Evangile du 14° dimanche dans l’année B – 4 juillet 2021

Posté par rtireau le 30 juin 2021

Nul n'est prophète

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6, 1-6. 

En ce temps-là,  Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent.
Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains.
Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

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Homélie

Posté par rtireau le 30 juin 2021

14° dimanche dans l’année B -  4 juillet 2021

Ezéchiel 2, 2-5 ; Psaume 122 ; 2 Corinthiens 12, 7-10 ; Marc 6, 1-6

Les compatriotes de Jésus n’ont pas l’air contents dans la synagogue de Nazareth. Pourtant, ce qu’il annonçait était plutôt Bonne Nouvelle : guérisons, libération, soulagement des pauvres. Les gestes qu’il faisait étaient aussi des gestes de salut et de libération, et même s’il parlait de conversion, c’était pour faire découvrir la vraie joie.

En fait, ce n’est pas le message qui est contesté par les habitants de Nazareth, c’est le messager. Trop exigeant ? Non ! Trop déroutant ? Non plus. Non ! Seulement trop familier. Les gens de Nazareth le connaissaient trop bien, cet homme du pays :

- par sa profession : “N’est-il pas le charpentier ?”

- par sa mère : “N’est-il pas le fils de Marie ?”

- par sa parenté : “N’est-il pas le frère de Jacques, de Joseph, de Simon ?”

On connait la parenté et le cousinage. En bref, cet homme Jésus est trop humain pour révéler Dieu. Impensable que Dieu choisisse comme envoyé le charpentier dont chacun, à Nazareth, connaissait la famille. “Nul n’est prophète dans son pays.” Jésus se disait fils de Dieu ; certains de ses disciples commençaient à entrevoir son mystère. Mais ses compatriotes disaient : “C’est le fils du charpentier.”

Attention ! Ne sourions pas de leur difficulté à croire, c’est la nôtre très souvent. Par exemple quand nous trouvons trop simple et trop humaine l’Église chargée d’annoncer la Bonne Nouvelle. Au long de son histoire, elle a eu ses moments édifiants mais aussi ses moments scandaleux. Et pourtant c’est bien cette Église, dont nous faisons partie, qui est le corps du Christ.

Et quand nous trouvons trop simple et trop humain ce prêtre qui a prononcé la parole du pardon ou qui a baptisé votre enfant. Il a pourtant reçu la mission de renouveler les gestes de Jésus Sauveur.

Et quand nous trouvons trop simple et trop humain cet étranger qui demande à être accueilli ou ce malade qui attend une visite. Et pourtant ils sont bien pour nous visages du Christ. “Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites.”

Et quand nous trouvons trop simple et trop humain ce monsieur tout le monde que la vie met sur notre route. Et pourtant il est habité par Dieu. “Tout homme est une histoire sacrée, tout homme est à l’image de Dieu.”

Et quand nous trouvons trop simple et trop humaine cette vie trop ordinaire qui est la nôtre. Tant d’années à recommencer les mêmes banalités, avec les mille soucis et les mille détails, apparemment sans importance. Tout ça semble trop humain pour être divin. Et pourtant cette vie ordinaire, la nôtre, Jésus l’a vécue lui-même. Le Fils de Dieu l’a divinisée. Plus elle est humaine, plus elle est divine ! Difficile à croire. Pourtant c’est bien ça qui s’appelle être chrétien.

Les contemporains de Jésus sont déçus. Ils attendaient un Messie triomphant qui chasserait les romains. Ils attendaient le jour fracassant du Seigneur pour restaurer Israël dans sa puissance. Ils sont choqués, déçus par la façon dont Jésus accomplit sa mission. Pas d’éclats : il enseigne, il guérit, il console, il pardonne. Ils sont déçus.

Nous aussi, nous sommes déçus par exemple quand nous disons : “Ah! S’il y avait un Bon Dieu, ça n’existerait pas.” Nous rêvons encore d’un Dieu qui interviendrait de façon visible pour mettre bon ordre dans notre monde. Non, il n’agit pas de cette façon. Il n’est pas providence d’intervention, mais plutôt d’inspiration. Il parle au cœur des hommes, il inspire, il anime notre liberté par son Esprit-Saint, son Esprit d’amour. Mais il est effectivement impuissant si l’homme n’accueille pas son Esprit. Rien ne lui résiste sinon notre incroyance.

Soyons heureux de croire en Dieu qui a vécu notre condition humaine, notre vie ordinaire, et la souffrance et la mort pour nous révéler que l’amour aura le dernier mot. Dans cette Eucharistie, recevons son Esprit pour essayer, dans notre vie ordinaire, de suivre son chemin de vie, d’amour et de joie.

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Evangile du 13° dimanche dans l’année B – 27 juin 2021

Posté par rtireau le 21 juin 2021

Talita

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 5, 21-43. 

En ce temps-là, Jésus regagna en barque l’autre rive, et une grande foule s’assembla autour de lui. Il était au bord de la mer.
Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre. Voyant Jésus, il tombe à ses pieds
et le supplie instamment : « Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité. Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. »
Jésus partit avec lui, et la foule qui le suivait était si nombreuse qu’elle l’écrasait.
Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans… –
elle avait beaucoup souffert du traitement de nombreux médecins, et elle avait dépensé tous ses biens sans avoir la moindre amélioration ; au contraire, son état avait plutôt empiré –…
cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement.
Elle se disait en effet : « Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée. »
À l’instant, l’hémorragie s’arrêta, et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.
Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui. Il se retourna dans la foule, et il demandait : « Qui a touché mes vêtements ? »
Ses disciples lui répondirent : « Tu vois bien la foule qui t’écrase, et tu demandes : “Qui m’a touché ?” »
Mais lui regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela.
Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante, sachant ce qui lui était arrivé, vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.
Jésus lui dit alors : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix et sois guérie de ton mal. »
Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre, le chef de synagogue, pour dire à celui-ci : « Ta fille vient de mourir. À quoi bon déranger encore le Maître ? »
Jésus, surprenant ces mots, dit au chef de synagogue : « Ne crains pas, crois seulement. »
Il ne laissa personne l’accompagner, sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques.
Ils arrivent à la maison du chef de synagogue. Jésus voit l’agitation, et des gens qui pleurent et poussent de grands cris.
Il entre et leur dit : « Pourquoi cette agitation et ces pleurs ? L’enfant n’est pas morte : elle dort. »
Mais on se moquait de lui. Alors il met tout le monde dehors, prend avec lui le père et la mère de l’enfant, et ceux qui étaient avec lui ; puis il pénètre là où reposait l’enfant.
Il saisit la main de l’enfant, et lui dit : « Talitha koum », ce qui signifie : « Jeune fille, je te le dis, lève-toi ! »
Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher – elle avait en effet douze ans. Ils furent frappés d’une grande stupeur.
Et Jésus leur ordonna fermement de ne le faire savoir à personne ; puis il leur dit de la faire manger.

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Homélie

Posté par rtireau le 21 juin 2021

13° dimanche dans l’année B – 27 juin 2021

Sagesse 1, 13 … 2, 24 ; Psaume 29 ; 2 Corinthiens 8, 7 … 15 ; Marc 5, 21-43

Deux femmes. Ou plutôt, l’une pas encore femme – elle n’a que douze ans – et l’autre qui ne l’est plus vraiment pour des raisons de maladie. Pour l’une et pour l’autre douze ans se sont écoulés. La petite est à l’âge où tout l’être se transforme, où le garçon mue, où la jeune fille s’éveille. Mais le texte dit qu’elle est “à toute extrémité”. Quant à l’autre, qui a des pertes de sang, elle vit sa féminité comme une honte, dans la débâcle de son corps. La Loi la considérait comme impure et donc marginale.

Jésus se met en marche. L’évangile de Marc nous montre Jésus toujours un peu pressé. L’expression aussitôt revient à tout moment. Jésus lutte avec obstination contre toutes les puissances de mal : les esprits mauvais, la tempête déchaînée, les maladies, la mort même. Mais dans ce combat, il jette des petites phrases essentielles : “Ta foi t’a sauvée… ne crains pas, crois seulement.” En demandant la foi comme condition pour accomplir ses miracles, Jésus avoue que rien ne lui résiste sinon notre liberté qui peut se refuser à lui. Rien ne lui résiste sinon notre incroyance. 

Avec lui, autour de lui, la foule aussi est en marche. Tout le monde bouge, quelque chose va arriver. La femme impure est dans la foule. Le mouvement de foule la met à proximité de Jésus. Elle qui n’éveille plus le désir, elle l’intouchable, elle désire le toucher. Cet homme qui guérit et qui libère, cet homme qui n’a pas peur et qui change la vie, elle va le toucher. Va-t-elle oser ? Modestement elle va essayer, avec la retenue de celle qui a oublié depuis si longtemps ce que c’est qu’être touchée : “Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée.” Seulement son vêtement, mais l’humble contact d’un instant a irradié tout son être : “Elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie.” Jésus, lui, demandait qui avait touché ses vêtements. Il avait senti “qu’une force était sortie de lui”. La femme se jette à ses pieds en tremblant. Elle entend prononcer sur elle : “Ta foi t’a sauvée, va en paix.”

On vient alors annoncer que la petite est morte. Jaïre ne demandait d’abord qu’une guérison pour son enfant. Mais lorsqu’on lui apprend que son enfant est morte, il est invité par Jésus à franchir le pas de la foi en la résurrection : “L’enfant n’est pas morte, elle dort”. Tout le monde se moque : prendre la mort pour un sommeil, quelle sottise ! C’est pourtant là que réside le sens de ce que Jésus va faire, et la bonne nouvelle qu’il veut annoncer : la mort est comparable à un sommeil pour ceux qui croient en lui. C’est jusqu’à cette foi du matin de Pâques que veut nous conduire le vainqueur de tout mal. “Ne crains pas. Crois seulement”, lui dit Jésus. 

Arrivé à la maison du chef de synagogue, il met dehors les pleureuses et les moqueurs, il ne garde près de lui que le père et la mère de l’enfant et trois disciples. La puissance de Jésus ne veut rien de sensationnel. Elle se déploie dans la discrétion et la simplicité. Il prend la main de l’enfant et dit ces deux mots araméens : “Talitha koum !”, “Fille ! Debout !” Debout, c’est un des mots employés par les évangiles pour dire la résurrection de Jésus. Elle se leva et se mit à marcher. Avec Jésus, la mort n’est plus la mort. Elle ne domine plus sur l’homme, elle est un sommeil d’où la puissance de Dieu l’arrache pour le rendre à la vie. Ce geste de Jésus (la prenant par la main, il la fit se lever) est une annonce de sa résurrection. Puis “Il leur dit de la faire manger”. La petite venait de traverser une mort, une femme venait de naître en elle.

“Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée,” disait la première femme. Et puis seconde histoire : Jésus saisit la main de l’enfant et lui dit : “Lève-toi”. Comme si la foi c’était toucher ou être touché. La foi, tendre la main pour toucher, la foi, une affaire de tact ! Pourquoi ces deux histoires sont-elles restées ensemble dans les Évangiles ? Peut-être pour signifier que Jésus avait donné, ou rendu, leur féminité à deux êtres en détresse. Et qu’il inaugurait une attitude neuve envers les femmes, si souvent regardées comme inférieures. Et puis Lève-toi – Deboutsont les mots pour dire la résurrection de Jésus. Et la nourriture que Jésus invite à donner à l’enfant, de la même façon qu’il avait invité à nourrir les foules qui le suivaient, pourrait bien être annonce de la nourriture eucharistique.

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Evangile du 12° dimanche dans l’année B – 20 juin 2021

Posté par rtireau le 13 juin 2021

RIVE

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 4, 35-41. 

Ce jour-là, le soir venu, Jésus dit à ses disciples : « Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient.
Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait.
Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? »
Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

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Homélie

Posté par rtireau le 13 juin 2021

12° dimanche dans l’année B – 20 juin 2021

Job 38, 1, 8-11 ; Psaume 106 ; 2 Corinthiens 5, 14-17 ; Marc 4, 35-41

Au milieu du lac de Tibériade la tempête fait rage, c’est la panique à bord, et il paraît qu’il y a de quoi ! Lorsque les vents se déchaînent dans la cuvette du lac, ceux qui viennent de la Méditerranée rencontrent ceux qui arrivent du désert de Syrie. Tourbillons impressionnants avec des vagues qui peuvent atteindre sept mètres de haut. Alors les petites embarcations de pêcheurs sont ballotées comme des coquilles de noix ! Pendant ce temps-là, à la place du timonier où il devrait diriger la manœuvre, Jésus dort. Et sur un coussin en plus ! Difficile à comprendre… 

Rappelez-vous : le texte commence par : « Le soir venu, il dit à ses disciples : “Passons sur l’autre rive.”» Et Sur l’autre rive, ça veut dire à l’est du lac, en terre païenne, là où habitent les forces hostiles à Dieu. Du moins c’est ce que croient les juifs de ce temps-là. Saint Marc établit donc un lien entre la tempête déchaînée sur le lac et les démons déchaînés sur l’autre rive. On en a un signe dans le vocabulaire employé puisque, pour calmer la tempête, Jésus dit à la mer : “Silence, tais-toi !” La même expression qu’il utilise pour chasser un démon : “Silence, tais-toi et sors de cet homme !” Comme s’il s’agissait, pas seulement de calmer, mais d’exorciser la mer.

Et puis lorsque Marc nous dit que Jésus dort et, un peu après, qu’il est réveillé, il utilise les mots qui, en grec, expriment la mort et la résurrection. Autrement dit Jésus endormi sur un coussin au fond du bateau fait penser à Jésus reposant au fond du tombeau. Et Jésus réveillé, debout dans la barque, qui interpelle le vent, annonce Jésus debout et victorieux de la mort au matin de Pâques.

Souvent notre actualité ressemble à cette tempête sur le lac de Tibériade : c’est parfois chez nous, dans nos entreprises, dans nos familles, que l’histoire se déchaîne, que nous perdons pied avec l’envie de crier à Dieu endormi au fond de notre barque : “Nous sommes perdus, et ça ne te fait rien ?” Et il nous répondra, après avoir chassé les démons qui nous tracassent : “Pourquoi avez-vous si peur ?” Et nous nous demanderons, comme les disciples, qui il est celui-là pour que même le vent et la mer lui obéissent ? Qui est-il donc, ce compagnon qui s’est embarqué avec nous et qui a lié son sort à celui des passagers du bateau ?

Dans ce récit, tout finit bien : les disciples ne meurent pas, Jésus les sauve. Mais ils vont mourir un jour. Pour eux, comme pour nous, tout ne va pas bien finir. Ceux qui crient éperdument vers Jésus pour qu’il les sauve finissent toujours par mourir. Le but du récit de Marc n’est pas de dire aux disciples qu’ils survivront pour toujours s’ils font appel à Jésus, mais de leur rappeler que même dans le danger, même dans la souffrance incompréhensible, même dans la mort, ils ne sont pas abandonnés. Ils sont dans un monde animé par la Parole de Dieu, et ils sont entourés par sa force mystérieuse. Tournons-nous vers lui et offrons-lui les tempêtes de nos vies. Il ne résoudra pas tout. Mais il nous aidera à retrouver la paix intérieure, il nous ouvrira un chemin possible. 

“Je voudrais rendre grâces pour le sommeil du Christ au milieu de nous”, disait un prêtre qui venait de fêter ses vingt ans de sacerdoce. “Rendre grâces pour le sommeil du Christ au milieu de nous parce que ça veut dire qu’il nous provoque à la responsabilité et à la liberté.” C’est plus fort que nous : Nous attendons tout le temps que Jésus soit le grand timonier alors qu’il s’est fait passager clandestin. Souvent on le laisse dormir à l’arrière du bateau. Et après on prétend qu’il n’est pas là. Ne disons pas qu’il n’est pas là. Il se repose mais il ne demande qu’à être réveillé pour nous guider. Il nous invite à retrouver en nous, quoiqu’il arrive, une paix intérieure, un silence habité de sa présence. Lorsque nous sommes submergés, Jésus nous convie à refaire le pari de la confiance. Il y a 36 raisons d’avoir peur… pas une seule n’est bonne !

Maintenant, comment réagissons-nous lorsque des proches se débattent contre des vents contraires ? Est-ce que nous prenons nos distances ? Ou bien avons-nous le courage de leur proposer de l’aide ? C’est à travers notre disponibilité bienveillante que nous permettrons à tel ou tel d’entrevoir le visage d’un Dieu proche, malgré l’apparent abandon du ciel. Mais, pour y arriver, il faut sans doute avoir assumé nos propres tempêtes, avoir découvert au cœur des tourments de notre vie, la présence du Ressuscité, le vainqueur de toutes ces morts qui nous menacent.

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Evangile du 11° dimanche dans l’année B – 13 juin 2021

Posté par rtireau le 6 juin 2021

Nuit et jour

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 4, 26-34. 

En ce temps-là, Jésus disait aux foules : « Il en est du règne de Dieu comme d’un homme qui jette en terre la semence :
nuit et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait comment.
D’elle-même, la terre produit d’abord l’herbe, puis l’épi, enfin du blé plein l’épi.
Et dès que le blé est mûr, il y met la faucille, puisque le temps de la moisson est arrivé. »
Il disait encore : « À quoi allons-nous comparer le règne de Dieu ? Par quelle parabole pouvons-nous le représenter ?
Il est comme une graine de moutarde : quand on la sème en terre, elle est la plus petite de toutes les semences.
Mais quand on l’a semée, elle grandit et dépasse toutes les plantes potagères ; et elle étend de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son ombre. »
Par de nombreuses paraboles semblables, Jésus leur annonçait la Parole, dans la mesure où ils étaient capables de l’entendre.
Il ne leur disait rien sans parabole, mais il expliquait tout à ses disciples en particulier.

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Homélie

Posté par rtireau le 6 juin 2021

11° dimanche dans l’année B - 13 juin 2021

Ezéchiel 17, 22-24 ; Psaume 91 ; 2 Corinthiens 5, 6-10 ; Marc 4, 26-34

L’évangile de Marc, au chapitre 4, raconte une période où Jésus commençait déjà à avoir des ennuis. Ce qu’il disait, ce qu’il faisait était si peu conforme à ce qu’enseignaient les responsables de la religion qu’on lui conseillait de s’abstenir de prendre la parole dans les synagogues. Alors, il s’était mis à parler davantage sur les places publiques. Un jour il était même monté sur une barque et s’était écarté un peu du rivage pour s’adresser à la foule.

Avec ses amis aussi il avait des difficultés. Ils l’aimaient beaucoup mais ils avaient du mal à le comprendre. Ils étaient tellement habi­tués à entendre des vérités à croire et des règles à pra­tiquer. Alors que, pour Jésus, la Parole de Dieu était comme une semence. Et il la proposait sans rien imposer, car il voulait essayer d’éveiller les consciences. Il prenait des images familiè­res pour aider chacun à faire un pas de plus vers Dieu. Il prenait même certains à part pour leur donner des explications supplémentaires. Et il leur racontait de nombreuses paraboles. 

Les paraboles, c’était pour les aider à mieux comprendre. Pour autant, ce n’était pas évident car ces paraboles avaient quelquefois l’air de se contredire les unes les autres. Jean-Pierre Manigne a répondu un jour à cette objection : “Il n’y a pas de contradictions entre les paraboles, malgré les apparences, à condition de prendre toutes les paraboles. Si nous les recevons ensemble, nous acquérons une mentalité de jardinier ou de cultivateur. Eux savent qu’une terre n’est jamais assez bien préparée, nettoyée, enrichie d’engrais. Mais ils savent aussi, qu’une fois les semences faites, on ne hâtera pas la maturation du blé ou des fleurs en tirant sur la tige. Beaucoup de travail, donc, et, après cela la semence germe et grandit on ne sait comment, même lorsqu’on dort.”

Nous avons lu deux paraboles aujourd’hui. Une qui évoque n’importe quelle semence et l’autre qui désigne une graine précise, celle de la moutarde. Marc exagère un peu sans doute en disant qu’elle est “la plus petite de toutes les semen­ces du monde”, mais c’est pour mieux souligner sa prodigieuse croissance : elle deviendra un arbre dont les branches abriteront les oiseaux du ciel. L’histoire du Royaume de Dieu est donc comme celle d’une graine jetée en terre, qui va germer et grandir, sans que le semeur intervienne, sans même qu’il sache comment elle grandit. Il n’interviendra plus qu’au moment de la mois­son, c’est-à-dire du jugement : faucille et moisson, dans le langage biblique, évoquent le dernier jour. Entre les semailles et la moisson, c’est le temps du tra­vail discret de la terre, mystère de mort et de vie. 

Jésus semble insister sur la phase de la croissance. Tout son itinéraire est résumé là, et aussi toute l’aventure du Royaume. La Parole de Dieu a ensemencé son humanité : “Et le Verbe s’est fait chair.” Jésus est maintenant dans le champ des hommes pour y faire les semailles. Un jour, viendra le temps de la mois­son. Pour l’heure, confiance et espérance, la graine germe et grandit. L’annonce du Royaume n’est pas un discours de morale. La morale nous dit ce qu’il faut faire, l’Evangile nous dit ce qu’il faut être. Jésus dérangeait y compris ses amis, en annonçant un Dieu inattendu, lDieu renversant du Magnificat : « Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. » On y reconnaît le phrase d’Ezéchiel (1ère lecture) : « Il renverse l’arbre élevé (allusion à un certain Sédécias) et relève l’arbre renversé. »

Il y a une atmosphère dans ces paraboles. C’est une tonalité de confiance. Peut-être que le présent ne montre que peu de perspectives souriantes pour l’avenir, mais pourtant un dynamisme ou une puissance est à l’œuvre. Qu’elle nous soit cachée ne signifie pas qu’elle soit absente : il y a des enfouissements plus prometteurs que certaines manifestations spectaculaires mais qui n’ont quelquefois pas de lendemain fructueux. L’évangile de Marc s’adresse peut-être à des croyants de Rome conscients de leur fragilité et ébranlés par une persécution. Il fait apparaître un Jésus appelant à garder confiance.

Deux leçons de ces paraboles : 

La première est la foi de Jésus : voilà un homme qui fait confiance au présent, à l’avenir, à ceux et celles qu’il rencontre. Et il sait communiquer cette confiance. 

La seconde est la discrétion de Dieu. Pour Jésus, Dieu est présent à la manière d’un enfouissement dans des profondeurs qui ne nous sont pas accessibles. Il nous demeure caché. 

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