Evangile pour le 4° dimanche de Pâques – 3 mai 2020

Posté par rtireau le 26 avril 2020

Porte

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 10, 1-10. 

En ce temps-là, Jésus déclara : « Amen, amen, je vous le dis : celui qui entre dans l’enclos des brebis sans passer par la porte, mais qui escalade par un autre endroit, celui-là est un voleur et un bandit.
Celui qui entre par la porte, c’est le pasteur, le berger des brebis.
Le portier lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix. Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir.
Quand il a poussé dehors toutes les siennes, il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix.
Jamais elles ne suivront un étranger, mais elles s’enfuiront loin de lui, car elles ne connaissent pas la voix des étrangers. »
Jésus employa cette image pour s’adresser à eux, mais eux ne comprirent pas de quoi il leur parlait.
C’est pourquoi Jésus reprit la parole : « Amen, amen, je vous le dis : Moi, je suis la porte des brebis.
Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des bandits ; mais les brebis ne les ont pas écoutés.
Moi, je suis la porte. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé ; il pourra entrer ; il pourra sortir et trouver un pâturage.
Le voleur ne vient que pour voler, égorger, faire périr. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. »

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Homélie

Posté par rtireau le 26 avril 2020

Quatrième dimanche de Pâques – A - 3 mai 2020

Actes 2, 14a.36-41 ; Psaume 22 ; 1 Pierre 2, 20b-25 ; Jean 10, 1-10

L’avez-vous remarquée en entrant ? Quand on arrive dans une église, on admire l’architecture, on regarde le chœur, l’autel, l’orgue. Mais elle, est-ce que vous y avez-vous fait attention ? C’est pourtant elle qui est chargée aujourd’hui de nous parler de Jésus : 

“Moi, je suis la porte !” dit Jésus. D’ordinaire, on laisse à la porte les objets encombrants. Y’en a même qui mettent à la porte les indésirables. On dit aussi aux personnes d’avancer et de ne pas rester près de la porte. Et les distraits se retournent quand on entend bouger la porte. Pourtant, “Moi, je suis la porte !” dit Jésus.

Souvent les portes des églises anciennes sont décorées et quelquefois très belles, vues de l’extérieur. Mais voilà, Jésus n’est pas la porte d’entrée. Non ! Il appelle les brebis chacune par son nom et il les fait sortir. Jésus est une porte de sortie. C’est dehors qu’il nous entraîne. Son projet n’est pas de nous garder dans la sécurité de la bergerie, mais de nous conduire au plein air. Venez avec moi sur la route des hommes. “Moi, je suis la porte !” dit Jésus.

Il y a des portes qui protègent, qui séparent, qui isolent ou qui enferment. Jésus, lui, est un passage. Quand les professionnels du bâtiment désignent portes et fenêtres, savez-vous qu’ils parlent des ouvertures ? Eh bien Jésus est une ouverture sur la rencontre. Il est celui qui marche devant et qui nous conduit ailleurs. A travers la route des hommes, il nous mène au Père. Écouter Jésus, ce n’est pas s’asseoir, c’est prendre le chemin. Portes ouvertes, murs brisés, pierre roulée, tombeau vide, brèche d’espérance. “Moi, je suis la porte !” dit Jésus.

Sur la porte de cette église, comme sur la porte de notre maison, non pas à l’extérieur, mais à l’intérieur, non pas pour les autres mais pour nous, regardons bien, c’est écrit en lettres d’or : “Moi, je suis la porte !” dit Jésus. Faire Église ce n’est pas écouter aux portes, ce n’est pas condamner une porte, ni se cacher derrière la porte, ni mettre à la porte, mais reconnaître une voix qui nous dit : “Moi je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance.”

Un jour, un artiste avait réalisé une magnifique affiche. On pouvait voir Jésus frapper à une porte. Quelqu’un remarqua qu’il n’y avait ni poignée ni clenche ! En fait, l’artiste n’avait rien oublié. Mais il y a des portes qui ne s’ouvrent que de l’intérieur. Vous avez bien compris : si je n’ai pas de vie intérieure, si je n’ouvre pas ma porte au Christ, la rencontre ne sera pas possible.

Karine est aumônier fédération protestante en centre de détention. Le lundi de Pâques, le 13 avril dernier, elle a écrit sa méditation sur l’actualité :

Etrange montée vers Pâques que nous venons de vivre. Retraite généralisée à l’abri du monde. Des prières, comme des bulles d’oxygène qui viennent éclater à la surface de nos barrières de distanciations sociales… Temps de l’interrogation,… temps de l’épreuve, mais aussi temps de solidarité, d’humble accompagnement au jour le jour, simples gestes d’offrande. Emerveillement devant la capacité à faire front là où on se croyait à bout de forces.

Etrange Vendredi Saint. Temps de confinement vécu parfois comme une mise au tombeau… Comme les femmes au matin de Pâques on pose alors la question : « Qui viendra rouler la lourde pierre qui nous sépare de la vie ? Qui nous ouvrira les portes de l’espérance ? » Pourtant j’entends déjà le murmure ténu de la Parole. De ce temps de jachère fleuriront de nouvelles joies et découvertes. La lumière de Pâques s’est levée.

Etrange jour de Pâques où cette année c’est en restant délibérément à distance les uns des autres que nous avons célébré la Vie. Pourtant le Christ nous invite lui-même à ne pas le « confiner ». Au matin de Pâques il adresse à chacun de nous cette parole : « Va vers mes frères » (Jean 20, 17)… Sur ce chemin il nous rejoint pour ouvrir les portes d’une société nouvelle et nous engage à construire avec lui ce monde nouveau… C’est définitif : Dieu choisit la vie ! Toi, va vers l’espérance qui vient !

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Evangile pour le 3° dimanche de Pâques – 26 avril 2020

Posté par rtireau le 19 avril 2020

Emmaüs

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24, 13-35.

Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem,
et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.
Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.
Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. »
Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple :
comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant.
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.
Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.
Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »
À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :
« Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

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Homélie

Posté par rtireau le 19 avril 2020

Troisième dimanche de Pâques – A - 26 avril 2020

Actes 2, 14.22b-33 ; Psaume 15 ; 1 Pierre 1, 17-21 ; Luc 24, 13-35

“Il leur expliqua dans toute l’Écriture ce qui le concernait.” Jésus les invita à relire dans la bible ce qu’ils avaient vécu avec lui. M’apercevoir que l’évangile et ma vie pourraient bien être une même histoire d’amour. Et ça fait tilt, comme dans une relation forte quand on reconnaît le meilleur de soi en l’autre et le meilleur de l’autre en soi. Alors c’est la fameuse phrase : Notre cœur n’était-il pas brûlant tandis qu’il nous parlait sur la route ?” En fait, c’est là que commence la foi chrétienne, quand on sort de la simple croyance en un Dieu lointain et qu’on reconnaît Dieu amour dans sa vie et le ressuscité dans son quotidien.

Avez-vous remarqué les moments où le cœur est brûlant ? C’est quand plusieurs sont rassemblés. Dans les débuts du christianisme, on a pu lire : “Le chrétiens ne se distinguent ni par le langage, ni par les vêtements. Leur genre de vie n’a rien de singulier. Mais ils ne peuvent vivre sans se rassembler. Ne déchirez pas l’Eglise en ne vous rassemblant pas.” Le cœur est brûlant quand on se rassemble. Car le Christ est là au milieu de nous, comme il l’avait dit : “Là ou 2 ou 3 sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.” Et on mesure ici combien le confinement actuel nous prive de ces moments de communion.

Les disciples d’Emmaüs sont déçus. Mais ils marchent et ils parlent. Donc ils ne sont pas anéantis. Alors le ressuscité est là, et ça brûle dans les cœurs. Ils veulent donc le garder avec eux. C’est humain : on veut fêter ça, on veut arroser ça.Il entre chez eux. Et c’est un partage qui remet en marche. La présence et les paroles, ça peut aider, mais c’est le partage qui fait resurgir le goût de vivre. Partager un pain, ça ne peut pas laisser tranquille. Il y a tellement d’endroits où le pain a besoin d’être partagé. Les disciples donnent à manger à leur invité, et Dieu, qu’ils n’ont pas reconnu dans la méditation, ils le découvrent dans la fraction du pain. Ils ne furent pas éclairés totalement en écoutant la Parole, ils le sont en l’accomplissant. Ailleurs Jésus a dit que ce geste le rejoint quand on le fait vers tout être en détresse : “J’ai eu faim et vous m’avez donné à manger.” Quand nous partageons, c’est à lui que nous donnons. A jamais, Jésus habite le don.

Pour les disciples le pain partagé s’est fait Parole. C’est à ce geste qu’ils l’ont reconnu. Et lui a disparu. Au moment où ils sont tentés de le garder, il disparaît. Chaque fois, il envoie vers d’autres frères : c’est ça le temps de l’Église. Les disciples l’ont compris. Ils ne se sont pas lancés dans une entreprise de reliques et de pèlerinages. Certains regrettent sûrement qu’on ait perdu la chaise et la table de ce soir-là. En fait on ne sait même plus trop où est Emmaüs : au moins 4 lieux du même nom peuvent correspondre et les manuscrits font varier entre “60 et 160 stades” la distance avec Jérusalem. Imprécision salutaire : Emmaüs, c’est partout où un homme marche avec Jésus sans le savoir, partout où se vit la rencontre avec lui. On ne sait plus trop où est Emmaüs, mais on se souvient que la nouvelle de la résurrection est arrivée bien vivante à Jérusalem.

Jean-Paul II a écrit en 2004 : « Il est significatif que les disciples d’Emmaüs, bien préparés par les paroles du Seigneur, l’aient reconnu au moment du geste simple de la “fraction du pain”. Lorsque les esprits sont éclairés et que les cœurs sont ardents, les signes “parlent”. Après avoir reconnu le Seigneur, les disciples d’Emmaüs “se levèrent à l’instant même” pour communiquer ce qu’ils avaient vu et entendu. C’est une expérience qu’on ne peut garder pour soi. »

Et un poète inconnu : “Sur la route d’Emmaüs, ils étaient deux. Les voici trois. Jésus est avec eux qu’ils ne savent pas. Dieu, ton rendez-vous sera-t-il donc toujours en chemin ? Tu n’es pas un Dieu de tout repos, un dieu de trône et de maître-autel. Tu n’es donc toujours qu’un Dieu vagabond, un Dieu d’Exode et sans domicile fixe. Et il suffira que ces deux-là, sur la route d’Emmaüs, veuillent t’installer, même provisoirement, pour que tu t’effaces de leurs yeux. Sur la route, ils étaient deux. Ils se parlaient. Ils partageaient les mots de leur tristesse, le choc de cette mort en croix qui ressemblait trop à un assassinat. Ils étaient deux sur la route, à se parler, les voici trois. Jésus est avec eux, qu’ils ne reconnaissent pas. Dieu, c’est donc quand nous commençons d’oser nous parler, lorsque nous prenons le risque de l’échange, que tu es là au milieu de nous ? Dieu, c’est donc lorsque nous acceptons d’être deux que nous devenons trois.”

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Evangile pour le 2° dimanche de Pâques – 19 avril 2020

Posté par rtireau le 12 avril 2020

La Paix

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20,19-31. 

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

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Homélie

Posté par rtireau le 12 avril 2020

Deuxième dimanche de Pâques – A – 19 avril 2020

Actes 2, 42-47 ; Psaume 117 ; 1 Pierre 1, 3-9 ; Jean 20, 19-31 

“Moi, je suis comme Thomas, je ne crois qu’à ce que je vois”. La phrase est passée dans le langage courant : beaucoup se reconnaissent dans ce Thomas hésitant. Moi, j’aime bien tous ceux qui doutent avec sincérité. Car ils ne sont pas indifférents, ils mettent leur honnêteté, leur intelligence et parfois leur grande culture dans la réflexion, et ils ne voient pas le moyen de croire. Mais ils donneraient quelquefois des leçons à des croyants qui n’ont guère réfléchi. En réalité, Thomas est un bel exemple de croyant. Car la foi n’est jamais aussi solide que lorsqu’elle a surmonté le doute. Il n’y a pas de foi chrétienne qui ne passe par l’hésitation. Avoir la foi, c’est avoir assez de lumière pour porter ses doutes. Thomas veut voir pour croire ! Voir pour croire ! Avez-vous réalisé qu’il est tout aussi vrai de dire : il faut croire pour voir. Car on peut, grâce à la foi, apercevoir ce qui est invisible au premier abord ; celui qui fait attention à qui n’est jamais regardé ; celui qui dit un mot à qui est dans la solitude ; celui qui sait voir dans un visage abîmé quelqu’un de bien.Et c’est par ce chemin que la confiance peut devenir plus forte que les doutes.

“Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas !” Pourquoi une telle insistance ? Peut-être parce que Jean écrit son Évangile vers la fin du 1er siècle. Une époque où beaucoup sont déjà tentés de regarder vers un Christ désincarné en oubliant qu’il a vécu un quotidien bien concret, qu’on l’a arrêté, qu’on l’a jugé et exécuté. C’est peut-être pour ça que Jean a choisi un tel réalisme presque insoutenable, pour asséner que le Fils de Dieu a “pris chair” fragile, qu’il a été affronté aux ténèbres de la vie et qu’il continue de venir vers nous en nous montrant les plaies de ceux qui donnent leur vie pour que naisse et grandisse la véritable humanité.

Les premiers disciples ont cru en la Résurrection parce qu’ils ont rencontré vivant celui qui était mort. Nous sommes invités à la même expérience. Alors où trouver aujourd’hui les signes qui nous permettront d’être témoins de la résurrection ? Je vous propose trois chemins :

1 – Une absence qui est présence. Jésus n’est plus là. Le tombeau vide dit que le Ressuscité ne se laisse enfermer ni dans nos églises, ni dans nos textes, même les plus officiels. Il ne se laisse accaparer par personne. Il est absent, ça veut dire qu’il est présent autrement : depuis le matin de Pâques, il est en route, tellement plongé dans l’humanité qu’on peut le prendre pour un jardinier ou un inconnu. Présence discrète, mais efficace, cette présence qui, depuis 2000 ans, agit en tous ceux-là dont l’engagement a permis qu’on ne désespère pas de l’humanité ! Quelqu’un disait un jour : “Pas facile de croire à la résurrection avec tout ce qu’on voit de négatif dans le monde. Mais c’est l’inverse, s’écria un autre, sans la résurrection comment expliquer l’ardeur des témoins ? Et que tel timide devienne audacieux, Et que tout plein de gens soient solidaires, et que celui qui a toutes raisons de se plaindre affiche de la joie ?”

2 – Les traces des plaies de Jésus. Elles sont restées visibles dans son corps transfiguré : étonnante “marque de re-connaissance.” Thomas a pu les toucher, et nous aussi puisque nous les apercevons dans le corps souffrant de l’humanité… Et combien c’est d’actualité. Elles sont les signes que la Passion du Fils de l’Homme n’est toujours pas achevée.

3 – Les témoins envoyés. Chaque apparition du Christ se termine par un envoi : “Allez annoncer ! – De toutes les nations faites des disciples ! – Comme mon Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie !” C’est bien dans la résurrection du Christ que la mission prend sa source. L’envoi est le signe que rien n’est fini. Jésus est vivant. Ce sont ses disciples qui sont enterrés, verrouillés à double tour, paralysés par la peur. La Bonne Nouvelle du Dieu Père qui aime doit être annoncée. Cette mission naît du baptême. Louis Rétif disait : “Nous ne sommes pas baptisés pour être sauvés mais pour devenir des sauveurs.” Et Véronique Margron, en parlant elle-aussi du jour du baptême : “On entre dans l’église enfants de Dieu, on en sort prêtres, prophètes et rois.” 

Si tout ça vous semble compliqué, je vous propose de vous laisser porter par la foi de la petite Lucile. Un adulte lui dit : “Je te donne un florin si tu me dis où Dieu habite”Elle répond : “Moi je t’en donne deux si tu me dis où il n’habite pas.”

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Evangile pour la Fête de Pâques – 11-12 Avril

Posté par rtireau le 8 avril 2020

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28, 1-10. 

Après le sabbat, à l’heure où commençait à poindre le premier jour de la semaine, Marie Madeleine et l’autre Marie vinrent pour regarder le sépulcre.
Et voilà qu’il y eut un grand tremblement de terre ; l’ange du Seigneur descendit du ciel, vint rouler la pierre et s’assit dessus.
Il avait l’aspect de l’éclair, et son vêtement était blanc comme neige.
Les gardes, dans la crainte qu’ils éprouvèrent, se mirent à trembler et devinrent comme morts.
L’ange prit la parole et dit aux femmes : « Vous, soyez sans crainte ! Je sais que vous cherchez Jésus le Crucifié.
Il n’est pas ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit. Venez voir l’endroit où il reposait.
Puis, vite, allez dire à ses disciples : “Il est ressuscité d’entre les morts, et voici qu’il vous précède en Galilée ; là, vous le verrez.” Voilà ce que j’avais à vous dire. »
Vite, elles quittèrent le tombeau, remplies à la fois de crainte et d’une grande joie, et elles coururent porter la nouvelle à ses disciples.
Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : « Je vous salue. » Elles s’approchèrent, lui saisirent les pieds et se prosternèrent devant lui.
Alors Jésus leur dit : « Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront. »

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Homélie

Posté par rtireau le 8 avril 2020

Veillée pascale dans l’année A – 11 avril 2020

Matthieu 28, 1-10

On a posé un jour la question à Jacques Noyer, ancien évêque d’Amiens : “Il paraît que de nombreux chrétiens ne croient pas à la Résurrection de Jésus. Comment est-ce possible ?” Au milieu de sa longue réponse, il y avait ceci : “Peut-on croire que le monde serait devenu chrétien avec cette rapidité simplement parce qu’un homme serait sorti du tombeau ? Mais des histoires comme celle-là, on en racontait tous les
jours, et des plus extraordinaires. Croire en Jésus, c’était accueillir un nouveau visage de Dieu, un Dieu qui n’était pas du côté des riches, des rois et des prêtres, un Dieu qui ne figeait pas les vies sous un jugement définitif, un Dieu qui n’appelait pas à la violence mais au pardon, un Dieu qui aimait comme un Père et invitait à nous
aimer les uns les autres.”

Mon ami théologien Jean-Yves Baziou a lui-aussi une très belle annonce de résurrection : “Ce qui permet de traverser la mort, ce qui reste d’une existence et qui est sa part d’éternité, c’est la générosité dont elle a été capable. Car ce que tu auras donné de toi, même la mort ne peut pas te le ravir puisque c’est déjà donné. C’est pour cela que l’amour ne passera jamais… Nous entrons en résurrection, nous faisons résurrection, quand nous donnons du goût de vivre par l’éclat de nos yeux, par l’attention à qui n’est jamais regardé, par la prononciation d’un mot aimable à qui est dans la solitude, quand nous savons voir dans un visage abîmé quelqu’un de bien.”

Gérard Naslin, prêtre de Nantes, a mis son message de résurrection en forme de poésie :

- On a mis à mort celui qui, d’un regard, redonnait la dignité aux blessés de la vie. Alors Marie Madeleine  le reconnaît lorsqu’il l’appelle par son nom. (Jean 20, 16)

- On a mis à mort celui qui avait parlé de l’amour comme d’un don. Alors Thomas le reconnaît à ses blessures, preuves du don de sa vie.

- On a mis à mort celui qui avait déclaré « bienheureux les artisans de paix ». Alors les disciples le reconnaissent à sa salutation : « la paix soit avec vous ! » ((Jean 20, 19)

- On a mis à mort celui qui avait partagé le pain. Alors deux de ses disciples le reconnaissent au geste de la fraction dans l’auberge d’Emmaüs. (Luc 24, 30-31)

La mort n’a pas eu le dernier mot. Désormais ce qui aura le dernier mot, c’est la Vie, l’Amour, la Paix, la Foi, telle est notre espérance. Autrement dit, on a fait taire Jésus, mais sa mort elle-même a été parole.

Ce sont trois annonces de la résurrection. Jean Corbineau en a raconté une toute simple lors d’une messe télévisée. Dans un village, un ancien et une jeune vacancière marchent dans la rue. En haut d’une côte, un vieux calvaire : une croix de bois et, dessus, le corps du crucifié. La jeune femme s’arrête. L’ancien croit qu’elle prie. Mais très vite la phrase lui arrive : “Qui est cet homme qui est accroché au bois ?” L’ancien comprend qu’il ne faut ni sourire ni s’étonner. Elle est d’une autre génération, voilà tout. Alors il lui dit ce qu’il sait des évangiles : “Cet homme s’appelle Jésus ; il a été arrêté alors qu’il était innocent ; on l’a forcé à porter le bois de sa croix et on l’a cloué dessus ; mais pour moi il est vivant, il est Dieu avec nous. Il a ouvert un chemin, et beaucoup le suivent.” L’ancien parlait calmement, comme dans une prière. La femme prononça un seul mot : “Merci” et poursuivit sa route. Elle venait de recevoir la première annonce chrétienne de résurrection.

Très souvent, aux célébrations d’obsèques, je fais moi-aussi une annonce de résurrection en lisant la très belle poésie de Gabriel Ringlet :

“Oui, nos mains vont disparaître … Mais nos poignées de main, mais nos signes de bonjour, mais nos gestes d’adieu, mais l’invisible chemin de nos caresses … nous n’allons pas les brûler.

Oui, nos pieds vont disparaître … Mais la foulée de nos promenades, mais l’élan de nos courses, mais le saut de nos jeux, mais le pas de nos danses et de nos rendez-vous, nous n’allons pas les noyer.

Oui, nos visages vont disparaître, et nos oreilles, et nos lèvres, et nos yeux … Mais nos sourires, mais nos écoutes, mais nos regards, mais nos baisers, nous n’allons pas les enterrer.”

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Evangile pour le Jeudi Saint – 9 avril 2020

Posté par rtireau le 5 avril 2020

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13, 1-15. 

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,
se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »
Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. »
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

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Homélie

Posté par rtireau le 5 avril 2020

Le Jeudi saint – 9 avril 2020

Ex 12, 1-8, 11-14 ; Psaume 115 ; 1 Co 11, 23-26 ; Jean 13, 1-15

Notre évêque, le Père D’Ornellas, a dit un jour, bien avant notre situation de confinement : “Plein de gens trouvent la messe ennuyeuse… Assez souvent c’est parce qu’ils y viennent les mains vides.” Eh bien c’est pour nous inviter à faire des progrès dans ce sens que nous mettons en valeur, à chaque eucharistie, l’apport du pain et du vin. On appelle ça la procession des offrandes. C’est pour inciter chacun à venir à l’église avec son pain et son vin, c’est à dire avec sa vie“Je porte ce pain sur l’autel, disait le père Varillon. Le Christ en fait son propre corps. Il divinise ce que, moi, j’ai humanisé.” Quand il y a l’eucharistie à des obsèques, si vous saviez comme c’est un grand moment pour des proches du défunt d’apporter le pain et le vin sur l’autel : c’est toute la vie de celle ou de celui qu’ils ont aimé.

Rappelez-vous la phrase du célébrant pour l’offrande : « Tu es béni Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes (mouvement de Dieu vers l’homme).  Nous te le présentons (mouvement de l’homme vers Dieu). Il deviendra le pain de la vie éternelle (mouvement de Dieu vers l’homme). 

On a souvent focalisé la présence du Christ uniquement dans le pain consacré. Or le Christ est présent beaucoup plus largement. Il nous l’a annoncé en nous quittant (Nous le rappelons à la fête de l’Ascension) : “Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde” (Mt 28, 20)

Pour en revenir à la célébration de l’Eucharistie, les enfants qui se préparent à communier réfléchissent à la présence du Christ à chacun des 4 moments de la messe : on a appelé ça le parcours du Pain et du vin. Un parcours en quatre moments. On leur souhaite de pouvoir le faire bientôt :

1er moment : Dès qu’on se rassemble le Christ est présent dans l’assemblée des fidèles réunis en son nom : “Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.” (Mt 18, 20) Et grâce à tous ceux qui ont apporté le pain de leur vie, le parcours du pain est déjà commencé. Il se trouve, ce pain, sur une tablette au milieu de notre assemblée.

2ème moment : On écoute la Parole. Et le Christ se fait présent par sa Parole “le Verbe s’est fait chair.” Le Verbe, c’est le Christ, Parole de Dieu. “ Dieu, personne ne l’a jamais vu, dit Saint Jean, le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.” (Jean 1, 18). “Tout le portrait de son Père”, disait avec humour le Père Jean-Noël Besançon. C’est à la fin de ce temps qu’on apporte les offrandes sur l’autel. Voilà que le pain de nos vies arrive sur l’autel.

3ème moment : Le Christ est présent à travers celui qui a été ordonné prêtre, et dans le pain et le vin qu’il consacre et qu’il partage en mémoire du dernier repas de Jésus. Le pain est donc arrivé sur l’autel. Et il est pris dans la grande prière eucharistique qui fait mémoire du dernier repas de Jésus. Ce jour où Jésus prit du pain (Jeudi Saint) et prononça le Récit de l’institution eucharistique (Cf St Paul de la seconde lecture)ce que nous redisons à chaque messe en mémoire de lui, comme il nous y a invités : “Faites ceci en mémoire de moi”Et le pain devient la présence du Christ sur l’autel. C’est le sacrement de l’Eucharistie. C’est alors qu’il nous est redonné en communion : il fait mouvement vers nous. Alors nous devenons la présence du Christ. “Nous sommes le Corps du Christ”, comme dit le cantique que nous aimons bien.

4ème moment : Nous sommes envoyés révéler cette présence dans nos quartiers. Oh le Christ ne nous a pas attendus pour y être présent comme il nous l’a promis. Je le rappelai à l’instant : “Moi, je suis avec vous tous les jours…” (Mt 28, 20). Il y est déjà, mais c’est à nous de prendre au sérieux cette présence pour travailler à la rendre visible. Saint Matthieu le dit dans son chapitre 25 bien connu : Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frèresc’est à moi que vous l’avez fait.” 

Deux petits mots pour conclure :

- Dans le mot communion, à peu près tout le monde sait qu’il y a le mot latin cum qui veut dire avec. Mais savez-vous qu’il s’y trouve aussi le mot munus qui signifie fardeau ? Communier engage donc aussi à porter les fardeaux les uns des autres. Voilà l’explication de la joie qu’il y a dans tous les gestes d’entraide – et il n’en manque pas en ce moment : c’est le Seigneur qui continue de ressusciter tout ce qui dans nos vies est partagé par amour.

- Quelques lignes de Timothy Radcliffe : “Dans l’Eglise primitive, il y avait un lien profond entre le soin des pauvres et l’admission à l’eucharistieQuand des gens demandaient le baptême, on leur posait des questions comme : “Ont-ils visité les malades ? Ont-ils fait toute espèce de bonnes œuvres ?” Ça veut dire que le soin du pauvre n’est pas seulement un beau geste que je fais en tant que chrétien, mais que ce beau geste fait partie de ma foi chrétienne.

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