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Evangile pour le 2° dimanche de l’Avent – 6 décembre 2020

Posté par rtireau le 29 novembre 2020

Aplanissez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1, 1-8. 

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu.
Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin.
Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés.
Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés.
Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales.
Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

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Homélie

Posté par rtireau le 29 novembre 2020

2° dimanche  de l’Avent B - 6 décembre 2020

Isaïe 40, 1-5.9-11 ; Psaume 84 ; 2 Pierre 3, 8-14 ; Marc 1, 1-8 

Isaïe : “Dans le désert, préparez le chemin…. Que tout ravin soit comblé… toute montagne et toute colline abaissées !…”Les grandes manœuvres… Moi j’ai des images en tête. Je vois les bulldozers et les scrapers qui s’agitent dans tous les sens. On n’a peur de rien : les routes et les lignes T.G.V. passent n’importe où, quelque soit le terrain. Avions, téléphones et internet sont des passerelles entre les personnes. En bref, on est très forts pour se déplacer et communiquer, pour s’approcher les uns des autres à tout prix. Mais est-ce qu’on se rencontre ? Il peut même arriver que ce soient les plus proches qu’on rencontre le moins.

Saint Marc reprend les mots d’Isaïe sur la route à tracer et le chemin à préparer pour la rencontre du Seigneur. Et Jean-Baptiste apparaît “déroutant” dans sa façon de vivre et de parler. Et on sait qu’il sera lui-même “dérouté” par la façon de vivre de Jésus. Jean-Baptiste déroute : il fait changer de route, il montre quelqu’un d’autre. On lui demandera : “Es-tu le Messie ?” – “Non ! Moi je suis celui qui crie : Préparez le chemin. Le Messie vient derrière moi, mais il est plus fort que moi.”  Quand Jésus passera, Jean-Baptiste dit : “Le voilà, c’est Lui !”  Quelle leçon ! Un maître assez humble pour s’effacer devant un autre, devant l’Autre. Et le “déroutant” sera “dérouté” à son tour : quand il sera mis en prison par Hérode, il ne comprendra plus rien et il enverra poser une question à Jésus : “Es-tu celui qui doit venir, ou faut-il en attendre un autre ?”.

Il est dérouté ! Et en effet la prédication de Jésus est bien différente de la sienne. 

- Jean annonce le jugement, la colère de Dieu. “Engeance de vipères, vous allez périr ! … Alors faites pénitence !”

- Jésus, lui, parle autrement. Zachée, la Samaritaine, la femme adultère, et tant d’autres, en savent quelque chose. Jésus ne dit pas à Zachée : “Tu es un voleur. Change d’abord et j’irai chez toi.” Non il est ému, amusé peut-être, par ce notable perché, et il dit : “Zachée, descends, j’aimerais aller chez toi.” Et Zachée, parce qu’il se sait reconnu et aimé, va changer de façon de vivre. On n’aime pas les enfants seulement s’ils sont gentils. On les aime, et l’amour peut leure donner de devenir meilleurs. Non pas : on est aimé si on change. Mais : on change si on est aimé.

Les prédicateurs chrétiens ont malheureusement souvent parlé à la manière de Jean-Baptiste, pour faire peur : “Changez vos cœurs, faites pénitence et peut-être la colère de Dieu s’apaisera.” Il y a bien, dans nos esprits, deux visages de Dieu : le dominateur moralisateur, et le créateur passionné de l’homme à en mourir, celui-là qui invite à inventer l’amour au fil des jours. Ce Dieu-la, le Dieu de Jésus, ne parle pas de morale. Il parle d’espérance.

Le premier mot de Saint Marc : Commencement de l’ évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu” est le même que celui de la Bible : Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.” Marc suggère qu’en Jésus Dieu réalise un nouveau départ, comme une nouvelle création. On est souvent tentés de se décourager. Et voilà que l’Avent nous offre une occasion de ranimer en nous l’espérance. “La vie, dit-on, est un éternel re-commencement”. NON ! On voit bien ce que veut dire cette phrase tristounette. Mais, dans la foi chrétienne, il est plus vrai de dire : “La vie est un  éternel commencement”. Et c’est le contraire de tristounet car la vie ne vaut que par ce qui naît et grandit. Le monde vieillit et nous aussi, mais le jaillissement de l’Esprit est chaque jour nouveau. Et Dieu lui-même, quand il prend les grands moyens, c’est la naissance d’un enfant. La réalité la plus grande est du genre naissance, patience.

Jean le Baptiste attirait les foules. Il aurait pu jouer au Messie. Il a préféré le courage, dans l’ombre, jusqu’à la mort dans les oubliettes d’Hérode. Et à mesure qu’il renoncera à plein de choses pour être à sa mission, il sentira monter en lui la Joie, au point de dire peu avant sa mort : “Ma joie est parfaite.” Et Jésus dira à son sujet : “Parmi les enfants des femmes, il n’en est pas de plus grand”. Devenons des précurseurs, des Aînés dans la foi. Recevons comme une chance, une grâce, la mission d’accueillir, de donner goût, d’indiquer un chemin, de proposer l’expérience du Christ, de désigner l’Autre sans retenir à nous : “Lui, il faut qu’il grandisse ; et moi, que je diminue” (Jean 3, 30). 

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Evangile pour le 1er dimanche de l’Avent – 29 novembre 2020

Posté par rtireau le 23 novembre 2020

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Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 13, 33-37. 

Prenez garde, restez éveillés : car vous ne savez pas quand ce sera le moment.
C’est comme un homme parti en voyage : en quittant sa maison, il a donné tout pouvoir à ses serviteurs, fixé à chacun son travail, et demandé au portier de veiller.
Veillez donc, car vous ne savez pas quand vient le maître de la maison, le soir ou à minuit, au chant du coq ou le matin ;
s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis.
Ce que je vous dis là, je le dis à tous : Veillez ! »

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Homélie

Posté par rtireau le 23 novembre 2020

1er dimanche de l’Avent B – 29 novembre 2020

Isaïe 63, 16b-17.19b – 64, 2b-t ; Psaume 79 ; 1 Corinthiens 1, 3-9 ; Marc 13, 33-37 

Original, que l’Avent (début) commence par une histoire de fin des temps. En fait l’Evangile de Marc s’adressait à des gens qui souffraient de persécutions et qui devaient apprendre à vivre, dans la durée, l’attente du retour du Seigneur. Ils avaient cru que ce serait tout de suite la fin du monde, et elle n’arrive pas. Alors ils doivent apprendre à être des veilleurs.

Le texte d’aujourd’hui invite à attendre le maître à son retour de voyage. Et on ne sait pas la date. Le genre de veille dont il s’agit n’est donc pas le stress de qui craindrait un maître exigeant – c’est la technique de base des sectes, – mais c’est être prêt tout le temps, comme on est prêt à accueillir son enfant ou un ami. Un enfant ou un proche, on ne lui reproche pas d’être venu sans prévenir. Attendre quelqu’un qu’on aime. Les autres jours, notre maison est propre. Mais ce jour-là, on ne dit pas : “c’est propre”, on dit : “c’est prêt”. La grande paix du “tout est prêt,” comme autour de cet homme qui savait que ses jours étaient comptés et avait invité ses amis pour l’onction des malades. Tout le monde l’enviait d’être ainsi paisiblement prêt.

Gardons les yeux ouverts sur le monde : c’est par là que le Christ vient à travers l’homme, la femme, le frère, la sœur, le prochain, le voisin, l’étranger, le gamin, le vieux, tous ceux-là qui ont le même visage que Dieu. C’est par là qu’il prend corps aujourd’hui. On entend quelquefois : “le monde est mauvais, les hommes sont méchants, tournez-vous vers Dieu.” Comme s’il y avait d’un côté le monde pourri et de l’autre Dieu bon. Impossible ! Dieu est venu dans le monde - on va le fêter à Noël – on ne peut donc pas séparer Dieu et le monde. Alors il faut garder les yeux ouverts, car ils sont toujours discrets, les signes de sa venue. Je me souviens d’un prêtre, en maison de retraite, qui avait dit à des membres du personnel : “Vous savez que je suis prêtre. Je ne sais pas si vous êtes croyants, ça ne me regarde pas, mais je trouve que vous êtes pour nous un évangile vivant.” Il parlait des gestes du respect au quotidien, en particulier envers les personnes les plus fatiguées ou les plus fatigantes. Heureuses personnes qui s’entendent dire, par un veilleur chrétien, cette bonne nouvelle dans leur profession.

Les chrétiens sont donc des veilleurs ou des guetteurs professionnels. Toute l’année ils veillent en guettant : au moment de l’Avent et de Noël, ils guettent des germes de nouvelles naissances ; au moment de Pâques, ils guettent des signes de résurrection, et au temps de la Pentecôte, ils guettent des signes de l’Esprit. Tout ça parce qu’ils croient en la résurrection de Jésus qui révèle que tout ce qui est partagé par amour est signe de Dieu et porteur d’éternité.

St Marc (quelques lignes avant notre texte) dit que la venue du Fils de l’homme est aussi sûre que l’été suit l’éclosion des feuilles du figuier. C’est donc d’une attente tout à fait sûre d’être comblée qu’il s’agit, une attente pleine de préparatifs, riche de la fécondité du désir qui se creuse. Le cardinal Newman écrivait : « Savez-vous ce que c’est que d’avoir un ami, d’attendre qu’il vienne, et de le voir tarder ? Savez-vous ce que c’est que de désirer que le temps passe, en attendant la venue de quelqu’un qui vous fait battre le cœur ? Veiller dans l’attente du Christ est un sentiment qui ressemble à ceux-là ». Veiller, c’est être là, intensément.

Edmond Rostand a eu ce mot extraordinaire : « C’est dans la nuit qu’il est bon de croire à la lumière ». Et Michel Scouarnec a écrit : “Peuple de l’espérance, nous sommes un peuple de veilleurs aux portes, des portiers. Pas pour empêcher les gens d’entrer, mais pour garder grande ouverte la porte pour Dieu. Dans les nuits du monde le Christ nous invite à veiller. Relayons-nous pour prendre le quart, quel que soit le moment de nos longues nuits.  Que ce soit le soir, à minuit, au chant du coq ou au matin, soyons les portiers et les sentinelles de l’espérance.”

“Regarde devant toi ! » C’est ce qu’on dit à l’enfant qui risque de trébucher ou de se tromper de route. Celui qui regarde derrière et qui est nostalgique du passé, comment pourrait-il entrer dans ce temps de l’Avent ? Celui qui se trouve bien comme il est, que pourrait-il attendre ? Et il ne s’agit pas seulement de voir venir. Il s’agit de faire advenir. Quand on attend activement, quand on essaie ensemble de faire advenir, de faire naître, alors l’événement peut devenir avènement.

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Evangile pour la fête du Christ-Roi – 22 novembre 2020

Posté par rtireau le 16 novembre 2020

Chaque

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25, 31-46. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand le Fils de l’homme viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire.
Toutes les nations seront rassemblées devant lui ; il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs :
il placera les brebis à sa droite, et les boucs à gauche.
Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : “Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde.
Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ;
j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !”
Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ?
tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ?
tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?”
Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”
Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche : “Allez-vous-en loin de moi, vous les maudits, dans le feu éternel préparé pour le diable et ses anges.
Car j’avais faim, et vous ne m’avez pas donné à manger ; j’avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ;
j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.”
Alors ils répondront, eux aussi : “Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, avoir soif, être nu, étranger, malade ou en prison, sans nous mettre à ton service ?”
Il leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait.”
Et ils s’en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes, à la vie éternelle. »

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Homélie

Posté par rtireau le 16 novembre 2020

Fête du Christ Roi – A - 22 novembre 2020

Ezéchiel 34, 11-12.15-17 ; Psaume 22 ; 1 Corinthiens 15, 20-26.28 ; Matthieu 25, 31-46

La fête du Christ-Roi date de 1925 au temps du page Pie XI. Une époque où beaucoup d’états Européens ont pris une certaine autonomie par rapport à l’Église. Des chrétiens sont encore nostalgiques du temps où le Pape et les Évêques exerçaient une tutelle sur la vie de la cité. Certains rêvent de reconquête. En France, le souvenir de la séparation de l’Eglise et de l’Etat est bien présent. Ici ou là on chante le Christ-Roi avec des accents revanchards. Il y a erreur sur notre roi ! Et elle existe encore quelquefois cette nostalgie d’un Christ tout puissant :

- “Jésus était Dieu. Et Dieu, c’est le tout puissant.” Et on ne parle plus de Jésus que pour insister sur ses miracles. L’homme Jésus a disparu.

- Noël ! La naissance de Jésus en grande pauvreté devient quelquefois une fête enluminée de sacrée où disparaît le message chrétien.

- La défense que Jésus prend des indéfendables est souvent oubliée. Et au nom de Jésus, on a pu faire des lois de moralité. Et il fallait se confesser souvent car on avait peur pour soi d’abord. Les plus anciens se souviennent sûrement qu’ils ont chanté : “Je n’ai qu’une âme qu’il faut sauver ?”

Le texte d’aujourd’hui (Matthieu 25) conclut l’enseignement de Jésus avant sa Passion. Ce sont les Béatitudes, au chapitre 5, qui inauguraient cet enseignement. Jésus y avait annoncé son programme royal autour du mot Heureux. Il l’a accompli en fidélité à son Père, et c’est sur cette base qu’il jugera les hommes au dernier jour. Michel Scouarnec a écrit deux réflexions à ce sujet :

1 – « Dans la parabole, le Roi s’exprime au passé : « J’avais faim, j’avais soif… » Et les gens aussi : « Quand t’avons-nous vu ? » Au jour du jugement, Dieu dira : mon Royaume ce n’est pas seulement celui d’après la mort. Votre monde est aussi le mien. J’y suis présent. M’y reconnaissez-vous ? Faites que règnent amour et partage sur votre terre, et vous vivrez déjà ce que vous espérez.” »

2 – « Le roi ne dit pas : vous n’avez pas nourri les affamés. Il dit : “Moi, j’avais faim et vous ne m’avez pas donné à manger”. Il s’identifie en quelque sorte à l’affamé, au prisonnier, au malade. Voilà la grande nouveauté de l’Evangile. »

Notez bien les critères évoqués dans le récit de Matthieu : ils ne sont pas religieux. Ils sont humains et concernent les droits de chacun. Le texte met en rapport le Christ et tous les humains sans indications d’une appartenance à une nation, une religion, un âge, un sexe.

- Il y a le critère économique : nourriture et boisson sont nécessaires pour vivre et survivre. 

- Il y a le critère social : sans vêtement et sans logement ou hébergement, comment vivre dans la dignité ? Comment entrer en relation avec les autres

- Et il y a le critère éthique et politique. Chacun doit pouvoir se déplacer librement pour rencontrer, pour être aidé, pour être soigné et visité s’il est alité, s’il est infirme ou en prison. 

Pour y voir plus clair, je vous propose les deux questions qui furent posées à Jésus :

1ère question : “Es-tu roi ?”  Question posée par Pilate. Réponse de Jésus : “Ma royauté ne vient pas de ce monde.” Il est roi, mais pas à la manière de ce monde :

- Jésus-Roi, oui, mais la veille de sa mort, il a lavé les pieds de ses disciples.

- Jésus-Roi, oui, mais ce jour-là son manteau royal était le manteau rouge des fous. Et il allait être torturé. La croix est le seul trône élevé sur lequel il ait accepté de siéger.

- Jésus-Roi, oui, mais roi fraternel : “Ce que vous faites au plus petit, c’est à moi…” Au jour de Dieu, tout dépendra de la réponse à la question du Seigneur : « Qu’as-tu fait de ton frère ? »

- Jésus-Roi, oui, mais tellement discret. “Quand est-ce que nous t’avons vu avoir faim ?” Très importante la surprise de tous en apprenant le lien du Christ à l’humain en détresse. Ça veut dire que générosité et solidarité ont valeur en elles-mêmes et que le Royaume de Dieu a les traits du frère en difficulté. Le plus court chemin pour aller vers le Christ est le détour par l’autre.

2de question à Jésus : « Où est ton Royaume ? » Réponse : “Il est au milieu de vous.” C’est en vivant notre vie d’hommes que nous le construisons ou non. “Le Royaume est là, dit Hyacinthe Vulliez, non pas dans le pauvre, comme on l’a dit, mais dans le partage avec le pauvre. Dieu est fait présent par le partage du pain.” Alors, quand on partage de ce pain devenu Corps du Christ, c’est que nous voulons partager chaque jour avec les frères les plus pauvres.

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Evangile du 33° dimanche du temps ordinaire – 15 novembre 2020

Posté par rtireau le 9 novembre 2020

Talents

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25, 14-30. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Un homme qui partait en voyage appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit. Aussitôt,
celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres.
De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres.
Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.
Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes.
Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.”
Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.”
Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.”
Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.”
Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain.
J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.”
Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu.
Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts.
Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix.
À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a.
Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” »

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Homélie

Posté par rtireau le 9 novembre 2020

33° dimanche dans l’année A - 15 novembre 2020

Proverbes 31, 10-31 ; Psaume 127 ; 1 Thessaloniciens 5, 1-6 ; Matthieu 25, 14-30

A l’époque de Jésus, on ne parlait pas des “hommes de talent” ; on ne disait pas d’un tel : “il a du talent”. Et je crois bien que ces expressions ont pour origine notre parabole d’aujourd’hui. Jésus raconte donc une histoire des serviteurs à qui leur patron avait confié sa fortune avant de partir en voyage. Le talent dont il parle ne symbolisait ni un quotient intellectuel ni des aptitudes humaines. C’était du métal, du vrai qui pesait 35 à 60 kg et représentait une somme colossale équivalent environ à 6000 journées de travail. 

Jésus dépasse sans doute les limites du vraisemblable pour laisser entendre qu’il parle en réalité d’un autre genre de dépôt : la nature à cultiver et protéger, les conditions de vie à humaniser, les capacités de chacun à développer, ou enfin l’annonce de l’amour de Dieu pour tous. Toutes ces actions concrètes qui s’essaient à incarner l’amour de Dieu. Ce qui faisait dire un jour à Friedrich Hölderlin : “Dieu crée le monde comme la mer crée la plage : en se retirant.”

Les deux premiers serviteurs sont apparemment présentés pour le suspense. Eux ont fait ce qu’il fallait, et on se demande naturellement ce qui va arriver au troisième. Si, au moins, il avait placé le talent quelque part pour qu’il rapporte ! Mais non ! Il l’a mis en terre ! Ceci dit, le droit rabbinique lui donnait raison : enfouir dans le sol un dépôt confié était à l’époque un moyen légitime et très sûr contre les voleurs. Pourtant, le maître, n’en tient aucun compte et l’accuse d’être un serviteur mauvais. Et, sur cet homme, légalement irréprochable, la sentence tombe. Une fois de plus, Jésus ne s’inquiète pas beaucoup du droit !

Quand Matthieu écrit son évangile, les chrétiens ont déjà longtemps cru que le retour de Jésus allait être immédiat. Et la fin du monde n’arrivant pas, ils se relâchaient et doutaient sans doute un peu. En leur redisant la parabole des talents, l’évangéliste les invitait au courage et à l’action. Sans doute il vise surtout les pharisiens et les scribes qui pensaient être de bons serviteurs de la Loi et qui la mettaient à l’abri de toute déformation. Ils l’enfouissaient dans des formules et des règles minutieuses. Le message de Dieu était ainsi en sécurité. Que pouvait-on leur reprocher ? Et Jésus leur déclare : “De ce trésor, de cette Parole qui est semence de vie, qu’en avez-vous fait ?” 

Rien à voir avec le sens appauvri de cette parabole toutes les fois qu’on l’a lue comme une petite histoire pour donner des leçons de morale ? En réalité, la question est : que faisons-nous de la Parole de Dieu qui nous est confiée ? “Dieu veut, dit G. Ringlet, qu’on risque sa Parole comme un financier audacieux risque son capital. Avec l’immense différence que ce pardon multiplié, cet amour qui rapporte gros sont vraiment à la portée de tous les porte-monnaie.” En bref, Jésus décrit deux manières contraires de gérer sa vie : ou bien sous le registre de la confiance, ou bien dans la peur. La foi et l’amour, la confiance et la générosité ne peuvent rester enfermées, ni dans la terre ni dans un coffre. Le 3° serviteur est mauvais parce qu’il a pris Dieu pour un homme dur et qui fait peur. Il y a erreur sur la personne puisque Dieu n’est qu’amour. Le cœur qui aime ne craint jamais de rencontrer à l’improviste celui ou celle que son cœur ne cesse d’attendre.

Et le cœur qui aime exerce ses talents d’une tout autre manière. Connaissez-vous l’histoire des trois tailleurs de pierre ? Ils sont en train de travailler sur un chantier. Un passant s’arrête et demande à chacun d’eux ce qu’il fait. Le premier répond : “Je taille des cailloux, tu le vois bien !” Le deuxième : “Je gagne de l’argent pour nourrir ma famille.” Le troisième, enfin, dit : “Je bâtis une cathédrale”.  Tous trois font le même travail. Mais chacun d’eux donne un sens différent à son travail. Et nous, quel sens donnons-nous à toutes nos activités de ce monde ? 

Trois petites phrases comme je les aime pour notre semaine :

“Enterrer ou semer ? C’est le même geste, mais l’un est d’avarice, l’autre de générosité.”

“L’homme est tellement occupé à améliorer les conditions matérielles de sa vie qu’il ne trouve guère le temps de s’améliorer lui-même.”

“A quoi bon entasser pour garder ? Vous ne pourrez pas toujours vous promener avec vos citernes. Soyez donc des sources. C’est moins encombrant et plus efficace.”

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Evangile du 32° dimanche du temps ordinaire – 8 novembre 2020

Posté par rtireau le 1 novembre 2020

Veillez donc

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 25, 1-13. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : 
« Le royaume des Cieux sera comparable à dix jeunes filles invitées à des noces, qui prirent leur lampe pour sortir à la rencontre de l’époux.
Cinq d’entre elles étaient insouciantes, et cinq étaient prévoyantes :
les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile,
tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile.
Comme l’époux tardait, elles s’assoupirent toutes et s’endormirent.
Au milieu de la nuit, il y eut un cri : “Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre.”
Alors toutes ces jeunes filles se réveillèrent et se mirent à préparer leur lampe.
Les insouciantes demandèrent aux prévoyantes : “Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent.”
Les prévoyantes leur répondirent : “Jamais cela ne suffira pour nous et pour vous, allez plutôt chez les marchands vous en acheter.”
Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva. Celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée.
Plus tard, les autres jeunes filles arrivèrent à leur tour et dirent : “Seigneur, Seigneur, ouvre-nous !”
Il leur répondit : “Amen, je vous le dis : je ne vous connais pas.”
Veillez donc, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. »

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Homélie

Posté par rtireau le 1 novembre 2020

32° dimanche dans l’année A - 8 novembre 2020

Sagesse 6, 12-16 ; Psaume 62 ; 1 Thessaloniciens 4, 13-18 ; Matthieu 25, 1-13

Chaque dimanche jusqu’au temps de l’Avent, nous lisons le chapitre 25 de Matthieu. Il a été notre évangéliste toute l’année et c’est lui qui donne le plus de place à la parabole du jugement dernier. Sans doute les communautés chrétiennes à qui il s’adresse sont sous le choc du saccage de Jérusalem par les Romains. Il écrit en effet dans les années 80, peu de temps après la chute de Jérusalem en 70. Les chrétiens issus du judaïsme sont donc en train de vivre réellement la fin d’un monde. Peut-être même croient-ils que c’est la fin du monde, puisqu’ils attendent le retour du Christ.

Mais le monde est toujours là, et nul ne connaît ni le jour ni l’heure de sa fin. Ce que nous savons c’est qu’il n’est pas sans fin. Les jours et les années ont une fin, les civilisations et les cultures aussi, et même la terre puisque les scientifiques nous disent que le soleil s’éteindra un jour. C’est dans ce provisoire que l’Esprit de Dieu construit l’éternité de l’amour. La parabole dit de ne pas perdre de vue le caractère provisoire de notre condition et nous invite à la sagesse, en nous mettant en garde contre une inconscience folle. On peut mettre côte à côte sagesse et folie, à travers les détails de la parabole.

Le sage sait prévoir : il tire des leçons de son passé ; il anticipe et envisage l’avenir avec ses risques et ses limites. Le fou a le nez sur le guidon. Pour lui il n’y a que le présent qui compte. Il est sans mémoire et sans perspective. Il est fataliste. Il dit : “c’est le destin.” La version moderne de ce fatalisme, c’est l’épuisement des ressources de la planète et le fossé entre pauvres et riches. On est conscients qu’on va dans le mur mais on dit souvent qu’on ne sait pas faire autrement.

Prévision, provision et prudence vont ensemble pour le sageIl sait que la nuit peut être longue et emporte avec lui une provision d’huile. Pour le fou, inutile de s’encombrer et de faire des réserves. Inutile de penser aux générations à venir : “Après nous le déluge.” La Fontaine aurait dit qu’il s’est habitué à être cigale et qu’il se moque des fourmis. Il est dépendant et assisté. Il se dit que les autres auront fait des provisions pour lui. Il est même capable de se fâcher si les autres ne partagent pas avec lui. Il ne voit pas que lui-même ne partage souvent rien. Il est incapable de se prendre en main, comment penserait-il aux autres ?

Le sage a l’esprit et le cœur toujours en éveil, en attente et en patience. Veilleur, il ne veut pas se laisser surprendre par le mal qui rode en lui et autour de lui. Amoureux, il savoure, en gardant son cœur éveillé, la venue de la personne bien-aimée. Quelle que soit l’heure, il se tient prêt. Le fou, lui, s’assoupit et s’endort. Il n’a pas d’autre désir ni d’autre amour que de lui-même. La patience n’est pas son fort et son espérance est vide.

Chacun peut facilement trouver comment cette parabole est actuelle. Je veux juste souligner un appel qui nous concerne tous : si l’on peut comparer la foi à l’huile d’une lampe qui éclaire nos nuits, qui entretient notre espérance et notre amour de Dieu, ils nous faut aujourd’hui, plus qu’autrefois, compter davantage sur nous-mêmes. Il nous faut nous-mêmes faire réserve d’huile. Autrefois la foi de l’Eglise dispensait beaucoup de personnes d’entretenir leur foi personnelle. Aujourd’hui, sans l’huile de la réflexion, de la prière et de la lecture de la Parole, nous risquons d’être vite incapables de rendre compte de notre foi personnelle, nous risquons de rater beaucoup de passages de notre Dieu et beaucoup de signes du ressuscité.

Au fait, comment va la lampe de chacun ? Nous pourrions la remplir avec l’huile de la sincérité pour aller à la rencontre des autres et de Dieu. Nous oublions souvent l’huile de la patience et celle du temps qu’il faut pour écouter l’appel au secours de nos frères. Et l’huile de la confiance en l’action de Dieu dans notre monde beaucoup déchiré ? Même la fantaisie et l’imagination peuvent être une huile qui nous nous aide à oser créer des choses nouvelles. 

Notre désir et notre espérance sont l’huile avec laquelle nous pouvons faire devenir réalité en notre cœur le Royaume de Dieu qui nous est annoncé. Ecoutez la conclusion du poème intitulé Parti pris de Colette Nys-Masure : « Je ne maudirai pas les ténèbres, je tiendrai haut la lampe. »

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