Evangile pour la fête de la Pentecôte – 31 mai 2020

Posté par rtireau le 27 mai 2020

Pentec

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 20, 19-23. 

C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Homélie

Posté par rtireau le 27 mai 2020

Fête de la Pentecôte – 31 mai 2020

Actes 2, 1-11 ; Psaume 103 ; 1 Corinthiens 12, 3b-7.12-13 ; Jean 20, 19-23

Deux textes bien différents (Actes des apôtres et Saint Jean) pour dire la même réalité Pentecôte. Heureusement que notre foi n’est pas accrochée au mot à mot des textes.

La 1ère lecture, au livre des Actes, est tout entière symbolique : Le temps est symbolique : 50 jours après Pâques : la Pentecôte juive. Le lieu est symbolique : les disciples sont réunis dans la chambre haute (leur refuge depuis l’Ascension). Le groupe est symbolique : ils sont tous ensemble autour des Douze. Il y a un grand bruit comme au Sinaï de la première alliance. Il y a un grand vent comme pour la traversée de la mer rouge. Il y a du feu comme autrefois sur la montagne fumante du Sinaï. Il y a  du monde qui vient de partout. Ce texte dit que les apôtres ont compris l’événement Pentecôtedans la suite de l’Ancien Testament, comme une même histoire de libération qui se poursuit. Ce texte est donc clairement pédagogique.

Dans le texte de Saint Jean, la Pentecôte a lieu dès le soir de Pâques. Les apôtres ont verrouillé leur porte. Mélange de peur, de discrétion et de silence. Et Jésus vient. Et on arrive directement au fait, sans aucune préoccupation pédagogique. Pour les envoyer en mission, Jésus leur donne (leur fait) le souffle léger de son Esprit :

* Comme dans la Genèse (Gn 2), lors de la première création : “Dieu insuffla dans les narines de l’homme le souffle de vie”. Première naissance au début des temps.

* Comme dans Ezéchiel (Ez 37), lors de la dernière création : “Souffle sur ces ossements desséchés, et ils revivront”. Création de l’avenir, résurrection finale, au dernier jour.

Première et dernière création ! Entre les deux, il y a la création actuelle, en train de se faire : le Souffle de Dieu est chaque jour à l’œuvre. Saint Jean décrit la présence et l’action de Dieu par ce qui est à la fois le plus commun et le plus fondamental : respirer ! Tous les vivants respirent le même oxygène. Image saisissante de Dieu qui nous fait vivre ! Voilà donc Jésus qui “souffle” sur ces hommes en disant : “Recevez l’Esprit Saint”, comme Dieu, à l’origine, avait “soufflé dans les narines de l’homme l’haleine de vie”. Tout se passe comme si Jésus était en train de recommencer l’homme, de le créer à nouveau ?

“Les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des juifs.” C’est si vite fait, l’enfermement : non seulement celui dont on peut être victime, mais aussi celui dans lequel on s’enferme soi-même. Jésus franchit les verrous et annonce : “La paix soit avec vous !” Aux hommes anxieux, il veut d’abord donner “la paix”, cette paix avec soi-même, souvent la plus difficile à trouver. Ailleurs il précise : ma paix. Ce n’est pas une paix ordinaire. Ce n’est pas la tranquillité d’une petite vie sans histoires. Ce n’est pas : je vous fiche la paix. On sait trop comment son existence fut mouvementée et risquée. Et on se souvient qu’en souhaitant la paix, il montra ses plaies. Nos textes d’aujourd’hui parlent de la paix comme d’une immense transformation intérieure, d’un véritable bouleversement arrivé aux premiers chrétiens, dans le sens d’une ouverture aux autres, d’un envoi en mission : chacun les entendait proclamer les merveilles de Dieu dans sa propre langue. On rêve quelquefois d’une langue commune pour se faire comprendre. Non ! C’est l’inverse. C’est à l’Eglise qu’il revient d’assumer les langues et les cultures des hommes. Il ne s’agit pas pour elle d’amener les hommes à comprendre son langage à elle, mais bien de leur parler leur langue à eux, de retraduire sans cesse son message pour le rendre compréhensible à tous.

Je vous propose une petite histoire pour finir. ATTENTION elle décoiffe : « Le Christ ressuscité est en train de monter au ciel (Ascension). Il jette un coup d’œil vers la terre plongée dans l’obscurité, sauf quelques petites lumières sur Jérusalem. Il croise l’ange Gabriel qui lui demande : - “Seigneur, qu’est-ce que c’est que ces petites lumières ?” – “Ce sont les Apôtres en prière, groupés autour de ma mère. Mon plan : leur envoyer mon Esprit, pour que ces petits feux deviennent un grand brasier, qui enflamme d’Amour – Charité, peu à peu, tous les peuples de la terre !”  Et l’ange Gabriel voulant faire de l’esprit : “Et que ferez-vous, Seigneur, si ce plan ne réussit pas ?” Après un instant, le Seigneur lui répond :“Mais je n’ai pas d’autre plan.”

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Evangile pour le 7° dimanche de Pâques – 24 mai 2020

Posté par rtireau le 20 mai 2020

priere-300x284

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17,1b-11a. 

En ce temps-là, Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie.
Ainsi, comme tu lui as donné pouvoir sur tout être de chair, il donnera la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés.
Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.
Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais donnée à faire.
Et maintenant, glorifie-moi auprès de toi, Père, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe.
J’ai manifesté ton nom aux hommes que tu as pris dans le monde pour me les donner. Ils étaient à toi, tu me les as donnés, et ils ont gardé ta parole.
Maintenant, ils ont reconnu que tout ce que tu m’as donné vient de toi,
car je leur ai donné les paroles que tu m’avais données : ils les ont reçues, ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé.
Moi, je prie pour eux ; ce n’est pas pour le monde que je prie, mais pour ceux que tu m’as donnés, car ils sont à toi.
Tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi ; et je suis glorifié en eux.
Désormais, je ne suis plus dans le monde ; eux, ils sont dans le monde, et moi, je viens vers toi.»

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Homélie

Posté par rtireau le 20 mai 2020

Septième  dimanche  de  Pâques – A – 24 mai 2020

Actes  1, 12-14 ; Psaume 26 ; 1 Pierre 4, 13-16 ; Jean 17, 1-11

La première lecture, au livre des Actes des apôtres, nous montre l’Eglise, au tout début de son existence, après le départ de Jésus. Elle n’a pas encore vécu la venue de l’Esprit Saint. L’évangéliste Luc nous transporte au premier étage d’une maison de Jérusalem. L’Eglise est là, en germe, comme en attente. Avant de parler et de se disperser, elle vérifie son unité et se recueille dans la prière. Les onze apôtres sont rassemblés avec Pierre à leur tête. Ils ne sont pas  seuls : il  y a aussi des “frères” et quelques femmes. Et au milieu de ces trois groupes (apôtres, frères, femmes), se tient “Marie, la mère de Jésus”. On dirait qu’elle est penchée sur le berceau de l’Eglise, comme elle l’avait été sur celui de Jésus. Communauté silencieuse et priante qui attend son Seigneur : c’est l’Eglise du commencement qui se forge la force de supporter avec calme la souffrance rencontrée “comme chrétien”, selon le mot de saint Pierre dans la seconde lecture.

Dans l’Evangile (Jean 17), Jésus prie aussi. Il prie d’abord pour lui : “Père, l’heure est venue, glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie.” L’heure est venue pour lui de demander sa propre gloire qui est… sa  croix. La gloire de Dieu, la toute-puissance, rien à voir avec les honneurs et les fastes des grands de la terre ! Sa gloire, ce n’est pas le podium ou la réussite. Sa gloire, c’est la croix, c’est l’amour, c’est sa vie qu’il veut donner à tous ! C’est l’heure où Jésus va êtreAmour total, c’est l’heure où Jésus va être pleinement Dieu. La gloire, c’est ce qui fait qu’une vie a du poids. Comme le disait saint Irénée dès le second siècle : “La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant !” Le contraire de bafoué ou méprisé.

Jésus prie ensuite pour les croyants : ses disciples et ceux qui croiront grâce à eux, c’est à dire nous. Que demande-t-il pour eux et pour nous ? “La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ.” La vie éternelle, un don de Dieu, un cadeau gratuit à recevoir librement. Jésus est parti. C’est le  mystère de l’Ascension. Mais il a prié pour tous les hommes qui sont dans le monde et il leur a envoyé ses disciples, les chrétiens, pour qu’ils soient la pincée de sel qui donne goût à la vie, pour qu’ils soient la poignée de levain qui  soulève les pesanteurs du monde, pour qu’ils soient les assoiffés de justice qui libèrent de toute injustice. Car vivre, c’est faire vivre, et donner plein de vie autour de soi.

Aujourd’hui c’est l’évangile de la prière de Jésus. Je vous propose deux expressions très différentes autour du mystère de la prière : 

- la première est de Saint Augustin, très brève : “Tu étais en moi, dit Saint Augustin à Dieu, mais moi j’étais hors de moi : je te cherchais dehors. Tu étais avec moi ; je n’étais pas avec toi, puisque je n’étais pas chez moi.” 

- La seconde, plus longue, est de Timothy Radcliffe, ancien maître des dominicains dans son livre Je vous appelle amis“Dès la naissance, les parents commencent immédiatement à parler à l’enfant. Bien avant qu’il ne soit capable de comprendre, un enfant est nourri de mots, baigné et bercé de mots. Le père et la mère ne parlent pas à leur enfant pour lui transmettre de l’information. Ils l’animent de leur parole. Il devient humain dans cet océan de langage. Petit à petit, il saura trouver une place dans l’amour que partagent ses parents. Sa vie grandit en humanité.

De même nous sommes transformés par l’immersion dans la Parole de Dieu. Nous ne lisons pas la Parole pour y chercher de l’information. Nous y réfléchissons, nous la méditons, nous vivons avec elle… « Que ces paroles que je te dicte aujourd’hui restent dans ton cœur ! Tu les répéteras à tes fils, tu les leur diras aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route. » (Deutéronome  6, 6…)

… Un couple de mes amis a adopté un enfant. Ils l’ont trouvé dans une immense salle d’hôpital à Saïgon, orphelin de la guerre du Viêt-Nam. Les premiers mois, à l’hôpital, personne n’avait eu le temps de s’en occuper ou de lui parler. Il a grandi sans savoir sourire. Mais ses parents adoptifs lui ont parlé et souri, œuvre d’amour. Je me souviens du jour où pour la première fois il a renvoyé un sourire. La Parole de Dieu nous nourrit, afin que nous prenions vie, en humains que nous sommes, et devenions même capables de renvoyer le sourire de Dieu.”

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Evangile pour la fête de l’Ascension – 21 mai 2020

Posté par rtireau le 18 mai 2020

ASC

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28, 16-20. 

En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Homélie

Posté par rtireau le 18 mai 2020

Fête de l’Ascension – A - 21 mai 2020

Actes 1, 1-11 ; Psaume 46 ; Ephésiens 1, 17-23 ; Matthieu 28, 16-20

Ascension – Pentecôte : deux fêtes qui disent un message qui changerait le monde s’il était entendu. En effet, peut-être y aurait-il à la fois moins de désespérés de l’absence de Dieu et moins de rêveurs à l’affût de miracles et autres interventions directes de Dieu. Le message, c’est celui de la présence dans l’absence. Non ! Ne dîtes pas que c’est compliqué. En réalité, c’est tout à fait quotidien : untel qui est toujours là, on dit quelquefois de lui qu’il est tout le temps dans la lune. Et de tel autre qui se trouve au bout du monde, ou même décédé, il nous arrive de dire qu’il est très présent. En réalité, depuis l’Ascension et la Pentecôte, Jésus n’est jamais absent à chacun de nous. C’est nous qui nous rendons absents à sa présence intérieure, à son habitation en nous.

Les textes d’aujourd’hui parlent évidemment de ce message Ascension – Pentecôte : 

- Le début des Actes des apôtres : “Vous allez recevoir une force, quand le Saint-Esprit viendra sur vous. Vous serez alors mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre.” 

La fin de l’évangile de Matthieu : “Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde”. 

J’aime bien aussi, au chapitre 15 des Actes, la réflexion succulente de quelques apôtres au verset 28 : “L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé”. Et au chapitre 16 de Jean, l’expression étonnante de Jésus : “Il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai ». Comme s’il fallait qu’il disparaisse pour transparaître. Sa présence se manifestera désormais à travers la vie de ses disciples qui seront les ministres de sa présence. Jésus est venu pour dire que tout ce qui est humain a une dimension divine. Et il faut qu’il parte, comme pour empêcher les hommes d’idolâtrer Dieu, comme pour signifier : Dieu, c’est bien moi, mais ce n’est pas seulement ce que vous voyez. Aucun homme à lui seul, même pas moi, ne peut dire tout de Dieu. Jésus lui-même n’a pas fixé la manière de dire Dieu. Il n’était pas une photo de Dieu.

Louis Evely a écrit : “Dieu nous laisse entre hommes. Dieu est intérieur à l’homme et ne peut se manifester que par chacun d’entre nous. L’homme est donc seul responsable du silence ou de l’absence apparente de Dieu.” Étonnant ? Pas vraiment puisque Matthieu au chapitre 25 (“J’avais faim et vous m’avez donné à manger.”) et l’histoire du Bon Samaritain de l’Evangile ne disent pas autre chose.

Nous voilà donc entre hommes pour dire Dieu avec une invitation paradoxale de Jésus :

1/ Ne quittez pas (comme on dit au téléphone) avant d’avoir la communication, la force de l’Esprit : attendez, priez.Ne soyez pas exilés de vous mêmes, écrit Louis Evely : “Nous sommes le plus souvent, dit-il, étrangers à nous mêmes, exilés de notre intériorité. La prière, c’est le moment où nous décidons de nous établir à un autre niveau, celui où nous serons tellement nous-mêmes que nous atteindrons les autres eux-mêmes, parce que c’est le niveau où Dieu nous unit. La transformation nécessaire pour voir Dieu est la même que la transformation nécessaire pour voir les autres. Les hommes, dans leur authenticité ne nous sont pas moins invisibles que Dieu.”

2/ Et puis, allez-y, “Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel.” Action ! comme on dit dans le cinéma. “Allez ! De toutes les nations faites des disciples.” (Mt 28) “Vous serez mes témoins … jusqu’aux extrémités de la terre.” (Ac 1) Vous allez recevoir ma force pour que vous fassiez vous mêmes : dire Dieu, montrer Dieu, être signes de Dieu, c’est le travail des hommes ensemble.

L’Ascension nous apprend donc à ne pas mettre la main sur Jésus. Le Christ échappe aux disciples, et à nous aussi pour nous obliger à croire en sa nouvelle manière d’être présent. Jésus n’a plus à être à nos côtés puisqu’il veut être en nous. Il n’a plus à être notre compagnon de route, puisqu’il est notre force pour marcher. Il n’a plus à être vu puisqu’il devient notre regard. Il n’a plus à être notre ami puisqu’il est devenu notre force d’aimer. Il n’a plus à être notre interlocuteur, puisqu’il est devenu notre parole. Nous sommes désormais son unique présence auprès de nos frères. Jésus, par nos mains, nos yeux, nos lèvres, nos pieds et notre cœur, veut continuer sans cesse à aimer, à rencontrer et à sauver tous les hommes. Le pape saint Léon disait tout ça d’une courte phrase : “L’Ascension du Christ est notre promotion.”

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Evangile pour le 6° dimanche de Pâques – 17 mai 2020

Posté par rtireau le 10 mai 2020

pentec-217x300

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14,1 5-21. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.
l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.
Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.
D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi.
En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous.
Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Homélie

Posté par rtireau le 10 mai 2020

Sixième dimanche de Pâques – A - 17 mai 2020

Actes 8, 5-8.14-17 ; Psaume 65 ; 1 Pierre 3, 15-18 ; Jean 14, 15-21

“Je prierai le Père… ;  je suis en mon Père… ; celui qui m’aime sera aimé de mon Père…” Jésus parle de son Père. En réalité, c’est pour ça qu’il est venu, pour révéler la véritable identité de celui que personne n’a jamais vu, ce Dieu que tous les hommes ont recherché en lui donnant les noms les plus divers, celui-là même dont les prophètes ont témoigné, et que Jésus a l’audace d’appeler familièrement Papa. Jésus prête sa voix et ses mains à son Père pour que sa Parole puisse retentir à nos oreilles d’hommes et pour que sa tendresse puisse nous être signifiée. Quand Jésus parle, c’est Dieu qui parle. Quand Jésus guérit et pardonne, c’est Dieu qui guérit et pardonne.

Et, quand il s’apprête à quitter le monde, il parle de l’Esprit, c’est à dire de l’Amour qui unit le Père au Fils, et le Fils au Père : “Moi je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité. ” J’imagine que beaucoup d’entre vous ont en tête que le mystère de la Trinité est chose bien compliquée. Or vous venez de réaliser que Jésus, le Fils, nous parle sans cesse de son Père, et qu’il ne nous quitte pas sans assurer qu’il restera présent par son Esprit qui “demeure en nous”. Tout simple, non ? Oh ! Le mystère demeure entier, mais c’est à la manière du mystère de l’Amour dont chacun peut déjà faire l’expérience.

C’est donc un passage de relais que Jésus fait à ses disciples : c’est à eux (à nous) de continuer d’annoncer que Dieu est Père. Et il promet l’Esprit qui sera sa présence jusqu’à la fin des temps. Il est frappant d’ailleurs de constater aujourd’hui que, même si les églises ne sont pas remplies, il ne manque pas de gens qui vivent de cet Esprit. Comme dit Gérard Bessière, “Ils conservent en eux, comme un ferment, la figure de Jésus et les appels de l’Évangile. Leur générosité n’est pas démobilisée. Beaucoup cherchent et trouvent des lieux et des groupes où ils apportent leur énergie pour tenter de changer le monde.” Et il ajoute : “Dommage que les structures et les appareils de l’Église provoquent chez beaucoup méfiance ou indifférence.” Comme ce jour – il y a longtemps – où une maman prévenait que son enfant ne viendrait plus au catéchisme : “Deux années, ça suffit bien. Son père et moi, nous pensons qu’il ne faut pas les ennuyer trop tôt avec tout ça !”

Bertrand Vergely, dans son livre Retour à l’émerveillement, a une méditation inattendue sur le péché, en lien avec le Père, le Fils et l’Esprit. Le péché, dit-il, signifie ratage en hébreu comme en grec. On pèche quand on rate la cible et on rate la cible quand l’un des éléments de la Trinité vient à manquer :

- Dieu seul n’est plus Dieu, mais une transcendance abstraite, désincarnée, le Dieu-Loi, Autorité, le Père terrible et inflexible. 

- Le Fils seul donne l’humanité abstraite qui ne croit que dans la science et la politique. L’homme est intelligent et efficace. Mais sans rapport à l’éternité il n’apporte pas la réponse de fond aux questions humaines. 

- Enfin, l’Esprit seul donne le devenir sans la dimension de transcendance. Bien des choses peuvent vivre et être créatrices, mais tout ne sauve pas.

Alors je vous propose une méditation trinitaire pour faire le point sur notre vie de baptisés. 

J’ai été baptisé au nom du Père : Est-ce que Dieu est un Père pour moi, celui dont l’amour me façonne jour après jour ? Est-ce que je sais m’émerveiller de sa création, et y participer en contribuant à ce que la terre soit plus habitable et le monde plus juste ? Et si je prie Dieu en lui disant avec les autres notre Père, est-ce que je réalise que tout homme est un frère ? 

J’ai été baptisé au nom du Père et du Fils : Est-ce que je suis familier du Fils ? Est-ce que je lis assez l’Évangile pour corriger les caricatures de Dieu que j’ai pu me fabriquer ? 

J’ai été baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit : Est-ce que je laisse l’Esprit agir en moi ? Il est l’Esprit de vérité. Est-ce que je sais l’entendre ? Est-ce que je prends le temps de relire ma vie en disant, comme autrefois le jeune Samuel : “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute !” L’Esprit m’invite à ne jamais désespérer, ni des autres, ni de Dieu, ni de moi-même. 

C’est à nous de continuer d’annoncer que Dieu est Père. Il dépend de notre réponse à l’Esprit que des gens ne se sentent plus orphelins.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Evangile pour le 5° dimanche de Pâques – 10 mai 2020

Posté par rtireau le 3 mai 2020

Je suis

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14, 1-12. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.
Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ?
Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi.
Pour aller où je vais, vous savez le chemin. »
Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »
Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. »
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. »
Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : “Montre-nous le Père” ?
Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres.
Croyez-moi : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne me croyez pas, croyez du moins à cause des œuvres elles-mêmes.
Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais. Il en fera même de plus grandes, parce que je pars vers le Père. »

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Homélie

Posté par rtireau le 3 mai 2020

Cinquième dimanche de Pâques – A - 10 mai 2020

Actes 6, 1-7 ; Psaume 32 ; 1 Pierre 2, 4-9 ; Jean 14, 1-12

“Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi… Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie.” Sans doute quelqu’un qui est amoureux (ou qui l’a été) peut entendre que l’autre puisse être chemin pour lui. Mais on imagine plutôt qu’autour de Jésus beaucoup ont dû penser : Mais pour qui il se prend, celui-là ? Car ceux qui l’entendaient ne voyaient qu’un homme. D’ailleurs, deux mille ans après, beaucoup ne voient toujours en lui qu’un homme. Qui eut une vie longtemps cachée, un peu publique ; qui fut suivi par quelques foules, puis abandonné par presque tous, sauf quelques amis qui se sont levés pour dire : “Il est vivant, nous en sommes témoins.” Et qui ont dit qu’il était Fils de Dieu et que la mort elle-même n’a pas eu de pouvoir sur lui qui a donné sa vie par amour. Pourquoi j’insiste ? Parce que c’est là, je crois, que se trouve l’espérance que nous avons célébrée à Pâques : la mort n’a pas de pouvoir sur tout ce qui est partagé par amour dans une vie.

“Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie.” Jean Debruynne a écrit très joliment : “Jésus vient bouleverser nos habitudes de voyageurs”. Quand on doit voyager, on se dit d’abord : « Où va-t-on aller ? » puis « Comment ? Par où ? » Jésus, lui, dit que l’Evangile est un chemin. Le plus pressé alors n’est pas de savoir où il faut aller, mais de se mettre en marche. Où vont les chrétiens ? Ils vont. Toutes et tous sont en chemin. Chacun avec son pas, son histoire, ses doutes et ses questions.” Le Père Rouet, ancien évêque de Poitiers le disait aussi : “La foi chrétienne commence par les pieds, parce qu’il faut y aller.”

Un chemin n’est pas fait pour être regardé mais pour être emprunté. Thomas est désorienté : “Nous ne savons même pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ?” Et il y a toujours eu des chrétiens comme ça pour réclamer : Donnez-nous des consignes, nous obéirons, nous suivrons. Ça nous évitera d’avoir à nous prendre la tête en nous risquant à inventer nos chemins !” Eh bien, on ne sait pas le chemin d’avance, c’est en marchant qu’on le découvre. Et heureusement car les chemins écrits d’avance deviennent vite des prisons : ce sont les fanatismes et les doctrines de toutes sortes. Pour l’Evangile, le chemin n’est pas une doctrine, c’est quelqu’un, c’est Jésus lui-même. Il dit : “Viens, suis-moi”, mais il ne dit pas où, et c’est pour ça que la foi ne peut être qu’un chemin de confiance. Péguy le disait à sa façon : “Ce qui fait le chrétien, ce n’est pas le niveau de sa vie morale, ce qui fait le chrétien, c’est qu’il donne la main, comme un petit enfant.”

“Moi je suis le Chemin, la Vérité et la Vie.” Une phrase programme : en prenant ce chemin, vous connaîtrez la vérité et vous trouverez la vieAh la Vérité ! On voudrait bien pouvoir l’écrire une bonne fois. On voudrait bien une définition de Dieu, ou mieux une photo. Ah ! Ce rêve d’aller à Dieu en direct, sans intermédiaires, sans médiations ! “Montre-nous le Père, cela nous suffit.” dit Philippe. Il voudrait une photo du Père. Il voudrait déjà être avec le Père, au risque de court-circuiter tous les cheminements et la tâche progressive de devenir humain. Jésus répond : “Celui qui m’a vu a vu le Père.”  Quand on sait que Jésus s’identifie aux plus petits d’entre les hommes (Mt 25), voyez un peu la taille de l’album photo qu’il nous faudrait pour  Dieu.

“Celui qui m’a vu a vu le Père.” Dieu Père a le visage de Jésus. Voilà la photo réclamée par Philippe. Pour nous, ce visage se profile à travers le visage des autres : “Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi.” (Mt 25) Une phrase qui dit très fort en même temps que la foi ne se réduit pas à un sentiment religieux individuel, mais qu’elle se vérifie dans les actes.

“Qui me voit voit le Père ! Je suis le Chemin.” C’était tout à fait comme ça pour cette personne toute simple que décrit magnifiquement Gérard Bessière : “On m’avait dit qu’elle était mourante. Je suis allé aussitôt. J’ai frappé contre la porte entrouverte et je me suis approché. La respiration lui échappait comme un mince filet d’eau que l’on voit disparaître dans le sable. J’ose lui demander : ‘comment allez-vous ?’ Elle sursauta à peine, puis, de sa voix de petite fille, elle articula : ‘Je vais aller chez Dieu, sans doute, et si je vais mieux, j’irai chez mon fils à Agen.’ Chez son fils ou chez Dieu… C’était toujours la famille, c’était de plain-pied. C’est le même chemin… Jésus, le chemin !”

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

 

boutiqueesoterique |
Entre Dieu et moi paroles d... |
Eglise de Maison |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vous connaîtrez la vérité e...
| CHORALE "VOIX DES ANGES" D'...
| Le son de la trompette