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Evangile du 27° dimanche dans l’année B – 3 octobre 2021

Posté par rtireau le 26 septembre 2021

Laissez

Evangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10, 2-16. 

Des pharisiens l’abordèrent et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
Jésus leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? »
Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. »
Jésus répliqua : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle.
Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme.
À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère,
il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question.
Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle.
Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. »
Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux ; mais les disciples les écartèrent vivement.
Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.
Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »
Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

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Homélie

Posté par rtireau le 26 septembre 2021

27° dimanche dans l’année B – 3 octobre 2021

Genèse 2, 18-24 ; Psaume 127 ; Hébreux 2, 9-11 ; Marc 10, 2-16

Pour entrer dans l’évangile d’aujourd’hui : un peu d’histoire et un peu de poésie à la manière de Hyacinthe Vulliez.

Un peu d’histoire d’abord : La loi juive donnait au mari la possibilité de renvoyer sa femme. Le contraire n’était pas possible. Et le mari devait donner à sa femme une lettre de répudiation, sinon elle ne pouvait se remarier. Le principe était admis. Mais la supériorité de l’homme rendait fragile la vie du couple. Quel bouleversement quand Jésus déclare l’égalité de l’homme et de la femme !

Un brin de poésie de Hyacinthe Vulliez : de la Genèse jusqu’à l’évangile de Marc, la vie du couple a fait un long cheminement. L’extase du premier amour : « Tu es la chair de ma chair » est changée en investigation pour un licenciement possible : “Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ?” Jésus nous emmène dans la pensée de Dieu : A l’origine,l’homme et la femme avait pour foyer le cosmos tout entier. Leur toit était le ciel bleu du jour ou la nuit étoilée. Eve et Adam regardent ensemble vers les mêmes directions. Il ne leur arrive jamais de penser que l’un puisse exister sans l’autre. Mais depuis que les hommes et les femmes coupent le ciel et la terre en petits cubes pour construire leur appartement, leur cosmos s’est rétréci en des espaces clos. Ils n’ont plus grand-chose à regarder ensemble, ou à se dire l’un à l’autre. Chacun cherche à s’échapper de l’espace rétréci. De huis clos en huis clos, ils se perdent de vue. Et il faut des contrats d’entreprise, des contrats qui supposent embauche et possibilité de licenciement.

Jean-Paul II, au sujet de ce texte, a pu dire : “Les interlocuteurs de Jésus posent un problème d’interprétation de la loi de Moïse qui permettait la répudiation. Jésus dépasse cette vision en allant au cœur du projet de Dieu. Dans la loi de Moïse, il voit une concession au durcissement de leur cœur. Mais il ne s’y résigne pas.” C’est bien cette dureté du cœur qui oblige à faire des lois et des constitutions. Sinon, la société serait sous la coupe des plus forts et peut-être des plus mauvais. Ce sont les limites de la condition humaine : A cause de la faiblesse humaine, il faut des magistrats, des procès, des sanctions, des prisons, des alcootest et des limitation de vitesse ; il faut des recommandations et des prescriptions contre les pollutions et pour la sauvegarde des mers et des montagnes ; il faut des contrats, même entre amis, parents et époux, comme si demain était la veille d’une brouille décisive.

François Garagnon parle joliment de l’amour : “Les gens veulent une maison où il fait bon vivre. Ils achètent la maison mais ne trouvent pas le bon vivre. Car le bon vivre n’est pas construction de pierre mais de cœur. La beauté est en vous, ne la cherchez pas ailleurs. Quand le regard est triste, impossible de contempler le plus beau des paysages. Mais quand le cœur est amoureux, comme chaque chose est belle et chantante, comme chaque être a sa place, chaque événement, chaque souffrance même ! Soyez amoureux de la vie ! Aimez !…”

J’ai lu aussi : “Dieu lance une invitation : contempler en l’homme et la femme le reflet de son visage. Lorsque l’homme est isolé, Dieu est défiguré. Si l’homme est désolidarisé, Dieu est profané.

Notre amour ne parle pas que de nous. Notre amour parle de Dieu. Nos serments ne sont pas anodins. Dieu parle par nos serments.”

Notre texte se termine par le petit épisode des enfants souvent lu aux baptêmes. “Parce que, disent les parents, Jésus est gentil avec les enfants”. C’est vrai, mais si l’on sait qu’à l’époque de Jésus ni les femmes ni les enfants n’avaient le droit de participer aux réunions sérieuses, la prise de position de Jésus est bien plus que gentillesse. Elle fait même partie déjà de toutes ses prises de position qui le conduiront à la croix. Au lieu d’écarter les enfants, dit-il, essayez donc de leur ressembler. Car l’enfant, c’est celui qui voit les autres comme des grands. Et le plus grand dans le Royaume, c’est celui qui saura voir dans les autres, des grands. 

Rappelez-vous Kalil Gibran : “Si vous voulez connaître Dieu, ne soyez pas préoccupés de résoudre des énigmes. Regardez plutôt autour de vous, et vous le verrez  jouant avec vos enfants.”

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Evangile du 26° dimanche dans l’année B – 26 septembre 2021

Posté par rtireau le 19 septembre 2021

Maître

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9, 38-43.45.47-48. 

En ce temps-là, Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »
Jésus répondit : « Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;
celui qui n’est pas contre nous est pour nous. »
Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.
« Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer.
Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas.
Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.
Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux,
là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas.

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Homélie

Posté par rtireau le 19 septembre 2021

26° dimanche dans l’année B – 26 septembre 2021

Nombres 11, 25-29
 ; Psaume 18
 ; Jacques 5, 1-6
 ; Marc 9, 38-43.45.47-48

“Eldad et Médad prophétisent… Moïse,… arrête-les !” – “Nous avons vu quelqu’un expulser les démons en tonnom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent.” Avez-vous remarqué ? On est passé très vite de Toi (en ton Nom) à nous (il n’est pas de ceux qui nous suivent). Ça y est, les voilà propriétaires de la Bonne Nouvelle, détenteurs de l’exclusivité du Salut. Oh que voilà un réflexe bien rapide.

Moïse, arrête-les - Jésus, arrête-les !” Ils ne sont pas des nôtres. - “Celle-là, je ne l’aime pas. Elle est mal habillée.” (au retour de l’école). - “Je ne veux pas voir les tiens tant qu’ils ne seront pas baptisés.” (c’était une grand mère). - “Celui-là, il fait partie d’une drôle de bande.” “S’il n’était pas aussi fainéant, il s’en sortirait peut-être.” 

En son temps, déjà, Moïse disait à Josué : “Serais-tu jaloux ? Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes !” Moïse le disait comme un souhait. Nous, nous savons que nous sommes tous des frères et des prophètes. Jésus nous l’a appris. En lui l’amour est tellement pur que le mal ne peut rien contre lui : sa résurrection en est le signe. Et par son Esprit nous sommes devenus des temples de Dieu, comme le disait Saint Paul aux chrétiens de Corinthe : “Vos corps sont les Temples de l’Esprit”. C’est aussi ce que dit joliment Gérard Bessière : “N’importe qui – un enfant, un pauvre, un malade, – peut prêter à l’Esprit ses lèvres et ses mains.” Et c’est encore le même message dans cette petite histoire de vitrail : “C’est qui, ces gens-là ?” demandait l’enfant à sa grand-mère, en montrant un vitrail. - “Ce sont les chrétiens !” répond la grand-mère. Et plus tard, au caté, quand la question arrive : “Qu’est-ce qu’un chrétien ?” l’enfant répond : “C’est quelqu’un à travers qui on voit la lumière.”

“Vous êtes les temples de Dieu”, disait Saint Paul. “Je vous enverrai l’Esprit. En fait vous le connaissez déjà puisqu’il est en vous”, disait Jésus (Jean 14, 17). Plus de barrière entre le profane et le sacré. Le seul lieu sacré est l’homme-fils de Dieu, et l’amour de Dieu et du prochain, sur nos chemins de joie et sur nos chemins de croix. Et quand notre corps sera détruit nous avons foi que Dieu – comme il l’a fait pour Jésus – le relèvera.

“Fais paraître dans ta vie un nouvel aspect du visage de Jésus que personne avant toi n’a su montrer comme tu sauras le faire.” C’est ce qu’on dit au nouveau baptisé. Bernard Feillet, dans son livre L’étincelle du divin, parle d’explorer le désir du mystère de Dieu qui habite chacun. Il parle de traquer dans l’homme la trace de l’infini.Et sa fameuse phrase donne à penser : “Méditant ce que Jésus a été, ne cessant d’explorer sa vie et de vivre de son message, tant d’hommes ont découvert qu’ils étaient eux-aussi « capax Dei ». Et il continue : “L’homme humilié, l’homme torturé, l’homme massacré sont les témoins hallucinants que des hommes ont été capables d’anéantir eux-mêmes le mystère de Dieu. Ça a été le cas pour Jésus lui-même. Sa vision a provoqué une révolution dans le monde religieux. C’est déjà grave qu’il en soit mort, ce serait encore plus grave que nous n’en vivions pas.”

Et dire qu’il y en a qui se demandent : “A quoi ça sert l’Eglise ?” J’entendais un jour : “Non ! La petite n’ira pas au caté. Il faut qu’elle aille à la danse. Et puis il faut aussi qu’elle apprenne à nager.” Et si c’était l’Eglise qui pouvait lui apprendre à danser et à nager dans la vie avec ses copains et ses copines ? Un groupe de 6ème avait un jour trouvé une façon de le dire : “l’Eglise, c’est un lieu pour prendre du bon temps.” Ils parlaient comme mon ami théologien Jean-Yves Baziou : “La foi chrétienne, une raison de plus d’être en joie. Être chrétien n’est pas nécessaire… mais ça donne une raison de plus de se réjouir d’être. L’Eglise pourrait être comme un sourire qui aide des jeunes à se réjouir d’être, à s’apprécier d’être humain et de pouvoir continuer encore à le devenir.”

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Evangile du 25° dimanche dans l’année B – 19 septembre 2021

Posté par rtireau le 13 septembre 2021

Enfant 540

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9, 30-37. 

En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache,
car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger.
Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? »
Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit :
« Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

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Homélie

Posté par rtireau le 13 septembre 2021

25° dimanche dans l’année B - 19 septembre 2021

 Sagesse 2, 12. 17-20 ; Psaume 53 ; Jacques 3, 16 ; 4, 3 ; Marc 9, 30-37

“De quoi discutiez-vous en chemin ?” Les disciples ne répondaient rien car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. Jésus venait de leur parler de la mort qui l’attend. Eux discutaillaient pour savoir qui était le plus grand. Jésus vient d’annoncer qu’il va descendre jusque dans la mort, eux son préoccupés de monter en grade.

De quoi parliez-vous donc sur votre route d’hommes ?

- Ah c’est vrai ! Quand il y a eu ce grave accident, on s’est mis à discuter : “A qui la faute ? Depuis le temps qu’on lui disait de faire attention, d’aller moins vite !” Et, pour un peu, personne ne serait allé lui rendre visite à l’hôpital.

- Et quand untel s’est retrouvé au chômage, on a beaucoup discuté aussi : “Il l’a un peu cherché ! S’il buvait moins ! S’il avait respecté les horaires !”  Et pour un peu personne n’aurait pris le temps de parler avec lui pour comprendre et aider !

- Et quand a surgi cette grave maladie, et quand il y a eu cette grève, et quand … 

Jésus vient d’annoncer les souffrances et la mort qui l’attendent. Et eux s’inquiètent de monter en grade. Ridicule. Alors Jésus dit : “Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous.” Et il décide de faire parler un geste, une situation : “Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille.»” Pour les apôtres, c’est violent. Jésus leur donne en leçon un petit enfant. Dieu n’est pas avec ceux qui veulent être les plus grands. Révélation capitale sur le mystère de Dieu : Dieu n’est pas du côté de la domination, mais du service. En sa Passion, vers laquelle Jésus s’avance librement, Dieu s’est fait le dernier de tous, le serviteur. Oui ! Dieu est bien le plus Grand, mais c’est dans le service qu’il est imbattable.

Jésus embrasse le petit enfant comme pour dire : Soyez capables d’accueil pour les plus dépendants, comme cet enfant. Mettez votre énergie à cet accueil. Et il en faudra, de l’énergie, car il y a toujours des surprises avec un enfant. Voilà, dit Jésus, qui sera le plus grand : c’est le plus petit. Attention, pas question d’infantilisme pour autant ! Jésus ne nous demande pas d’avoir des sentiments d’enfant, mais de nous mettre dans la situation de l’enfant. Parce que l’enfant, c’est celui qui voit les autres comme des grands. Et le plus grand dans le Royaume, c’est celui qui saura voir dans les autres, des grands. Et non des pauvres types dont on se moque gentiment, en cachette. 

J’aime bien ces quelques mots de Bertrand Gournay : “Toute relation à l’enfant touche l’infini de Dieu… Le petit est prioritaire, le plus faible est le lieu privilégié de la présence de Dieu… Bonne Nouvelle : le plus petit, c’est le plus grand au regard de Dieu.”  Et tout le monde connaît la phrase de khalil Gibran : “Et si vous voulez connaître Dieu, ne soyez pas préoccupés de résoudre des énigmes. Regardez plutôt autour de vous, et vous le verrez  jouant avec vos enfants.”

J’aime ces quelques lignes parce qu’elles disent beaucoup de la foi chrétienne. Au nom de la seule croyance en Dieu il est arrivé que l’on cherche le pouvoir, et même qu’on maltraite et qu’on tue. Impossible au nom de la foi chrétienne puisqu’elle reconnaît le visage du Christ dans le plus petit. Alors on ne peut que s’entraider à vivre le respect, en particulier du plus petit, et à ne jamais faire de sacré qui ne soit pas d’abord humain.

La tentation fondamentale des hommes est souvent d’être forts comme des dieux ou comme Dieu. Alors que notre vocation c’est d’être modestement comme Jésus comme y invite la fameuse phrase au baptisé, inventée par un prêtre de Rennes il y longtemps : “Fais paraître dans ta vie un nouvel aspect du visage de Jésus-Christ que personne n’a encore manifesté comme tu sauras le faire.” 

Et dans un livre de Bernard Feillet : “Ce que nous demandons à l’Eglise, c’est de ne pas rendre Dieu impossible aux hommes, c’est de respecter les voies qu’ils explorent, de les aider à en découvrir le sens, d’accompagner ceux qui le lui demandent sur le chemin où ils cherchent Dieu.”

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Evangile du 24° dimanche dans l’année B – 12 septembre 2021

Posté par rtireau le 5 septembre 2021

Croix

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8, 27-35. 

En ce temps-là, Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? »
Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. »
Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. »
Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne.
Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.
Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches.
Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera.

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Homélie

Posté par rtireau le 5 septembre 2021

24° dimanche dans l’année B - 12 septembre 2021

 Isaïe 50, 5-8a ; Psaume 114 ; Jacques 2, 14-18 ; Marc 8, 27-35

Jésus interroge ses disciples : “Au dire des gens, qui suis-je ?” Les uns disent qu’il est Jean-Baptiste, d’autres Élie, ou un prophète. Ils ont leurs catégories. Ils trouvent des références dans le passé. On pourrait dire qu’ils font de l’étiquetage, bienveillant, mais étiquetage quand même. C’est du passé, du classement, et quand une affaire est classée, quand quelqu’un est classé…

Jésus relance la question : “Mais pour vous, qui suis-je ?” Alors Pierre répond : “Tu es le Christ”. Sans doute parce qu’il a su regarder Jésus autrement, parce qu’il a su voir plus que le visible en Jésus. Il a vu le présent et l’avenir, il a vu l’invisible. Il a vu le mystère de la personne, il a eu le regard du respect, celui qui envisage au lieu de dévisager.D’aucuns veulent voir pour croire. Ici, il est clair que c’est parce qu’il croit que Pierre voit. Il voit tout autre chose et surtout il voit beaucoup plus loin, même si la suite va montrer que son regard reste fragile. En effet, le Messie dont il parle sera, à son avis, libérateur de l’occupant romain, manu militari. Dès que Jésus parle d’incarnation réelle, de souffrance, de rejet, de mise à mort, Pierre perd les pédales.

2000 ans après, on est dans le même état que Pierre. On trouverait tellement bien que Jésus ne soit plus fragile mais qu’il soit seulement Dieu, le fort, le tout-puissant. Si ça ne dépendait que de nous, il serait celui qui remettrait les choses en ordre et ferait triompher le bien. Or la seule toute puissance de notre Dieu est celle de son amour manifesté à travers son Fils et, depuis, à travers chacun des hommes et des femmes, jusqu’à chacun de nous aujourd’hui. Croire que c’est bien aux hommes que Dieu a voulu confier son visage à montrer, à incarner.

Je repense à ces gens venus me parler de problèmes graves. Des phrases douloureuses leur échappaient : “Dieu pourrait faire quelque chose. Vous pourriez prier.” Et petit à petit leur ton change. Ils disent leur surprise de n’avoir pas craqué : c’est inexplicable, au fond. Et ils évoquent ce qu’on peut appeler des signes : “On fait face ensemble avec les enfants. On a de bons voisins : ils nous ont invités à de bons moments simples : ça remet debout.” Alors j’ai pu dire : “Il est là, le Dieu de Jésus Christ”, le Dieu dont l’amour est tout-puissant. Pour eux ces gestes d’amour ont dit (fait) Dieu, ont fait exister la présence de Dieu qui remet debout. Ils m’ont fait penser à la traduction étonnante que propose la théologienne Lytta Basset à la phrase d’aujourd’hui : “Si quelqu’un veut marcher à ma suite, … qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.” La traduction qu’on vient d’entendre a pu engendrer des idées doloristes ou pessimistes : pour être chrétien, il faut en baver. Lytta Basset, elle, fait remarquer que le mot hébreu qu’on a traduit par prendre peut aussi être traduit par lever. Et ce mot lever est le même que ressusciter. Alors la phrase pessimiste devient tout autre : “Si quelqu’un veut marcher à ma suite, … qu’il soulève (qu’il exalte) sa croix et qu’il me suive.” Comme pour ces gens qui se sont laisser remettre debout par leurs proches…

Il y a quelques années nos amis protestants ont édité un petit livre qui s’appelle Dieu s’approche. J’y ai lu ceci : “Les chrétiens croient qu’en Jésus Christ Dieu s’est approché de nous. Qu’il nous rejoint dans notre humanité. Qu’il rejoint chacune, chacun d’entre nous dans ce que nous avons d’unique… En Jésus, Dieu a connu la joie et les peines, l’amitié et la fidélité, le rejet et la trahison, le doute et l’espérance, la tentation, l’angoisse et la mort. Comment être plus proche de l’humanité qu’en vivant la réalité d’une vie d’homme ? Ainsi, ce Dieu qui vit, qui souffre et qui meurt en Jésus comprend ce que veut dire vivre et mourir. Et du même coup, regardant ce qu’a été la vie de Jésus, nous comprenons ce que signifie véritablement l’existence humaine.

S’il y a un lieu où Dieu n’aurait pas dû être présent, c’est bien celui de la mort ! Or c’est précisément là que Dieu choisit de se révéler pleinement en Jésus. Comment pourrions-nous l’imaginer plus proche de nous ? La croix où meurt Jésus n’est pas la démonstration sensationnelle de l’existence de Dieu. C’est le contre signe qui révèle la présence de Dieu là où on l’attendait le moins.” Là où nous avons besoin d’une présence d’amour qui nous aide à lever notre croix.

Le théologien Henri Denis a écrit : “Le Christ est celui qui a transfiguré le sacré en sainteté… Le sacré implique la distance, tandis que la sainteté est le fruit de l’Alliance…” 

“Pour moi, disait joliment Paul Guth, Jésus Christ est le Dieu que nous pourrions être.”

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