• Accueil
  • > Archives pour janvier 2020

Evangile pour la présentation du Seigneur – 2 février 2020

Posté par rtireau le 26 janvier 2020

bellini-presentation-temple_grt

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2,22-40. 

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi : ‘Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur.’
Ils venaient aussi offrir le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : ‘un couple de tourterelles ou deux petites colombes.’
Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon. C’était un homme juste et religieux, qui attendait la Consolation d’Israël, et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple. Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s’en aller en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël. »
Le père et la mère de l’enfant s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Syméon les bénit, puis il dit à Marie sa mère : « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction
– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – : ainsi seront dévoilées les pensées qui viennent du cœur d’un grand nombre. »
Il y avait aussi une femme prophète, Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser. Elle était très avancée en âge ; après sept ans de mariage,
demeurée veuve, elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. Elle ne s’éloignait pas du Temple, servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
Survenant à cette heure même, elle proclamait les louanges de Dieu et parlait de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.
Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur, ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait, rempli de sagesse, et la grâce de Dieu était sur lui.

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Homélie

Posté par rtireau le 26 janvier 2020

Fête de la Présentation du Seigneur – 2 février 2020

Mal 3, 1-4 ;
Psaume 24
 ; Hébreux 2, 14-18 ; Luc 2, 22-40

Saint Luc est grec. Il écrit donc naturellement d’abord pour ses compatriotes. Et de temps en temps il doit s’opposer à des juifs chrétiens qui veulent obliger tout le monde à se soumettre aux règles de leur religion. Notre texte parle de purification. La question du pur et de l’impur, pour les Juifs et pour les religions de l’époque, ne concernait pas d’abord la morale mais la liturgie. 

La pureté pouvait être perdue par des actes comme manger d’un animal impur, et elle était retrouvée par des rites de purification. Ces prescriptions avaient souvent leur origine dans des traditions d’hygiène, et il s’y était ajouté des raisons religieuses : pour entrer dans une zone sacrée, pour s’approcher de Dieu, il fallait être pur, et donc pratiquer des rites de purification. C’est ce que Marie venait faire au Temple. Jésus, lui aussi, se soumettra à ces prescriptions même s’il en dénoncera les excès et ne cessera de dire : pour être avec Dieu, c’est avant tout le cœur qu’il faut purifier.

En racontant la présentation de Jésus au Temple, Saint Luc dit donc très fort que le message de l’évangile n’est pas réservé au peuple d’Israël, mais qu’il est destiné à tous le monde. Et ce qui aurait pu être simplement familial devient l’événement qui concerne l’humanité de tous les pays et de tous les temps. Ce qui, dans la tradition, était cérémonie de purification de la maman devient manifestation de la mission du Fils. Syméon et Anne, symbolisent la longue attente des générations. 

La scène se passe à Jérusalem, la Ville sainte dont le Temple est le cœur. C’est là que Jésus reçoit ses titres de sauveur universel “Lumière pour éclairer les nations païennes” et  manifestation du Dieu invisible (c’est le sens du mot gloire). Le salut n’est plus gardé dans un seul sanctuaire prestigieux. C’est l’univers qui devient sanctuaire. Le Temple sera tout homme qui accueille la Parole. Luc dit l’étonnement de Marie et Joseph. Et en effet ils étaient venus pour une liturgie discrète et voici qu’éclate le cantique d’une louange universelle. Etonnement et inquiétude puisqu’on annonce que ce Jésus qui veut faire de toutes les nations un peuple de frères sera signe de division.

Gabriel Ringlet a écrit un poème qui a pour titre : “Qu’ils sont jeunes ces deux vieux !” 

Il y avait sans doute, écrit-il,  à Jérusalem, bien plus d’un Syméon… Mais celui-ci a le feu sacré. Mieux : le Souffle sacré. Et le Souffle le pousse jusqu’au sanctuaire. À la même heure, une femme se tient là, habitée elle aussi par le Souffle : Anne. Profession : prophétesse. Une “inspirée” dont Chouraqui dit joliment qu’“elle s’avance en jours nombreux”. Elle vieillit, Anne, elle jeûne, elle prie, elle attend.

Qui les a vus, ces deux vieux du bout du Temple ? Mais eux, ils voient. Dans la cohue, au milieu des moutons et des tourterelles, ils voient s’avancer un jeune couple avec un bébé. A quel moment leurs yeux se sont-ils rencontrés ?

L’Evangile dit que selon la loi de Moïse, les parents “portent” le nouveau-né pour le présenter au Seigneur. Le verbe porter a tout son poids. Et c’est le même pour dire porter un bébé ou porter un mort. On porte en terre comme on porte au jour. Syméon s’avance. Lui aussi veut porter l’enfant. Et le porter tellement fort qu’il le blottit dans ses bras. Il le cache en lui. Comme s’il s’agissait déjà du tombeau. Comme si la lumière du Temple était trop forte. Comme s’il importait de protéger Dieu… Mais l’enfant le fait renaître et voilà qu’il se met à chanter : “Maintenant, ô Maître, tu peux laisser ton serviteur s’en aller dans la paix, selon ta parole.” Il est frappant de voir à quel point ces personnages qui se croisent au début de l’Evangile ont plaisir à chanter. Le Benedictus de Zacharie, le Magnificat de Marie, et, ici, le Nunc dimittis de Syméon, ces trois grands poèmes du Nouveau Testament.

L’Evangile d’aujourd’hui, à travers la présentation de Jésus au Temple, nous dit que l’enfant est un don de Dieu. Marie et Joseph, dans un geste d’entière confiance, viennent remettre leur fils entre les mains de Dieu. Ils se rappellent ainsi qu’il ne leur appartient pas, même s’ils ont la responsabilité de son éducation. “Vos enfants ne sont pas vos enfants” écrit à sa façon le poète Kalil Gibran. Parents, vos enfants ne vous appartiennent pas. Quand vous venez les faire baptiser, vous les remettez entre les mains de Dieu. Ils sont les enfants de Dieu ! Aimer quelqu’un, ce n’est pas l’enfermer dans ses bras, c’est le mettre debout et lui apprendre à marcher tout seul. 

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Evangile du 3° dimanche dans l’année A – 26 janvier 2020

Posté par rtireau le 19 janvier 2020

evangile-ryaume-cieux-enfants

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 4, 12-23. 

Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean le Baptiste, il se retira en Galilée.
Il quitta Nazareth et vint habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, dans les territoires de Zabulon et de Nephtali.
C’était pour que soit accomplie la parole prononcée par le prophète Isaïe :
‘Pays de Zabulon et pays de Nephtali, route de la mer et pays au-delà du Jourdain, Galilée des nations !
Le peuple qui habitait dans les ténèbres a vu une grande lumière. Sur ceux qui habitaient dans le pays et l’ombre de la mort, une lumière s’est levée.’
À partir de ce moment, Jésus commença à proclamer : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »
Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André, qui jetaient leurs filets dans la mer ; car c’étaient des pêcheurs.
Jésus leur dit : « Venez à ma suite, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
De là, il avança et il vit deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque avec leur père, en train de réparer leurs filets. Il les appela.
Aussitôt, laissant la barque et leur père, ils le suivirent.
Jésus parcourait toute la Galilée ; il enseignait dans leurs synagogues, proclamait l’Évangile du Royaume, guérissait toute maladie et toute infirmité dans le peuple.

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Homélie

Posté par rtireau le 19 janvier 2020

Troisième dimanche dans l’année A - 26 janvier 2020

Isaïe 8, 23 – 9,1-3 ; Psaume 26 ; 1 Corinthiens 1, 10-13.17 ; Matthieu 4, 12-23

Jésus vient d’apprendre l’arrestation de Jean Baptiste. Mauvais temps pour les prédicateurs : ceux qui osent dire la vérité, on les fait taire. Ce serait le moment de ne pas faire de vagues, de rester tranquillement charpentier dans son village. Au contraire, c’est comme un signal pour Jésus et il décide de prendre la suite de son cousin qu’on emprisonne. Il quitte Nazareth-des-collines pour Capharnaüm-sur-Mer. Contrairement à Jean-Baptiste, il ne va pas au désert mais en pleine ville ; pas en Judée mais au cœur de la Galilée ; pas à la terre sainte du Temple mais à la terre des païens. C’est une vraie rupture : ce ne sont pas des prêtres ni des docteurs que Jésus appelle mais des pauvres. 

Alors qu’il longe les rives du lac de Galilée, il voit des pêcheurs. Il voit ! Ah ! Ce regard de Jésus. Il semble transpercer les préjugés, les masques, les apparences, les faux-semblants. Ici, il remarque des pêcheurs sur leur lieu de travail, affairés autour de leurs filets. Jésus ne les appelle pas à la cantonade, il s’adresse nommément à tel ou tel. Il sait remarquer chaque personne comme unique. Il ne les choisit pas pour leur compétence religieuse. Ici ce sont de simples pêcheurs, des gens durs, âpres à la peine. Et ces pêcheurs deviendront prêcheurs parce que Jésus est un transfigurateur.

Capharnaüm est le carrefour des païens. Dans ce nœud de communications, Jésus va pouvoir porter son message à toutes sortes de gens. Prophète de la lumière, il vient pour éclairer le pays de l’ombre ; médecin des âmes, il va là où se trouvent les malades. Il vient se mettre au plus près de ceux qui sont le plus loin de Dieu. Son attitude nous renvoie évidemment à nous-mêmes. On est si souvent repliés sur nos milieux chrétiens. Comme si on était atteints du virus de la communion avant celui de la mission. Quelqu’un disait joliment un jour qu’on est très occupés dans l’Église à canaliser, à mettre des tuyaux et des robinets, alors que le Seigneur nous invite à faire couler des sources. La piscine peut être luxueuse, mais s’il n’y a pas d’eau !

Jésus reprend la prédication du Baptiste : “Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche.” Mais il n’annonce plus d’abord pénitence mais Bonne Nouvelle. Changez vos cœurs, transformez vos manières d’agir. Laissez Dieu vous guider. La société ne s’améliorera que si chacun commence à changer lui-même. C’est au cœur de leur vie professionnelle que Jésus appelle les premiers apôtres : Pierre, André, Jacques et Jean. Et nous voyons déjà, en eux, la conversion commencer. Jésus a quitté sa tranquillité de Nazareth. Ces quatre marins pêcheurs aussi vont laisser barques, filets et père pour suivre ce Jésus avec sa Bonne Nouvelle surprenante.

Et voilà qu’il montre ce que c’est qu’évangéliser. Contemplons-le. Sa Bonne Nouvelle, c’est : le Royaume de Dieu est arrivé ! Il enseigne longuement, surtout en paraboles. Et il guérit, il se laisse émouvoir par les souffrances rencontrées sur son chemin. Il sait que le bâtisseur de l’avenir, c’est l’homme. Dans notre société, on aime les statistiques, on parle économie, on scrute les prix. Et souvent on oublie l’énergie première : celle de l’homme. “Cet être nu, écrit Gérard Bessière, ne s’est jamais arrêté. Aucune civilisation n’a satisfait et figé son désir. Il a toujours cherché plus loin. Ce n’est pas aujourd’hui, ni demain, qu’il renoncera. Le Royaume ignoré qui l’attire ne figure sur aucune carte. Il n’a ni frontières, ni armée… Rêve, direz-vous, fumée, mirages… Mais ceux qui s’efforcent de créer – ou de recréer – la bonté, la justice, la liberté sont des rêveurs efficaces. S’ils écoutent en eux le murmure obstiné de l’espérance, c’est pour changer le monde. Ces hommes et ces femmes refusent tous les fatalismes. Ils veulent que demain connaisse l’aube. Ainsi les brumes de novembre accompagnent les semailles, mais le grain enfoui sera moisson. L’arbre dépouillé par l’hiver prépare sa ramure. L’enfant, dès qu’il est là, transfigure la vie.”

Ces hommes et ces femmes qui refusent tous les fatalismes et qui veulent que demain soit meilleur, nous croyons que c’est le ressuscité qui les réveille et qui change complètement leur vie. Et quelquefois ça commence très tôt, ce réveil et cette audace : je pense à Bénédicte, 9 ans, qui venait d’entendre parler pour la première fois, au caté, de la résurrection de Jésus. Ses yeux brillaient de surprise et, à son retour, elle s’est plantée devant sa maman : “Maman, la dame nous a dit que Jésus est ressuscité après sa mort. Comment se fait-il que tu ne me l’avais jamais dit ?

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Evangile du 2° dimanche dans l’année A – 19 janvier 2020

Posté par rtireau le 13 janvier 2020

vitrail-avec-colombe-du-st-esprit-eglise-st-pierre-de-rome-c-wikipedia

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 1,29-34. 

En ce temps-là, voyant Jésus venir vers lui, Jean le Baptiste déclara : « Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ;
c’est de lui que j’ai dit : L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était.
Et moi, je ne le connaissais pas ; mais, si je suis venu baptiser dans l’eau, c’est pour qu’il soit manifesté à Israël. »
Alors Jean rendit ce témoignage : « J’ai vu l’Esprit descendre du ciel comme une colombe et il demeura sur lui.
Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m’a envoyé baptiser dans l’eau m’a dit : “Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre et demeurer, celui-là baptise dans l’Esprit Saint.”
Moi, j’ai vu, et je rends témoignage : c’est lui le Fils de Dieu. »

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Homélie

Posté par rtireau le 13 janvier 2020

Deuxième dimanche dans l’année A - 19 janvier 2020

Isaïe 49, 3.5-6 ; Psaume 39 ; 1 Corinthiens 1, 1-3 ; Jean 1, 29-34

Du fond de leur exil à Babylone, les déportés d’Israël se demandent si Dieu ne les aurait pas oubliés. La voix d’Isaïe s’élève pour dire qu’il n’en est rien. Mais que Dieu a des grands moyens surprenants : un Serviteur disponible, qui sera le peuple d’Israël. Un serviteur, une sorte de berger chargé de ramener les rescapés d’Israël. Il sera lumière des nations jusqu’aux extrémités de la terre, non pas un roi puissant, mais un serviteur pour dire a chacun : “Tu as de la valeur aux yeux du Seigneur.” Sur une carte de vœux, un jour, ça pouvait s’écrire très brièvement : “Le roi dit : comptez-les tous. Dieu dit : tout le monde compte.” Les grand moyens de Dieu, un serviteur pour dire a chacun : “Tu as de la valeur aux yeux du Seigneur.”  C’est à dire : tout le monde compte.

Dans l’Evangile de ce jour, Jean-Baptiste désigne Jésus : “Voici l’Agneau de Dieu”. Il est bon de savoir qu’en araméen le terme talya signifie en même temps Agneau et Serviteur.

L’Evangile de Jean a été écrit longtemps après Pâques, donc à la lumière de la résurrection de Jésus. On comprend que Jean-Baptiste paraisse naturellement et facilement contemplatif. En réalité, tout n’a sans doute pas été si clair pour lui du premier coup. Mais plusieurs dizaines d’années après l’événement, à la lumière de la résurrection, il nous est présenté comme quelqu’un qui voyait l’invisible.

Voir l’invisible… Dans la vie, il y a ceux qui se vantent d’être réalistes : “Moi, je ne crois que ce que je vois.” Et il y a ceux, comme Jean-Baptiste, qui voient parce qu’ils croient, ceux qui voient beaucoup plus que le visible parce qu’ils ont la foi.

Les grands moyens que Dieu prend pour redonner espérance au monde, c’est son peuple serviteur d’après Isaïe, c’est son fils serviteur d’après Jean-Baptiste, son fils qui prend le visage de l’homme. C’est Dieu qui s’envisage, non pas avec des grands moyens, mais en se mettant du côté des victimes et non des oppresseurs. Dieu non seulement du côté des victimes, mais Dieu qui respecte notre liberté jusqu’à l’extrême. Dieu qui prend sur lui même nos fautes pour nous en libérer. Nous qui sommes baptisés, plongés dans l’Esprit de Dieu, il est bon de nous demander de quel côté nous sommes : du côté des oppresseurs et de la violence, quelle qu’elle soit, même rien qu’en paroles, ou du côté des victimes ?

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jean-Baptiste, qui était jusque là le précurseur, est devenu témoinLe témoin est d’abord quelqu’un qui voit, qui reconnaît. Or il a une phrase surprenante en parlant de son cousin : “Je ne le connaissais pas.”En même temps, on n’est pas trop surpris qu’il puisse dire : je ne le connaissais pas bien, ou pas comme ça, mais maintenant, je le connais.

Alors il peut être – c’est le second sens du mot – le témoin qui atteste : c’est bien lui. 

Et enfin – troisième sens – il peut devenir le témoin qui s’efface, qui veille à ne pas être pris pour celui qu’il veut annoncer : ce n’est pas moi qu’il faut regarder, c’est lui.

Dieu prend visage, Dieu s’envisage dans notre monde. C’est Yves Patenotre, évêque émérite de la Mission de France qui disait : « Tu veux imiter Dieu ? Fais comme lui : deviens Homme ! » Dieu prend visage dans notre monde. Le plus souvent, ce n’est pas de l’évidence pour nous. On pourrait dire que c’est en crypté, comme dans certaines chaînes de notre télévision. Mais nous sommes dans le temps après la résurrection. Et, de génération en génération, les chrétiens qui nous ont précédés ont été des témoins pour nous. Ils nous ont dit les signes de la présence du ressuscité, les signes dont ils ont été témoins. Et grâce à eux, par moments, le crypté a pu devenir clair.

Toutes ces générations ont été des témoins pour nous. Sans doute vous voyez où je veux en venir : c’est à nous maintenant de prendre le relais et d’être témoins, pour que chacun entende en clair : “Tu as de la valeur aux yeux du Seigneur.”  A nous d’être témoins pour que chacun puisse petit à petit porter le même regard contemplatif que Jean-Baptiste sur le monde. 

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Envangile pour la fête du baptême du Seigneur – 12 janvier 2020

Posté par rtireau le 6 janvier 2020

1101978145_univ_lsr_xl

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 3, 13-17. 

Alors paraît Jésus. Il était venu de Galilée jusqu’au Jourdain auprès de Jean, pour être baptisé par lui.
Jean voulait l’en empêcher et disait : « C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et c’est toi qui viens à moi ! »
Mais Jésus lui répondit : « Laisse faire pour le moment, car il convient que nous accomplissions ainsi toute justice. » Alors Jean le laisse faire.
Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau, et voici que les cieux s’ouvrirent : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.
Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Homélie

Posté par rtireau le 6 janvier 2020

Fête du Baptême du Seigneur dans l’année A - 12 janvier 2020

Isaïe 42, 1-4.6-7 ; Psaume 28 ; Actes 10, 34-38 ; Matthieu 3, 13-17

“Jésus paraît, dit l’évangile, sur les bords du Jourdain”, ce fleuve unique au monde. En hébreu le mot Jourdain signifie le descendeur. Il prend sa source dans le mont Hermon, à 520 mètres d’altitude, il est le seul à descendre aussi bas, dans la Mer Morte, à 394 mètres en dessous du niveau de la mer. Voilà jusqu’où descend Jésus. Il n’avait nullement besoin de confesser des péchés ! Et pourtant, il descend à son tour vers les eaux sales du Jourdain. Il se solidarise ainsi avec les pécheurs, comme pour s’enraciner dans son peuple et le ramener vers le Père. Il plonge dans un peuple, il s’engage avec lui, il se mouille avec lui.

L’eau est un mystère qui traverse toute la Bible. Depuis les eaux du Déluge qui détruisent, jusqu’aux eaux du Jourdain qui régénèrent : mystère de vie et de mort, eaux de la mort et eaux maternelles, traversée de la Mer Rouge et surtout passage du Ressuscité à travers l’océan de la mort. Depuis ce jour où Jésus est descendu jusqu’au fond, il n’est pas de pécheur, même le plus abîmé, qu’il ne puisse rejoindre. Il s’est fait le plus proche des plus éloignés. Et c’est quand son humiliation arrive au plus bas qu’éclate la manifestation du Père. Le Père lui fait sa déclaration d’amour : “Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui, j’ai mis tout mon amour.” Il sera la voix du Père parmi les hommes. Et l’Esprit à son tour descend “comme une colombe”. Car cet homme, si semblable aux autres, est le Fils de Dieu, tellement rempli de l’Esprit qu’il pourra le donner à tous les hommes pour en faire des fils de Dieu.

Le baptême révèle Jésus comme notre baptême nous révèle à nous-mêmes. Baptisés, nous remontons des eaux de la mort par la puissance de l’Esprit et nous nous découvrons fils, sous le regard du Père. Invités à notre tour à montrer le visage du Père autour de nous : “Fais paraître dans ta vie un nouvel aspect du visage de Jésus-Christ que personne n’a encore manifesté.” Vous qui êtes baptisés, vous qui avez fait baptiser vos enfants, avez-vous commencé de faire paraître un aspect du visage de Jésus ?

“Tu vas toujours à ta psychothérapie de groupe” demandait quelqu’un à un chrétien un jour ? Il avait tout à fait compris, celui-là, l’intérêt qu’il y a à faire partie de la communauté des chrétiens. Et une autre fois : “Ah oui, tu es chrétien parce que tu as eu des problèmes de santé ?”  Réponse de l’interrogé : “Non, c’est parce que des gens m’ont donné envie de vivre.” Fameux baptême !

Des gens m’ont donné envie de vivre. Une phrase qui rejoint le mot que j’aime bien quand je pense baptême, le mot commencements. Une Église qui se soucie de ses commencements est une Église vivante. Je me souviens de Thaï, jeune adulte Viet-Namien, baptisé à une veillée pascale à Rennes, en présence d’environ 500 personnes. Les semaines d’après, il ne pouvait plus se déplacer dans le quartier sans qu’on lui saute au cou de toutes parts. Fameux recommencement dans sa vie.

Des gens m’ont donné envie de vivre. Le baptême : un nouveau commencement. Avez-vous remarqué la différence de physionomie entre ceux qui vous annoncent : “Je viens de commencer le piano… la danse… le foot… ou à surfer sur Internet…” et ceux qui vous disent : “Oh, j’ai arrêté la musique, j’en avais marre. J’ai arrêté le sport, je n’avais plus temps…” ou “J’y arrivais pas…” Avez-vous remarqué la différence de physionomie ? Eh bien en principe, l’Eglise est toujours du côté de ceux qui commencent. L’Eglise est toujours du côté des joyeux commencements,  du côté de ceux qui sont en route, en marche, en chemin.

Des gens m’ont donné envie de vivre. Ils ont été comme une lumière pour moi : 

Voulez-vous une histoire d’enfants pour dire ça ? C’est un petit garçon qui visite une cathédrale avec sa grand-mère et qui découvre les vitraux.

- “C’est qui, ces gens-là ?” demande l’enfant, en montrant un vitrail.

- “Ce sont les chrétiens !” répond la grand-mère.

Peu après, à l’école, I’instituteur demande : 

- “Qu’est-ce qu’un chrétien ?” 

et l’enfant de répondre immédiatement : 

- “C’est quelqu’un à travers qui on voit la lumière.”

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

 

boutiqueesoterique |
Entre Dieu et moi paroles d... |
Eglise de Maison |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vous connaîtrez la vérité e...
| CHORALE "VOIX DES ANGES" D'...
| Le son de la trompette