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Evangile pour le Jeudi Saint – 9 avril 2020

Posté par rtireau le 5 avril 2020

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13, 1-15. 

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,
se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »
Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. »
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

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Homélie

Posté par rtireau le 5 avril 2020

Le Jeudi saint – 9 avril 2020

Ex 12, 1-8, 11-14 ; Psaume 115 ; 1 Co 11, 23-26 ; Jean 13, 1-15

Notre évêque, le Père D’Ornellas, a dit un jour, bien avant notre situation de confinement : “Plein de gens trouvent la messe ennuyeuse… Assez souvent c’est parce qu’ils y viennent les mains vides.” Eh bien c’est pour nous inviter à faire des progrès dans ce sens que nous mettons en valeur, à chaque eucharistie, l’apport du pain et du vin. On appelle ça la procession des offrandes. C’est pour inciter chacun à venir à l’église avec son pain et son vin, c’est à dire avec sa vie“Je porte ce pain sur l’autel, disait le père Varillon. Le Christ en fait son propre corps. Il divinise ce que, moi, j’ai humanisé.” Quand il y a l’eucharistie à des obsèques, si vous saviez comme c’est un grand moment pour des proches du défunt d’apporter le pain et le vin sur l’autel : c’est toute la vie de celle ou de celui qu’ils ont aimé.

Rappelez-vous la phrase du célébrant pour l’offrande : « Tu es béni Dieu de l’univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes (mouvement de Dieu vers l’homme).  Nous te le présentons (mouvement de l’homme vers Dieu). Il deviendra le pain de la vie éternelle (mouvement de Dieu vers l’homme). 

On a souvent focalisé la présence du Christ uniquement dans le pain consacré. Or le Christ est présent beaucoup plus largement. Il nous l’a annoncé en nous quittant (Nous le rappelons à la fête de l’Ascension) : “Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde” (Mt 28, 20)

Pour en revenir à la célébration de l’Eucharistie, les enfants qui se préparent à communier réfléchissent à la présence du Christ à chacun des 4 moments de la messe : on a appelé ça le parcours du Pain et du vin. Un parcours en quatre moments. On leur souhaite de pouvoir le faire bientôt :

1er moment : Dès qu’on se rassemble le Christ est présent dans l’assemblée des fidèles réunis en son nom : “Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.” (Mt 18, 20) Et grâce à tous ceux qui ont apporté le pain de leur vie, le parcours du pain est déjà commencé. Il se trouve, ce pain, sur une tablette au milieu de notre assemblée.

2ème moment : On écoute la Parole. Et le Christ se fait présent par sa Parole “le Verbe s’est fait chair.” Le Verbe, c’est le Christ, Parole de Dieu. “ Dieu, personne ne l’a jamais vu, dit Saint Jean, le Fils unique, lui qui est Dieu, lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui l’a fait connaître.” (Jean 1, 18). “Tout le portrait de son Père”, disait avec humour le Père Jean-Noël Besançon. C’est à la fin de ce temps qu’on apporte les offrandes sur l’autel. Voilà que le pain de nos vies arrive sur l’autel.

3ème moment : Le Christ est présent à travers celui qui a été ordonné prêtre, et dans le pain et le vin qu’il consacre et qu’il partage en mémoire du dernier repas de Jésus. Le pain est donc arrivé sur l’autel. Et il est pris dans la grande prière eucharistique qui fait mémoire du dernier repas de Jésus. Ce jour où Jésus prit du pain (Jeudi Saint) et prononça le Récit de l’institution eucharistique (Cf St Paul de la seconde lecture)ce que nous redisons à chaque messe en mémoire de lui, comme il nous y a invités : “Faites ceci en mémoire de moi”Et le pain devient la présence du Christ sur l’autel. C’est le sacrement de l’Eucharistie. C’est alors qu’il nous est redonné en communion : il fait mouvement vers nous. Alors nous devenons la présence du Christ. “Nous sommes le Corps du Christ”, comme dit le cantique que nous aimons bien.

4ème moment : Nous sommes envoyés révéler cette présence dans nos quartiers. Oh le Christ ne nous a pas attendus pour y être présent comme il nous l’a promis. Je le rappelai à l’instant : “Moi, je suis avec vous tous les jours…” (Mt 28, 20). Il y est déjà, mais c’est à nous de prendre au sérieux cette présence pour travailler à la rendre visible. Saint Matthieu le dit dans son chapitre 25 bien connu : Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frèresc’est à moi que vous l’avez fait.” 

Deux petits mots pour conclure :

- Dans le mot communion, à peu près tout le monde sait qu’il y a le mot latin cum qui veut dire avec. Mais savez-vous qu’il s’y trouve aussi le mot munus qui signifie fardeau ? Communier engage donc aussi à porter les fardeaux les uns des autres. Voilà l’explication de la joie qu’il y a dans tous les gestes d’entraide – et il n’en manque pas en ce moment : c’est le Seigneur qui continue de ressusciter tout ce qui dans nos vies est partagé par amour.

- Quelques lignes de Timothy Radcliffe : “Dans l’Eglise primitive, il y avait un lien profond entre le soin des pauvres et l’admission à l’eucharistieQuand des gens demandaient le baptême, on leur posait des questions comme : “Ont-ils visité les malades ? Ont-ils fait toute espèce de bonnes œuvres ?” Ça veut dire que le soin du pauvre n’est pas seulement un beau geste que je fais en tant que chrétien, mais que ce beau geste fait partie de ma foi chrétienne.

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