Homélie

Posté par rtireau le 9 août 2020

Fête de l’Assomption – 15 août 2020

L’assomption ou l’amour de Dieu fêté en Marie. Marie ? Qui est –elle ? Pendant des siècles, on lui a attribué des titres et des couronnes. Elle est reine de tout, de l’univers, du clergé, des missions, de la sainte enfance, patronne de beaucoup de cathédrales, de centaines de congrégations religieuses, de milliers d’œuvres, elle croule sous le poids des oscars. Curieusement, on parle peu de Marie dans les évangiles, juste quelques épisodes, comme la Visitation, Cana, au calvaire… Pas de tapage, pas de bruit autour de Marie : cela explique pour une part pourquoi tant de gens blessés dans leur vie, tant de gens sans voix retrouvent avec elle un chemin de vie, un chemin qui mène à Dieu par son fils, dans l’esprit ; c’est la voix des sans voix. 

Marie ouvre un chemin de réconfort, elle entraîne les croyants à partager son silence pour accueillir la Parole, nous aidant à croire comme elle, que son fils sans cesse nous visite. L’assomption, ce n’est pas tant la gloire de Marie que nous célébrons ce matin que la gloire de Dieu qui accomplit en elle des merveilles ! L’important, ce n’est pas ce que Marie a fait mais ce que Dieu a fait d’elle. « Le Seigneur fit pour moi des merveilles ! ». Quelle merveille ? Dieu a choisi Marie pour être la mère de Jésus.  La raison d’être de Marie, c’est son fils, Le Christ-Jésus Aujourd’hui, fête de l’assomption, il l’élève. Et pour nous quelles merveilles Dieu a-t-il fait ? Dans un monde où nous sommes plus souvent tentés par la morosité que l’optimisme. Dans un monde où paix et guerre cohabitent. Dans une société où les antidépresseurs et les anxiolytiques sont au hit parade des médicaments ? 

Regardons de plus près ce qui habite Marie. Marie, c’est la croyante. Elle marche dans la vie, pour aller donner naissance à son fils Jésus, visiter sa cousine Elisabeth ou encore aller jusqu’à la croix avec son fils, mère d’un condamné à mort… Marie, la croyante, est une femme qui vit intensément tout ce qu’une femme, une mère peut vivre y compris l’expérience de la pauvreté, de la souffrance. Elle participe aux joies et aux peines de toutes les mères. Jamais les écritures ne la présentent  comme une déesse loin de la condition humaine. Humaine, elle le sera jusqu’au bout. La foi, elle la découvre à force de regarder Dieu dans les Ecritures : Marie retenait ces événements et les méditait dans son cœur. Que Marie soit vierge et mère dévoile combien toute fécondité vient de Dieu. Fécondité de la Parole dans la vie de Marie : Marie n’en finit pas de mettre au monde le Christ, à Bethléem, mais aussi en  nos vies depuis la croix : Fils, voici ta mère, dit Jésus à son ami Jean. 

Marie chante son Dieu. Magnificat : le seigneur fit pour moi des merveilles. La merveille est surtout à chercher du coté de l’humilité. Humble petite fille de Galilée, Marie est devenue grande par sa foi. La manière dont elle accepte de recevoir une vocation est signe de foi. Elle ne discute pas. Elle ne répond pas qu’elle n’est pas digne, elle accueille le projet de Dieu. Mais les paroles du magnificat ont de quoi surprendre : chant de louange mais aussi de protestation, langage révolutionnaire qui pointe les maux de notre monde. Comment est-ce Dieu possible ? Ce cri, Marie a du souvent le prononcer. Elle pose un regard stupéfait sur notre monde où tant de gens font preuve de suffisance. Ce monde dans lequel le durcissement des rapports entre les riches et les pauvres, le droit du plus fort et l’exploitation des faibles perdurent. Comment est-ce Dieu possible ?  

On en resterait bien aux cantiques à Marie au risque d’oublier le Cantique de Marie, ce fameux Magnificat avec son message tellement exigeant. Quand quelqu’un dérange beaucoup dans un parti, dans un mouvement ou dans une organisation, il arrive qu’on s’arrange pour lui donner une promotion. On en profite alors pour chanter ses louanges. Et il est clair pour tout le monde que si on le met à cette place plus élevée c’est parce qu’on espère qu’il y dérangera moins. Eh bien il ne faut pas agir comme ça avec Marie. Si elle prononce son Magnificat, ce n’est pas pour qu’on le traduise en louange à son égard. Marie nous invite au contraire à célébrer avec elle les merveilles de Dieu accomplies en faveur de ceux qui espèrent le salut du monde et qui luttent pour ça.

Le magnificat est un chant qui libère, Suis-je heureux parce que tant d’autres continuent de se battre pour la liberté ? Pour aimer ? Ce chant nous entraîne. A la suite de Marie, nous aussi nous pouvons apporter espoir dans ce monde troublé en croyant que Dieu ne nous enlèvera jamais la force de continuer d’aimer. Avec Marie, apprenons à dire merci pour toutes les merveilles qui traversent nos vies et que souvent nous ne reconnaissons pas.

(Patrick Cascaro – Spiritain)

Laisser un commentaire

 

boutiqueesoterique |
Entre Dieu et moi paroles d... |
Eglise de Maison |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vous connaîtrez la vérité e...
| CHORALE "VOIX DES ANGES" D'...
| Le son de la trompette