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Aide soignante en soins palliatifs

Soins

Margarita Saldana, aide-soignante en soins palliatifs

à la maison Jeanne-Garnier, à Paris

 

Le premier jour de cours à l’école des aides-soignants, j’ai eu un grand sursaut. Une de mes camarades, au moment de commenter ses motivations pour choisir ce métier, a osé affirmer qu’elle voulait « aimer les malades ». Réaction immédiate de la formatrice : « Mais non! On aime ses proches, alors que les malades, on ne les aime pas ! Les malades, on les soigne !  » J’ai pensé tout d’abord m’être trompée de métier. En réfléchissant un peu plus, le soupçon m’est venu que cette femme à l’air si cordial n’était peut-être pas très consciente que l’amour se décline de multiples manières.

Il me semble qu’avec la consolation il nous arrive quelque chose de similaire. Ce mot est complètement étranger au domaine professionnel des soins. À l’hôpital, et plus concrètement en soins palliatifs, vous n’entendrez jamais dire aux soignants que leur mission consiste à consoler les patients. Néanmoins, le contenu du mot « consolation », tel que le dictionnaire le définit, est au cœur même de leur métier : soulager, venir en aide à quelqu’un dans sa douleur, apporter du réconfort, apaiser … La consolation, comme l’amour, prend mille visages et se dit de multiples façons.

La douleur d’une personne en fin de vie est une expérience pénible et globale qui touche toutes les fibres de son être. Elle atteint son corps aussi bien qu’elle tracasse son esprit. Elle fait trembler l’ordre psychologique, social et spirituel qui a soutenu jusque-là l’édifice d’une vie entière. Venir réellement en aide à quelqu’un dans cette situation, perçue souvent comme un gouffre, se révèle un exercice complexe qui prend racine dans la personne même du soignant. Un jour, une femme d’une vingtaine d’années m’a dit, très émue : « Le meilleur médicament qu’on m’ait donné à l’hôpital, c’est vous. » Son commentaire, loin de me flatter, m’a mise sur la piste d’une profonde réflexion.

Honnêtement, je n’avais presque rien « fait » pour cette femme, si ce n’est aller vite dans sa chambre quand elle sonnait, ou passer quelques minutes par jour à écouter ses petites histoires. Le seul « médicament » qu’elle avait pu trouver en moi était ma présence, qui se voulait bienveillante, et peut-être un ou deux mots qui l’ont rassurée au milieu de ses peurs accrues. Rien de plus. Rien que ça ! L’expérience de soulagement dans la douleur passe donc par la personne même de celle ou celui qui s’approche du malade, et cela est bien plus délicat que de simplement « administrer » des plateaux-repas, des piqûres ou des pronostics vitaux.

La façon de regarder et de toucher le patient, le temps « perdu » à son chevet, l’attitude d’écoute et d’empathie, le respect infini envers chaque famille et son histoire sont, pour un soignant, des outils précieux permettant de procurer un brin d’apaisement, au milieu de souffrances parfois acharnées. En soins palliatifs, nous sommes très « gourmands » de l’huile de soin : plusieurs fois par jour, nous proposons des massages doux, des effleurages, pour la détente du patient ainsi que pour la prévention des lésions cutanées. Cette huile devient un beau symbole de ce soulagement que nous voudrions offrir et qui se fait douceur, proximité, contact humain, chaleur, compagnie … Consolation, peut-être?»

 

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