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Evangile de la Toussaint – 1er Novembre 2021

Posté par rtireau le 31 octobre 2021

Toussaint

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5, 1-12a. 

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

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Homélie

Posté par rtireau le 31 octobre 2021

Fête  de Toussaint - 1er  novembre 2021

Apocalypse  7, 2-4. 9-14 ; Psaume 23 ; 1 Jean 3, 1-3 ; Matthieu 5, 1-12 

La Toussaint, c’est toujours un peu difficile d’en faire une fête joyeuse. On vient de chanter Alléluia mais notre cœur souffre quelque part tandis que nous évoquons celles et ceux de nos proches qui nous ont quittés. Vous connaissez la fleur de la Toussaint : le chrysanthème : la fleur d’or (anthos-chrusos), fleur du souvenir, évocation douloureuse de ceux qui nous ont quittés. Et si on décidait de l’appeler aussi la fleur de l’avenir ! Alors elle  pourrait dire beaucoup du très beau message de la Toussaint. 

            Je vous invite à vous souvenir : la Toussaint, c’est la fête du souvenir

            Et je vous invite à vous réjouir : la Toussaint, c’est la fête de l’avenir.

La Toussaint, fête du souvenir. La Toussaint met beaucoup de monde sur les routes. Chacun aime rejoindre la terre de sa famille pour se souvenir avec affection de ceux qui sont morts. On est allé entretenir une tombe, déposer des fleurs, et les cimetières ressemblent à des jardins. C’est un rite important. Notre monde resterait-il humain s’il en venait à supprimer ces rites ? On ne peut pas faire moins, un jour de Toussaint, mais, sans doute, on peut faire plus.

Car la Toussaint c’est la fête de l’avenir. Toussaint - Tous saints. Un mot étrange qui sonne comme un cri de ralliement. Tous saints, c’est le rêve de Dieu sur l’humanité, l’avenir proposé par Dieu à tous les hommes.  On serait donc tous des candidats à la sainteté ? 

Habituellement, les saints, on les imagine lointains, avec leur auréole comme dans les vitraux. On les imagine exceptionnels, virtuoses de la morale et de l’ascèse. Il faut qu’on arrête de les chercher dans les niches des statues, comme si la sainteté était réservée à des élites. La Toussaint nous dit précisément le contraire. Dans l’Apocalypse Saint Jean dit : “J’ai vu une foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues.” Et nous avons bien raison de chanter : “ils sont nombreux les bienheureux qui n’ont jamais fait parler d’eux et qui n’ont pas laissé d’image. Tous ceux qui ont depuis des âges aimé sans cesse et de leur mieux autant leurs frères que leur Dieu.”

Pourquoi avons-nous imaginé que les Béatitudes étaient une montagne de sainteté infranchissable, alors qu’elles sont un chemin d’humanité, un chemin de bonheur, même s’il est exigeant. Les Béatitudes expriment le meilleur de l’homme et cet homme dont elles font le portrait, c’est chacun de nous quand nous cherchons le meilleur :

- Pauvre, celui dont le cœur n’est pas faussé, ni par l’argent ni par l’orgueil.

- Doux, celui qui résiste à la colère et à la violence, et dont le cœur est assez grand pour le pardon.

- Artisan de Paix, celui qui est indulgent et capable de pleurer avec ceux qui pleurent.

- Assoiffé de justice, prêt à souffrir ce qu’il faudra pour changer le monde, ne serait-ce qu’un peu.

Oui, on en connaît des saints : ce père ou cette mère de famille qui ne savait pas parler de Dieu, mais qui, toute sa vie, a murmuré des prières à sa façon ; cette personne que l’on montrait du doigt, mais dont le cœur était plus pur que le cœur de ceux qui la calomniaient ; et l’incroyant au cœur droit qui vivait au jour le jour l’évangile qu’il n’avait jamais lu. Vous avez bien raison de porter des fleurs sur leurs tombes. En retour puissent-ils vous offrir ce grand bouquet d’espérance : nous avons un avenir, Dieu nous l’a promis.

Elle avait tout compris, cette personne qu’un prêtre visitait. C’est lui qui raconte : “Un jour de Toussaint, après la messe de la matinée, j’avais fait une petite visite à une personne âgée que je savais seule et que je présumais un peu triste. Je m’attendais à la trouver à la cuisine devant une tranche de jambon. Qu’est-ce que je vois, elle était dans sa petite salle à manger, effectivement seule, mais devant une table magnifiquement ornée, nappe brodée, fleurs, belle vaisselle. Je lui dis : « Vous attendez quelqu’un ? » -  Elle répond : « Non…, ou plutôt… si ». Et elle a un beau sourire : « j’ai invité tous ceux de ma famille qui m’attendent dans la joie de la fête sans fin » ».

Xavier Thévenot, un moraliste que j’aime bien, dit : “La vraie morale, c’est une convocation à l’espérance malgré toutes les raisons de désespérer. Les Saints que nous fêtons aujourd’hui, laissons-les  nous convoquer à l’espérance.

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Evangile du 31° dimanche dans l’année B – 31 octobre 2021

Posté par rtireau le 26 octobre 2021

Tu aimeras

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12, 28b-34. 

En ce temps-là, un scribe s’avança pour demander à Jésus : « Quel est le premier de tous les commandements  ? »
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : ‘Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.’
Et voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui.
L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

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Homélie

Posté par rtireau le 26 octobre 2021

31° dimanche dans l’année B - 31 octobre 2021

Deutéronome 6, 2-6
 ; Psaume118
 ; Hébreux 7, 23-28
 ; Marc 12, 28b-34           

(Il y avait 613 commandements)

Un scribe, un secrétaire professionnel, un spécialiste en Ecriture sainte (peut-être un pharisien mais pas forcément), un scribe interroge Jésus : “Quel est le premier de tous les commandements ?” Jésus n’a pas reçu la même formation lourde que le scribe. Mais il lui fait une réponse avec laquelle le savant va être complètement d’accord. 

Il lui répond en faisant deux citations : d’abord la fameuse prière que tout juif pieux récitait (et récite encore aujourd’hui) deux ou trois fois par jour – Tout juif la récitait, donc Jésus aussi – qui se trouve au livre du Deutéronome (1ère lecture d’aujourd’hui) : “Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.” En fait, c’est autant une promesse de bonheur qu’un commandement.

Et la deuxième citation (au livre du Lévitique) sur l’amour du prochain : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même.”

Ce qui me frappe c’est que le scribe et Jésus sont d’accord pour dire que toute la loi (inséparable de la religion à l’époque de Jésus), toute la loi, toute l’Ecriture, se résume à deux commandements : aimer Dieu et aimer le prochain. Que ces deux commandements finalement n’en font qu’un seul (aimer), un commandement qui n’en est pas un : Avez-vous déjà essayé d’aimer sur commande ? 

2000 ans après, l’originalité de la foi chrétienne n’a pas changé : Aimer Dieu seul pourrait nous faire évader dans une piété évanescente et stérile ; aimer le prochain seul nous enfermerait dans une idéologie humanitaire, souvent sélective et vite limitée. Il faut donc lier les deux commandements : si l’on veut voir Dieu, on ne trouve son visage que dans le visage de ses frères et si je veux approcher du mystère du frère, je ne peux y accéder qu’en contemplant le mystère même de Dieu. En réalité, depuis le premier Noël la Parole de Dieu se découvre à visage humain. Elle a pris chair en Jésus et, depuis, chaque visage nous fait voir et entendre la parole de Dieu et des hommes. Ainsi, prier comme aimer, c’est faire silence pour sortir du malentendu et écouter en même temps Dieu et les hommes, la Bible et le journal. Écouter transfigure le regard et fait voir l’invisible.

Le mot que je préfère pour ma part au sujet du commandement d’amour, c’est le mot RESPECT que quelqu’un avait traduit un jour par faire attention à l’autre différent :

- le contraire du petit sourire en coin (mépris) à l’adresse de celui-ci qui paraît moins dégourdi.

- prendre en compte, si l’on est enseignant, le temps qu’il faut à tel élève pour qu’il comprenne.

- attention y compris au geste lui-même de générosité envers un plus pauvre. Comment faire que le plus pauvre se sente respecté ? Beaucoup de personnes et d’associations font quelque chose pour les pauvres. Et c’est bien. Mais comment passer du stade où l’on fait pour au stade où l’on ferait avec ? C’est tellement différent sur le plan du respect.

Il y a quelquefois des surprises autour de ce mot respect. Une personne demandait : je cherche le N° 35 de la rue. Réponse du passant : “M’enfin, c’est écrit, il n’y a qu’à regarder.” Et il est embêté de s’entendre répondre : “C’est que je ne sais pas lire.” (Raté pour le respect).

Premier commandement : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu….”

Second commandement, semblable au premier : “Tu aimeras le prochain comme toi-même.”

Traduction pour aujourd’hui : “Quand tu fais attention à l’autre différent, quand tu vis le respect, alors tu rencontres Dieu lui-même, tu réécris l’Evangile pour aujourd’hui.”

Beaucoup pensent que pour observer le premier commandement qui invite à aimer Dieu, il faut fermer les yeux. Pourquoi pas ? Ça peut favoriser le recueillement. En tous cas pour observer le second commandement qui lui est semblable, il faut faire attention à l’autre différent, et donc savoir ouvrir l’œil.

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Evangile du 30° dimanche dans l’année B – 24 octobre 2021

Posté par rtireau le 18 octobre 2021

Aveugle

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10, 46b-52. 

En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin.
Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »
Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! »
Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. »
L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus.
Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! »
Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.

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Homélie

Posté par rtireau le 18 octobre 2021

30° dimanche dans l’année B – 24 octobre 2021

Jérémie 31, 7-9 ; Psaume 125 ; Hébreux 5, 1-6 ; Marc 10, 46-52

Plusieurs noms de l’Évangile commencent par bar (en araméen : fils) : Barabbas, Barsabbas, Barthélemy, Barnabé, Bartimée… Et Bartimée signifie Fils précieux.

Ce jour-là Bartimée est assis au bord de la route où va passer Jésus. Mais ce Fils précieux traîne, comme on dit, un cadavre dans son placard : il est aveugle. Autant dire criminel et maudit de Dieu, car c’est ce qu’on croyait à l’époque. Mais lui ne l’entend pas de cette oreille. Il se met à crier et il demande autre chose que de l’argent ou du pain. Il crie : “Fils de David, Jésus, prends pitié de moi !” Ses yeux ne voient pas mais son cœur n’est pas aveugle, et il reconnaît en Jésus le Messie, le Fils de David. 

Etonnant rapprochement que fait Saint Marc : le Fils de Timée s’adresse au Fils de David. Celui-ci entendra-t-il l’appel de son frère en humanité ? Réaction des disciples (on se rappelle comment ils rabrouaient les enfants) : « Qu’il se taise ! »Réaction des gens aussi : c’est dangereux de crier en donnant à Jésus le nom de Fils de David, car c’est un titre attribué au Messie. Si les autorités juives l’entendent, ça pourrait donner lieu à des mouvements de foule et inquiéter le pouvoir romain. Mais lui remet ça plus fort : “Fils de David, prends pitié de moi !” Profession de foi extraordinaire : le Fils précieux reconnaît le Fils de David. Il ne manque vraiment plus que l’Hosanna et on se croirait en train d’entrer à Jérusalem le jour des Rameaux.

Jésus entend ce cri que la foule essayait d’étouffer. Il l’appelle. Bartimée jette son manteau et, d’un bond, arrive près de lui. La foi lui donne des ailes. Il pulvérise sûrement un record et se voit peut-être déjà sur un podium à Jérusalem. Quand il jette son manteau par terre, c’est sans doute pour courir plus vite mais, sans s’en douter évidemment, il ouvre aussi, d’une certaine façon, l’étrange procession des Rameaux : un peu plus loin, du côté de Bethphagé, d’autres aveugles et des boiteux prendront le relais et jetteront aussi leurs manteaux sur la route au passage du Fils de David.

Jérémie (1ère lecture) évoque cette procession du futur et cette entrée triomphale lorsqu’il raconte le retour du petit reste d’Israël : “parmi eux, dit-il, l’aveugle et le boiteux, la femme enceinte et la jeune accouchée… Je les conduis vers les cours d’eau, par un droit chemin où ils ne trébucheront pas.” Quand verrons-nous cette procession-là dans notre société à deux vitesses où les infirmes de la compétition sont trop souvent abandonnés au bord du chemin ? 

Le romancier Tahar Ben Jelloun raconte dans son livre La Nuit sacrée, l’étrange histoire d’un aveugle et d’une jeune femme profondément blessés par la vie. Un jour, la femme se retrouve seule en prison. Et pour mieux communier à la nuit de l’aveugle, elle décide de vivre en cellule avec un bandeau sur les yeux. “Pour nous entendre si bien, dit l’aveugle, nous devons probablement avoir en nous une même blessure, quelque chose de brisé qui nous rapproche.” Peut-on vraiment rejoindre l’autre, sans partager quelque chose de sa nuit, sans partager secrètement une même blessure ? Sur la route des Rameaux, entre Jéricho et Jérusalem, peut-être bien que c’est quelque chose comme ça, quelque chose de brisé qui rapproche si fort le Fils précieux du Fils de David. En tous cas il y a quelque chose de poignant dans cette foi pure et lumineuse.

En fait, avons-nous réalisé que toutes nos relations reposent sur de la foi ? La vie conjugale, l’éducation des enfants, les amitiés, la collaboration au travail. Dès qu’on n’a plus confiance les uns dans les autres, les relations s’effondrent. Et on dit des choses qui ressemblent au mot aveugle. On dit : “Je suis désorienté, je n’y vois pas clair, je suis dans le brouillard.” Et c’est patience et respect qui permettent ensuite de tisser des liens d’amitié pour l’existence. Dans le texte d’aujourd’hui, avons-nous compris, nous qui aimons tout ce qui est merveilleux, que ce n’est pas le miracle qui est présenté comme le plus important dans cette rencontre. Jésus ne dit pas à l’aveugle : “Ta foi t’a rendu la vue”. Il constate : “Ta foi t’a sauvé”. Ce qui signifie qu’entre toi et moi, parce que tu as cru, existe un lien d’amitié qui te conduit dès aujourd’hui dans le cœur même de Dieu. En réalité, avons-nous compris que notre aveugle suit Jésus, non plus pour passer de l’obscurité à la lumière puisque déjà il voit et s’émerveille. Non il le suit pour passer du visible à l’invisible.

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Evangile du 29° dimanche dans l’année B – 17 octobre 2021

Posté par rtireau le 11 octobre 2021

Serviteur

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10, 35-45. 

Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. »
Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. »
Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur.
Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous :
car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

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Homélie

Posté par rtireau le 11 octobre 2021

29° dimanche dans l’année B - 17 octobre 2021

Isaïe 53, 10-11 ; Psaume 32 ; Hébreux 4, 14-16 ; Marc 10, 35-45

Jésus nous a parlé de l’argent dimanche dernier. Mauvaise saison : aujourd’hui, c’est du pouvoir dont il parle : “Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur…” Ne sourions pas trop vite de la demande de Jacques et Jean. Les cousins de Jésus voulaient obtenir les meilleures places dans le Royaume. Ne sourions pas trop vite… Il parait même que ce serait la tentation la plus forte de tout homme, cette volonté de puissance. 

Ce que remet en cause l’évangile, ce n’est pas qu’elle existe. La volonté de puissance est présente en chacun : elle est désir positif d’agir sur son environnement, sur les autres, sur soi-même. Sans elle, pas d’autonomie ni de liberté d’action. Le Christ enseigne qu’elle doit être cultivée, éduquée, canalisée, pour que chacun développe au mieux ses capacités personnelles d’amour et de don de lui-même et aussi sa capacité de résistance à tout ce qui pourrait le rendre esclave. En bref, pour que chacun devienne capable du gouvernement de lui-même. Car notre société ne se gêne pas pour attiser ce désir de puissance. On montre toujours les premiers, les plus forts, les plus riches, les plus beaux. Les premières places, chacun en rêve plus ou moins, même si ce n’est pas forcément conscient et pas souvent avoué. 

Jésus redit un enseignement de base que nous avons tellement de mal à accepter. Il dit : L’autorité n’est pas mauvaise en soi, pas plus que l’argent. Mais pour lui, être responsable n’est pas d’abord une domination, mais un service. Ceux qui sont grands devant Dieu, ce ne sont pas ceux qui se font servir, mais ceux qui servent, ceux qui imitent le Christ en devenant serviteur comme lui. Servir de façon désintéressée, face quelquefois à de l’ingratitude ou même de l’agressivité, pas facile. Beaucoup de gens se disent au service des autres, et ne le sont pas forcément autant qu’ils le prétendent.

Ne commandez pas à la manière des chefs des nations païennes ou comme ceux qui font sentir leur pouvoir… Peut-être une des paroles les plus neuves de Jésus, une parole capable de changer le monde. On a rarement entendu parole plus révolutionnaire :

Font sentir leur pouvoir ceux qui croient exister en faisant, des hommes qui sont sous leurs ordres, des êtres opprimés ou esclaves. 

Font sentir leur pouvoir ceux qui se réclament d’un pouvoir prétendu divin pour se substituer à la liberté et à la conscience de leurs semblables. 

Font sentir leur pouvoir ceux qui se disent être au service de tous pour mettre plus subtilement le pouvoir à leur propre service.

Font sentir leur pouvoir ceux qui affirment vouloir faire le bonheur des autres en imposant leurs volontés et en se faisant appeler bienfaiteurs (Luc 22, 25).

Le mot latin auctoritas (qui a donné autorité) a comme racine augere, qui veut dire : faire croître, augmenter. Pour Jésus, c’est bien çà : l’autorité est le service qui aide les personnes à grandir, à devenir elles-mêmes responsables. Avoir autorité, c’est travailler à rendre l’autre auteur. Il y a très longtemps, j’ai entendu une définition qui m’a beaucoup marqué puisque je l’ai toujours en mémoire : avoir autorité, ça consiste à autoriser.

La tentation du pouvoir a sans doute été la plus grande tentation de Jésus. Et pourtant on en parle étonnamment peu. Lui, le fils de Dieu, le Messie du Royaume à venir, les foules veulent le faire roi. Ses meilleurs amis se disputent pour être ses plus proches à partager sa gloire. Satan lui-même, dans le texte des tentations au désert, lui fait des propositions : change les pierres en pain ; sois le maître du monde ; jette-toi dans le vide : puisque tu es Fils de Dieu, rien ne te sera impossible. Il refuse et, de ce fait, il sera la victime des autorités politiques et religieuses, liguées contre lui. Ces autorités avaient bien compris qu’il contestait l’usage qu’elles faisaient de leur pouvoir. Et pour finir, ce sera l’injure des exécutants du pouvoir et des soldats au pied de la croix. « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même. » Ainsi Jésus signera de son sang son message à ses disciples : “Ne commandez pas à la manière des chefs des nations païennes ou comme ceux qui font sentir leur pouvoir.”

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Evangile du 28° dimanche dans l’année B – 10 octobre 2021

Posté par rtireau le 4 octobre 2021

Riche

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10, 17-30. 

En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? »
Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
Tu connais les commandements : ‘Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère.’ »
L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. »
Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. »
Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! »
Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu !
Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »
De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »
Jésus les regarde et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. »
Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre
sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.

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Homélie

Posté par rtireau le 4 octobre 2021

28° dimanche dans l’année B - 10 octobre 2021

Sagesse 7, 7-11 ; Psaume 89 ; Hébreux 4, 12-13 ; Marc 10, 17-30

Cette histoire de l’homme riche ne me rassure pas. A chaque fois je me dis : “Cet homme, globalement, c’est moi et chacun de vous sans doute”. Pas de meurtre, pas d’adultère, pas de vol, ni de faux témoignage, honorer père et mère, a priori c’est tout à fait nous. Et ce ne serait pas suffisant pour être chrétien ? Suivre Jésus, ce serait autre chose ? Les disciples aussi sont surpris. Voilà que Jésus vient de leur dire : “Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu”Alors qu’ils croient, eux, depuis toujours, que la richesse est signe de la bénédiction de Dieu ! “Que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ?” demandait le jeune homme. Erreur. Il ne s’agit pas de faire pour avoir, mais de faire pour être. L’Evangile, c’est à vivre, c’est à être avec les autres et avec Dieu.

Le mouvement ATD quart monde s’apprête à vivre sa journée internationale du 17 octobre. En lien avec ATD qui est non confessionnel, existe la communauté chrétienne du SAPPEL. Dans sa petite revue,  j’ai trouvé une méditation du diacre Pierre Davienne sur l’évangile d’aujourd’hui : Le jeune homme riche veut aller plus loin. Réponse superbe, incisive, concrète en quatre verbes à l’impératif, quatre étapes pour devenir disciple : Va ! Vends ce que tu as et donne-le aux pauvres… puis viens, suis-moi.”

« Va » au loin, dans ta responsabilité et ta liberté. C’est ainsi que Dieu respecte l’humain.

« Vends tout ce que tu as,” rends transportables tes biens. Tout ce que tu as appris, rends-le assimilable par les pauvres : la science, l’art, la technique… Pour ça, il va falloir réapprendre avec la vie des pauvres ce qui est nécessaire à ta propre vie. Ce qui ne peut leur servir, peut-être qu’en fait, cela t’encombre. La véritable richesse, c’est celle qui peut se partager.

« Donne aux pauvres » : donne comme Dieu donne, c’est à dire sans humilier celui à qui tu donne. Il y a une infinie discrétion dans la manière que Dieu a de nous donner de quoi vivre. Si nous voulons donner, nous devons connaître les pauvres. Sinon nous les encombrons d’objets ou de projets qui les mettent dans la dépendance. Donner, c’est donner avec la conscience que tout ce que nous avons vient de Dieu : c’est lui le donateur… La seule manière de donner aux pauvres, c’est de leur permettre de devenir des personnes qui remercient Dieu. Sinon je m’interpose entre les pauvres et Dieu, je deviens idolâtre de moi-même.

- C’est pour ça que le Christ ajoute : « Viens et suis-moi ». C’est lui qui marche en tête. Nous ne sommes pas aux avant-postes ; c’est lui qui a réalisé la loi d’amour et l’a complètement habitée. La richesse enferme facilement dans de fausses sécurités alors que notre seule sécurité c’est le Christ. Les pauvres sont le critère de vérification de notre attachement à Dieu. Ils sont le lieu où je vais comprendre le projet d’amour de Dieu pour les hommes. Pas besoin de m’appauvrir héroïquement, ce serait encore un acte de riche. Cela viendra tout seul si je me laisse entraîner dans le type d’amour que Dieu déploie en Christ, par l’Esprit.

Vends tout… donne-le aux pauvres… et suis moi.” Celui qui veut plus, doit donner tout !  Des mains pleines doivent d’abord se vider pour recevoir. Tes richesses te rendent solitaire. Suis-moi, deviens solidaire. Reste capable de ne pas te laisser posséder par ce que tu possèdes. “Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu.” Suivre Jésus n’est pas performance humaine, mais cadeau de Dieu. Tellement pas simple que Gandhi a pu dire en son temps : “Le christianisme est quelque chose de merveilleux mais il n’a jamais été essayé.” Et un théologien actuel, Dominique Collin, vient d’écrire un livre intitulé : « Le Christianisme n’existe pas encore. » Etonnant, non ?

Un vénérable ancien aimait à raconter : « Il était une fois un enfant qui voulait manger des noix. Or les noix se trouvaient dans un pot au goulot étroit. L’enfant dit : “Maman, je veux manger des noix.” Elle répond : “Prends-en une, petit.”L’enfant enfile le bras mais il remplit tant sa main qu’il ne peut plus la retirer du pot. Il dit : “Regarde ! Ma main ne sort plus.” Sa mère répond : “Lâche donc ce que tu tiens ! Prends seulement ce qu’il faut, et ta main sortira.” Le vénérable ajoutait : “Il n’y a pas que les enfants pour attraper trop de noix en même temps. Et beaucoup, tentés par les richesses, ne sont pas assez sages pour recouvrer leur main.” »

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