Homélie

Posté par rtireau le 17 juillet 2019

16° dimanche dans l’année C - 21 juillet 2019

Genèse 18, 1-10a ; Psaume 14 ; Colossiens 1, 24-28 ; Luc 10, 38-42

“Aux chênes de Mambré, le Seigneur apparut à Abraham, qui était assis à l’entrée de la tente”(1èrelecture). Abraham a vu trois hommes et pourtant il s’adresse à eux comme à un seul. Il s’agit sans doute de Dieu, entouré de deux anges. En tous cas, c’est un récit pour dire l’importance du devoir d’hospitalité dans la Bible. L’attitude d’Abraham lui permet de recevoir Dieu lui-même en la personne des trois étrangers. Vous arrive-t-il de penser que vos invités seraient Dieu lui-même ? C’est souvent difficile car leur visage peut être déformé… et nos lunettes déformantes. La prière d’invitation d’Abraham est émouvante : “Mon Seigneur, si j’ai pu trouver grâce à tes yeux, ne passe pas sans t’arrêter près de ton serviteur ».Elle annonce déjà la prière des marcheurs d’Emmaüs : « Jésus fit semblant d’aller plus loin ».Ils lui dirent alors : « Reste avec nous… et il entra pour rester avec eux … « 

Dans l’évangile, Jésus est accueilli par deux femmes. L’une des deux, Marie, est assise aux pieds du Seigneur et écoute son enseignement. Il est bon de savoir que Marie ne devrait pas avoir cette attitude. Elle n’observe pas les règles les plus élémentaires de la religion au temps de Jésus. Car les femmes étaient alors exclues de l’enseignement religieux. On lisait par exemple dans la Mishna, c’est à dire la littérature rabbinique, à la fin du premier siècle : “Apprendre la loi à sa fille est comme lui apprendre la débauche.” Or Jésus encourage Marie à suivre son enseignement, alors que sa place devrait être la même que Marthe, à la cuisine. On a du mal à imaginer aujourd’hui l’aspect provoquant de ce récit. Mais on comprend assez bien l’agacement de Marthe.

Un peu trop rapidement on a souvent rangé Marthe et Marie dans les deux catégories commodes de l’action et de la prière. “Marie a choisi la meilleure part” est une phrase qui a pu conduire à conclure que la contemplation serait meilleure que l’action, que la prière passerait avant la mission plus concrète. Evitons cette fausse piste : d’abord l’histoire de Marthe et Marie suit immédiatement l’histoire du bon Samaritain qui laisse entendre plutôt l’inverse, comme si Marthe était la bonne Samaritaine. Et puis la première lecture d’aujourd’hui est totalement du côté de l’hospitalité active.

C’est un peu une maladie de l’homme qui consiste à tout enfermer dans des catégories bien distinctes pour faciliter sa manière de penser et d’agir. Mais au fait, dans le texte, il n’est question ni de prier ni de contempler. Il n’est question que d’écouter. En plus, dans la langue de Jésus, le comparatif n’existe pas et l’accueil n’est pas divisible : quand je suis invité, j’aime être nourri et … écouté. Marthe et Marie, les bonnes Samaritaines de l’Évangile, rappellent que la générosité, même agitée, et l’attention, même insouciante, sont les deux faces maîtresses d’une même charité. Pas question de supériorité ou d’infériorité mais de priorité. Si l’écoute est première, c’est que la Parole est première.Tout au début, à l’origine de tout, la Parole créatrice, Parole qui donne Vie, Parole qui fait exister.

Il est dit que Marthe reçoitJésus, mais on voit bien que son accueil est un accueil qui veut donner. L’accueil de Marie est un accueil qui veut recevoirA vrai dire c’est Marie qui reçoit Jésus. Le signe qu’elle le reçoit, c’est qu’elle ne parle pas. Elle écoute, toute occupée à se nourrir des paroles qui font exister. Bien entendu, Jésus ne reproche pas à Marthe l’activité qu’elle déploie. Il aura même souvent l’occasion de dire que l’écoute de la parole est inséparable du service concret des frères. Et la première lettre de saint Jean le rappelle : “celui qui dit : « j’aime Dieu » et qui n’aime pas ses frères est un menteur.” Il nous faut donc réconcilier en nous Marthe et Marie.

Un dimanche sous le signe de l’hospitalité, tout à fait adapté à la saison des vacances. En effet, bien des occasions se présentent pour accueillir des invités, ou pour être hébergé, accueilli, nourri. Rappelez-vous que le mot hôte,en français, se comprend dans les deux sens (celui qui reçoit et celui qui est reçu), tant il est vrai que l’expérience de l’hospitalité est celle d’une réciprocité. Tout moment de dialogue vrai entre des personnes qui prennent le temps de s’accueillir et de laisser parler leur cœur est expérience d’hospitalité.

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