Homélie

Posté par rtireau le 28 septembre 2020

27° dimanche dans l’année A - 4 octobre 2020 – 1ère communion des enfants.

Philippiens 4, 6-9 ; Matthieu 21, 33-43

Jésus a prononcé cette parabole à Jérusalem, quelques jours seulement avant d’être arrêté. Le contexte était lourd de menaces. On lui reprochait de ne pas observer la Loi de Moïse, de ne pas respecter le Temple, de blasphémer le nom sacré de Dieu en osant l’appeler Père. Il pouvait bien expliquer son message, on refusait de l’écouter.

C’est donc devant des notables sûrs d’eux-mêmes qu’il prononce cette parabole sévère qui raconte une série d’assassinats où prêtres et pharisiens se sentaient forcément visés. Deux lignes après notre texte, il y aura la fameuse phrase : “Les grands prêtres et les pharisiens avaient bien compris qu’il parlait d’eux.” Ce n’est pas si souvent qu’on comprend que l’évangile parle de nous. Jésus va même jusqu’à leur laisser le soin de conclure en les interrogeant : “Quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ?” Ils répondent : “Ces misérables, il les fera périr misérablement”.

Et, à travers leur réponse, on comprend bien qu’ils pensent que Dieu est comme eux, rendant coup pour coup, œil pour œil, dent pour dent. Jésus corrige leur réponse : lui, le fils envoyé par Dieu sera tué par les vignerons, mais Dieu ne répondra pas par la violence aux misérables qui vont tuer son Fils. En effet la mort du Christ ne sera suivie d’aucun massacre. Au contraire, faisant la volonté de son Père, Jésus pardonnera lui-même à ses juges et à ses bourreaux. Car Dieu n’est ni méchant ni vengeur. Comme dit le psaume 108 : “Ils maudissent, toi tu bénis.”

Devant ces hommes passionnés par l’amour de leur patrie, Jésus annonce : “Le Royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera porter ses fruits.” Il risque sa vie et il le sait. Dieu l’a chargé d’annoncer une Bonne Nouvelle qui tient en quelques mots : “Tout homme est aimé par un Dieu Père, tout homme est appelé à devenir fils de Dieu, tous les hommes sont frères.” “Il est grand le mystère de la foi.” On le chante ! Et le plus grand mystère que nous sommes appelés à recevoir dans la foi, c’est celui de la croix du Christ qui continue de nous concerner aujourd’hui ! La phrase de Jésus reste vraie : “Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime.”

Vous vous êtes déplacés nombreux et peut-être de loin pour ce moment de fête où l’un de vos proches est concerné au plus profond de lui, pour ce moment où l’un de vos proches, comme disait Mgr Rouet quand il était évêque de Poitiers, met en jeu quelque chose de fondamental pour son existence. Vous vous êtes déplacés pour une raison relationnelle forte, une raison d’amitié ou d’affection. Et vous avez eu raison. Dieu déplace les foules quand il y a une bonne raison humaine relationnelle de bouger. Tertullien, un père de l’Eglise du 3° siècle vous aurait dit que vous êtes venus grâce à ce qu’il appelait le “sacrement du frère.”

Des enfants aujourd’hui commencent à communier. Ils vont recevoir le Corps du Christ ! Compliqué ? Beaucoup aimeraient qu’on explique. Moi je crois qu’il ne faut pas expliquer. En effet, ce n’est pas compliqué, c’est seulement mystérieux. Et un mystère, ce n’est pas : “circulez, y’a rien à voir”, mais “scrutez car il y a tellement à comprendre que vous n’aurez jamais fini.” Ce qu’il faut, c’est se mettre en chemin sans tarder pour commencer à comprendre le mystère.

En réalité, la messe est la rencontre de deux présences réelles : celle du Christ, qui ne fait aucun doute, et la nôtre, notre présence, qui, elle, est parfois moins sûre. Nous communions à la présence réelle du Christ pendant la messe pour devenir nous-mêmes présence réelle du Christ après la messe. Vous connaissez la formule : “Moi, je ne mange pas de ce pain-là.” Eh bien, vous les adultes qui accompagnez ces enfants qui vont commencer à manger de ce pain-là, soyez chaque jour à leurs côtés pour qu’ils partagent leur vie comme on partage le pain… 

Soyons tous réellement présents pour accueillir la présence du Christ en partageant l’eucharistie : car on ne mange pas de ce pain n’importe comment. On le reçoit avec respect. Saint Cyrille de Jérusalem disait dès le 4° siècle : “Fais de ta main gauche un trône pour ta main droite qui doit recevoir le Christ”. Et je vous invite à avoir le sourire en le donnant, et le sourire en le recevant.

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