Homélie

Posté par rtireau le 5 août 2019

19° dimanche dans l’année C – 11 août 2019

Sagesse 18, 6-9 ; Psaume 32 ; Hébreux 11, 1-2. 8-19 ; Luc 12, 32-48

Grâce à la foi, Abraham, Sarah et tout un peuple ont vécu des choses inouïes. L’extrait de la lettre aux Hébreux est comme une relecture chrétienne de la foi d’Abraham, de Sarah et de tout un peuple. Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu et partit. Et il fallait bien avancer chaque jour, dans le désert, pour que les troupeaux trouvent à manger. Grâce à la foi, Sarah eut une descendance. Grâce à la foi, tout le peuple, sans avoir connu la réalisation des promesses de Dieu, l’avait salué de loin dit le texte très joliment. Grâce à la foi, cet homme de 36 ans gravement malade parle de guérison d’une manière très surprenante : “Ma maladie m’a complètement changé. Aujourd’hui j’ai rencontré le Christ. Je me considère comme guéri, car Dieu a guéri ce qui en moi en avait le plus besoin. Il m’a éveillé à un nouveau regard sur moi, sur ma vie, sur les autres. Il m’a donné l’espérance totalement insensée de pouvoir un jour traverser la mort sans mourir à son amour. Dans ma vie d’avant, j’étais, à bien des égards, plus mort que je ne le serai jamais. La perle de l’évangile, je l’ai trouvée. C’est la présence de Dieu dans ma vie et son regard d’amour.”

Grâce à la foi. La foi qui permet même l’impossible : Pensez au langage des sportifs : “On y croit ! Untel, il y croit, il se démène !” Ou bien l’inverse : “S’ils y croyaient seulement un peu !” Pensez au langage courant au sujet d’un conférencier par exemple : “On sent qu’il y croit.”

Chacun de nous peut élargir ce langage au domaine familial, professionnel, associatif. Il y a comme une dynamique de la foi, de l’espérance et de la promesse : on n’est jamais euphoriques de ce qu’on a parce qu’on ne le tient jamais définitivement ; on n’est jamais désespérés de ce qui nous manque parce qu’on est déjà heureux de ce qu’on n’a pas encore et qu’on attend. Voilà ce qu’est un homme de foi, un veilleur en tenue de service, en attente, tourné vers demain. Le contraire de celui qui est occupé à ressasser le passé même le plus réussi. 

L’homme de foi est un veilleur. Non pas un couche-tard. C’est vrai, on a tous vécu de ces soirées qui n’en finissent pas. C’est chouette, on est bien, tellement qu’il est impossible d’arrêter. On en rajoute : encore une danse, encore un verre. Ça finit par épuisement, quelquefois même en catastrophe. Ce sont des soirées qui réunissent des couche-tard, mais pas des veilleurs. Le veilleur, lui, est tourné vers demain. Il faut bien à un moment qu’il y ait la volonté, la foi de se tourner vers demain, vers la vie qui doit continuer. Comme si veiller engageait Dieu lui-même.

Je pense aux célébrations d’obsèques : il faut bien que ce soit des moments tournés vers demain, vers la vie qui doit continuer. Sinon ce serait simplement insupportable. Ensemble, on se redonne vie. Comme si veiller engageait Dieu lui-même. Veiller est proche de la foi.  Il faut croire pour veiller. “Qui de nous, a pu écrire un poète, qu’il soit mère ou qu’il soit père, épouse ou époux, amante ou amant, n’a regardé dormir celle ou celui qu’il aime, veillé sur son sommeil au comble du respect et dans l’émerveillement. Veiller, c’est tout attendre de la vie et s’en remettre à elle. Veiller, c’est refuser que la vie ne s’éteigne.” J’aime bien que pour les jeunes enfants on parle depuis longtemps déjà d’Eveil à la foi plutôt que de catéchisme.

“Soyez des veilleurs !” pourquoi pas des bien-veillants ? Des prenant soin ! “Restez en tenue de service !” Pas simplement des prestataires de services qui rendent service et s’en vont laissant l’autre servi, mais souvent seul… 

 “Soyez comme des gens qui attendent.”  Dans la revue Signes, il y avait un jour cette petite réflexion : “Mais justement, qui peut avoir encore le temps d’attendre ? Est-ce que le temps ce n’est pas de l’argent ? Il est temps de ne plus confondre l’attente et l’impatience. L’attente du Royaume de Dieu n’est pas celle d’un départ de T.G.V. L’attente du Royaume de Dieu est un cœur en désir et non la peur d’être en retard. Celui qui attend, c’est celui qui trouve encore au fond de lui un petit peu d’espérance allumée.” J’ai retrouvé là la distinction que faisait Simone Weil évoquant deux femmes au travail : l’une prisonnière et remplissant par contrainte un morne labeur de couture ; l’autre tricotant une layette pour l’enfant qu’elle porte. Les gestes sont comparables et pourtant, il s’agit pour l’une d’une peine et pour l’autre d’un bonheur.

 

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