Evangile de la fête du Corps et du Sang du Christ – 6 juin 2021

Posté par rtireau le 31 mai 2021

Prenez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 14, 12-16. 22-26. 

Le premier jour de la fête des pains sans levain, où l’on immolait l’agneau pascal, les disciples de Jésus lui disent : « Où veux-tu que nous allions faire les préparatifs pour que tu manges la Pâque ? »
Il envoie deux de ses disciples en leur disant : « Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre. Suivez-le,
et là où il entrera, dites au propriétaire : “Le Maître te fait dire : Où est la salle où je pourrai manger la Pâque avec mes disciples ?”
Il vous indiquera, à l’étage, une grande pièce aménagée et prête pour un repas. Faites-y pour nous les préparatifs. »
Les disciples partirent, allèrent à la ville ; ils trouvèrent tout comme Jésus leur avait dit, et ils préparèrent la Pâque.
Pendant le repas, Jésus, ayant pris du pain et prononcé la bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit : « Prenez, ceci est mon corps. »
Puis, ayant pris une coupe et ayant rendu grâce, il la leur donna, et ils en burent tous.
Et il leur dit : « Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude.
Amen, je vous le dis : je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, dans le royaume de Dieu. »
Après avoir chanté les psaumes, ils partirent pour le mont des Oliviers.

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Homélie

Posté par rtireau le 31 mai 2021

Fête du Corps et du Sang du Christ dans l’année B - 6 juin 2021

Exode 24, 3-8 ; Psaume 115 ; Hébreux 9, 11-15 ; Marc 14, 12 … 26

L’histoire (légende) se passe en Inde. Un homme, plus pauvre que les autres, marche sur les sentiers brûlés par le soleil. Il mendie sa nourriture. La légende dit que c’est du blé qu’il recueille. À la fin de ses journées, son petit sac de toile est loin d’être rempli.

Un jour, son cœur a battu très fort quand il a aperçu, dans un nuage de poussière, quatre chevaux qui tiraient un carrosse : “Ah ! Si seulement ce prince me voyait et daignait s’arrêter ! S’il me donnait une pièce d’argent ou d’or !”

Eh oui ! Les chevaux ralentissent, s’arrêtent. La porte du carrosse s’entrouvre. Un homme au regard plein de bonté fait signe au mendiant de s’approcher et lui dit : “Donne-moi ton blé”. Le malheureux, déconcerté, hésite, puis retire un grain de blé de son petit sac. L’attelage repart laissant le pauvre désespéré, qui rentre chez lui, plus triste que jamais. Le soir, en vidant son sac de blé dans un bol, quelle ne fut pas sa surprise d’apercevoir un petit grain d’or ! “Ah si seulement je lui avais donné tout le contenu de mon sac !”

À chaque eucharistie, le Seigneur nous demande à nous aussi : “Donne-moi ton blé”, donne-moi quelque chose de ta vie. C’est pour ça que le pain et le vin viennent à chaque fois du milieu de notre assemblée. C’est notre blé qu’on apporte. Une catéchumène nous a raconté un jour que tout a changé pour elle quand elle a compris cet échange entre nos offrandes et la communion. “Je me demandais avant ce que chacun allait chercher dans la communion. Quand j’ai eu compris que c’était la consécration de ce qu’il avait apporté de sa vie, ce fut une vraie révélation pour moi.” La question est donc, quand nous venons à la messe, de savoir ce que nous apportons réellement de notre vie ? Trop souvent, nous laissons au prêtre le soin de présenter à Dieu le pain, là-bas, loin de nous, comme si ce pain offert n’avait rien à voir avec nous !

Le pain ! Il a toute une histoire. Il représente le travail de plein de monde. Pas seulement le travail des autres, mais le nôtre, la vie de chacun de nous, ce que nous appelons notre pain quotidien, nos joies, nos peines, notre travail, nos responsabilités, nos amours. Nous avons bien raison d’apporter cette vie chaque dimanche à la messe. Et nous avons bien raison de l’offrir à chaque messe, en offrant le pain, pour que Dieu transforme notre vie en sa propre vie. Pour que ces grains de blé – comme dans la légende – deviennent précieux comme de l’or, pour que notre pain quotidien soit transformé, transfiguré, habité, divinisé par la présence réelle du Christ. “Nous te présentons ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes, il deviendra le pain de la vie.” Ça veut dire en clair qu’à la communion Dieu nous redonne ce pain, habité de la présence réelle du Christ.

Quand nous partageons ce pain, nous recevons en nous l’Esprit Saint, l’Esprit de Jésus. Alors nous repartons avec une véritable énergie divine pour continuer notre travail, pour tenir dans nos responsabilités, pour vivre avec la force de l’Esprit Saint, l’Esprit de Jésus, l’Esprit d’amour.

C’est important de comprendre ce qui se passe à la messe. Quelquefois, certains arrivent à la messe comme des désœuvrés. Ils n’apportent rien de ce qui fait leur vie. Eh bien je propose deux messages tout simples :

- Le premier : la messe, est la rencontre de deux présences réelles : la présence réelle du Christ, qui, elle, ne fait aucun doute, et notre présence à nous qui a quelquefois du mal à être réelle.

- Et le second : nous communions à la présence réelle du Christ pendant la messe pour devenir nous-mêmes présence réelle du Christ auprès de nos frères après la messe. Écoutez cet extrait de prière eucharistique : “Regarde avec amour, Père très bon, ceux qui vont recevoir le corps du Christ, fais qu’ils deviennent ensemble par la force de l’Esprit Saint, le corps de ton Fils ressuscité.” C’est clair : après la messe, nous devons devenir ensemble le corps du Christ, le signe visible de sa présence dans le monde.

En fait, c’est après la messe que l’on sait si la messe a été une vraie messe. Une messe vivante est une messe qui fait vivre. Et si ça arrive, ou plutôt quand ça arrive, personne ne se demande plus ce que nous sommes venus faire à la messe.

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Evangile pour la fête de la Sainte Trinité – 30 mai 2021

Posté par rtireau le 23 mai 2021

Allez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 28, 16-20. 

En ce temps-là, les onze disciples s’en allèrent en Galilée, à la montagne où Jésus leur avait ordonné de se rendre.
Quand ils le virent, ils se prosternèrent, mais certains eurent des doutes.
Jésus s’approcha d’eux et leur adressa ces paroles : « Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre.
Allez ! De toutes les nations faites des disciples : baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit,
apprenez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

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Homélie

Posté par rtireau le 23 mai 2021

Fête de la Trinité dans l’année B - 30 mai 2021

Deutéronome 4, 32-34; 39-40 ; Psaume 32 ; Romains 8, 14-17 ; Matthieu 28, 16-20

Deux mots aujourd’hui pour notre réflexion : Dieu et Trinité.

Dieu : Une question qui hante l’humanité depuis toujours. L’Éternel a pris successivement plein de visages : maître exigeant, juge au cœur de pierre, souverain impitoyable. Des hommes et des peuples ont cru être victimes des humeurs divines, esclaves sans avenir, coupables sans espérance. Mais ici ou là des petites lueurs ont percé les ténèbres. Des croyants ont perçu comme des battements de cœur venant du ciel et en même temps du fond de leur être. Le maître du ciel et de la terre n’aurait-t-il pas quelque chose du père et de la mère ? Et le peuple hébreu s’est laissé conduire par ses poètes de la foi à la découverte du TOUT AUTRE : l’inaccessible est devenu proche, la crainte a fait place à la confiance. “Sache donc aujourd’hui et médite cela dans ton cœur… Le Seigneur est Dieu là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre”(1ère lecture). 

Un pas de plus : la proximité se fait intimité : c’est l’alliance. L’aventure d’une petite nation devient histoire d’amour, miracle du pardon, force de l’espérance. On sait que l’amour ne supporte pas les séparations : en Jésus, Dieu est venu à visage découvert, l’Esprit s’est fait chair, et des humains ont fait l’expérience de Dieu et de sa façon d’aimer. Pour bien le connaître, il faut aimer les frères et sœurs humains. Si les liens d’humanité se chargent de haine, la connaissance de Dieu est brouillée. Par la foi en Jésus Christ chacun peut donc être entraîné par l’Esprit qui transforme la peur en confiance et la tristesse en joie. Il fait de nous des fils, dit Saint Paul, et il nous autorise à crier vers le Père en l’appelant papa, comme le Fils qui l’appelait Abba ! Alors Jésus est un frère authentique. 

Alors apparaît le mot Trinité : Le mot est lâché ? Compliqué ? Pas plus que nos familles humaines. Personne n’a attendu de savoir ce qu’est une famille pour venir au monde et y vivre. La Trinité, ce n’est pas une élucubration d’intellectuels,c’est le mot que l’Eglise a trouvé pour formuler ce que nous disent de Dieu le livre Evangile et la vie que nous vivons : dans l’EvangileJésus parle du Père dont il reçoit tout ; et quand il s’en va, il annonce qu’il nous enverra l’Esprit ; dans notre vie, Dieu Trinité aide à comprendre qui nous sommes. Pourquoi si différents les uns des autres : parce que nous sommes créés à l’image d’un Dieu-pluriel.

La Trinité n’est pas une énigme, mais une clé pour comprendre qui nous sommes : Jésus dit qu’il nous est possible de connaître le Père : “Dieu, personne ne l’a jamais vu, le Fils unique qui est dans le sein du Père, c’est lui qui 1’a révélé.” (Jean 1, 18). Jean-Noël Besançon a une belle formule : Jésus, tout le portrait de son Père !” Ce visage, Saint Jean le décrit en ces mots : “Dieu est amour” (1 Jean 4, 8). Jésus parle de Dieu comme nous parlons d’amour. 

En tout amour authentique, il y a initiative, accueil et communionDieu Père est initiative. Jésus ne cesse de dire que le Père est la source de ce qu’il vient nous partager : vie, tendresse, fidélité, pardon. “Comme le Père m’a aimé, je vous ai aimés.”  Lui, le Fils, est tout entier accueil. Ce qu’il a, ce qu’il est, il le tient du Père. Et c’est dans l’Esprit Saint que se vit et se dit cette communion profonde en Dieu. L’Eglise veut être communion d’amour car le cœur de Dieu a voulu battre dans un cœur d’homme pour imprimer à chaque cœur d’homme le rythme de son amour.

Chacun est invité à se laisser saisir par l’amour du Père, initiative, premier pas toujours nouveau. Et à se laisser habiter par l’amour du Fils qui est accueil, reconnaissance, partage. Il n’aime pas vraiment celui qui ne sait pas recevoir. Et l’Esprit de communion ouvre sans cesse des communications ; il est comme un trait d’union. 

L’Evangile d’aujourd’hui dit : “Allez ! Faites des disciples”. Non pas : cherchez des adhérents. Mais allez. Aller, c’est partir, quitter, être libre. Aller, c’est devant. Aller, c’est signe de confiance. Va ! C’est une décision. Il s’agit d’apprendre à garder les commandements autrement qu’au réfrigérateur. Le seul commandement c’est d’aimer ! Une jeune fille avait un jour formulé magnifiquement cette richesse que chacun de nous porte en soi : “Dieu est le seul bonheur gratuit auquel tout le monde a droit”.

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Evangile pour la fête de la Pentecôte – 23 mai 2021

Posté par rtireau le 16 mai 2021

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15, 26-27. 16, 12-15. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage, car vous êtes avec moi depuis le commencement.
J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

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Homélie

Posté par rtireau le 16 mai 2021

Fête de la Pentecôte -  23 mai 2021

Actes 2, 1-11 ; Psaume 103 ; Galates 5, 16-25 : Jean 15, 26-27; 16, 12-15

Jésus a disparu. Ses proches se sont enfermés dans un espace clos. Que vont-ils faire maintenant ? Se replier dans la nostalgie ? Se protéger ? Ou retourner à leur point de départ ? Mais non. Car quelque chose se produit. Le texte raconte qu’il y a un grand bruit, comme un violent souffle. La communication entre les disciples est troublée : il leur faut inventer une nouvelle façon de communiquer. C’est comme ça ! Là où entre l’Esprit les petits groupes fermés deviennent insupportables. L’Esprit est la surprise de Dieu, le trouble-fête qui met en mouvement et provoque un départ. 

Alors ils sortent et se mettent à parler en plusieurs langues. La rumeur concernant Jésus est en train de devenir multiculturelle, multiraciale. Luc, l’auteur des Actes des apôtres, donne deux précisions. D’abord, ça se passe à Jérusalem. Donc l’Eglise a bien une origine juive. Et puis seconde précision : un peuple bigarré et polyglotte apparaît, un peuple un peu à l’image du cœur de Dieu en qui il y a plusieurs demeures. Comme si la Pentecôte inversait l’histoire de Babel en inaugurant un peuple sans frontières, où l’on se parle dans le respect, où l’on essaie d’habiter et d’aimer la diversité humaine.

Ecoutez le cri de Pentecôte du père Jean-Yves Baziou : 

« Eh bien ! Que souffle cet Esprit… Qu’il soit le trait d’union de nos langages, de nos cris de colère et de révolte, de nos chansons d’espoir et de liberté, de nos aveux d’amour, de nos rires de joie, des délires des fous, des poèmes de nos beaux jours et de ceux de nos tristesses, des musiques et des danses de toutes les fêtes…

Vue à partir de cet horizon, l’Eglise apparaît comme pouvant faire savourer l’avant-goût d’une humanité réconciliée avec ses différences. Etrange identité chrétienne : … sans cesse mouvante et instable car ouverte sur l’autre. Elle se construit de la dynamique de la communication. Elle s’essouffle et s’étiole quand elle se protège de ceux qui sont au loin. Peut-être est-elle en mesure de déchiffrer le message spirituel qui est dans l’air de notre époque et qui nous annonce que nous devons changer notre manière de vivre et de penser de telle sorte que la coexistence des diversités soit possible. Car nous vivons une période où l’universalité devient partout concrète. En chaque espace l’étranger est là, devenu notre voisin. Il nous faut donc trouver les moyens d’une coexistence qui est inédite à l’échelle de l’histoire.

Des nations cherchent à construire des murs. Mais elles n’empêcheront pas l’inexorable mouvance des peuples qui les conduit à se mêler et à partager le monde désormais commun. »

Dans la revue Signes, j’ai trouvé ces quelques mots sur l’Evangile d’aujourd’hui. : “L’évangile de Jean a trouvé un mot nouveau pour parler de l’Esprit. Il parle du Défenseur. Ce mot a le mérite d’être concret. Le Défenseur, c’est l’avocat de la défense. Mais qui se porte partie civile contre l’homme ? Si c’est Dieu qui fournit l’avocat de la défense, ce ne peut être lui qui entame un procès contre l’homme. Quel serait ce Dieu qui à la fois mettrait l’homme en accusation et le défendrait contre lui même ? Non ! Dieu a fait un tout autre choix. Partout où l’homme sera menacé de perdre son humanité d’homme, c’est Dieu lui-même qui le défendra. L’Esprit de Dieu s’est fait droit de l’homme.” Le Le

J’aime bien aussi la petite parabole intitulée : Entre Ascension et Pentecôte. Je vous la raconte au moins une fois par an. Elle nous dit comment l’Esprit est à l’œuvre modestement dans notre monde. La voici : Quand le Christ ressuscité était en train de monter au ciel, il jeta un coup d’œil vers la terre et la vit plongée dans l’obscurité, sauf quelques petites lumières sur Jérusalem. En pleine ascension, il croise l’ange Gabriel qui lui demande :

- “Seigneur, qu’est-ce que c’est que ces petites lumières ?” 

- “Ce sont les Apôtres en prière, groupés autour de ma mère. Mon plan : à peine rentré au ciel, leur envoyer mon Esprit, pour que ces petits feux deviennent un grand brasier, qui enflamme d’Amour – Charité, peu à peu, tous les peuples de la terre !”  

Et l’ange Gabriel ose répliquer : “Et que ferez-vous, Seigneur, si ce plan ne réussit pas ?” 

Après un instant de silence, le Seigneur lui répond doucement : “Mais je n’ai pas d’autre plan.”

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Evangile pour le 7° dimanche de Pâques – 16 mai 2021

Posté par rtireau le 11 mai 2021

Unis

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17, 11b-19. 

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie.
Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés.
Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde.
Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais.
Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde.
Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité.
De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.
Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

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Homélie

Posté par rtireau le 11 mai 2021

7° dimanche de Pâques dans l’année B - 16 mai 2021

Actes 1, 15-17.20a.20c-26
 ; Psaume 102
 ; 1 Jean 4. 11-16
 ; Jean 17. 11b-19

Nous sommes entre Ascension et Pentecôte : c’est le temps de la présence dans l’absence. “Mon mari, disait une jour l’épouse d’un matelot, il arrive qu’il soit là sans être totalement présent. Et il arrive qu’il soit davantage présent à moi quand il est parti en mer.” C’est vrai : l’autre, même présent, n’est jamais tout à fait là ; l’autre, même parti, n’est jamais totalement absent. Au fond la seule véritable absence, c’est l’indifférence. Ceux qui nous sont chers ne sont jamais totalement absents pour nous. Les grands absents, ce sont les autres, ceux qui nous sont indifférents… Dieu peut-être par moments !

Mystère de la présence dans l’absence ! Ecoutez l’histoire du stylo de François qui nous met en chemin de ce mystère. Le stylo de François n’était pas un stylo, c’était un cadeau. Ce n’était pas un outil, c’était un symbole. Ce n’était pas de l’utile, c’était du gratuit (même s’il avait coûté cher). Ce n’était pas du fonctionnel, c’était du relationnel. En bref, il y avait quelqu’un derrière. François préparait son baptême et sa 1ère communion : son stylo nous avait permis de découvrir ce qu’est un sacrement. Car lorsque quelque chose nous donne quelqu’un, on est proche du sacrement. Le stylo de François était le stylo de la mémoire. L’Eucharistie est le pain de la mémoire - “Faites cela en mémoire de moi” - mémoire d’une vie donnée par amour, d’une vie CADEAU ! Saint Jean disait : “Dieu, personne ne l’a jamais vu, mais si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous…” Quand nous offrons un cadeau, Dieu n’est pas bien loin. 

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus demande au Père : “Sanctifie-les par ta vérité” et il ajoute : “Ta Parole est vérité”.Le mot vérité a donc ici un sens biblique. Autrefois la traduction était : “consacre-les”. Mais “sanctifie-les” est mieux. En effet rendre sacré et rendre sain, ce n’est pas la même chose. On croit volontiers que les objets sacrés ou les personnes consacrées sont à part du monde profane. Au contraire, quand on dit que Dieu sanctifie, çà veut dire qu’il se rend proche pour communiquer sa sainteté. La sainteté est comme l’amour, une affaire de relation. Plutôt que de séparer ses disciples du monde, Jésus les y envoie pour être semence d’unité dans le monde déchiré, et lui communiquer la sainteté de Dieu.

L’Evangile d’aujourd’hui est un extrait de la Prière de Jésus. J’aime bien Saint Augustin quand il parle à Dieu dans ce tout petit passage – Attention ! Ça va très vite – : “Tu étais en moi mais moi j’étais hors de moi : je te cherchais dehors. Tu étais avec moi ; je n’étais pas avec toi, puisque je n’étais pas chez moi.” Vous avez le droit de relire plusieurs fois…

Maintenant quelques mots de Timothy Radcliffe, ancien maître des dominicains, dans son livre : Je vous appelle amis : “Dès la naissance, les parents commencent à parler à l’enfant. Bien avant qu’il ne soit capable de comprendre, un enfant est nourri de mots, baigné et bercé de mots. Le père et la mère ne parlent pas à leur enfant pour lui transmettre de l’information. Ils l’animent de leur parole. L’enfant devient humain dans cet océan de langage.

De même nous sommes transformés par l’immersion dans la Parole de Dieu qui nous est adressée. Nous ne lisons pas la Parole pour y chercher de l’information. Nous y réfléchissons, nous la méditons, nous la buvons et la mangeons. « Que ces paroles que je te dicte aujourd’hui restent dans ton cœur ! Tu les répéteras à tes fils, tu les leur diras aussi bien assis dans ta maison que marchant sur la route, couché aussi bien que debout. » (Dt 6, 6…) … Un couple de mes amis a adopté un enfant. Ils l’ont trouvé dans une salle d’hôpital à Saïgon, orphelin de la guerre du Viêt-Nam. Les premiers mois, à l’hôpital, personne n’avait eu le temps de lui parler. Il a grandi sans savoir sourire. Mais ses parents adoptifs lui ont parlé et souri, œuvre d’amour. Je me souviens du jour où pour la première fois il a renvoyé un sourire. La Parole de Dieu nous nourrit, afin que nous prenions vie, en humains, et devenions même capables de renvoyer le sourire de Dieu. ”

Tout à l’heure quelques personnes donneront l’eucharistie et beaucoup la recevront. Je vous invite à avoir le sourire en la donnant et le sourire en la recevant. Rappelez-vous Timothy Radcliffe : “La Parole de Dieu nous nourrit, afin que nous prenions vie et devenions même capables de renvoyer le sourire de Dieu. ”

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Evangile pour la fête de l’Ascension – 13 mai 2021

Posté par rtireau le 9 mai 2021

Allez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16, 15-20. 

En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création.
Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné.
Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ;
ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »
Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu.
Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

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Homélie

Posté par rtireau le 9 mai 2021

Fête de l’Ascension – B – 13 mai 2021 – 1ère des communions.

Actes 1, 1-11 ; Psaume 46 ; Ephésiens 4, 1-13 ; Marc 16, 15-20

Vous vous êtes déplacés nombreux et peut-être de loin pour ce moments de fête où l’un de vos proches est concerné au plus profond de lui, pour ce moment où l’un de vos proches, comme dit Mgr Rouet, évêque de Poitiers, met en jeu quelque chose de fondamental pour son existence. Vous vous êtes déplacés pour une raison relationnelle forte, une raison d’amitié ou d’affection. Et vous avez eu raison. D’ailleurs on l’a souvent remarqué, Dieu déplace les foules quand il y a une bonne raison humaine relationnelle de bouger. Tertullien, un père de l’Eglise du 3° siècle vous aurait dit que vous êtes venus grâce à ce qu’il appelait le “sacrement du frère.”

Ascension – Pentecôte : deux fêtes qui vont bien ensemble, et qui disent un message très fort sans doute pas assez entendu. Sinon, il y aurait moins de désespérés de l’absence de Dieu. Et il y aurait moins de rêveurs à l’affût de miracles ou d’interventions magiques de Dieu. Ascension – Pentecôte : message très fort de la présence dans l’absence : on a tous sur nos tables de nuit des objets qui sont là pour dire la présence de quelqu’un qui est quelquefois très loin, ou même décédé. Présence dans l’absence : Dans les Actes des apôtres (1ère lecture) : “Vous allez recevoir une force, celle du Saint-Esprit qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins…” Présence dans l’absence : Dans l’Evangile de Marc“Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.”

L’Ascension nous apprend à ne pas mettre la main sur Jésus. Le Christ échappe aux disciples. Il a une nouvelle manière d’être présent. L’Ascension nous apprend le sens profond de l’Eucharistie : Jésus n’a plus à être à nos côtés puisqu’il veut être en nous ; Il n’a plus à être notre compagnon de route, puisqu’il est notre force pour marcher ; Il n’a plus à être vu puisqu’il devient notre regard ; Il n’a plus à être notre ami puisqu’il est devenu notre force d’aimer.  Louis Evely disait “Dieu nous laisse entre hommes. Pas moyen de le rencontrer autrement que par l’homme. Dieu est intérieur à l’homme et ne peut se manifester que par chacun d’entre nous. L’homme est donc seul responsable du silence ou de l’absence apparente de Dieu.” Matthieu, au chapitre 25 disait la même chose : “J’avais faim et vous m’avez donné à manger…” Le pape saint Léon écrivit cette phrase lumineuse : « L’Ascension du Christ est notre promotion. » 

Alors, quelle attitude adopter par rapport au message de cette fête Ascension – Pentecôte ? Elle est double. D’abord : Attendez, ne quittez pas – c’est ce qu’on dit au téléphone - avant d’avoir la communication, la force de l’Esprit. Ne quittez pas Jérusalem, attendez, priez. Et puis : Allez-y, ne restez pas là à regarder le ciel.”  Allez-y, action comme on dit au cinéma. “Soyez mes témoins … jusqu´aux extrémités de la terre.”

Des enfants aujourd’hui commencent à communier. Ils vont recevoir le Corps du Christ ! Compliqué ! Beaucoup aimeraient qu’on explique. Moi je crois qu’il ne faut pas expliquer. En effet, ce n’est pas compliqué, c’est simplement mystérieux. Et un mystère, ce n’est pas : “circulez, y’a rien à voir”, mais “scrutez car il y a tellement à comprendre que vous n’aurez jamais fini.” Ce qu’il faut, c’est se mettre en chemin sans tarder pour commencer à comprendre le mystère.

En réalité, la messe est la rencontre de deux présences réelles : celle du Christ, qui ne fait aucun doute, et la nôtre, notre présence réelle, qui, elle, est parfois moins sûre. Nous communions à la présence réelle du Christ pendant la messe pour devenir nous-mêmes présence réelle du Christ après la messe. Vous connaissez la formule : “Moi, je ne mange pas de ce pain-là.” Eh bien, vous les adultes qui accompagnez ces enfants qui vont commencer à manger de ce pain-là, soyez chaque jour à leurs côtés pour qu’ils partagent leur vie comme on partage le pain… Soyons tous réellement présents pour accueillir la présence du Christ en partageant l’eucharistie : car on ne mange pas de ce pain n’importe comment. On le reçoit avec respect. Saint Cyrille de Jérusalem disait dès le 4° siècle : “Fais de ta main gauche un trône pour ta main droite qui doit recevoir le Christ”. 

J’ajoute que je vous invite à avoir le sourire en le donnant, sourire en le recevant.

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