus grand des voyages.

Et si tout ça était une invitation à comprendre que les réalités d’en-haut sont une manière de vivre l’en-bas,une manière de prendre de la hauteur. Le chemin est bien celui de l’incarnation et de la résurrection, celui de Jésus qui s’est immergé dans le quotidien humain, tout en y prenant sa hauteur de ressuscité. J’aime bien ce petit mot de Pierre Schaeffer, intituléperformance:“Tous nous sommes des encombrés. Nos voitures se touchent, nos pare-chocs se frôlent et font du mieux qu’ils peuvent pour ne pas se choquer. Nos journaux foisonnent, nos dialogues se superposent. Aussi, faut-il continuer, ne pas se taire, parler encore, fabriquer un message, un discours, un véhicule, une fusée, tirer, viser, aller plus haut, plus vite, plus loin, établir un nouveau score, une performance jamais atteinte : par exemple dire un mot à son voisin, un mot qui serait compris.”

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Evangile du 17° dimanche dans l’année C – 28 juillet 2019

Posté par rtireau le 22 juillet 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 11, 1-13. 

Il arriva que Jésus, en un certain lieu, était en prière. Quand il eut terminé, un de ses disciples lui demanda : « Seigneur, apprends-nous à prier, comme Jean le Baptiste, lui aussi, l’a appris à ses disciples. »
Il leur répondit : « Quand vous priez, dites : Père, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne.
Donne-nous le pain dont nous avons besoin pour chaque jour.
Pardonne-nous nos péchés, car nous-mêmes, nous pardonnons aussi à tous ceux qui ont des torts envers nous. Et ne nous laisse pas entrer en tentation.»
Jésus leur dit encore : « Imaginez que l’un de vous ait un ami et aille le trouver au milieu de la nuit pour lui demander : “Mon ami, prête-moi trois pains,
car un de mes amis est arrivé de voyage chez moi, et je n’ai rien à lui offrir.”
Et si, de l’intérieur, l’autre lui répond : “Ne viens pas m’importuner ! La porte est déjà fermée ; mes enfants et moi, nous sommes couchés. Je ne puis pas me lever pour te donner quelque chose.”
Eh bien ! je vous le dis : même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami, et il lui donnera tout ce qu’il lui faut.
Moi, je vous dis : Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira.
En effet, quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; à qui frappe, on ouvrira.
Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ?
ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ?
Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ! »

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Homélie

Posté par rtireau le 22 juillet 2019

17° dimanche dans l’année C – 28 juillet 2019

Genèse 18, 20-32 ; Psaume 137 ; Colossiens 2, 12-14 ; Luc 11, 1-13

Avez-vous remarqué que le Notre Pèreest d’abord un extrait de la Parole de Dieu- On vient de l’entendre selon Saint Luc, plus brève que selon Saint Matthieu qu’on connaît mieux. Comme toute parole d’Evangile elle est d’abord faite pour être écoutée. La prièreest donc un rendez-vous avec Dieu, d’abord pour l’écouter.

Notez aussi qu’On dit Notre PèreOn dit Nouset pas Je. On se trouve devant Dieu dans la communion de ceux qui se reconnaissent enfants du même Père. La prière qui ne conduirait pas les humains à devenir frères n’est pas une prière que Dieu peut exaucer.

- François Varonedans son livre Ce Dieu absent qui fait problème écrit ceci : “Le soleil est déjà levé. Ouvrir mes volets ne fait pas lever le soleil, ça permet seulement au soleil d’entrer dans ma maison, de la réchauffer et de l’illuminer. Telle est la 1èrefonction de la prière : Dieu est déjà levé sur ma vie, je le laisse entrer.”

Il y en a qui prétendent que la prière est toujours exaucée. Vous croyez ça, vous ? dit Jean Corbineau.Et il continue : “Le croyant qui prie est toujours exaucé. Il n’est pas épargné, il est exaucé. Il n’est pas assisté, il est exaucé. J’ai toujours été exaucé, je préférerais dire exhaussé. La prière me grandit, me fait voir de plus haut, me fait passer à l’étage supérieur.” Et il cite une une maman : “J’ai déjà expérimenté l’efficacité de la prière. Je sais  qu’en priant il me faudra changer. Si je prie pour quelqu’un qui souffre, je vais être obligée d’être logique et de me laisser envoyer par Dieu vers lui. Si je prie pour quelqu’un que je n’aime pas trop, cette prière ne me laissera pas la possibilité de me défouler dans la critique. Si je prie, je ne peux pas laisser ce coin d’ombre qui m’arrange dans mon couple ou ma profession. Ça m’arrangerait, mais la prière me dérange.”

Et le Cardinal Etchegaray“Si je demande notrepain de chaque jour, je dois donner moi-même ce pain à ceux qui en manquent. Si je prie pour la paix, je dois m’engager sur le chemin de la paix.C’est ça l’Evangile : prier les bras en croix le Dieu qui n’aime pas les bras croisés.”

- Encore2 évocationspour donner à penser. La 1èreesttrès brève (soyez attentifs) : Saint Augustin s’adresse à Dieu : “Tu étais en moi. Mais moi j’étais hors de moi : je te cherchais dehors. Tu étais avec moi ; je n’étais pas avec toi, puisque je n’étais pas chez moi.” 

La 2èmeest de Timothy Radcliffe (ancien maître des dominicains) : “Dès la naissance, les parents commencent à parler à l’enfant. Bien avant qu’il ne soit capable de comprendre, un enfant est nourri et bercé de mots. Le père et la mère ne parlent pas à l’enfant pour l’informer. Ils l’animent de leur parole. Il devient humain dans cet océan de langage. Petit à petit, il saura trouver une place dans l’amour que partagent ses parents. Sa vie grandit en humanité. De même nous sommes transformés par l’immersion dans la Parole de Dieu. Nous ne lisons pas la Parole pour y chercher information. Nous y réfléchissons, nous l’étudions, la méditons, la buvons et la mangeons. « Que ces paroles que je te dicte aujourd’hui restent dans ton cœur ! Tu les répéteras à tes fils, tu les leur diras aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route…» (Dt 6, 6…) Un couple de mes amis a adopté un enfant. Ils l’ont trouvé dans un hôpital à Saïgon, orphelin de la guerre du Viêt-Nam. Les 1ersmois, personne n’avait eu le temps de s’en occuper. Il a grandi sans savoir sourire. Mais ses parents adoptifs lui ont parlé et souri, œuvre d’amour. Je me souviens du jour où pour la 1èrefois il a renvoyé un sourire. La Parole de Dieu nous nourrit, afin que nous prenions vie, en humains, et devenions même capables de renvoyer le sourire de Dieu.”

Enfin pour conclure, ces mots du Frère Philippe Jaillot : “Dans l’Évangile, Jésus donne un nom surprenant à l’audace. Il parle de « sans-gêne ». « Même s’il ne se lève pas pour donner par amitié, il se lèvera à cause du sans-gêne de cet ami. »Mais est-ce que ça s’apprend, le sans-gênedont parle Jésus ? Il suffit peut-être d’avoir conscience que ce sans-gêneporte un nom ? Il s’appelle Esprit Saint. Saint Paul dit bien : « C’est l’Esprit qui crie en nous : ‘Abba, Père’. »(Romains 8, 15) Notre Dieu nous donne deux conseils de prière. Le Notre Pèreet le sans-gêne. Comme s’il nous disait : apprenez le langage de la foi mais ayez aussi l’audace des amoureux ! ”

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Evangile du 16° dimanche dans l’année C – 21 juillet 2019

Posté par rtireau le 17 juillet 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10,38-42. 

En ce temps-là, Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut.
Elle avait une sœur appelée Marie qui, s’étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
Quant à Marthe, elle était accaparée par les multiples occupations du service. Elle intervint et dit : « Seigneur, cela ne te fait rien que ma sœur m’ait laissé faire seule le service ? Dis-lui donc de m’aider. »
Le Seigneur lui répondit : « Marthe, Marthe, tu te donnes du souci et tu t’agites pour bien des choses.
Une seule est nécessaire. Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas enlevée. »

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Homélie

Posté par rtireau le 17 juillet 2019

16° dimanche dans l’année C - 21 juillet 2019

Genèse 18, 1-10a ; Psaume 14 ; Colossiens 1, 24-28 ; Luc 10, 38-42

“Aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham, qui était assis à l’entrée de la tente”(1èrelecture). Abraham a vu trois hommes et pourtant il s’adresse à eux comme à un seul. Il s’agit sans doute de Dieu, entouré de deux anges. En tous cas, c’est un récit pour dire l’importance du devoir d’hospitalité dans la Bible. L’attitude d’Abraham lui permet de recevoir Dieu lui-même en la personne des trois étrangers. Vous arrive-t-il de penser que vos invités seraient Dieu lui-même ? C’est souvent difficile car leur visage peut être déformé… et nos lunettes déformantes. La prière d’invitation d’Abraham est émouvante : “Mon Seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur ».Elle annonce déjà la prière des marcheurs d’Emmaüs : « Jésus fit semblant d’aller plus loin ».Ils lui dirent alors : « Reste avec nous… et il entra pour rester avec eux … « 

Dans l’évangile, Jésus est accueilli par deux femmes. L’une des deux, Marie, est assise aux pieds du Seigneur et écoute son enseignement. Il est bon de savoir que Marie ne devrait pas avoir cette attitude. Elle n’observe pas les règles les plus élémentaires de la religion au temps de Jésus. Car les femmes étaient alors exclues de l’enseignement religieux. On lisait par exemple dans la Mishna, c’est à dire la littérature rabbinique, à la fin du premier siècle : “Apprendre la loi à sa fille est comme lui apprendre la débauche.” Or Jésus encourage Marie à suivre son enseignement, alors que sa place devrait être la même que Marthe, à la cuisine. On a du mal à imaginer aujourd’hui l’aspect provoquant de ce récit. Mais on comprend assez bien l’agacement de Marthe.

Un peu trop rapidement on a souvent rangé Marthe et Marie dans les deux catégories commodes de l’action et de la prière. “Marie a choisi la meilleure part” est une phrase qui a pu conduire à conclure que la contemplation serait meilleure que l’action, que la prière passerait avant la mission plus concrète. Evitons cette fausse piste : d’abord l’histoire de Marthe et Marie suit immédiatement l’histoire du bon Samaritain qui laisse entendre plutôt l’inverse, comme si Marthe était la bonne Samaritaine. Et puis la première lecture d’aujourd’hui est totalement du côté de l’hospitalité active.

C’est un peu une maladie de l’homme qui consiste à tout enfermer dans des catégories bien distinctes pour faciliter sa manière de penser et d’agir. Mais au fait, dans le texte, il n’est question ni de prier ni de contempler. Il n’est question que d’écouter. En plus, dans la langue de Jésus, le comparatif n’existe pas et l’accueil n’est pas divisible : quand je suis invité, j’aime être nourri et … écouté. Marthe et Marie, les bonnes Samaritaines de l’Évangile, rappellent que la générosité, même agitée, et l’attention, même insouciante, sont les deux faces maîtresses d’une même charité. Pas question de supériorité ou d’infériorité mais de priorité. Si l’écoute est première, c’est que la Parole est première.Tout au début, à l’origine de tout, la Parole créatrice, Parole qui donne Vie, Parole qui fait exister.

Il est dit que Marthe reçoitJésus, mais on voit bien que son accueil est un accueil qui veut donner. L’accueil de Marie est un accueil qui veut recevoirA vrai dire c’est Marie qui reçoit Jésus. Le signe qu’elle le reçoit, c’est qu’elle ne parle pas. Elle écoute, toute occupée à se nourrir des paroles qui font exister. Bien entendu, Jésus ne reproche pas à Marthe l’activité qu’elle déploie. Il aura même souvent l’occasion de dire que l’écoute de la parole est inséparable du service concret des frères. Et la première lettre de saint Jean le rappelle : “celui qui dit : « j’aime Dieu » et qui n’aime pas ses frères est un menteur.” Il nous faut donc réconcilier en nous Marthe et Marie.

Un dimanche sous le signe de l’hospitalité, tout à fait adapté à la saison des vacances. En effet, bien des occasions se présentent pour accueillir des invités, ou pour être hébergé, accueilli, nourri. Rappelez-vous que le mot hôte,en français, se comprend dans les deux sens (celui qui reçoit et celui qui est reçu), tant il est vrai que l’expérience de l’hospitalité est celle d’une réciprocité. Tout moment de dialogue vrai entre des personnes qui prennent le temps de s’accueillir et de laisser parler leur cœur est expérience d’hospitalité.

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Evangile du 15° dimanche dans l’année C – 14 juillet 2019

Posté par rtireau le 10 juillet 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10, 25-37. 

En ce temps-là, voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? »
L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. »
Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. »
Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »
Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.
Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion.
Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.”
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

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Homélie

Posté par rtireau le 10 juillet 2019

15° dimanche dans l’année C - 14 juillet 2019

Deutéronome 30, 10-14 ; Psaume 18 ; Colossiens 1, 15-20 ; Luc 10, 25-37

Une vielle légende hindoue raconte qu’il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut de lui trouver une cachette. 

Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : “Enterrons la divinité de l’homme dans la terre.”Mais Brahma répondit : “Non, cela ne suffit pas, car l’homme creusera et la trouvera.” Alors les dieux répliquèrent : “Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans.” Mais Brahma répondit à nouveau : “Non, car tôt ou tard, l’homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu’un jour il la trouvera et la remontera à la surface.” Alors les dieux mineurs conclurent : “Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d’endroit que l’homme ne puisse atteindre un jour.” Alors Brahma dit : “Voici ce que nous ferons de la divinité de l’homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher.” Depuis ce temps-là, conclut la légende, l’homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.

Tout à fait ce que Moïse disait dans la 1èrelecture : “Cette loi que je te prescris… n’est pas dans les cieux… pas au-delà des mers… Elle est tout près de toi… dans ta bouche et dans ton cœur…”

Dans l’évangile, le juif pieux qui interroge Jésus considère sans doute que le prochain du juif est le juif, et celui du païen le païen. Il demande ce qu’il faut faire pour avoir la vie. La réponse de Jésus déplace radicalement les conceptions habituelles : son critère premier de proximité est l’appartenance à l’humanité commune : partager la même humanité passe avant tout le reste ; et son second critère c’est que la différence, l’appartenance à une communauté ou à une religion ne doivent pas empêcher le rapprochement et le partage, au contraire. Il s’agit non plus d’aimer seulement ceux qui nous ressemblent, mais ceux qui sont différents de nous, même nos adversaires, et même nos ennemis. Car le prochain est celui qui se rend proche.

A la question “Qui est mon prochain,” Jésus répond par la parabole du Bon Samaritain qui est comme une clé pour comprendre ses pratiques de libération, de guérison et de pardon. La parabole conduit en effet au cœur du débat entre la loiet le prochain, entre les principesou les personnes. C’est clair : le prêtre et le lévite choisissent le respect de la loi qui leur interdisait de se souiller au contact du sang qui les rendrait inaptes au service du temple. Le samaritain, lui, n’a pas de religion et n’est donc pas prisonnier de la loi. Alors pendant que les autres sont obligés de préférer la règle, il est libre, lui, d’aimer l’autre. Et Jésus nous dit à chacun : « Va, et toi aussi, fais de même ».

A longueur d’évangile, Jésus nous est présenté comme un prophète qui remet en cause les rigueurs légalistes des responsables religieux. Il ose même transgresser certaines prescriptions au nom de l’exigence de se rendre proche de toute personne dans le besoin. Michel Scouarnec a pu écrire : “Jésus déplace la conception du sacré. De manière générale, ce mot veut dire séparé, mis à part… Il désigne des lieux, des personnes, des objets, investis d’une double dimension. Celle du tabou, d’abord : ils sont dangereux… Celle du magique ensuite : on leur attribue un pouvoir caché ou divinisé… Cette conception du sacré donne lieu à des ségrégations… Pour Jésus, tout être humain est sacré, parce qu’aimé de Dieu. Le sacré qu’il préconise est un sacré de relation.”

Son habileté est de retourner la question du docteur de la loi : “Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé entre les mains des bandits ?” Tout autre manière d’envisager le prochain qui n’est pas forcément celui avec qui j’aurais en commun des liens de sang ou des d’affinités. Il est celui que moi je deviens quand je me rapproche de quelqu’un. 

En fait, il vaudrait mieux parler, non pas de mon prochain, mais du prochain que moi je suis réellement. De qui je me fais proche ? “Je n’ai pas de prochain, expliquait Paul Ricœur,je me fais le prochain de quelqu’un.” 

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Evangile du 14° dimanche dans l’année C – 7 juillet 2019

Posté par rtireau le 3 juillet 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10, 1-12.17-20. 

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’
S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.
Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” »
Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites :
“Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.”
Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville. »
Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. »
Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair.
Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire.
Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

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Homélie

Posté par rtireau le 3 juillet 2019

14° dimanche dans l’année C- 7 juillet 2019

Isaïe 66, 10-14 ; Psaume 65 ; Galates 6,14-18 ; Luc 10, 1-12.17-20

“Réjouissez-vous…, exultez.”Isaïe, en 400 avant Jésus Christ, invite à la joie dans le contexte catastrophique du retour d’exil. Il invite à la joie des gens colonisés, en pleine désillusion. Combien de fois, au cœur de la morosité, la Bible annonce la joie. Et ce n’est pas pour bercer d’illusion.Nous avons tous l’expérience de la joie qui finit par venir après les difficultés. Et notre foi contient un bonheur à dimension future, comme la nature qui renaît chaque printemps. Notre foi, c’est même le mot résurrection: la joie, la vie possible au cœur même de la souffrance et au-delà de la mort. Comme cet ancien, près de son épouse décédée, qui disait à ses enfants : “C’est qu’il faut quand même vivre… Et puis vous êtes là, vous.” Comme dans cette famille où les parents âgés et malades sont en train de resserrer les liens entre les enfants et par rapport aux parents.

L’Eucharistie est sacrement du partage joyeux de la présence de celui qui est mort par amour. Juste le contraire de telle communauté où l’on priait pour la résurrection de l’enfant qui venait de mourir au lieu de mettre tout en œuvre pour aider les proches à vivre, au lieu même de faire le simple nécessaire quand il y a un décès. Honte que ce réflexe prétendument religieux ! 

Que dit l’Evangile d’aujourd’hui : Priez, allez, guérissez, entrez, mangez ! Des gestes humains. Dans l’humain fraternel Dieu a des chances d’être là. On est même sûr qu’il y est si ça commence par prier. Car l’évangélisation n’est pas publicité ou propagande. Elle est œuvre de l’Esprit qui ne passe qu’à travers des cœurs priants. “Prie, disait Saint Ignace, comme si tout dépendait de Dieu, agis comme si tout dépendait de toi”.

“Le Seigneur en désigna encore soixante-douze…”: l’évangélisation concerne tout chrétien. “Il les envoya deux par deux…”: on ne peut pas évangéliser seul. Pas de gros bagages…: l’évangélisation est à la portée des vies les plus modestes.“Apportez la paix… guérissez…”: l’évangélisation commence par du concret : faire du bien, pacifier, soulager, guérir. Pas des discours, mais une manière de vivre. N’emportez pas de gros bagages - Apportez la paix… guérissez…Monique Rosaz interprète cette consigne : il y a deux catégories de gens dans ce texte, ceux qui marchent sur la route et ceux qui sont dans les maisons. Ceux qui marchent n’ont rien, sinon un bien immense à apporter : la paix. Et peut-être ont-ils faim. Ceux qui sont dans les maisons ont ce qu’il faut pour vivre, et peut-être qu’ils ont faim d’autre chose. Alors l’échange est possible.

Les 72 sont envoyés deux par deux. Un témoin seul risque d’être pris pour un gourou. Être envoyés par deux, c’est être appelés à faire équipe, à faire Église et à participer à l’expérience des disciples d’Emmaüs. Par deux, on peut parler avec un frère des événements vécus, au point de reconnaître, dans le partage, le visage de celui qui rejoint toujours en chemin ceux à qui il donne mission de prendre la route. Être envoyés deux par deux conduit à découvrir que l’autre nous met toujours en appétit. Seul on avance aussi loin qu’on peut. Avec d’autres, on va plus loin que le possible. Portés par la fraternité, la force du groupe et la mission confiée, on repousse les frontières de nos limites personnelles. 

La Moisson est abondante, les ouvriers peu nombreux. J’aime bien la traduction d’un exégète belge sur beaucoup d’appelés, peu d’élus: il dit : il y adeux alternatives :

- ou bien : les places sont chères en paradis : il n’y en aura pas pour toi, Dieu est tellement avare.

- ou bien : vous êtes tous invités à travailler pour un monde réconcilié. Vous êtes tous invités. Mais, toi viendras-tu ? Suspense ! Le projet de Dieu dépend de la réponse de l’homme. Il y a un proverbe qui dit : l’homme propose et Dieu dispose. Eh bien là, c’est le contraire : c’est Dieu qui propose, et l’homme qui dispose. Comme si le Messie était prisonnier quelque part, ligoté par notre violence dans l’un de ces lieux que chaque siècle invente. Ce n’est pas l’homme qui attend le Messie, c’est la Messie qui attend l’homme. 

Et Jean Pierre Manigne explique : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.”Ça ne veut pas dire que nous n’allons plus l’attendre longtemps, ça veut dire qu’il est à notre portée et qu’il suffit de l’accueillir pour qu’il se manifeste.

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