Evangile du 23° dimanche du temps ordinaire – 6 septembre 2020

Posté par rtireau le 30 août 2020

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 18, 15-20. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : 
« Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. S’il t’écoute, tu as gagné ton frère.
S’il ne t’écoute pas, prends en plus avec toi une ou deux personnes afin que toute l’affaire soit réglée sur la parole de deux ou trois témoins.
S’il refuse de les écouter, dis-le à l’assemblée de l’Église ; s’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain.
Amen, je vous le dis : tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel.
Et pareillement, amen, je vous le dis, si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux.
En effet, quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux. »

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Homélie

Posté par rtireau le 30 août 2020

23° dimanche dans l’année A - 6 septembre 2020

Ezéchiel 33, 7-9 ; Psaume 94 ; Romains 13, 8-10 ; Matthieu 18, 15-20

“Si ton frère a commis un péché, va lui faire des reproches seul à seul.” C’est une invitation exigeante, mais qui comporte d’abord une évidence simple. Il est écrit : “Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul.” Et non pas : “Quand ton frère a fait une bêtise, raconte ça tout de suite à tout le voisinage !”

L’invitation de Jésus suggère une méthode progressive dans la responsabilité les uns des autres : va d’abord seul, puis avec deux ou trois, puis mets l’Eglise dans le coup. Et puis s’il refuse encore, “considère-le comme un païen et un publicain”. L’expression peut paraître méprisante, mais il n’en est rien puisqu’on se souvient que Jésus était l’ami des païens et des publicains. J’en ai même trouvé une jolie traduction : “Approche-toi de lui comme s’il était encore sans baptême, parle-lui comme si tu t’adressais à quelqu’un qui n’a jamais entendu parler ni de la croix, ni de l’amour.”

“Je fais de toi un Guetteur”, disait Ezéchiel. Guetter, être à l’affût, on le fait facilement, mais c’est souvent pour critiquer. Alors qu’il y a là invitation à être responsables les uns des autres. L’Église chrétienne, la communauté comme on dit, a une mission de solidarité Ce n’est pas seulement un lieu pour la prière personnelle.

Quand une famille est accueillie devant tout le monde pour un baptême, quand des jeunes font profession de foi, quand des jeunes se marient, bref, en toute célébration, il y a des paroles dont la communauté devient témoin. Les célébrations communautaires de la pénitence sont aussi un bon moment où l’on sent une solidarité de tous autour de soi. Je me rappelle qu’à la sortie d’une célébration d’obsèques où beaucoup avaient participé à un geste symbolique quelqu’un m’avait remercié en cherchant ses mots : “Vous nous avez fait faire un exercice de collectivité.” Pour ma part, je suis devenu encore plus sensible à cette question communautaire le jour où j’ai célébré un mariage qui a duré moins de deux mois… sans que personne de l’assemblée ne soit même mis au courant de la séparation. Exemple parfait de disfonctionnement communautaire. Evidemment je ne rêve pas qu’on aurait pu éviter la rupture de ce couple, mais on aurait pu espérer que, parmi ces amis d’un jour, il y en ait eu au moins quelques uns pour être proches lors de l’événement douloureux. Depuis, quand je célèbre un mariage, avec l’accord des mariés, je lis toujours au moins quelques lignes de leurs projets de vie à tous les participants pour les rendre témoins, c’est à dire solidaires.

Le côté personnel de l’invitation de Jésus est difficile : “Va lui parler, va le trouver, va l’avertir.” Oui mais de quel droit ? Je ne veux pas me mêler de ce qui ne me regarde pas. Ne plus faire de ragots par derrière n’est déjà pas si mal, mais c’est autre chose d’oser aller dire. Il y faut une relation d’amitié. Il faut croire que tout peut changer chez l’autre et que si personne ne dit jamais rien, rien ne sera jamais possible. C’est là le rappel que la communauté n’est pas d’abord une structure mais des personnes. C’est à des hommes et pas à des règles que Jésus a confié le pouvoir de lier et de délier. Il leur a confié rien moins que son pouvoir de Messie, celui qui est rapporté par Saint Luc au chapitre 4 : “L’Esprit de Dieu m’a envoyé annoncer aux captifs la délivrance, et aux affligés la joie.”

“Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d’eux.” C’est fabuleux le pouvoir que Jésus peut accorder à la communion entre deux ou trois personnes. Je crois que certains textes juifs l’affirment aussi : quand plusieurs sont rassemblés pour étudier la Torah, la présence divine est là. Promesse de présence qui rejoint celle de l’ange qui avait dit à Joseph, en annonçant la naissance de Jésus : “On l’appellera Emmanuel”, c’est-à-dire «Dieu avec nous». Promesse de présence qui rejoint aussi celle de Jésus lui-même quand il dit à ses amis avant de quitter notre terre : “Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps.”

J’ai lu un jour que les chrétiens, pendant plusieurs siècles, quand ils disaient au cours de l’Eucharistie : «Voici le corps du Christ !»désignaient, non pas le pain eucharistique, mais leur propre assemblée.

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Evangile du 22° dimanche du temps ordinaire – 30 août 2020

Posté par rtireau le 24 août 2020

Croix

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16, 21-27. 

En ce temps-là, Jésus commença à montrer à ses disciples qu’il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des grands prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter.
Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t’en garde, Seigneur ! cela ne t’arrivera pas. »
Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tu es pour moi une occasion de chute : tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera.
Quel avantage, en effet, un homme aura-t-il à gagner le monde entier, si c’est au prix de sa vie ? Et que pourra-t-il donner en échange de sa vie ?
Car le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite. »

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Homélie

Posté par rtireau le 24 août 2020

22° dimanche dans l’année A - 30 août 2020

Jérémie 20, 7-9 ; Psaume 62 ; Romains 12, 1-2 ; Matthieu 16, 21-27

“Seigneur, tu m’as séduit et je j’ai été séduit,” disait Jérémie dans la première lecture. Le mot séduire n’a pas forcément bonne réputation. Mais on sait que quelqu’un qui est séduit est animé d’un ressort extraordinaire. Et il est prêt à tous les dépassements. “Il n’est plus lui-même,” dit-on quelquefois. À moins que ce ne soit précisément à ce moment-là qu’il est vraiment lui-même. Impossible en tous cas d’empêcher Jérémie de jouer son rôle de prophète.

Dans son livre “Ils m’ont donné tant de bonheur,” Jacques Gaillot écrivait : “J’ai été séduit par la manière dont le Christ a mené sa vie d’homme. Séduit par Dieu, disait Jérémie. Séduit par la vie d’homme de Jésus, dit le Père Gaillot. J’aime bien le rapprochement. Instinctivement on distingue l’humain du divin, alors que le rapprochement est riche car il donne à penser l’incarnation. Il éveille à la foi chrétienne et rend possible la compréhension et les engagements communs entre ceux qui sont chrétiens et ceux qui ne le sont pas.

Quelqu’un a dit au sujet de l’Evangile d’aujourd’hui : “Si être chrétien c’est renoncer à tout, être méprisé, injurié, alors je vais me mettre à envier ceux qui ne le sont pas.” Cette personne distinguait vivre en homme et vivre en chrétien : si c’est trop dur d’être chrétien, alors je vais seulement être homme. Mais y a-t-il une autre manière d’être homme que celle de donner sa vie par amour, à la manière de Jésus ? C’est si vrai qu’on a pu, dans le passé, qualifier des gens de chrétiens sans le savoir parce qu’ils vivaient comme des chrétiens. On avait tort : en effet être chrétien comporte l’affirmation consciente de sa foi. Mais la manière de vivre est la même. Quant à la difficulté d’être homme vraiment, des théologiens disent quelquefois qu’un seul être a pu être homme vraiment dans l’histoire : il s’appelait Jésus. Et que ce n’est que par lui, avec lui et en lui, selon la formule liturgique, que nous pouvons devenir hommes chaque jour un peu plus.

Saint Pierre a été séduit également par Jésus. C’était l’évangile de dimanche dernier : “Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant !” Mais il a lui aussi très vite cherché à séparer le divin de l’humain : Jésus est Dieu, donc tout-puissant, donc il peut éviter de souffrir : “Cela ne t’arrivera pas”. La réponse a fusé : “Passe derrière moi, Satan !” En réalité, Dieu est tout-puissant d’amour. Il est Dieu dont l’amour est tout-puissant, Dieu Père tout-puissant ! Et les papas et les mamans savent bien que l’amour est souvent appelé à passer par la croix !

La formule de Matthieu : “Il fallait” (souffrir et mourir) étonne beaucoup. On dit : “Mais alors Jésus était programmé, prédestiné à mourir comme ça !” Non ! Il s’agit simplement d’une manière habituelle de parler de quelqu’un qui donne sa vie dans des engagements forts et risqués. On n’est pas très surpris de la mort violente de tel ou tel et on entend régulièrement la formule : “Il fallait que ça se termine comme ça !” Mais inéluctable ne veut pas dire prédestiné.

Jésus dit : “Si quelqu’un veut marcher à ma suite (être homme vraiment), … qu’il prenne sa croix et qu’il me suive !” Lytta Basset, théologienne, a regardé de près la langue d’origine de ce texte et elle précise qu’on devrait traduire : “qu’il lève sa croix”. Le mot lever signifie alors la résurrection présente même dans le négatif de notre vie. Oh ! La croix en question n’est pas un étendard pour cortège triomphal. Mais la phrase n’est pas menace. Elle est plutôt appel : si quelqu’un veut être homme, dit Jésus, qu’il choisisse, comme moi, d’aimer en donnant sa vie. Michel Pinchon précise le mot suivre : Suivre évoque trop souvent l’image d’un troupeau à la remorque de son berger. Il serait plus exact de traduire le mot grec original par marcher, être compagnon de route. Jésus ne cherche pas des suiveurs, mais des amis qui prennent la route avec lui, si risquée que soit cette route. Il les choisit pour être avec lui. Pour partager sa vie, sa mission et, librement, son destin quel qu’il soit. Ce compagnonnage est libre. « Si tu veux !» A leur tour, quand Jésus les aura quittés, ses disciples, déjà habitués à aller deux par deux, chercheront des compagnons de route pour partir, continuer la mission.

Pensons à tel ou tel que nous connaissons, qui a été séduit par le Christ et sur le visage de qui ça se voit. Pensons-y et laissons-nous séduire et inviter à être hommes nous aussi !

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Evangile du 21° dimanche du temps ordinaire – 23 août 2020

Posté par rtireau le 16 août 2020

Clés

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16, 13-20. 

En ce temps-là, Jésus, arrivé dans la région de Césarée-de-Philippe, demandait à ses disciples : « Au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? »
Ils répondirent : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »
Alors Simon-Pierre prit la parole et dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »
Prenant la parole à son tour, Jésus lui dit : « Heureux es-tu, Simon fils de Yonas : ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais mon Père qui est aux cieux.
Et moi, je te le déclare : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l’emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. »
Alors, il ordonna aux disciples de ne dire à personne que c’était lui le Christ.

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Homélie

Posté par rtireau le 16 août 2020

21° dimanche dans l’année A - 23 août 2020

Isaïe 22, 19-23 ; Psaume 137 ; Romains 11, 33-36 ; Matthieu 16, 13-20

 

Est-ce que vous avez sur vous vos clefs ? Vérifiez-les donc ! Regardez-les une par une : 

- Celle-ci, elle sert à quoi ? à ouvrir ou à fermer ? à permettre ou à interdire ?

- Qui a des clés, qui n’en a pas ? Qui a le pouvoir ?  

-  “Tu me passes tes clefs ?” A qui les prêtez-vous ? A qui les donnez-vous ?

Dans la première lectureShebna, le maître du palais du roi Ézéchias, est destitué au bénéfice d’Élyaqim. C’est une disgrâce comme il s’en rencontre à toutes les époques. Ce qui nous intéresse ce sont les paroles d’investiture adressées au nouveau fonctionnaire : “Je mettrai sur son épaule la clef de la maison de David : s’il ouvre, personne ne fermera ; s’il ferme, personne n’ouvrira.” Il s’agissait d’une clé très lourde, du genre barre de fer peut-être. Et la remise de cette clé de la ville fortifiée faisait partie des rites d’intronisation de l’homme de confiance qui avait été choisi.

Jésus, à Césarée de Philippe, reprend la même image pour confier à Pierre le pouvoir des clés : “Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux.” Pourquoi lui ? Sans doute parce qu’il est celui qui a su regarder Jésus autrement. Il a été le seul à voir plus que le visible en Jésus. Les autres ont cherché des réponses dans le passé. Ils ont fait de l’étiquetage : Qui est le Fils de l’homme ? C’est Jean-Baptiste ou bien Elie, ou bien Jérémie. Ils ont fait un étiquetage bienveillant, positif, mais un étiquetage quand même : c’est du passé, du classement. Et quand une affaire est classée… ! Lui, Pierre, voit le présent et l’avenir. Il voit l’invisible. Il voit le possible de demain. Il voit le mystère de la personne. Il a le regard du respect, celui qui envisage au lieu de dévisager. Beaucoup de gens veulent toujours voir pour croire. Ici, il est clair que c’est parce qu’il croit que Pierre voit tout autre chose et voit beaucoup plus loin. “Heureux es-tu” de voir l’invisible, lui dit Jésus. Avec des gars comme toi, l’Eglise ne craint rien.

Rien ne sert d’avoir des clefs, si l’on n’est pas capable d’ouvrir, si l’on n’a pas, soi-même, une certaine capacité d’ouverture. Pierre est celui qui ouvre. L’Eglise doit être celle qui ouvre. Celle qui éveille les esprits à l’intelligence du mystère de Dieu, celle qui éveille les cœurs à l’accueil de la tendresse de Dieu, celle qui dégage les portes de l’espérance et du pardon. Celle qui, de ses mains fragiles, livre passage à l’Amour du Dieu Père, Fils et Esprit. Si nous sommes nous-mêmes proches de Dieu, nous pourrons devenir des passeurs.

“Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. En disant très fort que Jésus est le Christ, Pierre invite le monde entier à entrer dans sa foi. Mais il lui faudra passer par l’épreuve de sa fragilité, pour perdre l’illusion de sa propre solidité. On lit le jour des Rameaux, dans le récit de la Passion, le passage où Pierre se vante d’être solide : « Si tous viennent à tomber à cause de toi, moi je ne tomberai jamais. » (Matthieu 26, 33). Et on sait qu’il reniera. Et qu’il devra, au-delà des larmes de son reniement, redire humblement son amour : “Seigneur, tu sais tout : tu sais bien que je t’aime.” (Jean 21, 17) Alors, et alors seulement, il saura affermir ses frères et leur ouvrir “la profondeur dans la richesse, la sagesse et la science de Dieu” comme Saint Paul le dit dans la seconde lecture. L’abbé Pierre disait : “Lorsque nous arriverons à la fin de notre vie, on ne nous demandera pas si nous avons été croyants, mais si nous avons été crédibles.”

L’Évangile d’aujourd’hui est l’Evangile d’un double baptême : - “Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.” – “Tu est Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église.”

La rentrée approche. Et si on se préparait à traiter chacun comme il convient. Et si on se préparait à donner à chacun de ceux qu’on va rencontrer un nom d’avenir, un nom de ressuscité, sur lequel la mort ne pourra rien, un nom d’ouverture et non pas de classement et de fermeture. Le contraire de ce qui faisait crier un enfant un jour : “Il m’a traité de tous les noms, sauf du mien.” 

Toi, Seigneur, qui as ouvert les yeux des aveugles et les oreilles des sourds, donne-nous aujourd’hui la seule clé qui nous manque : celle qui ne verrouille pas, mais libère. Alors nous ouvrirons à tous les hommes les portes du Royaume.”

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Posté par rtireau le 11 août 2020

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Le N° 36 de Contes et Paraboles est paru.

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Evangile du 20° dimanche du temps ordinaire – 16 août 2020

Posté par rtireau le 10 août 2020

Femme

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 15, 21-28. 

En ce temps-là, partant de Génésareth, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon.
Voici qu’une Cananéenne, venue de ces territoires, disait en criant : « Prends pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon. »
Mais il ne lui répondit pas un mot. Les disciples s’approchèrent pour lui demander : « Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris ! »
Jésus répondit : « Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la maison d’Israël. »
Mais elle vint se prosterner devant lui en disant : « Seigneur, viens à mon secours ! »
Il répondit : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens. »
Elle reprit : « Oui, Seigneur ; mais justement, les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table de leurs maîtres. »
Jésus répondit : « Femme, grande est ta foi, que tout se passe pour toi comme tu le veux ! » Et, à l’heure même, sa fille fut guérie.

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Homélie

Posté par rtireau le 10 août 2020

20° dimanche dans l’année A - 16 août 2020

Isaïe 56, 1.6-7 ; Psaume 66 ; Romains 11, 13-15. 29-32 ; Matthieu 15, 21-28

Dans l’évangile de la semaine dernière, Pierre se voyait traiter par Jésus : d“Homme de peu de foi.” On fait facilement le lien avec notre texte d’aujourd’hui où Jésus a une phrase toute différente pour la Cananéenne : “Femme, grande est ta foi !”

Il semble bien qu’il y ait eu évolution de Jésus dans sa conception du salut : il croyait d’abord qu’il était réservé à Israël. Et petit à petit il a compris qu’il était offert plus largement. Peut-être que son évolution a été favorisée par l’audace de cette étrangère. Il lui en fallait, de l’audace, à cette femme, parce qu’entre les juifs et les cananéens ce n’était pas le grand amour. Et aussi parce que la cananéenne avait le défaut supplémentaire d’être une femme. Irrésistible audace de cette femme, mais doublée d’un réalisme respectueux des préséances d’Israël. Quand Jésus est très dur avec elle en évoquant le pain des enfants qu’on ne peut donner aux chiens, elle attrape au vol le mot blessant et elle parle de se contenter des miettes qui tombent de la table des maîtres. Et comme ça, elle oblige Jésus à aller jusqu’au bout et on le voit craquer. Il est émerveillé : “Femme, grande est ta foi !” Et l’enfant est guéri. 

Le récit laisse entendre que c’est ce langage du cœur qui a touché le Christ, comme s’il était lui-même en train de se convertir, de se laisser toucher par la détresse d’une personne qui n’est pas de son peuple. Il vient manifestement de passer une nouvelle frontière intérieure. Dans sa conscience d’homme, il vient de découvrir que le don de Dieu est pour tous les hommes. La répartie de cette étrangère aura été d’une très grande portée humaine et religieuse.

L’Evangile semblerait dire que la femme sait mieux demander que l’homme. Que ne tenterait-elle pas quand il y va de la vie d’un de ses enfants ! Cette foi de la Cananéenne, si elle est confiance totale en Celui qui peut tout, elle est aussi confiance en sa mission de mère qu’elle réalisera malgré tous les obstacles. Comme Marie de Nazareth, la mère de Jésus, qui n’a pas hésité à lui demander du vin aux noces de Cana. Et comme cette mère de Naïm qui a perdu son mari et qui enterre son enfant le jour de sa rencontre avec Jésus ! Quand tout est désespéré, une mère espère encore. Et Dieu se laisse toucher plus qu’il ne se laisse convaincre. Comme si la foi de l’homme dilatait le cœur de Dieu. Ainsi, pour Jésus, aucun principe religieux, aucune prescription ne tient, dès lors que résonne chez un être humain devant lui, le langage du cœur, ce langage le plus proche de celui de Dieu.

Et si on faisait parler ce texte pour aujourd’hui : ce serait une maman qui se préoccuperait de sa fille malade gravement. Et elle s’en préoccuperait en se tournant vers le Christ. Comme tous ces papas et toutes ces mamans qui ont en tête de leurs préoccupations tel ou tel enfant malade ou découragé par le chômage ou pour toute autre raison.On pourrait presque mettre en deux colonnes les réactions de ces parents selon qu’ils conservent ou non une attitude d’espérance, selon que le Christ ressuscité est ou non une réalité dans leur vie, et selon que leur réaction passe ou pas par la prière.

Bien sûr, rien n’est tranché comme ça dans une vie qui est toujours complexe. Mais il y a peut-être une invitation pour aujourd’hui dans cette histoire de la cananéenne et de sa fille malade, si on l’applique à toute situation difficile entre des personnes. D’un côté, pour qualifier leur attitude, il y aurait les mots “déprimer, désespérer, faire tout à la place de l’autre qui n’est capable de rien, ne plus se parler du tout, s’énerver, fiche à la porte…” et de l’autre on aurait : “faire silence et écouter beaucoup, réconforter, ne jamais rompre le dialogue, ne jamais couper les ponts, accueillir toujours, garder la porte ouverte, croire toujours au possible, même modeste, et toujours recommencer.” Même si, encore une fois, chaque personne passe par les deux attitudes, et plusieurs fois par jour.

Jésus ne dit pas : “Je te guéris”… Mais “Femme, grande est ta foi, que tout se fasse pour toi comme tu le veux”. - “Que tout se fasse pour moi comme tu le dis”, disait Marie à l’ange de l’annonciation. -“Faites tout ce qu’il vous dira” disait-elle aux serveurs de vin à Cana. Ce que dit Jésus ressemble à ce que disait sa mère.

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Evangile de la fête de l’Assomption – 15 Août 2020

Posté par rtireau le 9 août 2020

magnificat

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1, 39-56. 

En ces jours-là, Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse, dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie d’Esprit Saint,
et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
D’où m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ?
Car, lorsque tes paroles de salutation sont parvenues à mes oreilles, l’enfant a tressailli d’allégresse en moi.
Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie dit alors : « Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ; 
désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ; 
Saint est son nom !
Sa miséricorde s’étend d’âge en âge 
sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, 
renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur, 
il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, 
en faveur d’Abraham et sa descendance à jamais. »
Marie resta avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s’en retourna chez elle.

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