Evangile pour le 25°dimanche dans l’année C – 22 septembre 2019

Posté par rtireau le 18 septembre 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 16,1-13.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens.
Il le convoqua et lui dit : “Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.”
Le gérant se dit en lui-même : “Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte.
Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.”
Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : “Combien dois-tu à mon maître ?”
Il répondit : “Cent barils d’huile.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.”
Puis il demanda à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?” Il répondit : “Cent sacs de blé.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu, écris quatre-vingts.”
Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière. »
Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande.
Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ?
Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

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Homélie

Posté par rtireau le 18 septembre 2019

25° dimanche dans l’année C – 22 septembre 2019

Amos 8, 4-7 ; Psaume 112 ; 1 Timothée 2, 1-8 ; Luc 16, 1-13

Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’argent… 

Avec notre manie de moraliser, il nous est sûrement arrivé de classer les gens : honnêtes / malhonnêtes ; purs / impurs ; bons / mauvais, et peut-être bien en nous réclamant de l’évangile. Ça nous fait des excuses évangéliques pour éviter de fréquenter tel ou tel. Eh bien c’est qu’on a mal lu l’évangile. Car Jésus a toujours pris la défensedes pécheurs publics comme Zachée ou la Samaritaine, pas pour les justifier, mais pour les remettre debout. Aujourd’hui, c’est le comble: on dirait que Jésus dit du bien d’un malhonnête. En réalité, la pointe du texte (comme dans toute parabole il y a une pointe), c’est : “Soyez assez habiles pour être encore plus humains…”On aimerait bien que l’Evangile s’adresse aux malhonnêtes pour les redresser. Pas de chance, il s’adresse à nous, nous qui sommes déjà pieux et vertueux, pour nous inviter à être plus habiles pour être plus humains.

Jésus fait allusion apparemment à une tricherie qui a eu lieu peu de temps avant et qui est bien connue de son auditoire. Il n’a sûrement pas l’intention de nous enseigner à tricher avec le fisc ! Son enseignement est plutôt du genre : les enfants de ce monde sont très habiles ; vous qui prétendez être les enfants de Dieu, vous devriez être plus habiles encore. Vous devriez utiliser l’argent, non pas pour vous construire une super-sécurité-perso, mais pour construire un monde plus humain pour vous et pour les autres. Vous n’êtes pas les propriétaires de ce que vous possédez. Vous en êtes les gérants et vous devez gérer selon les besoins de tous. 

Je me rappelle la réflexion de quelqu’un un jour qui se promenait sur un bord de mer… A la 4ème ou 5ème pancarte : “Propriété privée”, il s’exclame : propriété privée… mais privée de quoi au juste ? Vous n’êtes pas les propriétaires de ce qui vous possédez. Vous en êtes les gérants.Nous savons bien qu’il y a un grand désir de posséderen chacun de nous, et aussi dans le monde, dans les rapports individuels comme entre les nations ou les blocs de nations. Et quels que soient les responsables immédiats de toutes les violences que nous pouvons connaître, nous ne pouvons pas ne pas voir que la plupart sont le fruit d’une longue chaîne d’injustices dans les relations entre les nations.

Mais revenons à nous-mêmes. Notre monde est peuplé heureusement très majoritairement de gens droits et irréprochables. Et pourtant il y a des millions de gens qui souffrent d’injustices, de violences et de famines. Où sont les coupables ? Ils sont introuvables puisque presque tout le monde est honnête. Alors surgit la question de l’Evangile d’aujourd’hui : “Suffit-il d’être honnête pour être humain ?”Ils ont les mains pures, disait Péguy, mais ils n’ont pas de mains.

Et de fait, nous connaissons sûrement des gens (nous quelquefois) qui rusent avec le système pour aider untel à s’en sortir, des personnes qui ont bien compris le message de l’évangile :

- Ce jeune homme avec son sac à dos plein de médicaments non déclarés pour un pays du tiers monde. C’était de la fraude. Illégal ! Un peu comme le texte d’aujourd’hui.

- Cet enseignant : il y a une activité payante ; un enfant n’a pas d’argent. La légalité : pas d’argent, pas d’activité. Il dit : “l’enfant est premier : on s’arrangera.”

- Cet enfant qui était interdit de cantine. Et les copains lui passent à manger en fraude. Interdit.

Petits exemples qui ne sont pas du tout éloge de la malhonnêteté. Simplement ils font passer l’homme avant la loi, l’homme avant le Sabbat, la relation fraternelle, la solidarité, la communion avant la simple honnêtetéqui, dans certains cas, est presque démission. Tous ces exemples sont le signe d’un réflexe le plus souvent acquis par une vie priante comme y invitait la lettre de Paul à Timothée : “Afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité.”

C’est la rentrée… Pas de meilleur souhait que de nous entraider à devenir plus grands, plus humains, c’est à dire plus près de Dieu.

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Evangile pour le 24°dimanche dans l’année C – 15 septembre 2019

Posté par rtireau le 10 septembre 2019

Prodigue

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15, 1-32. 

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux,
et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !”
Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. »
Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ?
Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !”
Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.”
Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”
Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

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Homélie

Posté par rtireau le 10 septembre 2019

24° dimanche dans l’année C - 15 septembre 2019

Exode 32, 7-11.13-14 ; Psaume 50 ; 1 Timothée 1, 12-17 ; Luc 15, 1-32

Les pharisiens reprochaient à Jésus ses fréquentations douteuses« Cet homme fait bon accueil aux pécheurs et il mange avec eux ». Autrement dit : il pactise avec eux, il est leur complice. Il leur répond par des paraboles : Brebis perdues, pièces perdues, fils perdus, pensaient les pharisiens. Brebis retrouvées, pièces retrouvées, fils retrouvés, nous dit Jésus. Non qu’ils soient revenus d’eux-mêmes, mais parce qu’on est allé les chercher, parce qu’on a balayé la maison, parce qu’ils se sont laissés porter sur les épaules et serrer dans les bras. Malheureux ces pharisiens, enlisés dans leur fausse justice, et qui se privent du meilleur de la joie de croire : se savoir pardonné !La Bonne Nouvelle de Jésus est celle du pardon offert. Ni au paralytique, ni à l’aveugle-né, ni à Zachée, ni à la femme adultère, Jésus ne dit qu’ils sont pécheurs, mais à chacun d’eux Jésus révèle qu’il est pardonné.

Malheureux aussi les chrétiens qui cherchent à sauver la face de leur bonne conscience. En refusant d’avouer devant le Seigneur qu’ils sont coupables de trahison de l’Amour, ils se privent de la joie se savoir pardonnés. Saint Paul qui avait persécuté les chrétiens savait ce que c’était que d’être pardonné. Il nous en disait la joie dans la seconde lecture tout à l’heure. Si j’ai eu l’occasion de prendre conscience de l’amour dont je suis aimé, alors il me sera donné de pouvoir me réjouir « pour un seul pécheur qui demande pardon ».

Si un petit enfanta commis une désobéissance. Il sait qu’il a mal agi. Il est mal à l’aise. Survient sa maman qui le prend dans ses bras. C’est à ce moment-là, quand il se sent aimé, que tout d’un coup lui est révélé le mal qu’il a fait. Il avoue sa désobéissance à sa maman. Il est triste, mais pas comme tout à l’heure lorsqu’il était tout seul avec sa désobéissance. Il est triste, et en même temps heureux, car il se sait aimé, y compris dans sa désobéissance. Reconnaître son péché, c’est le voir en étant dans les bras de Dieu, comme le petit enfant dans les bras de sa mère. 

Le péché n’est pas du côté des interdits, mais du côté de l’amour. Le péché, c’est ce qui fait souffrir Dieu qui nous aime. Le berger souffre de brebis perdue. La femme souffre de sa pièce de monnaie perdue. Le père souffre de son enfant perdu. La conversion n’est pas l’effort pour devenir quelqu’un de bien. La conversion, c’est donner de la joie à Dieu.“Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion.”

J’en entend qui se disent : “Il est bien arrangeant cet évangile de Luc qui invite à ne pas s’en faire!”Ceux-là ont-ils remarqué que Jésus parle de conversionet pas de diplômes ? Être juste ne donne aucun droit, sinon le droit de se convertir.Juste ou non, on n’aura jamais fini de se convertir à l’Amour qui restera toujours la gratuité de Dieu.

Cent brebis, dix pièces, deux fils…. Perdu et retrouvé.C’est bien l’amour de Dieu, berger,maîtresse de maison, père de famille, que Jésus dit à ceux qui l’entourent et que Saint Luc raconte aux premières communautés chrétiennes :

- Aux juifsil faut dire que personne n’est exclu du Royaume. Si une brebis se perd il faut laisser les autres, les pharisiens, pour la retrouver. 

- Aux nouveaux convertisil faut dire que s’il manque une pièce, il est urgent de la retrouver car chacune est précieuse et les neuf autres ne consolent pas de celle qui est perdue. 

- A tous,il est bon de rappeler que si un fils a voulu partir pour vivre sa vie, il n’est pas possible de l’oublier auprès de celui qui reste. 

Tous et chacun ont toujours le même prix aux yeux de Dieu. Si nous jugeons l’un ou l’autre perdu, c’est que notre amour n’est pas assez passionné et patient pour le retrouver.Il s’agit bien d’un véritable retournement, d’une conversion radicale à faire : Les pécheurs ne sont plus ceux qui se perdent,mais ceux qui les laissent se perdre et ne veulent pas se réjouir de ce qu’ils soient retrouvés.  L’amour de Dieu qui sait retrouver ceux qui sont perdus doit maintenant retourner le cœur de ceux qui ne se croient pas perdus.C’est Dom Helder Camara qui disait au sujet des deux fils (le prodigue et l’aîné) : “L’un s’est réveillé de son péché, quand donc l’autre se réveillera-t-il de sa vertu ?”

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Evangile pour le 23°dimanche dans l’année C – 8 septembre 2019

Posté par rtireau le 3 septembre 2019

Croix

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14,25-33. 

En ce temps-là, de grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit :
« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple.
Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple.
Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ?
Car, si jamais il pose les fondations et n’est pas capable d’achever, tous ceux qui le verront vont se moquer de lui
“Voilà un homme qui a commencé à bâtir et n’a pas été capable d’achever !”
Et quel est le roi qui, partant en guerre contre un autre roi, ne commence par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui marche contre lui avec vingt mille ?
S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander les conditions de paix.
Ainsi donc, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »

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Homélie

Posté par rtireau le 3 septembre 2019

23° dimanche dans l’année C – 8 septembre 2019

Sagesse 9, 13-18 ; Psaume 89 ; Philémon 9 … 17 ; Luc 14, 25-33

Cet évangile semble dur. Alors je commence par une petite histoire :un enfant voulait manger des noix qui se trouvaient dans un pot au goulot étroit. “Maman, je veux manger des noix.”-“Prends-en une, petit.” L’enfant enfile le bras mais il remplit tant sa main qu’il ne peut plus la retirer. Il dit : “Regarde ! Ma main ne sort plus.” Sa mère : “Lâche ce que tu tiens ! Prends seulement ce qu’il faut, et ta main sortira.” Le sage ajoutait :“Il n’y a pas que les enfants pour attraper trop de noix en même temps. Et beaucoup, tentés par les richesses, ne sont pas assez sages pour recouvrer leur main.” Évidentqu’il vaut mieux récupérer sa main ! Et quand des amis se retrouvent sur le quai d’une gare, ils lâchent les valises pour s’embrasser. Évident. Tout comme pour serrer la main à quelqu’un, il faut que les mains soient vides. Ou pour aller loin dans une rando en montagne, il vaut mieux ne pas trop charger le sac à dos…

J’ai dit ces évidencespour éviter toute fausse piste au sujet de l’Évangile. Ses exigences paraissent tellement exorbitantes qu’on se dit : “Sûrement que Jésus exagère pour réveiller le monde. Ça doit être une façon de parler. Ou bien être réservé à des élites.” Non ! Luc dit bien que Jésus s’adressait aux foules, c’est à dire à tous. Récupérer sa main en acceptant de ne pas la remplir trop, lâcher ses valises pour embrasser les amis… c’est valable pour tout le monde.

Alors il est utile de s’asseoir et de réfléchir, comme dit l’évangile. S’asseoir pour bien comprendre cette invitation de Jésus : entre nous, on le connaît suffisamment, lui et son Évangile d’amour, pour ne pas le soupçonner de nous demander de larguer père et mère. 

S’asseoir et réfléchirau contexte d’abord.Saint Luc, en rapportant ces paroles de Jésus, pensait aux chrétiens de sa génération. Beaucoup avaient fait un choix radical en devenant chrétiens. Beaucoup avaient été rejetés par leur famille comme des hérétiques. Et dans la seconde lecture : Saint Paul renvoie à Philémon l’un de ses esclaves, Onésime, qui s’était enfui. Et il lui demande de l’accueillir comme un frère. Or à l’époque, un esclave était un objet dont on pouvait disposer. Pas facile pour Philémon de se faire à l’idée que ses esclaves étaient des frères !

S’asseoir et réfléchirau sens de la demande : Si le Christ nous réclame de lepréférer à ceux qui nous sont les plus chers, c’est parce qu’il est présent au cœur de ces personnes que nous aimons.Il faut donc prendre le temps de lereconnaître dans ces visages. (Souvenez-vous : “Fais paraître dans ta vie un nouvel aspect du visage de Jésus…”Lereconnaître dans cette personne aimée, comprendre qu’on ne possèdepersonne, qu’on ne peut mettre la main sur personne. S’asseoir et prierpour devenircapable de la distance suffisantepour que ce soit le Christ qui soit préféré au travers de nos relations, surtout avec les plus proches. Être capable d’une distance suffisante qui nous conduit un jour… à quitter… 

Quoi de plus normal (naturel) que de quitter ? Quitter le sein maternel ; quitter l’enfance pour l’âge adulte ; quitter la famille pour fonder une famille. L’amour consiste à être heureux ensemble, mais aussi et surtout à exister davantage. L’amour conduit à quitterpour exister davantage. Et quitterà cause de l’Amour, c’est quitterà cause de Dieu. C’est préférer Dieu. Et ça existe : dans cette usine où l’on essaie de vivre le respect du prochain,on préfère Dieu; dans cette famille où l’on a choisi de prendre 10 minutes chaque soir en couple au retour du boulot pour parler de la journée… afin d’être disponibles aux enfants qui vont arriver. Chacun peut continuer la liste et voir que c’est vital. Vital et faisablecar si le Christ nous demande de porter notre croix au travers de nos relations les plus chères, c’est parce que brille déjà en elles la lumière de la résurrection. 

C’est ce beau message que suggère Lytta Basset, théologienne protestante, quand elle propose une autre traduction de la phrase : “Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il prenne sa croix.”Le mot hébreu peut être traduit par prendre… mais il peut aussi être traduit par lever… qui est le même mot que ressusciterQu’il lève sa croix.“Selon mon interprétation, dit-elle, Jésus invite chacun,non à porter comme un fardeau une existence crucifiante,mais à mettre en mouvement, lever, souleveret même exaltertout le négatif de sa vie, de manière à ce que rienne l’empêche plus d’avancer.”

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Evangile pour le 22° dimanche dans l’année C – 1er septembre 2019

Posté par rtireau le 26 août 2019

Cède

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 14, 1.7-14. 

Un jour de sabbat, Jésus était entré dans la maison d’un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et ces derniers l’observaient.
Jésus dit une parabole aux invités lorsqu’il remarqua comment ils choisissaient les premières places, et il leur dit :
« Quand quelqu’un t’invite à des noces, ne va pas t’installer à la première place, de peur qu’il ait invité un autre plus considéré que toi.
Alors, celui qui vous a invités, toi et lui, viendra te dire : “Cède-lui ta place” ; et, à ce moment, tu iras, plein de honte, prendre la dernière place.
Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place. Alors, quand viendra celui qui t’a invité, il te dira : “Mon ami, avance plus haut”, et ce sera pour toi un honneur aux yeux de tous ceux qui seront à la table avec toi.
En effet, quiconque s’élève sera abaissé ; et qui s’abaisse sera élevé. »
Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation et ce serait pour toi un don en retour.
Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ;
heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »

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Homélie

Posté par rtireau le 26 août 2019

22° dimanche dans l’année C – 1 septembre 2019

Sirac le Sage 3, 17-18. 20. 28-29 ; Psaume 67 ; Hébreux 12, 18-19 22-24a ; Luc 14, 1a. 7-14

Une fois de plus, Jésus participe à un grand repas. Cette fois-ci, c’est chez un chef des pharisiens. Visiblement, Jésus ne se laisse enfermer dans aucun groupe particulier. 

Il regarde les gens qui arrivent. On se souvient qu’à d’autres moments, il a épinglé certains scribes “Méfiez-vous des scribes… qui aiment les sièges d’honneur dans les synagogues et les places d’honneur dans les dîners.”  (Luc 20, 46). Sans doute regarde-t-il d’un œil amusé ceux qui vont déjà se placer aux bons endroits. Et puis le voilà qui élève la voix. Il fait mine de s’exprimer en général, comme un maître de sagesse, et en réalité il décrit ce qui est en train de se passer autour de lui. Il recommande de ne pas prendre les premières places pour ne pas risquer de devoir les quitter. Mieux vaut aller à la dernière pour être invité à monter plus haut.

Le conseil semble banal. Ça prend même l’air d’un calcul hypocrite : se mettre le dernier pour se faire remarquer et se voir proposer une meilleure place. En réalité, la parole de Jésus est plus subtile, car elle est à plusieurs niveaux : elle est d’abord un conseil de savoir-vivre. Mais attention ! Il s’agit aussi de noces, et pour tous ces esprits nourris des Écritures et attentifs à la finesse du langage de Jésus, il s’agit évidemment des noces de Dieu avec l’humanité. Il s’agit, – ils le savent, – du Royaume de Dieu. Et puis c’est une parabole qu’il raconte, et non pas un discours moralisateur.

A mots couverts, Jésus réaffirme donc : les petits sont les premiers pour Dieu. Le Magnificat le chantait déjà : “Il renverse les puissants de leur trône, il élève les humbles.”Jésus a toujours montré son attention privilégiée pour les rejetés, les malades, les pauvresde toutes pauvretés. Ila effectivement pris la dernière place. Il nous faut contempler Dieu tel qu’il se montre en Jésus. Alors qu’il aurait eu le droit de revendiquer“le rang qui l’égalait à Dieu”(Philippiens 2, 6), Jésus a choisi de se mettre à la dernière place. Dans la scène du lavement des pieds, nous voyons Dieu en tablier, Dieu lavant les pieds sales de l’humanité, Dieu humble, Dieu qui se fait le dernier : l’amour qui se fait serviteur. Nous, nous voulons souvent être comme des dieux (Genèse 3, 5) alors que nous sommes invités à essayer d’être comme Jésus. C’est là la vraie grandeur : “Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert.”  (Luc 22, 27). Dans le Royaume, « celui qui s’élève sera abaissé, celui qui s’abaisse sera élevé ». 

C’est la dernière phrase du texte qui donne sens à l’ensemble. Seul Jésus a le droit de le dire, parce que c’est sa vie, ce qui le fait « image visible du Dieu invisible ». En dehors de Jésus, de sa vie et de son message, je ne peux rien savoir de Dieu. Jésus nous révèle que Dieu est « Le Très-Bas », comme disent certains théologiens. Prendre la dernière place, c’est donc imiter Dieu. Et c’est dans cette logique que Jésus ajoute une conclusion stupéfiante. Il se tourne vers le maître de maison et lui reproche d’avoir invité ses amis, ses parents et ses riches voisins. On imagine la tête que devaient faire les convives ! Fallait-il s’en aller et laisser la place aux estropiés, aux boiteux, aux aveugles et autres éclopés ? Décidément, le festin commençait un peu durement !

C’est encore et toujours aujourd’huila même parole de Jésus qui libère et qui appelle à avancer. Elle s’adresse à chacun, elle s’adresse aux sociétés. Qui invite celui qui ne rendra rien ? Combien de temps les peuples riches tiendront-ils table abondante pendant que les autres souffrent famine ?

Les vacances s’achèvent. Une année de services et d’engagements nouveaux est là devant nous. Il y aura de quoi faire, chacun à sa place. Il y aura beaucoup à faire, mais regardons tout de suite tel petit pas possible :

- écouter quelqu’un que personne n’écoute (cf 1èrelecture : “L’idéal du sage, c’est une oreille qui écoute”).

- parler ouvertement à celui qui est tenu ouvertement à l’écart. Dès la cour de récréation.

- Dire du bien de celui dont tout le monde dit du mal.

- Choisir comme Jésus d’être proche, d’être avec ; avec les nouveaux venus dans les situations nouvelles de toute rentrée.

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Evangile pour le 21° dimanche dans l’année C – 25 août 2019

Posté par rtireau le 20 août 2019

étroite

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 13, 22-30. 

En ce temps-là, tandis qu’il faisait route vers Jérusalem, Jésus traversait villes et villages en enseignant.
Quelqu’un lui demanda : « Seigneur, n’y a-t-il que peu de gens qui soient sauvés ? » Jésus leur dit :
« Efforcez-vous d’entrer par la porte étroite, car, je vous le déclare, beaucoup chercheront à entrer et n’y parviendront pas.
Lorsque le maître de maison se sera levé pour fermer la porte, si vous, du dehors, vous vous mettez à frapper à la porte, en disant : “Seigneur, ouvre-nous”, il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes.”
Alors vous vous mettrez à dire : “Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.”
Il vous répondra : “Je ne sais pas d’où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui commettez l’injustice.”
Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, et que vous-mêmes, vous serez jetés dehors.
Alors on viendra de l’orient et de l’occident, du nord et du midi, prendre place au festin dans le royaume de Dieu.
Oui, il y a des derniers qui seront premiers, et des premiers qui seront derniers. »

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Homélie

Posté par rtireau le 20 août 2019

21° dimanche dans l’année C - 25 août 2019

Isaïe 66, 18-21 ; Psaume 116 ; Hébreux 12, 5-7.11-13 ; Luc 13, 22-30

Une histoire deporte étroite, fermée même. “Je ne sais pas d’où vous êtes.”(Je ne vous connais pas). Là il y aura des pleurs et des grincements de dents.”Des premiers qui deviennent derniers. On chercherait en vain un message d’amour dans tout ce passage ! Et la question : “Qui sera sauvé ?”n’y trouve pas une réponse très rassurante. Heureusement qu’il y avait Isaïe tout à l’heure pour nous donner un peu de moral : “Je viens rassembler toutes les nations, de toute langue.”

Notez bien la première ligne de l’évangile : “Tandis qu’il faisait route vers Jérusalem…”“Il faisait route vers Jérusalem…”En clair, il marchait vers sa passion, vers une mort violente prévisible. C’est sa passion qui s’annonce. Et ce quelqu’undont parle le texte en est aux débats philosophiques. Il est vrai que les disciples eux-mêmes demanderont bientôt qui serale plus grandet qui aura la meilleure placedans le Royaume. Jésus s’apprête à y laisser sa vie et ils en sont à des questions intellectuelles. Alors, il essaie de les réveiller. Il ne répond pas à la question : “Qui sera sauvé ?”Mais il dit: personne n’est sauvé d’avance.Personne n’est arrivé, jamais. Vous voudriez savoir si vous êtes sauvés. Eh bien ce n’est pas fait.

En réalité, pour ceux qui posaient la question à Jésus, le Royaume était un droit, un héritage. Leur question était donc plutôt : “A part nous, n’y aura-t-il que peu de gens à être sauvés ?”La réponse de Jésus est donc une grande surprise. Alors ils insistent : Tout de même, “Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné sur nos places.” On a des références: On est des juifs de bonne race. On a été de bons pratiquants. On a une tante religieuse. Dans ces moments-là, on sort la carte de visite. Réponse cinglante : “Je ne sais pas d’où vous êtes.”Nul n’entrera au ciel par recommandation.En clair : Je ne garantis rien à ceux qui ont mangé et bu avec moi et écouté mon enseignement. Je ne garantis rien aux pratiquants. 

Le critère de Jésus, c’est le discernement entre ceux qui ont fait le bien et ceux qui ont fait le mal. Pas de privilégiés. Vous voudriez savoir si vous êtes sauvés. Eh bien ce n’est pas fait.Sur le chemin du Royaume,il n’y a pas de gens arrivés, il n’y a que des gens en route, il n’y a pas de gens installés, il n’y a que des aventuriers. Ce qui est Bonne Nouvelle, c’est que tout le monde est invité. Comme disait Isaïe : “Je viens rassembler toutes les nations, de toute langue.” La porte est étroite mais l’entrée n’est pas réservée à une élite. L’inquiétude n’est plus : est-ce qu’il y aura beaucoup de places réservées, mais plutôt : comment avoir une vie pas trop encombrée pour pouvoir emprunter ce passage étroit ? 

Hyacinthe Vulliez a écrit : “Impossible pour les gens de s’installer dans une porte étroite avec leurs meubles et leurs bagages. Comment pourraient-ils entrer dans le palais avec tous leurs biens, alors que lui, le roi, leur offre tout à l’intérieur ? Comment celui qui veut tout garder pourrait-il tout recevoir ?” L’argent, disait quelqu’un, n’a de valeur spirituelle que s’il sert au partage. Michel Scouarnec a une belle image sur la question de la porte étroite : “J’aime bien penser, dit-il, à ce qui se passe quand on perd quelque chose dans un espace réduit. On fait souvent appel alors aux petits. Une petite main, un corps d’enfant ça passe plus facilement.”Ça correspond bien au message de Jésus : “Celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera pas.” Seuls peuvent passer par la porte étroite ceux qui ont suivi un régime, celui de l’évangile. Le mot grec employé par Saint Luc se traduit en fait par : « battez-vous pour entrer », et c’est de ce mot grec que vient en français le mot « agonie », l’ultime combat pour la vie.

Jean-Pierre Manigne avait aussi son avis sur la porte étroite : Si la porte est étroite, ce n’est pas parce qu’un Dieu pervers a multiplié pour nous les difficultés. C’est parce qu’elle est passage d’un monde à l’autre, d’une illusion à la vérité. Elle ressemble à la mort, et à la fin elle s’y confond tout à fait. Ou bien avec cette nouvelle naissance qui en forme l’autre versant. Que dirions-nous à l’enfant à naître qui, au moment d’entrer au monde, prendrait conscience de l’étroitesse du passage ? Qu’il faut passer de toute nécessité ? Certes, mais d’abord ceci : “Tu es attendu.” Derrière toutes les portes étroites qui jalonnent le cours de notre vie, Dieu est là, sur l’autre rive. Seule guérison de l’angoisse : se savoir attendu.

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