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Acte de vivre, acte de croire

GUYCOQ6

Acte de vivre, acte de foi

Si j’avais à guider quelqu’un sur le chemin de vie, la première chose vers laquelle j’orienterais son esprit, ce serait d’approfondir la relation intime que je perçois entre l’acte de vivre et l’acte de croire. Nul ne peut survivre longtemps sans croire à sa vie. Une expérience peut donner une idée de la force de cette croyance, habituellement. Ainsi, je sais de façon certaine que je puis mourir dans une heure, disons avant la fin de la journée. Je sais cela, mais je ne le  crois pas. La croyance fait défaut et du coup, je ne parviens pas à prendre en compte dans ma manière de vivre l’aujourd’hui ce savoir d’une grave importance. Dirai-je que c’est un excès de croyance en ma vie qui résiste à mon savoir de ma mort possible ? Au moins dois-je reconnaître que la foi en ma vie m’empêche de prendre en compte le savoir de ma mort. La croyance en l’existence brouille mon savoir, résiste à l’idée de ma mort, repousse toute velléité de transformer ma vie pour tenir compte du savoir de ma mort. C’est la foi qui mène l’existence. Car si je croyais que je vais mourir aussi fort que je le sais, je perdrais le contact avec ma vie. La fin de la croyance en ma propre vie me précipiterait dans la mort. Du moins, le défaut de croyance en ma vie anémiant le désir de vivre, peut gravement ébranler mon existence.

Guy Coq : La foi, épreuve de la vie (pages 41, 123-126)

Athée moins un

Posté par rtireau le 28 août 2016

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Athée moins un (La Croix, 27-28 août 2016)

Quand je parle avec un athée, je suis souvent déçu : non pas parce qu’il est athée, mais parce qu’il l’est rarement jusqu’au bout. Il ne croit en rien – sauf en cette croyance elle-même qui donne à son athéisme des airs supérieurs. Je me dis parfois que l’athée a assez de confiance en lui pour n’en avoir pas en son Créateur. Le récit de libération par l’humanité de ses propres superstitions est si puissamment ancré (et encré) en lui, que la difficile création par Dieu d’un peuple libre de tous les esclavages (technique, politique, religieux) ne peut plus l’atteindre. L’athée « croit savoir ». Le chrétien, lui, « sait qu’il croit » : il met sa confiance en Dieu. Confiance faite et refaite, dans le doute et l’espérance. Confiance donnée en un Dieu qui a promis. Confiance dont il fait une prière : « Vois, mon Dieu, je suspends ma vie à Ton amour… Alors révèle-le encore ! »

Le véritable athée est chose rare. Quand, moi-même, je croyais l’être, je le rencontrai chez mes amis chrétiens plus qu’ailleurs. L’Église primitive passait pour incroyante. Si, dans leur genre de vie, les chrétiens se conformaient aux usages de leur pays, sur un point ils se démarquaient : ils refusaient de plier le genou devant l’empereur. Ce genou, que raidissaient les grandeurs du monde, flanchait devant de très simples choses : une mère à l’enfant, le pain quotidien, le dieu abaissé, condamné à mort par les puissances de l’État (Pilate), de l’argent (Judas) et de la religion (Caïphe).

Oui, le chrétien a quelque chose de l’athée. Il n’adore aucun Dieu, sauf un, dont il accorde que, parfois, Il se tait. Seulement, il ne conclut pas du silence de Dieu à son inexistence. Quand le monde semble démentir l’Alliance, quand Dieu devient « plus absent qu’un mort » (Simone Weil), l’oreille du chrétien ne se ferme pas, elle se creuse. Le chrétien est un athée qui attend.

Martin Steffens

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