Evangile du 26° dimanche dans l’année B – 126 septembre 2021

Posté par rtireau le 19 septembre 2021

Maître

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9, 38-43.45.47-48. 

En ce temps-là, Jean, l’un des Douze, disait à Jésus : « Maître, nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »
Jésus répondit : « Ne l’en empêchez pas, car celui qui fait un miracle en mon nom ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;
celui qui n’est pas contre nous est pour nous. »
Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense.
« Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer.
Et si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la. Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains, là où le feu ne s’éteint pas.
Si ton pied est pour toi une occasion de chute, coupe-le. Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.
Si ton œil est pour toi une occasion de chute, arrache-le. Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux,
là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas.

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Homélie

Posté par rtireau le 19 septembre 2021

26° dimanche dans l’année B – 26 septembre 2021

Nombres 11, 25-29
 ; Psaume 18
 ; Jacques 5, 1-6
 ; Marc 9, 38-43.45.47-48

“Eldad et Médad prophétisent… Moïse,… arrête-les !” – “Nous avons vu quelqu’un expulser les démons en ton nom ; nous l’en avons empêché, car il n’est pas de ceux qui nous suivent.” Avez-vous remarqué ? On est passé très vite de Toi(en ton Nom) à nous (il n’est pas de ceux qui nous suivent). Ça y est, les voilà propriétaires de la Bonne Nouvelle, détenteurs de l’exclusivité du Salut. Oh que voilà un réflexe bien rapide.

Moïse, arrête-les - Jésus, arrête-les !” Ils ne sont pas des nôtres. - “Celle-là, je ne l’aime pas. Elle est mal habillée.” (au retour de l’école). - “Je ne veux pas voir les tiens tant qu’ils ne seront pas baptisés.” (une grand mère qui sélectionnait ses petits enfants). - “Celui-là, il fait partie d’une drôle de bande.” “S’il n’était pas aussi fainéant, il s’en sortirait peut-être.” Et quand d’aventure ceux-là font quelque chose de bien, alors on est surpris, vexés même. Tout de même, Seigneur ! On croyait que c’était réservé à nous, tes bons enfants.

 Pourtant, en son temps, déjà Moïse disait à Josué : “Serais-tu jaloux ? Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes !” Moïse le disait comme un souhait. Nous, nous savons que nous sommes tous des frères et des prophètes. Jésus nous l’a appris, lui le médiateur entre son Père et nous. En lui l’amour est tellement pur que le mal ne peut rien contre lui : sa résurrection en est le signe. Et par son Esprit nous sommes devenus des temples de Dieu, comme le disait Saint Paul aux chrétiens de Corinthe : “Vos corps sont les Temples de l’Esprit”. C’est aussi ce que dit joliment Gérard Bessière : “N’importe qui – un enfant, un pauvre, un malade, – peut prêter à l’Esprit ses lèvres et ses mains.” Et c’est encore le même message dans cette petite histoire de vitrail : “C’est qui, ces gens-là ?” demandait l’enfant à sa grand-mère, en montrant un vitrail. - “Ce sont les chrétiens !” répond la grand-mère. Et plus tard, à l’école, quand l’instituteur demande : “Qu’est-ce qu’un chrétien ?” l’enfant répond à peu près comme Saint Paul : “C’est quelqu’un à travers qui on voit la lumière.”

“Vous êtes les temples de Dieu”, disait Saint Paul. “Je vous enverrai l’Esprit. En fait vous le connaissez déjà puisqu’il est en vous”, disait Jésus (Jean 14, 17). Plus de barrière entre le profane et le sacré. Le seul lieu sacré est l’homme-fils de Dieu, et l’amour de Dieu et du prochain, sur nos chemins de joie et sur nos chemins de croix. Et quand notre corps sera détruit nous avons foi que Dieu – comme il l’a fait pour Jésus – le relèvera.

“Fais paraître dans ta vie un nouvel aspect du visage de Jésus que personne avant toi n’a su montrer comme tu sauras le faire.” C’est ce qu’on dit au nouveau baptisé. Bernard Feillet, dans son livre L’étincelle du divin, parle d’explorer le désir du mystère de Dieu qui habite chacun. Il parle de traquer dans l’homme la trace de l’infini. Il parle de creuser le mystère de l’homme, ce qui est, selon lui, aussi vertigineux que de chercher à découvrir le mystère de Dieu. Et sa fameuse phrase donne à penser : “Méditant ce que Jésus a été, ne cessant d’explorer sa vie et de vivre de son message, tant d’hommes ont découvert qu’ils étaient eux-aussi « capax Dei ». Et il continue : “L’homme humilié, l’homme torturé, l’homme massacré sont les témoins hallucinants que des hommes ont été capables d’anéantir eux-mêmes le mystère de Dieu. Ça a été le cas pour Jésus lui-même. Sa vision a provoqué une révolution dans le monde religieux. Ce n’est pas grave qu’il en soit mort, ce qui serait grave c’est que nous n’en vivions pas.”

Et dire qu’il y en a qui se demandent : “A quoi ça sert l’Eglise ?” J’entendais un jour : “Non ! La petite n’ira pas au caté. Il faut qu’elle aille à la danse. Et puis il faut aussi qu’elle apprenne à nager.” Et si c’était l’Eglise qui pouvait lui apprendre à danser et à nager dans la vie avec ses copains et ses copines ? Un groupe de 6ème avait un jour trouvé une façon de le dire : “l’Eglise, c’est un lieu pour prendre du bon temps.” Ils parlaient comme mon ami théologien Jean-Yves Baziou : “La foi chrétienne, une raison de plus d’être en joie. Être chrétien n’est pas nécessaire… mais ça donne une raison de plus de se réjouir d’être. L’Eglise pourrait être comme un sourire qui aide des jeunes à se réjouir d’être, à s’apprécier d’être humain et de pouvoir encore le devenir.”

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Evangile du 25° dimanche dans l’année B – 19 septembre 2021

Posté par rtireau le 13 septembre 2021

Enfant 540

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9, 30-37. 

En ce temps-là, Jésus traversait la Galilée avec ses disciples, et il ne voulait pas qu’on le sache,
car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger.
Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? »
Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand.
S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit :
« Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

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Homélie

Posté par rtireau le 13 septembre 2021

25° dimanche dans l’année B - 19 septembre 2021

 Sagesse 2, 12. 17-20 ; Psaume 53 ; Jacques 3, 16 ; 4, 3 ; Marc 9, 30-37

“De quoi discutiez-vous en chemin ?” Les disciples ne répondaient rien car, sur la route, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. Jésus venait de leur parler de la mort qui l’attend. Eux discutaillaient pour savoir qui était le plus grand. Jésus vient d’annoncer qu’il va descendre jusque dans la mort, eux son préoccupés de monter en grade.

De quoi parliez-vous donc sur votre route d’hommes ?

- Ah c’est vrai ! Quand il y a eu ce grave accident, on s’est mis à discuter : “A qui la faute ? Depuis le temps qu’on lui disait de faire attention, d’aller moins vite !” Et, pour un peu, personne ne serait allé lui rendre visite à l’hôpital.

- Et quand untel s’est retrouvé au chômage, on a beaucoup discuté aussi : “Il l’a un peu cherché ! S’il buvait moins ! S’il avait respecté les horaires !”  Et pour un peu personne n’aurait pris le temps de parler avec lui pour comprendre et aider !

- Et quand a surgi cette grave maladie, et quand il y a eu cette grève, et quand … 

Jésus vient d’annoncer les souffrances et la mort qui l’attendent. Et eux s’inquiètent de monter en grade. Ridicule. Alors Jésus dit : “Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous.” Et il décide de faire parler un geste, une situation : “Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille.»” Pour les apôtres, c’est violent. Jésus leur donne en leçon un petit enfant. Dieu n’est pas avec ceux qui veulent être les plus grands. Révélation capitale sur le mystère de Dieu : Dieu n’est pas du côté de la domination, mais du service. En sa Passion, vers laquelle Jésus s’avance librement, Dieu s’est fait le dernier de tous, le serviteur. Oui ! Dieu est bien le plus Grand, mais c’est dans le service qu’il est imbattable.

Jésus embrasse le petit enfant comme pour dire : Soyez capables d’accueil pour les plus dépendants, comme cet enfant. Mettez votre énergie à cet accueil. Et il en faudra, de l’énergie, car il y a toujours des surprises avec un enfant. Voilà, dit Jésus, qui sera le plus grand : c’est le plus petit. Attention, pas question d’infantilisme pour autant ! Jésus ne nous demande pas d’avoir des sentiments d’enfant, mais de nous mettre dans la situation de l’enfant. Parce que l’enfant, c’est celui qui voit les autres comme des grands. Et le plus grand dans le Royaume, c’est celui qui saura voir dans les autres, des grands. Et non des pauvres types dont on se moque gentiment, en cachette. 

J’aime bien ces quelques mots de Bertrand Gournay : “Toute relation à l’enfant touche l’infini de Dieu… Le petit est prioritaire, le plus faible est le lieu privilégié de la présence de Dieu… Bonne Nouvelle : le plus petit, c’est le plus grand au regard de Dieu.”  Et tout le monde connaît la phrase de khalil Gibran : “Et si vous voulez connaître Dieu, ne soyez pas préoccupés de résoudre des énigmes. Regardez plutôt autour de vous, et vous le verrez  jouant avec vos enfants.”

J’aime ces quelques lignes parce qu’elles disent beaucoup de la foi chrétienne. Au nom de la seule croyance en Dieu il est arrivé que l’on cherche le pouvoir, et même qu’on maltraite et qu’on tue. Impossible au nom de la foi chrétienne puisqu’elle reconnaît le visage du Christ dans le plus petit. Alors on ne peut que s’entraider à vivre le respect, en particulier du plus petit, et à ne jamais faire de sacré qui ne soit pas d’abord humain.

La tentation fondamentale des hommes est souvent d’être forts comme des dieux ou comme Dieu. Alors que notre vocation c’est d’être modestement comme Jésus comme y invite la fameuse phrase au baptisé, inventée par un prêtre de Rennes il y longtemps : “Fais paraître dans ta vie un nouvel aspect du visage de Jésus-Christ que personne n’a encore manifesté comme tu sauras le faire.” 

Et dans un livre de Bernard Feillet : “Ce que nous demandons à l’Eglise, c’est de ne pas rendre Dieu impossible aux hommes, c’est de respecter les voies qu’ils explorent, de les aider à en découvrir le sens, d’accompagner ceux qui le lui demandent sur le chemin où ils cherchent Dieu.”

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Evangile du 24° dimanche dans l’année B – 12 septembre 2021

Posté par rtireau le 5 septembre 2021

Croix

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 8, 27-35. 

En ce temps-là, Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? »
Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. »
Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. »
Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne.
Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite.
Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches.
Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Appelant la foule avec ses disciples, il leur dit : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi et de l’Évangile la sauvera.

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Homélie

Posté par rtireau le 5 septembre 2021

24° dimanche dans l’année B - 12 septembre 2021

 Isaïe 50, 5-8a ; Psaume 114 ; Jacques 2, 14-18 ; Marc 8, 27-35

Jésus interroge ses disciples : “Au dire des gens, qui suis-je ?” Les uns disent qu’il est Jean-Baptiste, d’autres Élie, ou un prophète. Ils ont leurs catégories. Ils trouvent des références dans le passé. On pourrait dire qu’ils font de l’étiquetage, bienveillant, mais étiquetage quand même. C’est du passé, du classement, et quand une affaire est classée, quand quelqu’un est classé…

Jésus relance la question : “Mais pour vous, qui suis-je ?” Alors Pierre répond : “Tu es le Christ”. Sans doute parce qu’il a su regarder Jésus autrement, parce qu’il a su voir plus que le visible en Jésus. Il a vu le présent et l’avenir, il a vu l’invisible. Il a vu le mystère de la personne, il a eu le regard du respect, celui qui envisage au lieu de dévisager.D’aucuns veulent voir pour croire. Ici, il est clair que c’est parce qu’il croit que Pierre voit. Il voit tout autre chose et surtout il voit beaucoup plus loin, même si la suite va montrer que son regard reste fragile. En effet, le Messie dont il parle sera, à son avis, libérateur de l’occupant romain, manu militari. Dès que Jésus parle d’incarnation réelle, de souffrance, de rejet, de mise à mort, Pierre perd les pédales.

2000 ans après, on est dans le même état que Pierre. On trouverait tellement bien que Jésus ne soit plus fragile mais qu’il soit seulement Dieu, le fort, le tout-puissant. Si ça ne dépendait que de nous, il serait celui qui remettrait les choses en ordre et ferait triompher le bien. Or la seule toute puissance de notre Dieu est celle de son amour manifesté à travers son Fils et, depuis, à travers chacun des hommes et des femmes, jusqu’à chacun de nous aujourd’hui. Croire que c’est bien aux hommes que Dieu a voulu confier son visage à montrer, à incarner.

Je repense à ces gens venus me parler de problèmes graves. Des phrases douloureuses leur échappaient : “Dieu pourrait faire quelque chose. Vous pourriez prier.” Et petit à petit leur ton change. Ils disent leur surprise de n’avoir pas craqué : c’est inexplicable, au fond. Et ils évoquent ce qu’on peut appeler des signes : “On fait face ensemble avec les enfants. On a de bons voisins : ils nous ont invités à de bons moments simples : ça remet debout.” Alors j’ai pu dire : “Il est là, le Dieu de Jésus Christ”, le Dieu dont l’amour est tout-puissant. Pour eux ces gestes d’amour ont dit (fait) Dieu, ont fait exister la présence de Dieu qui remet debout. Ils m’ont fait penser à la traduction étonnante que propose la théologienne Lytta Basset à la phrase d’aujourd’hui : “Si quelqu’un veut marcher à ma suite, … qu’il prenne sa croix et qu’il me suive.” La traduction qu’on vient d’entendre a pu engendrer des idées doloristes ou pessimistes : pour être chrétien, il faut en baver. Lytta Basset, elle, fait remarquer que le mot hébreu qu’on a traduit par prendre peut aussi être traduit par lever. Et ce mot lever est le même que ressusciter. Alors la phrase pessimiste devient tout autre : “Si quelqu’un veut marcher à ma suite, … qu’il soulève (qu’il exalte) sa croix et qu’il me suive.” Comme pour ces gens qui se sont laisser remettre debout par leurs proches…

Il y a quelques années nos amis protestants ont édité un petit livre qui s’appelle Dieu s’approche. J’y ai lu ceci : “Les chrétiens croient qu’en Jésus Christ Dieu s’est approché de nous. Qu’il nous rejoint dans notre humanité. Qu’il rejoint chacune, chacun d’entre nous dans ce que nous avons d’unique… En Jésus, Dieu a connu la joie et les peines, l’amitié et la fidélité, le rejet et la trahison, le doute et l’espérance, la tentation, l’angoisse et la mort. Comment être plus proche de l’humanité qu’en vivant la réalité d’une vie d’homme ? Ainsi, ce Dieu qui vit, qui souffre et qui meurt en Jésus comprend ce que veut dire vivre et mourir. Et du même coup, regardant ce qu’a été la vie de Jésus, nous comprenons ce que signifie véritablement l’existence humaine.

S’il y a un lieu où Dieu n’aurait pas dû être présent, c’est bien celui de la mort ! Or c’est précisément là que Dieu choisit de se révéler pleinement en Jésus. Comment pourrions-nous l’imaginer plus proche de nous ? La croix où meurt Jésus n’est pas la démonstration sensationnelle de l’existence de Dieu. C’est le contre signe qui révèle la présence de Dieu là où on l’attendait le moins.” Là où nous avons besoin d’une présence d’amour qui nous aide à lever notre croix.

Le théologien Henri Denis a écrit : “Le Christ est celui qui a transfiguré le sacré en sainteté… Le sacré implique la distance, tandis que la sainteté est le fruit de l’Alliance…” 

“Pour moi, disait joliment Paul Guth, Jésus Christ est le Dieu que nous pourrions être.”

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Evangile du 23° dimanche dans l’année B – 5 septembre 2021

Posté par rtireau le 29 août 2021

Sourd

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7, 31-37. 

En ce temps-là, Jésus quitta le territoire de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction de la mer de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole.
Des gens lui amènent un sourd qui avait aussi de la difficulté à parler et supplient Jésus de poser la main sur lui.
Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, avec sa salive, lui toucha la langue.
Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! »
Ses oreilles s’ouvrirent ; sa langue se délia, et il parlait correctement.
Alors Jésus leur ordonna de n’en rien dire à personne ; mais plus il leur donnait cet ordre, plus ceux-ci le proclamaient.
Extrêmement frappés, ils disaient : « Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets. »

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Homélie

Posté par rtireau le 29 août 2021

23° dimanche dans l’année B - 5 septembre 2021

 Isaïe 35, 4-7a ; Psaume 145 ; Jacques 2, 1-5 ; Marc 7, 31-37

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus a tout l’air d’être un faiseur de miracles qui épaterait les gens pour les attirer. En réalité, si Saint Marc nous raconte en détail comment Jésus redonne à cet infirme l’usage de ses oreilles et de sa langue, c’est pour révéler qui est Jésus. Isaïe avait annoncé : quand le Messie viendra libérer son peuple, “alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds.” Il mettra fin à la surdité, à la cécité, au mutisme et à la paralysie. Il fera des hommes nouveaux. Voici qu’avec Jésus, ça correspond : les aveugles voient, les sourds entendent, les muets parlent et les paralysés marchent. “Jésus fait toutes choses nouvelles.”

Ainsi la venue du Messie s’accomplit chaque fois que des hommes passent de Babel où ils ne se comprennent pas à Pentecôte où chacun écoute l’autre, quelle que soit la différence de langue, de race ou de civilisation. 

La venue du Messie s’accomplit quand la parole de ceux qui ne peuvent pas s’exprimer dans les réunions ou les assemblées est enfin libérée. Et quand sont changées les conditions de travail qui rendent impossible ou simplement difficile la communication entre les personnes.

La venue du Messie s’accomplit quand passe dans les familles et les groupes le courant de la communication qui devient communion. Quand, à travers ce que disent les hommes, les croyants discernent la voix de Dieu. Et quand les amis de Jésus ne bégayent plus pour annoncer sa Bonne nouvelle et chanter ses merveilles. Chaque fois, c’est la venue du Messie qui s’accomplit.

Dans notre monde d’aujourd’hui, qui sont les aveugles, les sourds, les boiteux et les muets qu’il faut guérir ? Il y a les aveugles qui ne peuvent pas voir les montagnes enneigées, ni les magnifiques cathédrales ; il y en a d’autres qui ne veulent pas voir la pauvreté qui les entoure et qui ferment les yeux sur ce qui les dérange. Il y a les sourds qui ne peuvent pas entendre la musique ni le chant des oiseaux ; il y en a d’autres qui ne veulent pas entendre la demande silencieuse de celui qui est seul ou les cris de ceux qu’on maltraite. Il y a les boiteux qui ne peuvent pas courir ni même se déplacer partout avec un fauteuil roulant ; il y en a d’autres qui ne bougent pas d’un centimètre dans leurs convictions ou qui refusent de faire le premier pas vers l’autre pour se réconcilier. Il y a les muets qui ne peuvent utiliser les mots pour dire leur amour ou leur tendresse ;  il y a d’autres muets au cœur desséché, qui n’ont jamais osé dire leur foi avec d’autres.

Et puis il y a en chacun de nous un sourd muet, fermé à ses frères et incapable de parler à Dieu. Pour écouter Dieu nous sommes tellement sourds. Pour oser dire sa Parole nous restons souvent muets. Jésus, lui, est ouvert. Alors que scribes, pharisiens, esséniens, sadducéens élèvent des barrières pour s’isoler des pécheurs et des publicains, des païens et des Samaritains, Jésus, lui, recherche le contact avec tous. L’évangile d’aujourd’hui nous le montre en Phénicie et en Décapole, à l’aise partout, mettant tout le monde à l’aise. Il est le Maître qui sait écouter, l’Ami qui sait parler. Satan ferme l’homme en lui-même, Jésus brise ce monde clos d’un mot : “Effata, Ouvre-toi !”

Quelques réflexions en forme de conclusion :

- On amène un sourd-muet à Jésus : on ne peut pas venir de soi-même. On est amené. Qui m’a amené ? Qui j’ai amené depuis ?

- Jésus éloigne d’abord le sourd-muet de la foule. Désormais elle ne peut plus le blesser ou le juger avec ses préjugés. Ce n’est qu’une fois à l’écart qu’il peut retrouver confiance.

- Ouvre-toi ! Deviens capable d’impossible ou d’impensable. Deviens ce que tu es (en germe).

- Plus moyen de faire taire ces gens-là…

- J’ai lu quelque part : quand je médite ce texte je me demande qui doit s’ouvrir, le malade ou le ciel ? La tournure du texte rend les deux possibles. Je soupçonne que c’est le ciel à qui s’adresse Jésus, car il sait ce qui se passe lorsque le ciel s’ouvre : ça fait du bien à l’homme et le guérit.

- Enfin, c’est par ses gestes que Jésus nous guérit et nous libère. “Il lui mit les doigts dans les oreilles, et, avec sa salive, lui toucha la langue. Puis, les yeux levés au ciel, il soupira…” Il y aussi le repas de la Cène, le sang versé de la croix, la pierre roulée du tombeau vide. Les sacrements sont dans cette ligne : rencontrer Dieu passe par les oreilles, et par la langue et par les yeux. Laissons Le Christ nous déployer !

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Evangile du 22° dimanche dans l’année B – 29 août 2021

Posté par rtireau le 22 août 2021

Mains

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7, 1-8.14-15.21-23. 

En ce temps-là, les pharisiens et quelques scribes, venus de Jérusalem, se réunissent auprès de Jésus,
et voient quelques-uns de ses disciples prendre leur repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.
– Les pharisiens en effet, comme tous les Juifs, se lavent toujours soigneusement les mains avant de manger, par attachement à la tradition des anciens ;
et au retour du marché, ils ne mangent pas avant de s’être aspergés d’eau, et ils sont attachés encore par tradition à beaucoup d’autres pratiques : lavage de coupes, de carafes et de plats.
Alors les pharisiens et les scribes demandèrent à Jésus : « Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leurs repas avec des mains impures. »
Jésus leur répondit : « Isaïe a bien prophétisé à votre sujet, hypocrites, ainsi qu’il est écrit : ‘Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi.
C’est en vain qu’ils me rendent un culte ; les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.’
Vous aussi, vous laissez de côté le commandement de Dieu, pour vous attacher à la tradition des hommes. »
Appelant de nouveau la foule, il lui disait : « Écoutez-moi tous, et comprenez bien.
Rien de ce qui est extérieur à l’homme et qui entre en lui ne peut le rendre impur. Mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur. »
Car c’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses : inconduites, vols, meurtres,
adultères, cupidités, méchancetés, fraude, débauche, envie, diffamation, orgueil et démesure.
Tout ce mal vient du dedans, et rend l’homme impur. »

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Homélie

Posté par rtireau le 22 août 2021

22° dimanche dans l’année B - 29 août 2021

Deutéronome 4,1-2.6-8Psaume 14
Jacques 1, 17-18.21b-22.27
Marc 7, 1-8.14-15.21-23

Des Pharisiens reprochent aux disciples de Jésus de ne pas être fidèle à la tradition ! “Ils prennent leur repas avec des mains impures.” La loi juive obligeait les prêtres à se laver les mains avant le service liturgique (Exode 30, 17-21) pour donner au repas une signification sacrée : on mange devant Dieu et on le remercie de nous donner le pain. Belle tradition ! 

Mais voilà qu’avec le temps ces pratiques de respect sont devenues, avec les Pharisiens, des façons de séparer les hommes : les Juifs sont préservés de contact mauvais avec les païens ; les justes sont écartés des pécheurs ; les bien portants sont éloignés des malades

Figurez-vous qu’un jour quelqu’un est venu me demander de bénir des médailles pour se protéger des bougnouls. Sans même s’en rendre compte, il me demandait juste le contraire de ma mission. 

Mais revenons au texte. Les rabbins ajoutèrent plein de détails à cette règle de se laver les mains. Et ils les imposèrent à tous les Juifs avant de se mettre à table sous prétexte que tout repas est un acte religieux et que tout Israël est un peuple sacerdotal. Les disciples de Jésus, eux, sont des Galiléens assez loin de la stricte Jérusalem. Ils sont de simples travailleurs et ils ont du mal à se conformer à tous ces détails. D’où le reproche qu’on fait à Jésus dans le texte.

Donc les pharisiens attaquent. Ils font semblant de questionner mais déjà ils condamnent : “Pourquoi tes disciples ne suivent-ils pas la tradition des anciens ? Ils prennent leur repas avec des mains impures.” Réplique cinglante : la tradition des ancêtres ! Lisez donc Isaïe : “Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. Il est inutile, leur culte… Vous laissez de côté le commandement de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes.” En somme vous prétendez servir Dieu mais c’est pour mieux imposer vos règlements ! Jésus, lui, dit que Dieu est ouvert à tous. Il accueille le contrôleur d’impôts méprisé, le centurion de l’armée d’occupation, le lépreux ou la personne de mauvaise vie. A quoi sert de se laver les mains selon les rites si le cœur est plein de mépris ou de haine ? À quoi bon se laver les mains si le cœur n’y est pas ? C’est comme ça que Pilate se lavera les mains en condamnant l’innocent.

Jésus se sert de deux oppositions : le pur et l’impur, le dedans et le dehors. “Rien d’extérieur à l’homme et qui pénètre en lui ne peut le rendre impur ; mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur.”  Des mains rituellement bien lavées n’empêchent pas d’avoir un cœur sale. C’est ton cœur mauvais qui te sépare de Dieu et des autres. Il y a perversion quand l’extérieur l’emporte sur l’intérieur, quand l’apparence l’emporte. Si ces distinctions entre le dedans et le dehors peuvent paraître compliquées

• Relisez Saint Jacques : il invite à des travaux pratiques simples, même s’ils ne sont pas faciles : « Devant Dieu notre Père, un comportement religieux…, c’est visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse, et se garder sans tache au milieu du monde. »

• Souvenez-vous la parabole du bon samaritain avec le débat entre la loi et le prochain. Le prêtre et le lévite choisissent le respect de la loi et refusent de se souiller au contact du sang. Le samaritain, lui, n’est pas prisonnier de cette loi et est donc libre d’aimer. Il choisit d’aimer l’autre, plutôt que d’aimer la règle.

• Souvenez-vous quand Jésus se met à genoux pour laver les pieds de ses disciples : le maître se fait esclave de ses frères.

• Et quand il guérit le jour du sabbat sans se tracasser de l’interdit. Il finit même par déclarer : “Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat.” (Marc 2). Les Pharisiens ont choisi l’amour de la règle, Jésus choisit la règle de l’amour.

Saint Jacques disait : “Un comportement religieux pur et sans souillure, c’est de visiter les orphelins et les veuves dans leur détresse…” Un commentateur a pu écrire : “Le service n’est pas une vertu parmi d’autres qui devait être exercée par l’Église : il est sa raison d’être. S’il n’y a pas le service, la présence devient un rêve et l’absence, un abandon.” À l’approche de la rentrée, les travaux pratiques ne vont pas manquer : il suffit de nous demander qui sont aujourd’hui nos orphelins et nos veuves dans le malheur, et qui partagera le pain de la Parole et le pain de l’amour à tout ce monde-là.

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