Evangile du 15° dimanche dans l’année C – 14 juillet 2019

Posté par rtireau le 10 juillet 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10, 25-37. 

En ce temps-là, voici qu’un docteur de la Loi se leva et mit Jésus à l’épreuve en disant : « Maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
Jésus lui demanda : « Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ? Et comment lis-tu ? »
L’autre répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ton intelligence, et ton prochain comme toi-même. »
Jésus lui dit : « Tu as répondu correctement. Fais ainsi et tu vivras. »
Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus : « Et qui est mon prochain ? »
Jésus reprit la parole : « Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, et il tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ; il le vit et passa de l’autre côté.
De même un lévite arriva à cet endroit ; il le vit et passa de l’autre côté.
Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ; il le vit et fut saisi de compassion.
Il s’approcha, et pansa ses blessures en y versant de l’huile et du vin ; puis il le chargea sur sa propre monture, le conduisit dans une auberge et prit soin de lui.
Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent, et les donna à l’aubergiste, en lui disant : “Prends soin de lui ; tout ce que tu auras dépensé en plus, je te le rendrai quand je repasserai.”
Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
Le docteur de la Loi répondit : « Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. » Jésus lui dit : « Va, et toi aussi, fais de même. »

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Homélie

Posté par rtireau le 10 juillet 2019

15° dimanche dans l’année C - 14 juillet 2019

Deutéronome 30, 10-14 ; Psaume 18 ; Colossiens 1, 15-20 ; Luc 10, 25-37

Une vielle légende hindoue raconte qu’il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut de lui trouver une cachette. 

Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : “Enterrons la divinité de l’homme dans la terre.”Mais Brahma répondit : “Non, cela ne suffit pas, car l’homme creusera et la trouvera.” Alors les dieux répliquèrent : “Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans.” Mais Brahma répondit à nouveau : “Non, car tôt ou tard, l’homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu’un jour il la trouvera et la remontera à la surface.” Alors les dieux mineurs conclurent : “Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d’endroit que l’homme ne puisse atteindre un jour.” Alors Brahma dit : “Voici ce que nous ferons de la divinité de l’homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher.” Depuis ce temps-là, conclut la légende, l’homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.

Tout à fait ce que Moïse disait dans la 1èrelecture : “Cette loi que je te prescris… n’est pas dans les cieux… pas au-delà des mers… Elle est tout près de toi… dans ta bouche et dans ton cœur…”

Dans l’évangile, le juif pieux qui interroge Jésus considère sans doute que le prochain du juif est le juif, et celui du païen le païen. Il demande ce qu’il faut faire pour avoir la vie. La réponse de Jésus déplace radicalement les conceptions habituelles : son critère premier de proximité est l’appartenance à l’humanité commune : partager la même humanité passe avant tout le reste ; et son second critère c’est que la différence, l’appartenance à une communauté ou à une religion ne doivent pas empêcher le rapprochement et le partage, au contraire. Il s’agit non plus d’aimer seulement ceux qui nous ressemblent, mais ceux qui sont différents de nous, même nos adversaires, et même nos ennemis. Car le prochain est celui qui se rend proche.

A la question “Qui est mon prochain,” Jésus répond par la parabole du Bon Samaritain qui est comme une clé pour comprendre ses pratiques de libération, de guérison et de pardon. La parabole conduit en effet au cœur du débat entre la loiet le prochain, entre les principesou les personnes. C’est clair : le prêtre et le lévite choisissent le respect de la loi qui leur interdisait de se souiller au contact du sang qui les rendrait inaptes au service du temple. Le samaritain, lui, n’a pas de religion et n’est donc pas prisonnier de la loi. Alors pendant que les autres sont obligés de préférer la règle, il est libre, lui, d’aimer l’autre. Et Jésus nous dit à chacun : « Va, et toi aussi, fais de même ».

A longueur d’évangile, Jésus nous est présenté comme un prophète qui remet en cause les rigueurs légalistes des responsables religieux. Il ose même transgresser certaines prescriptions au nom de l’exigence de se rendre proche de toute personne dans le besoin. Michel Scouarnec a pu écrire : “Jésus déplace la conception du sacré. De manière générale, ce mot veut dire séparé, mis à part… Il désigne des lieux, des personnes, des objets, investis d’une double dimension. Celle du tabou, d’abord : ils sont dangereux… Celle du magique ensuite : on leur attribue un pouvoir caché ou divinisé… Cette conception du sacré donne lieu à des ségrégations… Pour Jésus, tout être humain est sacré, parce qu’aimé de Dieu. Le sacré qu’il préconise est un sacré de relation.”

Son habileté est de retourner la question du docteur de la loi : “Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé entre les mains des bandits ?” Tout autre manière d’envisager le prochain qui n’est pas forcément celui avec qui j’aurais en commun des liens de sang ou des d’affinités. Il est celui que moi je deviens quand je me rapproche de quelqu’un. 

En fait, il vaudrait mieux parler, non pas de mon prochain, mais du prochain que moi je suis réellement. De qui je me fais proche ? “Je n’ai pas de prochain, expliquait Paul Ricœur,je me fais le prochain de quelqu’un.” 

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Evangile du 14° dimanche dans l’année C – 7 juillet 2019

Posté par rtireau le 3 juillet 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 10, 1-12.17-20. 

En ce temps-là, parmi les disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze, et il les envoya deux par deux, en avant de lui, en toute ville et localité où lui-même allait se rendre.
Il leur dit : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups.
Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales, et ne saluez personne en chemin.
Mais dans toute maison où vous entrerez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison.’
S’il y a là un ami de la paix, votre paix ira reposer sur lui ; sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant et buvant ce que l’on vous sert ; car l’ouvrier mérite son salaire. Ne passez pas de maison en maison.
Dans toute ville où vous entrerez et où vous serez accueillis, mangez ce qui vous est présenté.
Guérissez les malades qui s’y trouvent et dites-leur : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.” »
Mais dans toute ville où vous entrerez et où vous ne serez pas accueillis, allez sur les places et dites :
“Même la poussière de votre ville, collée à nos pieds, nous l’enlevons pour vous la laisser. Toutefois, sachez-le : le règne de Dieu s’est approché.”
Je vous le déclare : au dernier jour, Sodome sera mieux traitée que cette ville. »
Les soixante-douze disciples revinrent tout joyeux, en disant : « Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. »
Jésus leur dit : « Je regardais Satan tomber du ciel comme l’éclair.
Voici que je vous ai donné le pouvoir d’écraser serpents et scorpions, et sur toute la puissance de l’Ennemi : absolument rien ne pourra vous nuire.
Toutefois, ne vous réjouissez pas parce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous parce que vos noms se trouvent inscrits dans les cieux. »

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Homélie

Posté par rtireau le 3 juillet 2019

14° dimanche dans l’année C- 7 juillet 2019

Isaïe 66, 10-14 ; Psaume 65 ; Galates 6,14-18 ; Luc 10, 1-12.17-20

“Réjouissez-vous…, exultez.”Isaïe, en 400 avant Jésus Christ, invite à la joie dans le contexte catastrophique du retour d’exil. Il invite à la joie des gens colonisés, en pleine désillusion. Combien de fois, au cœur de la morosité, la Bible annonce la joie. Et ce n’est pas pour bercer d’illusion.Nous avons tous l’expérience de la joie qui finit par venir après les difficultés. Et notre foi contient un bonheur à dimension future, comme la nature qui renaît chaque printemps. Notre foi, c’est même le mot résurrection: la joie, la vie possible au cœur même de la souffrance et au-delà de la mort. Comme cet ancien, près de son épouse décédée, qui disait à ses enfants : “C’est qu’il faut quand même vivre… Et puis vous êtes là, vous.” Comme dans cette famille où les parents âgés et malades sont en train de resserrer les liens entre les enfants et par rapport aux parents.

L’Eucharistie est sacrement du partage joyeux de la présence de celui qui est mort par amour. Juste le contraire de telle communauté où l’on priait pour la résurrection de l’enfant qui venait de mourir au lieu de mettre tout en œuvre pour aider les proches à vivre, au lieu même de faire le simple nécessaire quand il y a un décès. Honte que ce réflexe prétendument religieux ! 

Que dit l’Evangile d’aujourd’hui : Priez, allez, guérissez, entrez, mangez ! Des gestes humains. Dans l’humain fraternel Dieu a des chances d’être là. On est même sûr qu’il y est si ça commence par prier. Car l’évangélisation n’est pas publicité ou propagande. Elle est œuvre de l’Esprit qui ne passe qu’à travers des cœurs priants. “Prie, disait Saint Ignace, comme si tout dépendait de Dieu, agis comme si tout dépendait de toi”.

“Le Seigneur en désigna encore soixante-douze…”: l’évangélisation concerne tout chrétien. “Il les envoya deux par deux…”: on ne peut pas évangéliser seul. Pas de gros bagages…: l’évangélisation est à la portée des vies les plus modestes.“Apportez la paix… guérissez…”: l’évangélisation commence par du concret : faire du bien, pacifier, soulager, guérir. Pas des discours, mais une manière de vivre. N’emportez pas de gros bagages - Apportez la paix… guérissez…Monique Rosaz interprète cette consigne : il y a deux catégories de gens dans ce texte, ceux qui marchent sur la route et ceux qui sont dans les maisons. Ceux qui marchent n’ont rien, sinon un bien immense à apporter : la paix. Et peut-être ont-ils faim. Ceux qui sont dans les maisons ont ce qu’il faut pour vivre, et peut-être qu’ils ont faim d’autre chose. Alors l’échange est possible.

Les 72 sont envoyés deux par deux. Un témoin seul risque d’être pris pour un gourou. Être envoyés par deux, c’est être appelés à faire équipe, à faire Église et à participer à l’expérience des disciples d’Emmaüs. Par deux, on peut parler avec un frère des événements vécus, au point de reconnaître, dans le partage, le visage de celui qui rejoint toujours en chemin ceux à qui il donne mission de prendre la route. Être envoyés deux par deux conduit à découvrir que l’autre nous met toujours en appétit. Seul on avance aussi loin qu’on peut. Avec d’autres, on va plus loin que le possible. Portés par la fraternité, la force du groupe et la mission confiée, on repousse les frontières de nos limites personnelles. 

La Moisson est abondante, les ouvriers peu nombreux. J’aime bien la traduction d’un exégète belge sur beaucoup d’appelés, peu d’élus: il dit : il y adeux alternatives :

- ou bien : les places sont chères en paradis : il n’y en aura pas pour toi, Dieu est tellement avare.

- ou bien : vous êtes tous invités à travailler pour un monde réconcilié. Vous êtes tous invités. Mais, toi viendras-tu ? Suspense ! Le projet de Dieu dépend de la réponse de l’homme. Il y a un proverbe qui dit : l’homme propose et Dieu dispose. Eh bien là, c’est le contraire : c’est Dieu qui propose, et l’homme qui dispose. Comme si le Messie était prisonnier quelque part, ligoté par notre violence dans l’un de ces lieux que chaque siècle invente. Ce n’est pas l’homme qui attend le Messie, c’est la Messie qui attend l’homme. 

Et Jean Pierre Manigne explique : “Le règne de Dieu s’est approché de vous.”Ça ne veut pas dire que nous n’allons plus l’attendre longtemps, ça veut dire qu’il est à notre portée et qu’il suffit de l’accueillir pour qu’il se manifeste.

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Evangile du 13° dimanche dans l’année C – 30 juin 2019

Posté par rtireau le 25 juin 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9, 51-62. 

Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.
Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.
Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »
Mais Jésus, se retournant, les réprimanda.
Puis ils partirent pour un autre village.
En cours de route, un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. »
Jésus lui déclara : « Les renards ont des terriers, les oiseaux du ciel ont des nids ; mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »
Il dit à un autre : « Suis-moi. » L’homme répondit : « Seigneur, permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père. »
Mais Jésus répliqua : « Laisse les morts enterrer leurs morts. Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »
Un autre encore lui dit : « Je te suivrai, Seigneur ; mais laisse-moi d’abord faire mes adieux aux gens de ma maison. »
Jésus lui répondit : « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

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Homélie

Posté par rtireau le 25 juin 2019

13° dimanche dans l’année C30 juin 2019

1 Rois 19, 16b.19-21 ; Psaume 15 ; Galates 5, 1.13-18 ; Luc 9, 51-62

La page de l’évangile d’aujourd’hui nous présente trois visages différents de Jésus : il décide de prendre la route vers Jérusalem ; il renonce à toute violence ; il propose des exigences fortes à ceux qui le suivent.

Il décide de prendre la route vers Jérusalem : Jésus est un homme de courage. A partir de maintenant, dans l’évangile de Luc, les miracles se font plus rares, les paroles de Jésus deviennent plus dures. Son visage aussi, on dirait… et il va prendre résolument la route vers Jérusalem, vers le lieu de son combat décisif contre la mort. Prenons le temps – nous sommes là pour ça – d’évoquer nos difficultés, nos échecs, nos conflits, nos incertitudes professionnelles, nos solitudes affectives. Au lieu de nous laisser aller, durcissons le visage pour tenir bon, à la suite du Christ. Silence !

Jésus renonce à toute violence : Jésus est homme de non-violence. Jésus est courageux et décidé. Et pourtant, il est “doux et humble de cœur”.  Un village de Samaritains a refusé de recevoir des pèlerins juifs dans un réflexe raciste. Jacques et Jean les fils du tonnerre, proposent d’utiliser la manière du prophète Elie (2 Rois 1, 10) pour punir à coup de feu du cielce village qui n’est pas d’accord avec eux. Une tentation, que nous pouvons avoir nous aussi, de supprimer l’adversaire ou de nous venger. Jésus refuse cette intervention spectaculaire et brutale. Il nous révèle ainsi le vrai Dieu qui a créé l’homme libre et qui respecte jusqu’au bout cette liberté. Comment Dieu détruirait-il les pécheurs ? Il les aime et il veut les sauver : “Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font.”  (Luc 23, 33). Jésus est le non-violent même, qui arrête le cercle infernal du mal en le recevant sur lui, sans jamais le faire lui-même. Devant le mal, en nous et chez les autres, demandons à Dieu sa patience. Silence !

Jésus propose des exigences fortes : Jésus est homme d’exigences radicales. Sa non-violence n’est pas une sorte de molle tolérance où les frontières seraient floues entre le mal et le bien. Il propose au contraire à ceux qui veulent le suivre des exigences qui peuvent paraître inhumaines. Il ne cherche pas à recruter à tout prix. Il souligne qu’il faudra accepter inconfort et insécurité pour le suivre. Il est bon de nous le rappeler quand nous vivons des fatigues physiques ou morales. “Laisse les morts enterrer leurs morts.” C’est une des paroles les plus dures de tout l’évangile. Ceux qui n’ont pas voulu le rencontrer, Jésus ose les qualifier de morts. Pour le Christ, celui qui n’a pas le souci des choses de Dieu, ne vit pas. Et apparemment on ne peut pas le suivre en faisant passer nos propres affaires avant celles de Dieu.

Comment comprendre une telle rudesse ? Difficile question. Sans doute faut-il toujours nous rappeler que la prédication de Jésus n’est que Bonne Nouvelle et promesse de bonheur. Mais voilà ! Il a rencontré l’obstacle de la dureté des cœurs. Et il a essayé d’entamer cette dureté, de briser cette croûte épaisse, tantôt avec douceur, tantôt avec des paroles sévères. A chaque fois c’était pour faire une brèche dans des cœurs murés. En fait la dureté est en nous : nous sommes durs d’oreille, alors il élève le ton pour nous réveiller ; nous sommes durs à convaincreet portés à remettre à plus tard, alors il élève le ton pour dire : “c’est maintenant” ; nous sommes durs de cœur et notre monde est dur, d’où la dureté de certaines paroles de Jésus et sa rudesse de ton qui sont sans doute proportionnées à tout ça.

En réalité, Jésus n’est pas violent, il est ferme car il ne tolère pas l’intolérable. Il n’est pas un homme doucereux ou mièvre, mais un homme courageux et exigeant, et c’est pour ça que nous l’aimons. 

Nous avons, à sa suite, à parler haut et fort pour dénoncer ce qui n’est pas tolérable, ou alors on n’est plus ses disciples. La brûlure de la Parole de Dieu n’est pas faite pour détruire mais pour guérir et libérer. Saint Paul le disait dans la seconde lecture : « Frères, c’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés. Alors tenez-bon, ne vous mettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage. »  Silence !

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Evangile pour la fête du Corps et du Sang du Christ – 23 juin 2019

Posté par rtireau le 18 juin 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 9,11b-17. 

En ce temps-là, Jésus parlait aux foules du règne de Dieu et guérissait ceux qui en avaient besoin.
Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. »
Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »
Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde.
Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule.
Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers.

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Homélie

Posté par rtireau le 18 juin 2019

Fête du Corps et du Sang du Christ – C – 23 juin 2019

Genèse 14, 18-20 ; Psaume 109 ; 1 Corinthiens 11, 23-26 ; Luc 9, 11b-17

L’histoire (légende) se passe en Inde. Un homme pauvre marche sur les sentiers brûlés par le soleil. Il mendie sa nourriture. La légende dit que c’est du blé qu’il recueille. À la fin de ses journées, son petit sac de toile est loin d’être rempli.

Un jour, son cœur a battu très fort quand il a aperçu, dans un nuage de poussière, quatre chevaux qui tiraient un carrosse : «Ah ! Si seulement ce prince me voyait et daignait s’arrêter ! S’il me donnait une pièce d’argent ou d’or !»

Eh oui ! Les chevaux ralentissent, s’arrêtent. La porte du carrosse s’entrouvre. Un homme au regard plein de bonté fait signe au mendiant de s’approcher et lui dit : « Donne-moi ton blé ». Le malheureux, déconcerté, hésite, puis retire un grain de blé de son petit sac. L’attelage repart laissant le pauvre désespéré, qui rentre chez lui, plus triste que jamais. Le soir, en vidant son sac de blé dans un bol, quelle ne fut pas sa surprise d’apercevoir un petit grain d’or ! «Ah si seulement je lui avais donné tout le contenu de mon sac !»

À chaque eucharistie, le Seigneur nous demande à nous aussi : Donne-moi ton blé, donne-moi quelque chose de ta vie. C’est pour ça que le pain et le vin viennent à chaque fois du milieu de notre assemblée. C’est notre blé qu’on donne au Seigneur. Une catéchumène nous a raconté un jour que tout a changé pour elle quand elle a compris cet échange entre nos offrandes et la communion. “Je me demandais ce que chacun allait chercher dans la communion. Quand j’ai eu compris que c’était la consécration de ce qu’il avait apporté de sa vie, ce fut une vraie révélation pour moi.” La question est donc, quand nous venons à la messe, de savoir ce que nous offrons réellement de notre vie ? Trop souvent, nous laissons au prêtre le soin de présenter à Dieu le pain… là-bas, loin de nous, comme si ce pain offert n’avait rien à voir avec nous !

Le pain ! Il représente le travail de plein de monde. Pas seulement le travail des autres, mais le nôtre, la vie de chacun de nous, ce que nous appelons notre pain quotidien, nos joies, nos peines, notre travail, nos responsabilités, nos amours. Nous avons bien raison d’apporter toute cette vie quotidienne, chaque dimanche à la messe. Et nous l’offrons à chaque messe, cette vie quotidienne, en offrant le pain pour que Dieu le transforme en sa propre vie. Pour que ces grains de blé – comme dans la légende – deviennent précieux comme de l’or… Pour que notre pain quotidiensoit transformé, transfiguré, habité, divinisé par la présence réelle du Christ. “Nous te présentons ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes, il deviendra le pain de la vie.”Ça veut dire en clair qu’à la communion, Dieu nous redonne ce pain, habité de la présence du Christ.

Quand nous partageons et quand nous mangeons ce pain, nous recevons en nous l’Esprit Saint, l’Esprit de Jésus. Alors nous repartons avec une véritable énergie divine, pour continuer notre travail, pour tenir dans nos responsabilités, pour vivre toute notre vie avec la force de l’Esprit Saint, l’Esprit de Jésus, l’Esprit d’amour.

C’est important de comprendre ce qui se passe à la messe. Quelquefois, certains arrivent à la messe comme des désœuvrés… Ils n’apportent rien de ce qui fait leur vie. Eh bien je propose deux petites phrases que chacun pourrait retenir facilement : 

- La première : la messe, c’est la rencontre de deux présences 

            • la présence du Christ, qui, elle, ne fait aucun doute, 

            • et notre présence à nous qui a quelquefois du mal à être vraie. 

- Et la seconde phrase : nous communions à la présence du Christ pendant la messe pour devenir nous-mêmes présence du Christauprès des frères après la messe. Écoutez cet extrait de prière eucharistique que vous connaissez par cœur : “Regarde avec amour, Père très bon, ceux qui vont recevoir le corps du Christ, fais qu’ils deviennent ensemble par la force de l’Esprit Saint, le corps de ton Fils ressuscité.”C’est clair : après la messe, nous avons à devenir ensemble le corps du Christ, le signe visible de sa présence dans le monde. En fait, c’est après la messe que l’on sait si la messe a été vraie. Une messe vivante, c’est une messe qui fait vivre. Et quand ça arrive,personne ne se demande plus ce que nous sommes venus faire à la messe.

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Evangile pour la fête de la Trinité – 16 juin 2019

Posté par rtireau le 13 juin 2019

Trinité taizé

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 16,12-15. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

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Homélie

Posté par rtireau le 13 juin 2019

La sainte Trinité dans l’année C – 16 juin 2019

Proverbes 8, 22-31 ; Psaume 8 ; Romains 5, 1-5 ; Jean 16, 12-15

« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. »C’est l’Esprit de Dieu qui est chargé de nous guider vers la véritétout entière. Comment mieux dire que la véritéest bien unchemin, une approche, un pas à pas, une histoireL’Esprit nous guide vers la vérité.L’Esprit est une personne. L’Esprit est la troisième personne de la Trinité.

Trinité: le mot est lâché ? Compliqué ? Oui ! Autant, mais pas plus que notre famille humaine : personne n’a attendu de savoir ce que c’est qu’une famille pour venir au monde et y vivre. Trinité : j’ai cru moi aussi que c’était réservé aux intellectuels. En réalité Trinitéest le mot que l’Eglise a trouvé pour signifier ce que l’Evangilenous dit de Dieu et ce que notre vienous dit de Dieu : 

• dans l’EvangileJésus, le Fils, parle souvent du Père, et quand il s’en va, il annonce qu’il nous enverra l’Espritpour rester avec nous.

• et dans notre vie, Dieu Trinitédonne à comprendre pourquoi nous sommes différents ; et notre vie peut nous dire beaucoup de Dieu Trinité parce que nous sommes créés à l’image de Dieu. Deux personnes qui s’aiment très fort peuvent devenir un couple. Et autour d’eux, on continue de dire leurs deux prénoms, mais il arrive qu’on parle des deux ensembles, le couple untel, comme d’une nouvelle réalité, deux qui ont un même Esprit.

La Trinitén’est donc pas une énigme, c’est uneclépour comprendre qui est Dieu et qui nous sommes.Jésus dit qu’il nous est possible de connaître le Père. Saint Jean le raconte : “Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Filsunique,… lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui 1’a fait connaître.” (Jean 1, 18).Jésus, tout le portrait de son Père !” disait un théologien. Ce visage du Père, Saint Jean le décrit en disant : “Dieu est amour.” (1 Jean 4, 8) 

Et Jésus parle de Dieu comme nous parlons d’Amour, avec trois dimensions : l’initiative,l’accueil, la communion.

• Le Pèreest initiative. Jésus nous dévoile le Père comme la source de tout ce que lui-même vient nous partager : la vie, la tendresse, le pardon. “Comme le Père m’a aimé, moi-aussi je vous ai aimés.” (Jean 15, 9) “De même que le Père m’a envoyé, moi-aussi je vous envoie.” (Jean 20, 21)

• Jésus, leFils, est tout entier accueil. Tout ce qu’il a, tout ce qu’il est, il le tient du Père.

• Et c’est dans l’Espritque se vit cette communion. Comme si Dieu était ce couple que j’évoquais à l’instant, dont on parle des deux personnes (Les untel) comme d’une nouvelle réalité.

L’Eglise n’est pas une association qui se souvient du passé ; elle est chaque jour communion d’amour parce que le cœur de Dieu a voulu battre dans un cœur d’homme, au rythme de son amour. Laissons-nous saisir par l’amour du Père, commencement toujours nouveau. Laissons-nous habiter par l’amour du Fils, accueil, reconnaissance, partage - Il n’aime pas vraiment celui qui ne sait pas recevoirEnfin,laissons l’Esprit ouvrir en nous des chemins de rencontre. 

Baptisés « au nom du Père, du Fils et de l’Esprit« , soyons comme le Père, éveilleurs de vie, ni paternalistes ni possessifs ; soyons comme le Filsqui se reçoit d’un Autre et qui se donne ; soyons comme l’Esprit, artisans de relations pleines de respect. C’est à l’amour que vivent les personnes divines qu’on reconnaît Dieu Amour. C’est à l’amour que nous aurons les uns pour les autres qu’on nous reconnaîtra chrétiens. Une jeune fille a un jour formulé magnifiquement cette richesse que chacun de nous porte en soi : “Dieu est le seul bonheur gratuit auquel tout le monde a droit”. 

Le théologien Alain Durand a écrit La cause des pauvres en 1991. Souvent, dit-il, on a la foiet, en conséquence, on se soucie du plus pauvre. C’est bien. Mais ce n’est pas tout à fait la réalité ! Car notre souci des pauvres n’est pas conséquence de notre foi, il constitue notre foi. Les signes que Dieu est venu dans l’histoire sont tous des signes qui concernent les pauvres : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres. Si l’on s’imagine que la foi existerait en dehors de ces actions, écoutons la réponse terrible de saint Jean : “Si quelqu’un dit « j’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur.” (1 Jean 4, 20)

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