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Evangile du 18° dimanche dans l’année B – 1 août 2021

Posté par rtireau le 26 juillet 2021

Unknown

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6, 24-35.
En ce temps-là, quand la foule vit que Jésus n’était pas là, ni ses disciples, les gens montèrent dans les barques et se dirigèrent vers Capharnaüm à la recherche de Jésus.
L’ayant trouvé sur l’autre rive, ils lui dirent : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés.
Travaillez non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu, le Père, a marqué de son sceau. »
Ils lui dirent alors : « Que devons-nous faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? »
Jésus leur répondit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. »
Ils lui dirent alors : « Quel signe vas-tu accomplir pour que nous puissions le voir, et te croire ? Quelle œuvre vas-tu faire ?
Au désert, nos pères ont mangé la manne ; comme dit l’Écriture : ‘Il leur a donné à manger le pain venu du ciel.’ »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain venu du ciel ; c’est mon Père qui vous donne le vrai pain venu du ciel.
Car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. »
Ils lui dirent alors : « Seigneur, donne-nous toujours de ce pain-là. »
Jésus leur répondit : « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. »

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Homélie

Posté par rtireau le 26 juillet 2021

18° dimanche dans l’année B – 1er août 2021

Exode 16, 2-4. 12-15 ; Psaume 77 ; Ephésiens 4, 17. 20-24 ; Jean 6, 24-35

Des besoins à n’en plus finir… La société de consommation, ce n’est pas d’aujourd’hui : elle est déjà présente dans les textes d’aujourd’hui (aussi bien dans l’ancien que dans le nouveau Testament). Des besoins à n’en plus finir, sauf quand le pain devient quelqu’un. Car alors, il ne s’agit plus de consommer seul dans son coin, mais de communier, d’entrer en relation.

Jésus, aujourd’hui, se présente comme le pain véritable qui s’offre à notre faim véritable. Mais cette faim spirituelle qui nous creuse, nous la trompons souvent avec des produits de consommation qui étouffent en nous le désir. Comme les fils d’Israël, dans leur traversée du désert, nous sommes tentés de préférer le confort des installés, même esclaves, à la liberté des nomades.
Le livre de l’Exode raconte que pour faire taire les récriminations des Hébreux, le Seigneur fit pleuvoir un pain étrange, une fine croûte, dit le texte, quelque chose de fin comme du givre. Une manne comme nous disons. Un mot qui nous vient de la réaction des Hébreux qui se disaient entre eux : “Man hou”, c’est-à-dire “Qu’est-ce que c’est ?”
On se posera un jour la même question au sujet de Jésus : “Quel est donc cet homme” qui prétend être une nourriture de vie et nous combler au-delà de tout désir ? Et quel est ce pain que l’Église continue de nous donner en son nom ?


Oh ! Nous savons, ou plutôt nous croyons qu’à travers ce pain et cette coupe nous communions à l’amour dont Dieu nous a aimés.
Nous le croyons et pourtant le pain que Jésus nous offre, comme la manne, demeure une question : man hou, qu’est-ce que c’est ? Comme si nos cœurs de croyants n’étaient jamais assez grands pour l’accueillir, tellement Jésus n’est pas venu nous gaver de certitudes mais nous combler de son amour. Et c’est bien différent : les certitudes durcissent le cœur, tandis que l’amour lui donne des ailes et creuse le désir d’aimer.

Le livre de l’Exode raconte que Moïse interdit aux fils d’Israël de faire provision de la manne que le ciel donnait chaque jour. Certains le firent quand même. Mais la manne dont ils avaient rempli leurs sacs devint vite immangeable.
Et si ça signifiait que le chrétien ne peut pas être un homme aux poches bourrées de provisions ! Péguy disait : “Jésus nous a donnés des paroles vivantes [...] nullement conservées moisies dans de petites boîtes [...] des paroles vivantes qui ne peuvent se conserver que vivantes.”
Le croyant ne possède pas la vérité, il s’en nourrit comme d’un pain qui donne faim d’un avenir toujours plus grand.
Le croyant est un nomade qui voyage léger parce qu’il compte chaque jour sur Dieu qui s’est fait pour lui parole et pain.
Le croyant est homme de désir qui, comme dit saint Paul, se laisse guider intérieurement par un esprit renouvelé.

Des besoins à n’en plus finir… sauf quand le pain devient quelqu’un. On a souvent le choix entre consommation et communion. C’est la saison des vacances. On y va avec un désir bien légitime de tranquillité et de repos. On rêve de consommer du repos, et on en revient avec, comme souvenirs les plus riches, les rencontres et les découvertes, c’est à dire les moments où il y a eu communion, relation avec d’autres personnes, d’autres formes de vie. Ils sont bien malheureux ceux qui s’enferment dans une solitude de vacances, même somptueuse. Quand le pain devient quelqu’un, il ne s’agit plus de consommer, mais d’entrer en relation, d’entrer en communion.

Des besoins à n’en plus finir… sauf quand le pain devient quelqu’un. Soyons heureux, nous autres, d’être sur ce chemin humain de la rencontre de notre Dieu, sur ce chemin où le pain devient quelqu’un. La rencontre, la relation, la communion, l’amitié, toutes ces valeurs qui ne rouillent pas en prenant de l’âge. Le reste, il faut petit à petit apprendre à s’en détacher comme le raconte avec humour cette petite histoire de touriste américain visitant un rabbin célèbre au siècle dernier. Le touriste est étonné de voir que le rabbin n’a pour tout logement qu’une simple pièce remplie de livres. Et pour seul mobilier, une table et un banc.

“Où sont vos meubles ?” demande le touriste.

“Où sont les vôtres ?” répond le rabbin.

“Les miens ? Mais je ne suis qu’un visiteur, ici ; je ne fais que passer”, dit l’Américain.

- “Moi-aussi je ne fais que passer,” réplique le rabbin.

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Evangile du 17° dimanche dans l’année B – 25 juillet 2021

Posté par rtireau le 19 juillet 2021

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6, 1-15. 

En ce temps-là, Jésus passa de l’autre côté de la mer de Galilée, le lac de Tibériade.
Une grande foule le suivait, parce qu’elle avait vu les signes qu’il accomplissait sur les malades.
Jésus gravit la montagne, et là, il était assis avec ses disciples.
Or, la Pâque, la fête des Juifs, était proche.
Jésus leva les yeux et vit qu’une foule nombreuse venait à lui. Il dit à Philippe : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? »
Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire.
Philippe lui répondit : « Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas pour que chacun reçoive un peu de pain. »
Un de ses disciples, André, le frère de Simon-Pierre, lui dit :
« Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ! »
Jésus dit : « Faites asseoir les gens. » Il y avait beaucoup d’herbe à cet endroit. Ils s’assirent donc, au nombre d’environ cinq mille hommes.
Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives ; il leur donna aussi du poisson, autant qu’ils en voulaient.
Quand ils eurent mangé à leur faim, il dit à ses disciples : « Rassemblez les morceaux en surplus, pour que rien ne se perde. »
Ils les rassemblèrent, et ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge, restés en surplus pour ceux qui prenaient cette nourriture.
À la vue du signe que Jésus avait accompli, les gens disaient : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde. »
Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi ; alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.

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Homélie

Posté par rtireau le 19 juillet 2021

17° dimanche dans l’année B – 25 juillet 2021

2 Rois 4, 42-44 ; Psaume 144 ; Ephésiens 4, 1-6 ; Jean 6, 1-15

Le discours sur le pain de vie (Jean 6) commence par le récit de la multiplication des pains. Deux éléments important : le signe des pains partagés et la fuite de Jésus dans la montagne.

Le signe des pains partagés, multipliés. Même si notre texte fait allusion à l’Eucharistie, il semble bien que Jésus ait nourri des foules qui avaient faim. On a même voulu le faire roi. En tous cas il a eu une réaction très humaine : “Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ?” Autrement dit, Dieu lui-même, en Jésus, nous ramène au quotidien des hommes : il  faut assurer à tous le pain quotidien. Évangéliser passe par une réelle solidarité. 

Aujourd’hui on est moins sensibles qu’autrefois au côté merveilleux, et ce qui est miraculeux rend sceptique. Alors, après avoir pris au sérieux le miracle dans son côté abondance de pain, pourquoi ne pas oser, comme l’a fait le théologien Karl Rahner, prendre ce récit comme une exigeante parabole pour la vie de l’humanité d’aujourd’hui ? Ce que nous venons de lire, dit-il, se reproduit aujourd’hui : on a des moyens techniques, on récolte dans le même champ dix fois plus de blé qu’autrefois. Donc personne ne devrait plus mourir de faim. Maintenant donc, dit-il, la multiplication des pains est un peu entre nos mains : à nous de nourrir la foule dans le désert de notre terre, car “ventre affamé n’a pas d’oreilles”. La phrase de Jésus reste d’actualité : “Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ?” Dieu Amour nous fait don de ce miracle de la multiplication des pains par la technique pour qu’étant libérés des soucis matériels nous ayons le temps de nous préoccuper du pain de Dieu

Et Dieu nous invite à ne pas baisser les bras sous prétexte qu’on n’aurait pas grand-chose à partager. Jésus n’a pas fait du pain à partir des pierres comme le lui suggérait le tentateur au désert. La multiplication des pains a été rendue possible par un petit garçon qui avait cinq pains et deux poissons, c’est à dire la portion que le gouvernement donnait aux orphelins pour sept jours. Ce petit garçon a donc donné tout ce qu’il avait pour manger durant une semaine. Dieu peut tirer du peu qu’on a une bénédiction pour des milliers de gens. Mais il ne faut pas se dire : “Nous ne pouvons rien faire !” Devant les problèmes humains de la faim, de la justice et de la paix, nous pouvons toujours poser un geste. Et le peu qu’on met dans les mains de Jésus devient beaucoup.

Mais il est vrai aussi que “ventre repu n’a pas d’oreilles.” Les techniques qui devraient nous libérer peuvent nous rendre esclaves. Esclaves du pain en quantité qui pourrira dans nos mains comme la manne du désert dans les mains de ceux qui en prenaient plus que la ration quotidienne. On arrive alors au deuxième élément du récit : la fuite dans la montagne. Jésus invite à regarder plus loin. Dieu crie sans cesse, comme le vieux philosophe grec Diogène : “Vous ne serez jamais heureux d’être seulement des cochons gavés.” Jésus fuit dans la montagne, loin de ceux qui voulaient le faire roi. Il ne se laisse pas manipuler. L’homme a cette capacité de s’ouvrir à Dieu. Jésus assouvit avec surabondance la faim corporelle – il reste douze corbeilles ! – mais plus encore la faim de vie éternelle que le Christ est capable de combler. Lui seul est le Pain de Vie. C’est notre eucharistie : elle nous rassemble pour une communion encore plus profonde avec le Christ. 

Nous y recevons le corps du Christ dans la présence de nos frères avec qui nous sommes solidaires et dans le pain consacré, les deux. Nous y recevons le corps du Christ à condition d’avoir faim de vraies relations et à condition d’avoir faim de Dieu, les deux. Les deux jamais séparables et tellement bien exprimés par la bouche de Saint Jean Chrysostome (4ème siècle) : “Tu veux honorer le Corps du Christ, ne le méprise pas lorsqu’il est nu.”

En fait, le vrai miracle n’est pas la multiplication des pains, mais la naissance d’un Peuple. Au début du texte, il est question d’une foule nombreuse et, à la fin, c’est un peuple de cinq mille hommes. Au début, la réaction des apôtres est prisonnière du système de l’argent et du commerce où les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres : “Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas !” Heureusement il y a un petit garçon qui a cinq pains et deux poissons. Ce n’est pas un économiste, c’est le cœur d’un enfant qui fait entrer dans le partage.

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Evangile du 16° dimanche dans l’année B – 18 juillet 2021

Posté par rtireau le 12 juillet 2021

Venez

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6, 30-34. 

En ce temps-là, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.
Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger.
Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart.
Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux.
En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.

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Homélie

Posté par rtireau le 12 juillet 2021

16° dimanche dans l’année B -  18 juillet 2021

 Jérémie 23, 1-6 ; Psaume 22 ; Ephésiens 2, 13-18 ; Marc 6, 30-34

“Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu.” Ce sont les mots de Jésus à ses disciples il y a longtemps. Pourquoi pas à nous aujourd’hui ?

Se mettre à l’écart pour se reposer.  Prendre le temps gratuit du repos

Se mettre à l’écart pour prier. Prendre le temps gratuit de la prière

Se mettre à l’écart pour se reposer. Prendre le temps gratuit du repos. Échapper pour un temps aux contraintes professionnelles, aux parcours obligés, aux horaires imposés. Le repos n’est pas un luxe, le repos n’est pas une concession à la facilité ou à la paresse. Pas du tout. Nous sommes faits aussi pour le repos. C’est l’écrivain français Julien Gracq(Louis Poirier), décédé en 2007, qui disait : “Tant de mains pour transformer le monde et si peu de regards pour le contempler. Un temps pour transformer le monde, d’accord. Mais aussi le temps de vivre, un temps pour l’amour, l’amitié, pour la liberté, pour la beauté, pour la poésie et la musique, pour le silence et la réflexion. Trop de gens en font tellement pour gagner leur vie qu’en définitive ils la perdent…” Je trouve qu’il parle un peu comme Jésus. Ou comme la petite Jade sur la plage en Camargue qui demande à sa Mamie de rester encore un peu pour voir le soleil se coucher. Et au moment de repartir, elle dit : “Mamie, c’était si beau, et personne ne regardait.”

La vocation de l’homme, selon l’Évangile, ne consiste pas à mener une vie agitée ou encombrée. “Tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses”, disait Jésus à son amie Marthe, tu risques de passer à côté de l’essentiel, de l’unique nécessaire.

Revenir à l’essentiel, mais comment ? Eh bien peut-être en prenant au sérieux la seconde recommandation que l’on croit entendre de la part de Jésus : se mettre à l’écart pour prier, prendre le temps gratuit de la prière. Grand mystère pour chacun que cette invitation. On ne peut que suggérer, encourager, mettre en chemin vers cette forme de repos qui tout d’un coup peut devenir prière. Les vacances, le calme, l’absence d’horaire peuvent offrir une chance pour cette mystérieuse réalité : faire l’expérience de ce moment essentiel qui sert, non pas à changer les choses, mais surtout à nous changer nous-mêmes. Car à force de regarder le Christ et d’écouter sa Parole nous ne sommes plus les mêmes. Notre conscience s’éclaire. Nous nous sentons plus forts. Son Esprit descend en nous et nous arrivons petit à petit à aimer les autres d’un amour plus grand que notre propre cœur.

C’est un peu ce que suggèrent ces quelques lignes merveilleuses de Antoine de Saint Exupéry, dans un chapitre du Petit Prince, au moment où il rencontre un marchand :

Bonjour, dit le Petit Prince.

Bonjour, dit le marchand.

C’était un marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif.

Pourquoi vends-tu cela ? dit le Petit prince.

C’est une grosse économie de temps, dit le marchand. Des experts ont fait des calculs, on épargne 53 minutes par semaine.

Et que fait-on de ces 53 minutes ?

On en fait ce que l’on veut.

Eh bien moi, dit le Petit Prince, si j’avais 53 minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine.

Le temps de marcher tout doucement vers une fontaine, 53 minutes, à peu près le temps de la célébration du dimanche. Je nous souhaite de ne jamais être à 53 minutes près pour aller à la source.

Je nous souhaite, à la faveur de l’été : 

- de prendre le temps de marcher tout doucement vers une fontaine pour nous reposer.

- de prendre le temps de marcher tout doucement vers la fontaine pour prier.

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Evangile du 15° dimanche dans l’année B – 11 juillet 2021

Posté par rtireau le 4 juillet 2021

Envoya

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 6, 7-13. 

En ce temps-là, Jésus appela les Douze ; alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. Il leur donnait autorité sur les esprits impurs,
et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, mais seulement un bâton ; pas de pain, pas de sac, pas de pièces de monnaie dans leur ceinture.
« Mettez des sandales, ne prenez pas de tunique de rechange. »
Il leur disait encore : « Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, restez-y jusqu’à votre départ.
Si, dans une localité, on refuse de vous accueillir et de vous écouter, partez et secouez la poussière de vos pieds : ce sera pour eux un témoignage. »
Ils partirent, et proclamèrent qu’il fallait se convertir.
Ils expulsaient beaucoup de démons, faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, et les guérissaient.

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Homélie

Posté par rtireau le 4 juillet 2021

15° dimanche dans l’année B - 11 juillet 2021

Amos 7, 12-15 ; Psaume 84 ; Ephésiens 1, 3-14 ; Marc 6, 7-13

“Tu n’as rien oublié ? As-tu pris tout ce qu’il te faut ?” Ce sont les questions qui fusent avant un départ. Vérification diverses. Tout est prévu. C’est Parfait ! Et vous partez. Les consignes que Jésus donne ? Tout le contraire : ne prenez rien de ce qui peut freiner votre marche. Rien, sauf un bâton. Pas de sac, pas d’argent, même pas de pain. Une tunique, une seule, et des sandales. 

Ne rêvons pas. Ça n’a jamais existé. D’ailleurs les recommandations de Jésus varient d’un évangile à l’autre. Marc, Matthieu et Luc ne retiennent pas les mêmes détails. Ce qui compte c’est l’esprit. Et la disponibilité intérieure qui permet de rencontrer les autres en vérité et en liberté. Et de témoigner de Dieu gratuit, de Dieu qui s’offre, qui ne s’impose pas, ne se possède pas, ne se mérite pas.

Contrairement à une croyance très répandue notre Dieu n’est ni riche ni tout-puissant. Il est pauvre parce qu’il n’est qu’amour, regard vers l’autre. Il ne faut pas confondre cette pauvreté avec de la faiblesse. Car il faut être très fort pour ne pas s’imposer, pour ne répondre à la force que par de l’amour. Depuis quelques temps, on dit même Dieu dont l’amour est tout puissant. Inviter à accueillir ce Dieu est impossible si l’on prétend sortir de son sac des arguments, ou des preuves comme on disait autrefois. Il faut être les mains vides pour que Dieu se révèle. Ce qu’il faut emporter au départ : le lien d’amitié. Il vaut mieux se dépouiller de tout le reste.

12 apôtres ! Pourquoi pas 15 ou 20 ? En Israël il y avait 12 tribus : il y aura 12 apôtres pour couvrir les besoins du nouvel Israël. 12 n’est dont pas un petit nombre, mais signifie la totalité des besoins du nouvel Israël. Dans le texte parallèle de Matthieu on voit Jésus envoyer 72 disciples. Pourquoi pas 75 ou 120 ? La Genèse énumère les nations de la terre, et il y en a 72. Autrement dit, Jésus envoie autant de disciples qu’il y a de nations, autant que de terrains où l’Évangile n’a pas été annoncé. S’il en faut 12 ou 72, c’est qu’il en faut pour aller partout ! “Allez dans le monde entier. De tous les peuples, faites des disciples.”

Qui sont ceux que Jésus a choisis ? Des élites, des intellectuels, des saints ? Pas vraiment. Pierre est attachant mais naïf, faible et lâche. Jean est surnommé le fils du tonnerre, avec son  tempérament violent. Judas est capable de trahir. Matthieu est arraché par Jésus à la compagnie des comptables malhonnêtes quand il est appelé à son comptoir de publicain. Des autres on ne sait pratiquement rien. Ils sont de ceux dont on ne parle pas.

 Ceux que Jésus choisit et envoie sont des gens ordinaires. Ne disons pas : “Je ne suis pas capable, je ne sais pas parler.” Tous nous sommes appelés. D’ailleurs, pour être habité de la force d’aimer de Dieu, il faut être envoyé. Le prophète Amos (1ère lecture) n’a pas choisi sa mission. C’est Dieu qui l’a appelé : “Le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : « Va, tu seras prophète pour mon peuple… »” On ne se présente pas soi-même : on est envoyés. Voilà la racine de notre liberté. Qui pourrait prétendre être une lumière pour les autres dans leurs ténèbres ?Seul Dieu éclaire : nous sommes envoyés aux autres pour qu’ils perçoivent en nous cette lumière qui ne peut que nous être donnée.

Et Jésus veut cette mission modeste ! “N’emportez ni or, ni argent ; partez sans bagages, deux par deux.” La mission n’est ni puissance, ni prestige. Jésus demande à ses envoyés de s’adapter aux situations. “Quand dans une localité… -  Si  on vous refuse…” Il sait que ses disciples n’auront pas toujours le travail facile. Il ne faut jamais forcer. Même le geste, très culturel, de secouer la poussière de ses pieds ne signifie pas la colère comme on a pu le croire. Mais il dit qu’on n’est pas venu pour prendre quoi que ce soit, mais pour donner : nous n’emportons rien. La constatation de la fermeture de ces personnes ne supprime jamais l’espérance qu’elles seront rejointes par des chemins que Dieu seul connaît. Ailleurs, Jésus a dit que l’Église est efficace à la manière du levain, d’une pincée de sel, ou d’une semence. Et comme dit le théologien Christoph Théobald : “Ce n’est pas parce que nous utilisons le mot Dieu qu’il est présent, ni parce que nous ne le prononçons pas qu’il est absent.”

“Ne parle du Christ que si l’on t’interroge, disait François de Sales, mais vis de telle façon qu’on t’interroge.” Il ne s’agit pas de transmettre la foi mais de la montrer par notre manière de vivre. Ce n’est pas ce que nous disons qui fera croire en Dieu mais ce que nous vivons.

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