Homélie

Posté par rtireau le 28 octobre 2019

Samedi 2 novembre 2019

Jean 14, 1-9

“Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Je suis le chemin, la vérité et la vie.” On imagine assez bien qu’autour de Jésus beaucoup ont dû penser : Mais pour qui il se prend, celui-là ? Car ceux qui l’entendaient ne voyaient qu’un homme. 

D’ailleurs, deux mille ans après, beaucoup ne se souviennent que d’un homme. Un homme avec une vie longtemps cachée, un peu publique ; un homme suivi par quelques foules, puis abandonné par presque tous. Sauf quelques amis qui se sont levés pour dire : “Il est vivant, nous en sommes témoins.” Et ils ont dit qu’il était Fils de Dieu et que la mort n’a pas eu de pouvoir sur lui qui a donné sa vie par amour

Pourquoi j’insiste ? Parce que c’est là que se trouve l’espérance chrétienne, surtout quand elle est affrontée à la mort d’un proche, comme c’est le cas de beaucoup d’entre nous aujourd’hui. L’espérance du chrétien : croire que Dieu ressuscite tout ce qui est partagé par amour dans une vie.

“Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie.” Jean Debruynne a écrit très joliment : “Jésus vient bouleverser nos habitudes de voyageurs”. Quand on doit voyager, on se dit d’abord : « Où va-t-on aller ? » puis « Comment ? Par où ? » Jésus, lui, dit que l’Evangile est un chemin. Le plus pressé alors n’est pas de savoir où il faut aller, mais de se mettre en marche. Où vont les chrétiens ? Ils vont. Toutes et tous sont en chemin. Chacun avec son pas, son histoire, ses doutes et ses questions.” Le Père Rouet, ancien évêque de Poitiers le disait aussi : “La foi chrétienne commence par les pieds, parce qu’il faut y aller.”

“Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie.” Un chemin, ce n’est pas fait pour être regardé mais pour être emprunté. Thomas est désorienté : “Nous ne savons même pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ?” Et il y a toujours eu des chrétiens pour réclamer : Donnez-nous des consignes, nous obéirons. Ça nous évitera d’avoir à nous prendre la tête en nous risquant à inventer nos chemins !” Eh bien, on ne sait pas le chemin d’avance, c’est en marchant qu’on le découvre. Et heureusement car les chemins écrits d’avance deviennent vite des prisons : ce sont les fanatismes et les doctrines de toutes sortes. Pour l’Evangile, le chemin n’est pas une doctrine, c’est quelqu’un, c’est Jésus lui-même. Il dit : “Viens, suis-moi”, mais il ne dit pas où, et c’est pour ça que la foi ne peut être qu’un chemin de confiance. Péguy le disait à sa façon : “Ce qui fait le chrétien, ce n’est pas le niveau de sa vie morale, ce qui fait le chrétien, c’est qu’il donne la main, comme un petit enfant.”

“Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie.” Une phrase programme : en prenant ce chemin, vous connaîtrez la vérité et vous trouverez la vieAh la Vérité ! On voudrait bien pouvoir l’écrire une bonne fois. On voudrait bien une définition de Dieu, ou mieux une photo. Ah ! Ce rêve d’aller à Dieu en direct, sans médiations ! “Montre-nous le Père, cela nous suffit.” dit Philippe. Il voudrait une photo du Père. Il voudrait déjà être avec le Père, et court-circuiter tous les cheminements pourdevenir humain. Jésus répond : “Celui qui m’a vu a vu le Père.”  Quand on sait que Jésus s’identifie aux plus petits d’entre les hommes (Mt 25), voyez un peu la taille de l’album photo qu’il nous faudrait pour  montrer Dieu.

Jésus dit : “Celui qui m’a vu a vu le Père.” Dieu Père a le visage de Jésus. Voilà la photo réclamée par Philippe. Pour nous, ce visage se profile à travers le visage des autres : “Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi.” (Mt 25) Une phrase qui dit très fort en même temps que la foi ne se réduit pas à un sentiment religieux, mais qu’elle se vérifie dans les actes de partage, surtout envers les plus petits.

Laisser un commentaire

 

boutiqueesoterique |
Entre Dieu et moi paroles d... |
Eglise de Maison |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vous connaîtrez la vérité e...
| CHORALE "VOIX DES ANGES" D'...
| Le son de la trompette