Evangile du 32°dimanche dans l’année B – 11 novembre 2018

Posté par rtireau le 7 novembre 2018

Obole copie

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12,38-44.

En ce temps-là, dans son enseignement, Jésus disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques,
les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners.
Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »
Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.
Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie.
Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres.
Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

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Homélie

Posté par rtireau le 7 novembre 2018

32° dimanche dans l’année B – 11 novembre 2018

1 Rois 17, 10-16 ; Psaume 145 ; Hébreux 9, 24-28 ; Marc 12, 38-44  

Ce jour-là, le prophète Jésus donne un cours de sociologie. Il est assis sur l’escalier qui conduit à la salle du trésor, et il invite ses disciples à observer le fonctionnement du Temple. Beaucoup de gens riches déposent de grosses sommes dans les troncs. Et voilà qu’une pauvre veuve s’avance et glisse deux petites pièces, deux leptes. C’est la plus petite monnaie de l’époque : deux centimes, deux fois rien. Mais pas rien pour elle.

L’apparition de cette veuve dans la salle du trésor du Temple a quelque chose d’un peu incongru. Voilà que d’un seul coup le trésor du Temple n’est plus une montagne d’or mais une veuve. Or il faut savoir que les veuves, au temps de Jésus, sont des exclues. N’ayant plus de mari elles n’ont plus de raison sociale, elles n’ont plus d’existence sociale. Et comme il n’y a pas de sécurité sociale, les veuves sont condamnées à la pauvreté. Aux yeux de Jésus c’est pourtant cette veuve qui est la seule richesse. Ce n’est pas de l’argent qu’elle apporte, mais sa vie : Regardez, dit Jésus. Elle donne sa faim. Elle épuise ses réserves, “tout ce qu’elle avait pour vivre.”Le texte grec dit même : Elle a donné toute sa vie.

De plus, la figure de cette veuve est la dernière figure qui apparaît dans le ministère public de Jésus. Son enseignement avait commencé par un “Bienheureux les pauvres”et il se termine sur cette exaltation de la pauvreté qui sait tout donner.

Quelques siècles plus tôt, sur la parole du prophète Elie, la veuve de Sarepta, avec confiance, osait accomplir une démarche semblable. Comme la veuve de Jérusalem, elle épuise ses dernières réserves. Elle sacrifie son reste de farine et, du coup, son geste devient sacré. Sans y penser peut-être elle accomplit une forme de liturgie. En ce temps-là en effet la farine pouvait être offerte en sacrifice. Naturelle, ou arrosée d’huile et d’encens, et même sous forme de gâteau. Ça pouvait être de la farine ordinaire ou, mieux encore, de la fleur de farine, moulue plus longtemps et tamisée plus finement.

Les riches, d’après Jésus, donnaient beaucoup, mais préservaient pour eux bien plus encore. La pauvre veuve donnait apparemment bien peu, mais elle ne gardait rien. En elle, Jésus reconnaît quelqu’un qui ressemble à Dieu. Car selon Jésus, il n’est pas un amour véritable, celui qui ne se traduit pas en gestes pratiques. 

Jusque là, on pourrait croire qu’il s’agit d’une leçon de morale. Mais non, c’est bien autre chose : la veuve de l’évangile, c’est sa vie qu’elle partage puisqu’elle donne, dans un geste un peu fou,“tout ce qu’elle avait pour vivre,”toute sa vie.  Par là, elle annonce le don que Jésus va faire de sa propre vie, quelques jours plus tard, pour que le monde soit sauvé. Et la veuve de Sarepta a fait une démarche semblable : elle a donné au prophète Elie jusqu’à sa dernière poignée de farine. Ces textes ne sont donc pas des leçons de morale, ce sont des paraboles de Pâques : l’annonce du salut et de la vie par le don gratuit de soi. Il ne s’agit pas d’abord ici d’entendre quelque conseil d’humilité ou de générosité. Il s’agit bien de se mettre en présence du Christ ressuscité.

Michel Scouarnec l’a dit à sa façon : “En réalité, la pauvre veuve c’est le Christ, personnage central du récit. Jésus parle sans doute autant de lui-même que des scribes et de la veuve, et il enseigne ses disciples à partir de ce qu’il voit et de ce qu’il vit. N’imitez ni les scribes prétentieux, ni les gens riches, mais plutôt cette pauvre veuve. Ne donnez pas seulement de votre savoir et de votre superflu, mais donnez tout, donnez votre vie. Moi aussi, je ressemble à cette pauvre veuve. Son geste préfigure ce que je vais faire. Je n’ai rien, ni argent, ni maison, et cependant je vais tout donner de ma vie, de ma dignité. Vous aussi,faites cela en mémoire de moi !

Nous venons de vivre la Toussaint. Voilà deux belles figures de Toussaint : deux veuves, deux femmes si vivantes et si croyantes. Parce qu’elles ont tout donné, “tout ce qu’elles avaient pour vivre”,nous croyons que le miracle continue selon la promesse d’Elie : “Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra.” A la Toussaint nous avons pensé à tous ceux qui nous manquent douloureusement mais qui, secrètement, nous nourrissent encore comme la fleur de farinede la veuve de Sarepta.

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Evangile du 31°dimanche dans l’année B – 4 novembre 2018

Posté par rtireau le 1 novembre 2018

Tu aimeras

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 12, 28b-34.

En ce temps-là, un scribe s’avança pour demander à Jésus : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : ‘Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.’
Et voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui.
L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

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Homélie

Posté par rtireau le 1 novembre 2018

31° dimanche dans l’année B - 4 novembre 2018

Deutéronome 6, 2-6
 ; Psaume118
 ; Hébreux 7, 23-28
 ; Marc 12, 28b-34

(Il y avait 613 commandements)

Un scribe, un secrétaire professionnel, un spécialiste en Ecriture sainte (peut-être un pharisien mais pas forcément), un scribe interroge Jésus : “Quel est le premier de tous les commandements ?” Jésus n’a pas reçu la même formation lourde que le scribe. Mais il lui fait une réponse avec laquelle le savant va être complètement d’accord. 

Il lui répond en faisant deux citations : d’abord la fameuse prière que tout juif pieux récitait (et récite encore aujourd’hui) deux ou trois fois par jour – Tout juif la récitait, donc Jésus aussi – qui se trouve au livre du Deutéronome (1ère lecture d’aujourd’hui) : “Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.” En fait, c’est autant une promesse de bonheur qu’un commandement.

Et la deuxième citation (au livre du Lévitique) sur l’amour du prochain : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même.”

Ce qui me frappe c’est que le scribe et Jésus sont d’accord pour dire que toute la loi(inséparable de la religion à l’époque de Jésus), toute la loi, toute l’Ecriture, se résume à deux commandements : aimer Dieu et aimer le prochain. Que ces deux commandements finalement n’en font qu’un seul (aimer), un commandement qui n’en est pas un : Avez-vous déjà essayé d’aimer sur commande ?

2000 ans après, l’originalité de la foi chrétienne n’a pas changé : Aimer Dieu seulpourrait nous faire évader dans une piété évanescente et stérile ; aimer le prochain seulnous enfermerait dans une idéologie humanitaire, souvent sélective et vite limitée. Il faut donc lier les deux commandements : si l’on veut voir Dieu, on ne trouve son visage que dans le visage de ses frères et si je veux approcher du mystère du frère, je ne peux y accéder qu’en contemplant le mystère même de Dieu. En réalité, depuis le premier Noël la Parole de Dieu se découvre à visage humain. Elle a pris chair en Jésus et, depuis, chaque visage nous fait voir et entendre la parole de Dieu et des hommes. Ainsi, prier comme aimer, c’est faire silence pour sortir du malentendu et écouter en même temps Dieu et les hommes, la Bible et le journal. Écouter transfigure le regard et fait voir l’invisible.

Le mot que je préfère pour ma part au sujet du commandement d’amour, c’est le mot RESPECT que quelqu’un avait traduit un jour par faire attention à l’autre différent :

- le contraire du petit sourire en coin (mépris) à l’adresse de celui-ci qui paraît moins dégourdi.

- prendre en compte, si l’on est enseignant, le temps qu’il faut à tel élève pour qu’il comprenne.

- attention y compris au geste lui-même de générosité envers un plus pauvre. Comment faire que le plus pauvre se sente respecté ? Beaucoup de personnes et d’associations font quelque chose pourles pauvres. Et c’est bien. Mais comment passer du stade où l’on fait pourau stade où l’on ferait avec ? C’est tellement différent sur le plan du respect.

Il y a quelquefois des surprises autour de ce mot respect. Une personne demandait : je cherche le N° 35 de la rue. Réponse du passant : “M’enfin, c’est écrit, il n’y a qu’à regarder.” Et il est embêté de s’entendre répondre : “C’est que je ne sais pas lire.”(Raté pour le respect).

Premier commandement : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu….”

Second commandement, semblable au premier : “Tu aimeras le prochain comme toi-même.”

Traduction pour aujourd’hui : “Quand tu fais attention à l’autre différent, quand tu vis le respect, alors tu rencontres Dieu lui-même, tu réécris l’Evangile pour aujourd’hui.” 

Beaucoup pensent que pour observer le premier commandement qui invite à aimer Dieu, il faut fermer les yeux. Pourquoi pas ? Ça peut favoriser le recueillement. En tous cas pour observer le second commandement qui lui est semblable, il faut faire attention à l’autre différent, et donc savoir ouvrir l’œil.

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Evangile pour le 2 novembre 2018

Posté par rtireau le 31 octobre 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 11, 32-45.

Lazare, l’ami de Jésus était mort depuis quatre jours.
Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. »
Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé, et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. » Alors Jésus se mit à pleurer. Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! » Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? » Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre. Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. » Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. » On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. » Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! »
Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. » Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

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Homélie

Posté par rtireau le 31 octobre 2018

Homélie pour le 2 novembre 2018

Jean 11, 32-45

Saint Jean était sûrementà Béthanie. Il donne en effet beaucoup de détails dans cette scène d’évangile remplie d’amitié. Il est comme fasciné par Jésus, par sa tristesse, son émotion et toute son affection pour cette famille dont il a raconté tant de souvenirs : Marie qui lavait les pieds de Jésus et les essuyait avec ses cheveux, et Marthe qui faisait la cuisine pour lui.

 Jean n’est pas un reporter avec sa caméra et il écrit un demi-siècle après les événements. 

Jean n’est pas davantage un historien. Même s’il raconte des faits qui ont eu lieu, il n’a pas cherché à bâtir un système de pensée. Il est resté narrateur de ce qu’il a vu.

Jean est un évangéliste: il a vécu la résurrection qui lui permet d’annoncer ce que Jésus a voulu révéleren guérissant les malades et en ressuscitant les morts. Jean dit la Bonne Nouvelle.Il explique qu’un miracle est toujours un signe qui révèle qui est Jésus :

- Jésus guérit des paralysés, non pas pour qu’il n’y ait plus jamais de paralysé, mais pour révéler qui il est : celui qui sauve de toutes les paralysies, et qui nous veut debout.

- il guérit des aveugles, non pas pour qu’il n’y ait plus jamais d’aveugles, mais pour dire “Je suis la lumière du monde, qui marche à ma suite ne marche pas dans les ténèbres.”

- il ressuscite Lazare, non pas pour qu’il n’y ait plus jamais de mort, mais pour dire “Je suis la Résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra.”

Jésus est venu pour annoncer la vie au-delà de la mort !

Et si cette histoire autour de Lazare nous représentait ?Notre humanité est quelquefois sans espoir, à la dérive ! C’est dans cet état que Jésus a trouvé son ami : non plus un homme mais un cadavre. Et il a pleuré.Pourquoi ? Parce qu’à certaines heures, c’est la seule façon qu’il nous reste d’aimer et de prier. Le père Varillon a écrit des pages étonnantes sur La souffrance de Dieu : Pourquoi a-t-on pu imaginer un Dieu impassible et lointain ? Non ! Jésus montre que Dieu souffre avec les hommes qui souffrent. Il n’est pas l’inventeur de la mort-punition. Il est l’accompagnateur de la mort qui nous éprouve.

Jésus dit : “Enlevez la pierre” !Il n’aime pas les tombeaux, ni les pierres devant les tombeaux. Il n’aime pas la mort. Voilà pourquoi il ne dit pas, il ordonne : “Enlevez la pierre !Puis : “Lazare, viens dehors !”et le mort sortit, vivant ! Et Jésus continue : “Déliez-le, et laissez-le aller !” Jésus n’aime pas les tombeaux. Il ne supporte pas non plus les bandelettes, ni tout ce qui enchaîne.Ce que Jésus a fait pour Lazare, il veut le faire pour l’humanité entière. C’est un clown canadien qui disait“Jésus est un ouvreur de tombeau et un dérouleur de bandelettes !” 

Petite précision : Ce sont les amis de Lazare remis debout par Dieu qui vont délier ses mains et ses pieds. Jamais quelqu’un ne retrouve vie et espérance tout seul comme par miracle. Mais le moindre geste réchauffe et ranime. La seule force qui ait jamais ouvert les tombeaux et déroulé les bandelettes, c’est l’amour et le pardon !

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Evangile de la fête de Tous les Saints – 1er novembre 2018

Posté par rtireau le 29 octobre 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 5, 1-12a.

En ce temps-là, voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.
Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! »

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Homélie

Posté par rtireau le 29 octobre 2018

Fête de la Toussaint- 1er novembre 2018

Apocalypse 7, 2-4. 7-19 ; Psaume 23 ; 1 Jean 3, 1-3 ; Matthieu 5, 1-12a

C’est le Père Jacques NOYER, l’ancien évêque d’Amiens, qui fait l’homélie d’aujourd’hui…

 

Il aurait pu dire : les pauvres sont des paresseux ! Mettez-les au travail !

Il aurait pu dire : la pauvreté est une honte ! Qu’elle disparaisse de nos yeux !

II aurait pu dire : les pauvres d’aujourd’hui sont les riches de demain !

Mais il a dit:bienheureux êtes-vous si vous avez un cœur de pauvre, vous saurez ce qu’est le Royaume de Dieu.

 

Il aurait pu dire : la vie est un combat ! Et que le plus fort gagne !

Il aurait pu dire (et il l’a dit) : celui qui use de l’épée périra par l’épée !

Il aurait pu dire (comme La Fontaine) : le chêne est déraciné, le roseau ne rompt pas.

Mais il a dit:bienheureux êtes-vous si vous êtes habités par la douceur, on vous donnera ce quevous ne convoitez pas.

 

Il aurait pu dire (et il l’a dit) : il faut que le bien portant soigne le malade.

Il aurait pu dire : l’humanité doit éliminer les faibles !

Il aurait pu dire : un jour on inventera un surhomme qui vivra mille ans !

Mais il a dit: bienheureux êtes-vous si vous vous sentez faibles, vous accéderez à la joie de la consolation !

 

Il aurait pu dire (avec les anciens) : le summum de la justice est ce qui est le plus injuste !

Il aurait pu dire (avec La Fontaine) : la raison du plus fort est toujours la meilleure !

Il aurait pu dire (et il l’a dit) : la justice des hommes n’est pas la justice de Dieu !

Mais il a dit : bienheureux êtes-vous si vous avez soif de la justice, cela suffira pour vous en donner le goût !

 

Il aurait pu dire (avec d’autres) : ne faites pas auxautres ce que vous refusez pour vous !

Il aurait pu dire : soyez solidaires ! C’est ensemble que vous vous en sortirez !

Il aurait pu dire (et il l’a dit) : si votre frère a péché, ramenez-le à la sagesse !

Mais il a dit: bienheureux êtes-vous si vous savez faire miséricorde, vous obtiendrez pour vous indulgence et pardon !

 

Il aurait pu dire (et il l’a dit) : vous êtes au milieu des voleurs, soyez prudents et rusés !

Il aurait pu dire (et il l’a dit) : ne vous fiez pas aux apparences, aux sépulcres blanchis !

Il aurait pu dire (comme Sénèque) : apprends à ne rien désirer, tu ne souffriras plus !

Mais il a dit: bienheureux êtes-vous si vous avez un cœur pur, simple et sans malice, vous aurez la chance d’entrevoir la lumière de Dieu !

 

Il aurait pu dire : cherchez la paix loin du commerce des hommes !

Il aurait pu dire : la paix est au bout du fusil ; si tu veux la paix, prépare la guerre !

Il aurait pu dire : tu n’es pas fait pour la paix. Dieu t’attend pour imposer sa loi !

Mais il a dit : bienheureux êtes-vous si vous travaillez sans cesse a bâtir la paix,vous goûterez la joie d’être fils de Dieu et frères de tous !

 

Il aurait pu dire (et il l’a dit) : venez à moi, je vous donnerai le repos !

Il aurait pu dire (comme Coluche) : je ne vous promets pas le grand soir, juste à manger et à boire !

Il aurait pu dire (comme Guy Béart) : le premier qui dit la vérité sera exécuté !

Il aurait pu dire (comme Churchill) : je n’ai à vous offrir que du sang et des larmes !

Mais il a dit: bienheureux êtes-vous si on vous critique, si on vous persécute, si on vous calomnie à cause de moi, car c’est le sort des prophètes.

Soyez dans la joie aujourd’hui car vous êtes sur le bon chemin ;le chemin sur lequel Dieu vous attend.

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Evangile du 30°dimanche dans l’année B – 28 octobre 2018

Posté par rtireau le 24 octobre 2018

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 10, 46b-52.

En ce temps-là, tandis que Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule nombreuse, le fils de Timée, Bartimée, un aveugle qui mendiait, était assis au bord du chemin.
Quand il entendit que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, prends pitié de moi ! »
Beaucoup de gens le rabrouaient pour le faire taire, mais il criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! »
Jésus s’arrête et dit : « Appelez-le. » On appelle donc l’aveugle, et on lui dit : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. »
L’aveugle jeta son manteau, bondit et courut vers Jésus.
Prenant la parole, Jésus lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui dit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! »
Et Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt l’homme retrouva la vue, et il suivait Jésus sur le chemin.

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Homélie

Posté par rtireau le 24 octobre 2018

30° dimanche dans l’année B – 28 octobre 2018

Jérémie 31, 7-9 ; Psaume 125 ; Hébreux 5, 1-6 ; Marc 10, 46-52

Plusieurs noms de l’Évangile commencent par bar(en araméen : fils) : Barabbas, Barsabbas, Barthélemy, Barnabé, Bartimée… Et Bartimée signifie Fils précieux.

Ce jour-là Bartimée est assis au bord de la route où va passer Jésus. Mais ce Fils précieuxtraîne, comme on dit, un cadavre dans son placard : il est aveugle. Autant dire criminel et maudit de Dieu, car c’est ce qu’on croyait à l’époque. Mais lui ne l’entend pas de cette oreille. Il se met à crier et il demande autre chose que de l’argent ou du pain. Il crie : “Fils de David, Jésus, prends pitié de moi !”Ses yeux ne voient pas mais son cœur n’est pas aveugle, et il reconnaît en Jésus le Messie, le Fils de David. 

Etonnant rapprochement que fait Saint Marc : le Fils de Timées’adresse au Fils de David. Celui-ci entendra-t-il l’appel de son frère en humanité ? Réaction des disciples (on se rappelle comment ils rabrouaient les enfants) : « Qu’il se taise ! »Réaction des gens aussi : c’est dangereux de crier en donnant à Jésus le nom de Fils de David, car c’est un titre attribué au Messie. Si les autorités juives l’entendent, ça pourrait donner lieu à des mouvements de foule et inquiéter le pouvoir romain. Mais lui remet ça plus fort : “Fils de David, prends pitié de moi !” Profession de foi extraordinaire : le Fils précieux reconnaît le Fils de David. Il ne manque vraiment plus que l’Hosannaet on se croirait en train d’entrer à Jérusalem le jour des Rameaux.

Jésus entend ce cri que la foule essayait d’étouffer. Il l’appelle. Bartimée jette son manteau et, d’un bond, arrive près de lui. La foi lui donne des ailes. Il pulvérise sûrement un record et se voit peut-être déjà sur un podium à Jérusalem. Quand il jette son manteau par terre, c’est sans doute pour courir plus vite mais, sans s’en douter évidemment, il ouvre aussi, d’une certaine façon, l’étrange procession des Rameaux : un peu plus loin, du côté de Bethphagé, d’autres aveugles et des boiteux prendront le relais et jetteront aussi leurs manteaux sur la route au passage du Fils de David.

Jérémie (1èrelecture) évoque cette procession du futur et cette entrée triomphale lorsqu’il raconte le retour du petit reste d’Israël“parmi eux, dit-il, l’aveugle et le boiteux, la femme enceinte et la jeune accouchée… Je les conduis vers les cours d’eau, par un droit chemin où ils ne trébucheront pas.” Quand verrons-nous cette procession-là dans notre société à deux vitesses où les infirmes de la compétition sont tellement souvent abandonnés au bord du chemin ? 

Le romancier Tahar Ben Jellounraconte dans son livre La Nuit sacrée, l’étrange histoire d’un aveugle et d’une jeune femme profondément blessés par la vie. Un jour, la femme se retrouve seule en prison. Et pour mieux communier à la nuit de l’aveugle, elle décide de vivre en cellule avec un bandeau sur les yeux. “Pour nous entendre si bien, dit l’aveugle, nous devons probablement avoir en nous une même blessure, quelque chose de brisé qui nous rapproche.” Peut-on vraiment rejoindre l’autre, sans partager quelque chose de sa nuit, sans partager secrètement une même blessure ? Sur la route des Rameaux, entre Jéricho et Jérusalem, peut-être bien que c’est quelque chose comme ça, quelque chose de briséqui rapproche si fort le Fils précieux du Fils de David.En tous cas il y a quelque chose de poignant dans cette foi pure et lumineuse.

En fait, avons-nous réalisé que toutes nos relations reposent sur de la foi ? La vie conjugale, l’éducation des enfants, les amitiés, la collaboration au travail. Dès qu’on n’a plus confiance les uns dans les autres, les relations s’effondrent. Et on dit des choses qui ressemblent au mot aveugle. On dit : “Je suis désorienté, je n’y vois pas clair, je suis dans le brouillard.” Et c’est patience et respect qui permettent ensuite de tisser des liens d’amitié pour l’existence. Dans le texte d’aujourd’hui, avons-nous compris, nous qui aimons tout ce qui est merveilleux, que ce n’est pas le miracle qui est présenté comme le plus important dans cette rencontre. Jésus ne dit pas à l’aveugle : “Ta foi t’a rendu la vue”. Il constate : “Ta foi t’a sauvé”. Ce qui signifie qu’entre toi et moi, parce que tu as cru, existe un lien d’amitié qui te conduit dès aujourd’hui dans le cœur même de Dieu. En réalité, avons-nous compris que notre aveugle suit Jésus, non plus pour passer de l’obscurité à la lumière puisque déjà il voit et s’émerveille. Non il le suit pour passer du visible à l’invisible.

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