Evangile pour le 22° dimanche dans l’année C – 1er septembre 2019

Posté par rtireau le 26 août 2019

Cède

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14, 1.7-14. 

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient.
Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit :
« Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : “Cède-lui ta place” ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place.
Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : “Mon ami, avance plus haut”, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. »
Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation et ce serait pour toi un don en retour.
Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ;
heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

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Homélie

Posté par rtireau le 26 août 2019

22° dimanche dans l’année C – 1 septembre 2019

Sirac le Sage 3, 17-18. 20. 28-29 ; Psaume 67 ; Hébreux 12, 18-19 22-24a ; Luc 14, 1a. 7-14

Une fois de plus, Jésus participe à un grand repas. Cette fois-ci, c’est chez un chef des pharisiens. Visiblement, Jésus ne se laisse enfermer dans aucun groupe particulier. 

Il regarde les gens qui arrivent. On se souvient qu’à d’autres moments, il a épinglé certains scribes “Méfiez-vous des scribes… qui aiment les sièges d’honneur dans les synagogues et les places d’honneur dans les dîners.”  (Luc 20, 46). Sans doute regarde-t-il d’un œil amusé ceux qui vont déjà se placer aux bons endroits. Et puis le voilà qui élève la voix. Il fait mine de s’exprimer en général, comme un maître de sagesse, et en réalité il décrit ce qui est en train de se passer autour de lui. Il recommande de ne pas prendre les premières places pour ne pas risquer de devoir les quitter. Mieux vaut aller à la dernière pour être invité à monter plus haut.

Le conseil semble banal. Ça prend même l’air d’un calcul hypocrite : se mettre le dernier pour se faire remarquer et se voir proposer une meilleure place. En réalité, la parole de Jésus est plus subtile, car elle est à plusieurs niveaux : elle est d’abord un conseil de savoir-vivre. Mais attention ! Il s’agit aussi de noces, et pour tous ces esprits nourris des Écritures et attentifs à la finesse du langage de Jésus, il s’agit évidemment des noces de Dieu avec l’humanité. Il s’agit, – ils le savent, – du Royaume de Dieu. Et puis c’est une parabole qu’il raconte, et non pas un discours moralisateur.

A mots couverts, Jésus réaffirme donc : les petits sont les premiers pour Dieu. Le Magnificat le chantait déjà : “Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles.”Jésus a toujours montré son attention privilégiée pour les rejetés, les malades, les pauvresde toutes pauvretés. Ila effectivement pris la dernière place. Il nous faut contempler Dieu tel qu’il se montre en Jésus. Alors qu’il aurait eu le droit de revendiquer“le rang qui l’égalait à Dieu”(Philippiens 2, 6), Jésus a choisi de se mettre à la dernière place. Dans la scène du lavement des pieds, nous voyons Dieu en tablier, Dieu lavant les pieds sales de l’humanité, Dieu humble, Dieu qui se fait le dernier : l’amour qui se fait serviteur. Nous, nous voulons souvent être comme des dieux (Genèse 3, 5) alors que nous sommes invités à essayer d’être comme Jésus. C’est là la vraie grandeur : “Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert.”  (Luc 22, 27). Dans le Royaume, « celui qui s’élève sera abaissé, celui qui s’abaisse sera élevé ». 

C’est la dernière phrase du texte qui donne sens à l’ensemble. Seul Jésus a le droit de le dire, parce que c’est sa vie, ce qui le fait « image visible du Dieu invisible ». En dehors de Jésus, de sa vie et de son message, je ne peux rien savoir de Dieu. Jésus nous révèle que Dieu est « Le Très-Bas », comme disent certains théologiens. Prendre la dernière place, c’est donc imiter Dieu. Et c’est dans cette logique que Jésus ajoute une conclusion stupéfiante. Il se tourne vers le maître de maison et lui reproche d’avoir invité ses amis, ses parents et ses riches voisins. On imagine la tête que devaient faire les convives ! Fallait-il s’en aller et laisser la place aux estropiés, aux boiteux, aux aveugles et autres éclopés ? Décidément, le festin commençait un peu durement !

C’est encore et toujours aujourd’huila même parole de Jésus qui libère et qui appelle à avancer. Elle s’adresse à chacun, elle s’adresse aux sociétés. Qui invite celui qui ne rendra rien ? Combien de temps les peuples riches tiendront-ils table abondante pendant que les autres souffrent famine ?

Les vacances s’achèvent. Une année de services et d’engagements nouveaux est là devant nous. Il y aura de quoi faire, chacun à sa place. Il y aura beaucoup à faire, mais regardons tout de suite tel petit pas possible :

- écouter quelqu’un que personne n’écoute (cf 1èrelecture : “L’idéal du sage, c’est une oreille qui écoute”).

- parler ouvertement à celui qui est tenu ouvertement à l’écart. Dès la cour de récréation.

- Dire du bien de celui dont tout le monde dit du mal.

- Choisir comme Jésus d’être proche, d’être avec ; avec les nouveaux venus dans les situations nouvelles de toute rentrée.

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Evangile pour le 21° dimanche dans l’année C – 25 août 2019

Posté par rtireau le 20 août 2019

étroite

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 13, 22-30. 

En ce temps-là, tandis qu’il faisait route vers Jérusalem, Jésus traversait villes et villages en enseignant.
Quelqu’un lui demanda : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Jésus leur dit :
« Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas.
Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : “Seigneur, ouvre-nous”, il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes.”
Alors vous vous mettrez à dire : “Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.”
Il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.”
Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors.
Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu.
Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »

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Homélie

Posté par rtireau le 20 août 2019

21° dimanche dans l’année C - 25 août 2019

Isaïe 66, 18-21 ; Psaume 116 ; Hébreux 12, 5-7.11-13 ; Luc 13, 22-30

Une histoire deporte étroite, fermée même. “Je ne sais pas d’où vous êtes.”(Je ne vous connais pas). Là il y aura des pleurs et des grincements de dents.”Des premiers qui deviennent derniers. On chercherait en vain un message d’amour dans tout ce passage ! Et la question : “Qui sera sauvé ?”n’y trouve pas une réponse très rassurante. Heureusement qu’il y avait Isaïe tout à l’heure pour nous donner un peu de moral : “Je viens rassembler toutes les nations, de toute langue.”

Notez bien la première ligne de l’évangile : “Tandis qu’il faisait route vers Jérusalem…”“Il faisait route vers Jérusalem…”En clair, il marchait vers sa passion, vers une mort violente prévisible. C’est sa passion qui s’annonce. Et ce quelqu’undont parle le texte en est aux débats philosophiques. Il est vrai que les disciples eux-mêmes demanderont bientôt qui serale plus grandet qui aura la meilleure placedans le Royaume. Jésus s’apprête à y laisser sa vie et ils en sont à des questions intellectuelles. Alors, il essaie de les réveiller. Il ne répond pas à la question : “Qui sera sauvé ?”Mais il dit: personne n’est sauvé d’avance.Personne n’est arrivé, jamais. Vous voudriez savoir si vous êtes sauvés. Eh bien ce n’est pas fait.

En réalité, pour ceux qui posaient la question à Jésus, le Royaume était un droit, un héritage. Leur question était donc plutôt : “A part nous, n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ?”La réponse de Jésus est donc une grande surprise. Alors ils insistent : Tout de même, “Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.” On a des références: On est des juifs de bonne race. On a été de bons pratiquants. On a une tante religieuse. Dans ces moments-là, on sort la carte de visite. Réponse cinglante : “Je ne sais pas d’où vous êtes.”Nul n’entrera au ciel par recommandation.En clair : Je ne garantis rien à ceux qui ont mangé et bu avec moi et écouté mon enseignement. Je ne garantis rien aux pratiquants. 

Le critère de Jésus, c’est le discernement entre ceux qui ont fait le bien et ceux qui ont fait le mal. Pas de privilégiés. Vous voudriez savoir si vous êtes sauvés. Eh bien ce n’est pas fait.Sur le chemin du Royaume,il n’y a pas de gens arrivés, il n’y a que des gens en route, il n’y a pas de gens installés, il n’y a que des aventuriers. Ce qui est Bonne Nouvelle, c’est que tout le monde est invité. Comme disait Isaïe : “Je viens rassembler toutes les nations, de toute langue.” La porte est étroite mais l’entrée n’est pas réservée à une élite. L’inquiétude n’est plus : est-ce qu’il y aura beaucoup de places réservées, mais plutôt : comment avoir une vie pas trop encombrée pour pouvoir emprunter ce passage étroit ? 

Hyacinthe Vulliez a écrit : “Impossible pour les gens de s’installer dans une porte étroite avec leurs meubles et leurs bagages. Comment pourraient-ils entrer dans le palais avec tous leurs biens, alors que lui, le roi, leur offre tout à l’intérieur ? Comment celui qui veut tout garder pourrait-il tout recevoir ?” L’argent, disait quelqu’un, n’a de valeur spirituelle que s’il sert au partage. Michel Scouarnec a une belle image sur la question de la porte étroite : “J’aime bien penser, dit-il, à ce qui se passe quand on perd quelque chose dans un espace réduit. On fait souvent appel alors aux petits. Une petite main, un corps d’enfant ça passe plus facilement.”Ça correspond bien au message de Jésus : “Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera pas.” Seuls peuvent passer par la porte étroite ceux qui ont suivi un régime, celui de l’évangile. Le mot grec employé par Saint Luc se traduit en fait par : « battez-vous pour entrer », et c’est de ce mot grec que vient en français le mot « agonie », l’ultime combat pour la vie.

Jean-Pierre Manigne avait aussi son avis sur la porte étroite : Si la porte est étroite, ce n’est pas parce qu’un Dieu pervers a multiplié pour nous les difficultés. C’est parce qu’elle est passage d’un monde à l’autre, d’une illusion à la vérité. Elle ressemble à la mort, et à la fin elle s’y confond tout à fait. Ou bien avec cette nouvelle naissance qui en forme l’autre versant. Que dirions-nous à l’enfant à naître qui, au moment d’entrer au monde, prendrait conscience de l’étroitesse du passage ? Qu’il faut passer de toute nécessité ? Certes, mais d’abord ceci : “Tu es attendu.” Derrière toutes les portes étroites qui jalonnent le cours de notre vie, Dieu est là, sur l’autre rive. Seule guérison de l’angoisse : se savoir attendu.

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Evangile pour le 20° dimanche dans l’année C – 18 août 2019

Posté par rtireau le 12 août 2019

feu
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12, 49-53

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Je suis venu apporter un feu sur la terre,
et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !
    Je dois recevoir un baptême,
et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !
    Pensez-vous que je sois venu
mettre la paix sur la terre ?
Non, je vous le dis,
mais bien plutôt la division.
    Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées :
trois contre deux et deux contre trois ;
    ils se diviseront :
le père contre le fils
et le fils contre le père,
la mère contre la fille
et la fille contre la mère,
la belle-mère contre la belle-fille
et la belle-fille contre la belle-mère. »

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Homélie

Posté par rtireau le 12 août 2019

20° dimanche dans l’année C – 18 août 2019

Jérémie 38, 4-6. 8-10 ; Psaume 39 : Hébreux 12, 1-4 ; Luc 12, 49-53

Dans la première lecture, nous assistons à l’essai de liquidation d’un témoin gênant. Jérémie et sa prédication dérangeaient considérablement les choix politiques et militaires du pouvoir en place. Alors le prophète se retrouve dans la citerne de la prison. Dans la seconde lecture, il s’agit de Jésus, témoin gênant lui aussi en quelque sorte. Alors, quand Jésus, dans l’Evangile d’aujourd’hui, parle du feu et de la division qu’il est venu apporter, du baptême qu’il doit recevoir, faut-il vraiment se perdre en explications compliquées alors que c’est peut-être si simple ?

Je crois en effet qu’il suffit de se laisser interroger par l’actualité d’aujourd’hui et de tous temps. Hyacinthe Vulliez l’a fait à sa manière dans un de ses livres : “Jésus prêche à tout vent la fraternité ; tous les hommes sont égaux en dignité humaine et Dieu, son Père, est le père de tous les hommes. Alors ces paroles, les siennes, qui ont le goût de la guerre ! La guerre partout dans les familles ! Comment comprendre ? Et si Jésus faisait tout simplement le constat que chacun peut faire, souvent, hélas ! Quand on promeut la justice, on déclenche la violence de ceux qui n’en veulent pas. Quand on requiert l’égalité pour tous, éclate la colère de ceux qui ne veulent rien lâcher de leurs pouvoirs et de leurs avantages. Quand on veut dialoguer, sans tricher avec les questions, on subit le tir de ceux qui font de leurs vérités des flèches. Au nom de la paix, pour la tranquillité, ne vaut-il donc pas mieux se taire ?”

Faudrait-il alors se taire pour avoir la paix, comme certains parents quand ils n’en peuvent plus : “Tiens, pour avoir la paix.” Non, les témoins, les prophètes ne sont pas des faiseurs d’unanimité à bon compte. Ils appellent à prendre position, ils obligent à l’affrontement. Savez-vous que décider, en latin, signifie trancher, diviser. Mais trancher est a priori positif. Je me souviens quelqu’un qui me racontait un épisode qui avait été douloureux à vivre car il avait provoqué des divisions. Et il me disait son regret : “On était si unis avant.” Et il fallait l’aider à comprendre que l’unité d’avant était sans doute plutôt de façade, et qu’elle allait être meilleure après. Car l’Evangile est un feu qui purifie et qui transforme : c’est le feu de l’Esprit ; c’est l’Esprit de feu.

Le feu que Jésus veut mettre, c’est bien ce feu de Dieu, le feu de l’Esprit qui va animer la vie de ses disciples. C’est bien le feu de la Bonne Nouvelle qui va bouleverser, renverser, détruire le vieux monde pour faire surgir ce qu’il appelle le Royaume. Et renverser le vieux monde, « détruire le vieil homme » comme dira Saint Paul, c’est quelque chose de rude et exigeant. Révolte contre la bêtise humaine, contre la haine, contre la guerre, contre l’injustice. C’est Johnny Hallyday qui le chante et le crie : « Allumer le feu ! ». Oui, nous sentons en nous ce désir de mettre le feu pour que disparaissent toutes ces horreurs en nous et autour de nous… et très souvent, nous en restons là.

Jésus, lui, détruit la fausse paix de ceux qui ont intérêt à ce que rien ne change. La paix qu’il donne n’est pas du genre : “je vous fiche la paix.” Et quand il dit : “Je suis le chemin, la vérité et la vie”, on sent bien qu’il n’y a pas de tranquillité en perspective. Jésus dénonce les injustices sur lesquelles repose trop souvent l’ordre établi, les fausses sécurités, les habitudes et les traditions sclérosées et qui ne sont plus au service de l’homme.

Alors il se retrouve crucifié. On pense ainsi le faire taire et retrouver la tranquillité de l’ordre établi. Mais voilà, comme disait quelqu’un, on a bien réussi à le mettre à mort, mais jamais à l’enterrer. Dieu son Père, en le ressuscitant, transforme la défaite de la mort en victoire de la Résurrection. Voilà notre espérance : il y a une façon de vivre, à la suite du Christ, qui ressuscite.

Pensons-y quelques instants en nous aidant du petit texte de Robert Riber : Pourquoi dire toujours : tout est perdu, rien ne va plus. Les gens sont des pourris ! Autour de toi, il y a des PARLANTS, des gens qui parlent, vraiment. Des gens qui se risquent, bien au-delà de mots. Toi, si tu en as envie, tu peux crier avec les loups à défaut de t’engager. Toi, si tu veux, tu peux te boucher les oreilles pour ne pas entendre la PAROLE. Toi, si tu veux, tu peux fermer les yeux, et ne rien voir du tout.  Pourtant, autour de toi, tu le sais, il y a des gens qui osent et qui bougent, il y a des gens qui agissent. Alors…

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Evangile de la fête de l’Assomption – 15 août 2019

Posté par rtireau le 10 août 2019

magnificat
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1, 39-56

En ces jours-là,
Marie se mit en route et se rendit avec empressement
vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
    Elle entra dans la maison de Zacharie
et salua Élisabeth.
    Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie,
l’enfant tressaillit en elle.
Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
    et s’écria d’une voix forte :
« Tu es bénie entre toutes les femmes,
et le fruit de tes entrailles est béni.
    D’où m’est-il donné
que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
    Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles,
l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
    Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles
qui lui furent dites de la part du Seigneur. »

    Marie dit alors :
« Mon âme exalte le Seigneur,
    exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
    Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
    Le Puissant fit pour moi des merveilles ;
Saint est son nom !
    Sa miséricorde s’étend d’âge en âge
sur ceux qui le craignent.
    Déployant la force de son bras,
il disperse les superbes.
    Il renverse les puissants de leurs trônes,
il élève les humbles.
    Il comble de biens les affamés,
renvoie les riches les mains vides.
    Il relève Israël son serviteur,
il se souvient de son amour,
    de la promesse faite à nos pères,
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »

    Marie resta avec Élisabeth environ trois mois,
puis elle s’en retourna chez elle.

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Homélie

Posté par rtireau le 10 août 2019

Fête de l’Assomption – 15 août 2019

Apocalypse 11, 19a ; 12, 1-6a.10ab ; Psaume 44 ; 1 Corinthiens 15, 20-27a ; Luc 1, 39-56

Marie vient de découvrir qu’elle est enceinte. Marie a tellement accueilli la Parole de Dieu dans sa vie que la Parole a pris chair en elle. Croire tellement, dire oui tellement fort à la naissance de Dieu en soi qu’un jour ou l’autre ça se concrétise.

Marie vient de découvrir qu’elle est enceinte, et son premier réflexe est de se mettre en route. Comme si Saint Luc tenait à nous dire que la naissance de Jésus ne représente pas un terme pour Marie mais un commencement. Elle part chez sa cousine Élisabeth. Et c’est la Visitation : deux femmes enceintes qui se rencontrent et partagent les joies de l’attente. La Visitation, – le titre pourrait être la complicité féminine -  deux femmes font l’expérience qu’au plus profond d’elles-mêmes il y a de l’autre. Un autre qui les a mises en mouvement, cet autre les a mues et en même temps émues. Leur existence s’est faite ouverture, accueil, joie, tressaillement. Du neuf va apparaître. La grossesse est une période exceptionnelle puisque les femmes peuvent parler d’un autre tout en parlant d’elles-mêmes, elles peuvent parler d’elles-mêmes tout en parlant d’un autre. 

Marie portait en elle l’espérance du monde. De qui portons-nous l’espérance ? Qui a pu nous dire : “Tu comptes beaucoup pour nous.” Visitation, rencontre de deux personnes déjà habitées, déjà visitées. Dans nos rencontres, dans nos visites – c’est le même mot que visitation, – savons-nous reconnaître en ceux que nous visitons l’Autre qu’ils portent en eux ? Croire que l’autre mérite attention et respect, qu’il porte en lui des possibilités infinies, croire que rien n’est impossible à Dieu. Une visite, une visitation, si banale soit-elle, réalise la visite de Dieu qui s’intéresse à notre terre.

Et la rencontre de ces deux femmes sera l’occasion du fameux Magnificat. Vous pensez peut-être : “Dans notre monde d’aujourd’hui pas très brillant, comment se laisser emporter dans cette jubilation du Magnificat ?” C’est vrai ! Mais, au fait, le monde dans lequel la jeune Marie chantait sa joie, dans quel état était-il ? Sa Galilée natale n’était pas en paix, les puissants opprimaient les petits, les riches prospéraient à côté des pauvres. A l’époque non plus il n’y avait pas vraiment de quoi chanter un magnificat. Mais voilà ! Marie sentait bouger en elle l’enfant de l’avenir. C’est lui qui proclamerait un jour : “Heureux les pauvres, les doux, les affamés.” C’est lui qui allait rudoyer les orgueilleux et les nantis. C’est lui qui allait révéler la richesse des pauvres et offrir aux foules démunies un pain de vie inconnu. Marie portait en elle cet avenir ardent.

Très actuel, ce Magnificat, ce chant de marche obstinée des humbles. C’est bien un chant de louange à Dieu, mais c’est aussi un langage dur qui appelle par leur nom les malheurs du monde. Et c’est un chant de protestation porteur d’espoir parce que nous croyons que Dieu ne nous enlèvera jamais la force de continuer d’aimer. « Comment est-ce Dieu possible ! » Un cri que Marie a dû prononcer souvent. Mais elle était heureuse que Dieu se soit penché sur l’humilité de l’illettrée qu’elle était sans doute, comme pour lui dire : “Tu es celle que j’ai créée !” Lorsque vous réalisez que Dieu vous a choisi, ça vous donne déjà la force de continuer d’aimer !

À travers les siècles, on a souvent vénéré Marie, au risque d’oublier son message. On aimait bien les cantiques à Marie au risque d’oublier le cantique de Marie et son message tellement dérangeant. C’est maintenant du passé. On a mieux compris que, si Marie prononce son Magnificat, ce n’est pas pour qu’on le traduise en louange à son égard. Non elle nous invite à célébrer avec elle les merveilles de Dieu accomplies en faveur de ceux qui espèrent le salut du monde et qui luttent pour ça. Elle dit sa joie à cause de Dieu qui choisit les petits et disperse les orgueilleux, qui renvoie les puissants et élève les humbles, qui comble les affamés et renvoie les riches les mains vides. Elle dit que, lorsque Dieu vient, ce n’est pas à côté de l’existence des hommes. Quand il s’approche, toutes les cloisons des sociétés s’écroulent. Une vie autre commence.

Dans le regard et le cœur de Marie, quand elle accomplissait ses tâches quotidiennes, quand elle vibrait d’indignation devant les orgueilleux et les puissants, quand elle appelait la dignité pour les humbles et le pain pour les pauvres, Dieu était déjà en train de naître.

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Evangile du 19° dimanche dans l’année C – 11 août 2019

Posté par rtireau le 5 août 2019

Unknown
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12, 32-48

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Sois sans crainte, petit troupeau :
votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.
    Vendez ce que vous possédez
et donnez-le en aumône.
Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas,
un trésor inépuisable dans les cieux,
là où le voleur n’approche pas,
où la mite ne détruit pas.
    Car là où est votre trésor,
là aussi sera votre cœur.
    Restez en tenue de service,
votre ceinture autour des reins,
et vos lampes allumées.
    Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces,
pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.
    Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée,
trouvera en train de veiller.
Amen, je vous le dis :
c’est lui qui, la ceinture autour des reins,
les fera prendre place à table
et passera pour les servir.
    S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin
et qu’il les trouve ainsi,
heureux sont-ils !
    Vous le savez bien :
si le maître de maison
avait su à quelle heure le voleur viendrait,
il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
    Vous aussi, tenez-vous prêts :
c’est à l’heure où vous n’y penserez pas
que le Fils de l’homme viendra. »
    Pierre dit alors :
« Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole,
ou bien pour tous ? »
    Le Seigneur répondit :
« Que dire de l’intendant fidèle et sensé
à qui le maître confiera la charge de son personnel
pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ?
    Heureux ce serviteur
que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
    Vraiment, je vous le déclare :
il l’établira sur tous ses biens.
    Mais si le serviteur se dit en lui-même :
‘Mon maître tarde à venir’,
et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes,
à manger, à boire et à s’enivrer,
    alors quand le maître viendra,
le jour où son serviteur ne s’y attend pas
et à l’heure qu’il ne connaît pas,
il l’écartera
et lui fera partager le sort des infidèles.
    Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître,
n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté,
recevra un grand nombre de coups.
    Mais celui qui ne la connaissait pas,
et qui a mérité des coups pour sa conduite,
celui-là n’en recevra qu’un petit nombre.
À qui l’on a beaucoup donné,
on demandera beaucoup ;
à qui l’on a beaucoup confié,
on réclamera davantage. »

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Homélie

Posté par rtireau le 5 août 2019

19° dimanche dans l’année C – 11 août 2019

Sagesse 18, 6-9 ; Psaume 32 ; Hébreux 11, 1-2. 8-19 ; Luc 12, 32-48

Grâce à la foi, Abraham, Sarah et tout un peuple ont vécu des choses inouïes. L’extrait de la lettre aux Hébreux est comme une relecture chrétienne de la foi d’Abraham, de Sarah et de tout un peuple. Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu et partit. Et il fallait bien avancer chaque jour, dans le désert, pour que les troupeaux trouvent à manger. Grâce à la foi, Sarah eut une descendance. Grâce à la foi, tout le peuple, sans avoir connu la réalisation des promesses de Dieu, l’avait salué de loin dit le texte très joliment. Grâce à la foi, cet homme de 36 ans gravement malade parle de guérison d’une manière très surprenante : “Ma maladie m’a complètement changé. Aujourd’hui j’ai rencontré le Christ. Je me considère comme guéri, car Dieu a guéri ce qui en moi en avait le plus besoin. Il m’a éveillé à un nouveau regard sur moi, sur ma vie, sur les autres. Il m’a donné l’espérance totalement insensée de pouvoir un jour traverser la mort sans mourir à son amour. Dans ma vie d’avant, j’étais, à bien des égards, plus mort que je ne le serai jamais. La perle de l’évangile, je l’ai trouvée. C’est la présence de Dieu dans ma vie et son regard d’amour.”

Grâce à la foi. La foi qui permet même l’impossible : Pensez au langage des sportifs : “On y croit ! Untel, il y croit, il se démène !” Ou bien l’inverse : “S’ils y croyaient seulement un peu !” Pensez au langage courant au sujet d’un conférencier par exemple : “On sent qu’il y croit.”

Chacun de nous peut élargir ce langage au domaine familial, professionnel, associatif. Il y a comme une dynamique de la foi, de l’espérance et de la promesse : on n’est jamais euphoriques de ce qu’on a parce qu’on ne le tient jamais définitivement ; on n’est jamais désespérés de ce qui nous manque parce qu’on est déjà heureux de ce qu’on n’a pas encore et qu’on attend. Voilà ce qu’est un homme de foi, un veilleur en tenue de service, en attente, tourné vers demain. Le contraire de celui qui est occupé à ressasser le passé même le plus réussi. 

L’homme de foi est un veilleur. Non pas un couche-tard. C’est vrai, on a tous vécu de ces soirées qui n’en finissent pas. C’est chouette, on est bien, tellement qu’il est impossible d’arrêter. On en rajoute : encore une danse, encore un verre. Ça finit par épuisement, quelquefois même en catastrophe. Ce sont des soirées qui réunissent des couche-tard, mais pas des veilleurs. Le veilleur, lui, est tourné vers demain. Il faut bien à un moment qu’il y ait la volonté, la foi de se tourner vers demain, vers la vie qui doit continuer. Comme si veiller engageait Dieu lui-même.

Je pense aux célébrations d’obsèques : il faut bien que ce soit des moments tournés vers demain, vers la vie qui doit continuer. Sinon ce serait simplement insupportable. Ensemble, on se redonne vie. Comme si veiller engageait Dieu lui-même. Veiller est proche de la foi.  Il faut croire pour veiller. “Qui de nous, a pu écrire un poète, qu’il soit mère ou qu’il soit père, épouse ou époux, amante ou amant, n’a regardé dormir celle ou celui qu’il aime, veillé sur son sommeil au comble du respect et dans l’émerveillement. Veiller, c’est tout attendre de la vie et s’en remettre à elle. Veiller, c’est refuser que la vie ne s’éteigne.” J’aime bien que pour les jeunes enfants on parle depuis longtemps déjà d’Eveil à la foi plutôt que de catéchisme.

“Soyez des veilleurs !” pourquoi pas des bien-veillants ? Des prenant soin ! “Restez en tenue de service !” Pas simplement des prestataires de services qui rendent service et s’en vont laissant l’autre servi, mais souvent seul… 

 “Soyez comme des gens qui attendent.”  Dans la revue Signes, il y avait un jour cette petite réflexion : “Mais justement, qui peut avoir encore le temps d’attendre ? Est-ce que le temps ce n’est pas de l’argent ? Il est temps de ne plus confondre l’attente et l’impatience. L’attente du Royaume de Dieu n’est pas celle d’un départ de T.G.V. L’attente du Royaume de Dieu est un cœur en désir et non la peur d’être en retard. Celui qui attend, c’est celui qui trouve encore au fond de lui un petit peu d’espérance allumée.” J’ai retrouvé là la distinction que faisait Simone Weil évoquant deux femmes au travail : l’une prisonnière et remplissant par contrainte un morne labeur de couture ; l’autre tricotant une layette pour l’enfant qu’elle porte. Les gestes sont comparables et pourtant, il s’agit pour l’une d’une peine et pour l’autre d’un bonheur.

 

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