Homélie

Posté par rtireau le 27 décembre 2019

Fête de la Sainte Famille dans l’année A – 29 décembre 2019

Si 3, 2-6, 12-14 ; Col 3, 12-21 ; Mt 2, 13-15, 19-23

A première lecture, la sainte famille semble une famille bourlinguée, une famille de réfugiés, comme tous ces expulsés, ces sans papier, chassés de leur pays par la guerre, la famine, le chômage ou la dictature. C’est vrai, et c’est hélas toujours d’actualité. Et puis une relecture plus réfléchie se souvient que Jésus descend en Égypte comme son peuple qui s’y était réfugié des siècles auparavant pour fuir la famine. Et que Jésus sort d’Egypte comme son peuple en sortit libéré avec Moïse. Comme si l’Evangile voulait nous dire que Jésus assume toute l’histoire de son peuple, qu’il vient récapituler dans son existence humaine les heures de souffrance et la soif de liberté de son peuple. 

Gérard Bessière a quelques mots concrets sur ce qu’il appelle la Sainte Famille errante : “Fuite, exil, retour hésitant, recherche d’une terre d’asile… un nouveau-né qui est déjà un réfugié politique ? C’est clair : il nous est dit dès sa naissance que tous les pouvoirs se sentiront menacés par lui et chercheront à l’éliminer…

Jésus, par l’Égypte, refait l’itinéraire de son peuple autrefois : Exode et Pâques seront en lui pour toujours. Il bouleversera les préjugés, les conformismes, …, toutes les barrières, pour faire renaître les hommes dans la rencontre aimante de Dieu et de tous. De lui-même, il dira qu’il est « chemin »… Impossible de jamais s’asseoir, de jamais figer « l’ordre », avec ce vagabond qui parle toujours d’aller plus loin.”

Alors moi j’ai envie de vous inviter à le chercher là où il est, c’est à dire dans la discrétion du quotidien. C’est parfois longtemps après que l’on comprend par où il a voulu nous conduire. J’insiste parce que cette attention au quotidien pour trouver Dieu est la mission de l’Eglise depuis toujours, mais elle n’est pas naturelle. C’est tellement réconfortant de chercher Dieu dans le merveilleux. C’est si tentant de s’évader de ce quotidien tellement banal, dur ou triste et de se réfugier dans le gentillet. C’est peut-être pour ça que Noël est beaucoup plus fêté que Pâques.

Ceci dit, ce n’est pas d’aujourd’hui qu’on cherche Dieu dans le merveilleux : les évangiles apocryphes il y a 20 siècles, c’était déjà ça. Mais chaque fois qu’on cède à cette tentation, c’est qu’on a un regard pessimiste sur l’homme, alors que la foi chrétienne dit qu’il est Fils de Dieu. Quand on cherche Dieu Baguette magique, – ça peut arriver – c’est qu’on n’assume plus très bien notre condition d’homme où chacun doit prendre ses responsabilités et sa place, modeste mais nécessaire.

Deux leçons bien concrètes dans l’évangile que je viens de lire : 

- La première : invitation à une confiance totale dans la Parole de Dieu, malgré l’obscurité de la foi, et au creux même de l’insécurité. Dans l’odeur de mort qui rôde autour de l’enfant Jésus, une espérance se lève. Ce n’est pas en sortant de nos situations difficiles qu’on accomplit la volonté de Dieu. C’est en découvrant la force désarmée du petit de Bethléem qui vient nous y rejoindre et nous garder de la désespérance.

- Le second enseignement, c’est le fantastique appel à la responsabilité que contient cet évangile. Jésus, Dieu sauve, ne se défend pas lui-même. Il se remet entre les mains de ces croyants que sont Joseph et Marie. Immense respect de l’homme ! Immense responsabilité de l’homme ! Dieu veut la vie et confie cette tâche à des hommes et des femmes engagés, les parents en première ligne.

Voulez-vous quelques vœux : il sont contenus dans ce que je viens de dire. Mais ils seront plus précis avec ces quelques mots de Gabriel Ringlet dans L’évangile d’un libre penseur : “Placer Dieu très haut, voilà le chemin habituel. Et c’est beau. Mais on connaît le danger, pour l’homme surtout. Et pour Dieu. Placer l’homme sur un piédestal mérite aussi admiration. Avec le risque d’enfermer l’homme dans l’homme. Jésus refuse de choisir entre ces deux «hauteurs» ou, plus exactement, il garde les deux : passionné par la cause de Dieu et passionné par la cause de l’homme, il prend la double nationalité, faisant ainsi du christianisme une religion qui se veut à la fois une affirmation radicale de Dieu et une affirmation radicale de l’homme.” 

Je vous souhaite donc la double nationalité. 

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Evangile pour la veillée de Noël – 24 décembre 2019

Posté par rtireau le 23 décembre 2019

Famil

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 2, 1-14. 

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre –
ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie.
Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David.
Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli.
Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.
Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.
Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

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Homélie

Posté par rtireau le 23 décembre 2019

Noël : 24 décembre 2019, soir.

Isaïe 9, 1-6 ; Psaume 95 ; Tite 2, 11-14 ; Luc 2, 1-14

Je viens d’aller porter la Bible dans la crèche. J’ai mis La Parole dans la crèche. Normal puisque le Verbe (La Parole) s’est fait chair à Bethléem… Il y a donc quelqu’un dans la crèche. Ce n’est plus seulement un livre, la bible, ni l’Ecriture sainte, c’est la Parole de Dieu devenue quelqu’un. C’est le Fils de Dieu lui-même. La Parole de Dieu est devenue quelqu’un. “Le Verbe s’est fait chair…, dit St Jean, et il a demeuré parmi nous.” Voilà que la Parole de Dieu a pris visage humain… Voilà que Dieu n’est plus tout à fait invisible.

Je vous propose ce soir le mot inattendu : à Noël, Dieu se révèle sous un visage inattendu et nous invite à le chercher et à l’accueillir sur un chemin inattendu.

Dieu : un visage inattendu :

- Dieu, on le pense souvent comme le-tout-puissant et on en a peur. Les hommes l’appellent quelquefois le Bon Dieu, mais ils arrivent très bien à l’imaginer plus mauvais qu’eux : « C’est le Bon Dieu qui t’a puni. – Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu, je ne méritais pas ça. » La fête de Noël aurait dû depuis longtemps sonner la fin de ces images de Dieu. Mais il faudra encore beaucoup de Noëls pour que le vrai visage de Dieu prenne le dessus. 

- Quand Dieu se donne à voir, il se révèle comme un enfant. Chemin de discrétion et de tendresse. Il est tout-puissant, oui, mais tout-puissant-d’amour ! Et Jésus placera un jour un petit enfant au milieu de ses disciples et dira : « Celui qui accueille un enfant comme celui-là, c’est moi qu’il accueille. »

- Quand Dieu se donne à voir, il se révèle comme un réfugié, obligé de fuir le tyran Hérode. Il est proche des situations dans lesquelles des hommes se croient abandonnés de Dieu.

- Quand Dieu se donne à voir, il se révèle comme un berger qui va chercher la brebis perdue, et qui redonne confiance à tous les rejetés de la société. On est loin du surveillant impitoyable ! Non Dieu ne nous surveille pas, il veille sur nous !

Dieu : un chemin inattendu :

En réalité, depuis 2000 ans, on a du mal à croire à l’Incarnation de Dieu. On n’ose pas croire que Dieu ait pu prendre chair en Jésus, et qu’il soit à la fois Dieu et homme, Fils de Dieu et fils de Marie. Pourtant noël nous crie que Dieu et l’homme sont liés pour toujours, et que chacun de nous, comme l’enfant de la crèche, porte en lui la double identité humaine et divine. Le Verbe s’est fait chair pour que nous devenions enfants du Père. Saint Athanase le disait à sa manière : “Dieu devient homme pour que l’homme devienne Dieu.”

Dieu est « l’Inattendu » 

« On l’appelait au ciel et Il est sur la terre, On le cherchait au sanctuaire, et Il est à l’étable, On acclamait son soleil, et Il vient dans la nuit, On l’habillait de gloire et on Le retrouve nu, On attendait un Père Noël et voici un Enfant ! »

Dieu se fait petit enfant. Il avait trop à dire, sa tendresse infinie, sa vie offerte, la mort et le mal vaincus pour toujours. Il voulait donner aux hommes d’être frères. Il avait tant à dire que seul le visage d’un enfant pouvait tout exprimer. Ecoutez Michel Quoist quand il donne la parole à Dieu dans son livre intitulé Prières : “J’aime les enfants, dit Dieu, Je veux qu’on leur ressemble. Je n’aime pas les vieux, dit Dieu, à moins qu’ils soient encore des enfants. J’aime les enfants, non pas parce qu’ils sont des saints, mais parce qu’ils sont encore en train de grandir, parce qu’ils sont encore en train de s’élever. Surtout ! J’aime les enfants à cause de leur regard. C’est là que je lis leur âge. Dans mon ciel il n’y aura que des yeux de cinq ans, car Je ne connais rien de plus beau qu’un pur regard d’enfant. Ce n’est pas étonnant, dit Dieu, j’habite chez eux et c’est Moi qui me penche aux fenêtres de leur âme. Lorsque vous vous trouvez sur le chemin d’un regard pur, c’est moi qui vous souris à travers lui.”

Je vous confie un secret : Certains disent que Noël serait l’anniversaire de la naissance de Jésus. C’est faux. Ce n’est pas l’anniversaire de la naissance de Jésus, c’est la naissance de Jésus.

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Evangile pour le 4° dimanche de l’Avent – 22 décembre 2019

Posté par rtireau le 16 décembre 2019

Joseph

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 1, 18-24. 

Voici comment fut engendré Jésus Christ : Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ; avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux, qui était un homme juste, et ne voulait pas la dénoncer publiquement, décida de la renvoyer en secret.
Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse, puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint ;
elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »
Tout cela est arrivé pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
‘Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils ; on lui donnera le nom d’Emmanuel’, qui se traduit : « Dieu-avec-nous »
Quand Joseph se réveilla, il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse,

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Homélie

Posté par rtireau le 16 décembre 2019

4° dimanche de l’Avent dans l’année A - 22 décembre 2019

Isaïe 7, 10-16 ; Psaume 23 ; Romains 1, 1-7 ; Matthieu 1, 18-24

Joseph et Marie. Un couple bien plus proche de nos situations humaines qu’une lecture superficielle de l’évangile ne pourrait le laisser croire. Au départ, deux jeunes qui ont fait ensemble le beau projet de devenir époux. Ils connaissent ce temps de bonheur que sont les fiançailles. Marie est “accordée” à Joseph… accordée comme un instrument de musique qui sonne juste. Les accordailles, en ce temps-là, engagent autant que le mariage. En droit hébraïque, le contrat est signé le jour des accordailles. Marie est donc légalement la femme de Joseph, mais la coutume juive prévoit un délai avant la cohabitation.

Or, voici que Joseph connaît l’affreuse souffrance d’apprendre que sa fiancée est enceinte. Et il décide de ne pas épouser Marie. Décision d’un homme juste, nous dit l’évangile. Cette histoire est parfois la nôtre. Nous nous trouvons dans des contraintes que nous sommes invités à dépasser, pour trouver une solution… en Dieu. Couples stériles, enfants inattendus, enfants malades, grands adolescents qui donnent du souci, enfants adultes qui suivent un chemin qui nous est douloureux… dans toutes ces situations, nous sommes tentés de nous passer de Dieu. Or, la solution dernière de nos problèmes humains, comme pour Joseph, ne se trouve qu’en Dieu !

Car voici que Dieu demande à Joseph de revenir sur sa décision. Et il lui confie une double mission : prendre Marie chez lui comme épouse et donner un nom à l’enfant, c’est-à-dire assumer la paternité légale de cet enfant. Pour des parents, adopter un enfant c’est l’accueillir comme s’il était né de leur chair, c’est prendre un enfant pour le sien, comme le chante Yves Duteil. Au temps biblique l’adoption avait beaucoup plus de valeur encore qu’aujourd’hui. Les liens adoptifs étaient même plus forts que ceux du sang. En adoptant le fils de Marie, Joseph devient son vrai père, mais par une sorte de don de Dieu. Oser accepter que Dieu modifie nos projets pour nous les rendre purifiés et transformés !

En quatre étapes, le temps de l’Avent nous fait revivre la longue attente de l’homme dans l’histoire et l’attente de chacun de nous dans sa vie de tous les jours. Des visages nous ont été présentés par la Bible pour nous apprendre à espérer. Le passage de l’évangile d’aujourd’hui fait suite à une longue liste de noms, liés les uns aux autres à la même lignée issue d’Abraham pour s’arrêter à Joseph, l’époux de Marie, de laquelle naquit Jésus. La Bible est un livre qui nous fournit tout plein de noms propres. Quarante cinq noms précèdent le passage d’aujourd’hui. Chacune de ces personnes a son histoire, et une histoire à ne pas mettre dans toutes les mains. Et notre espérance c’est qu’avec ces hommes et ces femmes Dieu a écrit une histoire sainte. Il a fait, comme dit l’évangile de Matthieu, la genèse de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham.

Le Dieu de la Bible s’appelle Emmanuel, Dieu-avec-nous, Dieu qui ne doute pas de l’homme. Il s’incarne dans sa chair, il se donne à voir sur son visage.  L’Evangile de ce dimanche nous fait rencontrer deux personnes : Joseph et son épouse Marie. Aujourd’hui, avec Saint Matthieu, c’est l’Annonciation faite à Joseph, alors que dans Saint Luc, c’est l’Annonciation faite à Marie. La seule différence, c’est le silence de Joseph. “Il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit : Il prit chez lui son épouse.” Il ne dit rien. Mais il a déjà un nom à donner à l’enfant, un nom qui en dit long sur l’avenir de l’enfant. Donner un nom à l’enfant, c’est assumer sa paternité légale. Joseph représente, pour cet enfant-Dieu-avec-nous, la terre d’accueil qui lui donne un père, une mère, un nom, un pays, un métier. La vie que Marie porte en elle a déjà le nom d’Emmanuel. Marie le sait. Joseph le sait. En silence, ils attendent de voir le visage du Dieu-avec-nous. C’est dans cette attente que ce dimanche nous invite à entrer, à vivre intensément un temps de désir.

Pour nous y aider, cette prière de Hyacinthe Vulliez : Emmanuel, c’est ton nom, Dieu avec nous. Certains sont partis en guerre pour tuer leurs frères avec ce nom inscrit sur le ceinturon. Et combien ont massacré et massacrent encore en ton nom sans l’avoir inscrit sur le ceinturon ! Dieu, tu es avec nous pour nous tirer du mal et non pour servir d’alibi à nos justifications. Dieu, tu es avec nous pour nous faire franchir les obstacles qui barrent la route à la justice et à la fraternité. Dieu Emmanuel, tu es chaque jour avec nous. Avec nous d’une présence qui ne cesse de venir.

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Evangile pour le 3° dimanche de l’Avent – 15 décembre 2019

Posté par rtireau le 8 décembre 2019

J.Bte

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11, 2-11. 

En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux,
lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez :
Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.
Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »
Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ?
Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois.
Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète.
C’est de lui qu’il est écrit : ‘Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi.’
Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »

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Homélie

Posté par rtireau le 8 décembre 2019

3°  dimanche de l’Avent dans l’année A - 15 décembre 2019

 Isaïe 35, 1-6a.10 ; Psaume 145 ; Jacques 5, 7-10 ; Matthieu 11, 2-11

Dimanche dernier, on lisait Matthieu au chapitre 3 : “Tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu… qui ne s’éteint pas.” C’était Jean-Baptiste qui annonçait la manière forte. Aujourd’hui, le même Jean-Baptiste a envoyé ses amis enquêter sur Jésus et il est sûrement surpris : au lieu de condamner les pécheurs avec “le feu qui ne s’éteint pas,” Jésus ouvre les bras à toute détresse, il guérit, il pardonne. Même qu’il appelle des pécheurs à travailler avec lui et qu’il mange à leur table. Jean Baptiste avait annoncé la vengeance de Dieu, et c’est la miséricorde qui est offerte.

Dans la 1ère lecture, au chapitre 35 d’Isaïe, on entendait aussi des mots terribles comme vengeance ou revanche de Dieu. Mais même dans le contexte du message d’Isaïe (Israël a trahi l’alliance de Dieu et a subi la déportation), quand Dieu prend sa revanche, ce n’est pas en punissant son peuple mais en le faisant revenir d’exil. La vengeance de Dieu c’est la revanche de la bonté sur la haine, de la paix sur la violence, de la libération sur l’esclavage, de la lumière sur les ténèbres, de la vie sur la mort, la revanche du pardon sur le péché. La grande revanche de Dieu par rapport à l’humanité qui le trahit et le rejette, nous allons la fêter à Noël : il vient vivre avec nous et donner sa vie pour nous en la personne de son Fils, Jésus-Emmanuel.

Véritable épreuve pour Jean-Baptiste qui attendait une manifestation de justice éventuellement par la force, ne serait-ce que pour le sortir de sa prison. Eh bien non ! Jean Baptiste ne prendra sa vraie stature que lorsqu’il envisagera d’être libéré de sa captivité non pas par un Dieu tout-puissant, mais par sa propre vie donnée, en communion à la mort prochaine de Jésus sur la croix. C’est comme ça qu’il sera le précurseur. Le vrai Libérateur est celui qui consent à tout perdre, même le pouvoir divin, pour instaurer un Royaume nouveau où règne la puissance de l’amour. 

Car les signes du Royaume de Dieu ne sont jamais violents, ils sont discrets et ils passent facilement inaperçus. Le vrai Dieu, celui de Jésus, ne se manifeste pas par des attitudes fracassantes, mais par des gestes qui sauvent : un respect de tout être et un pardon généreusement offerts. Le Messie est bien là, la libération a bien commencé. Mais le seul signe que le Règne de Dieu est commencé, c’est qu’il y a de l’amour. Nous ne devons pas attendre d’autre signe.  C’est sans doute pour ça que Jésus ne répond pas à la question - “Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?”Car la réponse n’est pas en paroles. Dieu est là quand il y a de l’amour.

«Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?» Normalement, après 2000 ans de christianisme, la question ne se pose plus : les chrétiens croient que Jésus est bien celui qui devait venir ! Ce Jésus de l’évangile et du caté, des célébrations et de la prière, il est bien celui qui vient ? Oui sans doute ! Mais est-ce qu’on ne l’aurait pas un peu déguisé et arrangé à notre avantage de riches de monde industrialisé ? Est-ce qu’on n’aurait pas fabriqué un Jésus confortable qui ignore souvent les plus pauvres ? 

En réalité, ce Jésus qui vient est toujours infiniment plus que celui que nous avons cru recevoir. Des contemporains de Jean-Baptiste attendaient un nouveau David qui remettrait debout la nation juive. D’autres espéraient un Messie puissant qui prononcerait le jugement de Dieu. Jésus vient. Il n’est ni l’un ni l’autre. Et il répond aux messagers de Jean : “Allez lui rapporter ce que vous entendez et voyez !”  Entendre encore. Voir encore ! Nous avons toujours à accueillir un Jésus autre que prévu ou souhaité. Jamais le même, toujours nouveau. La joie de la foi est là, tous les jours, dans les yeux étonnés qui regardent vers Noël, l’enfant qui vient. Église d’aujourd’hui, es-tu la communauté d’amour de Jésus et de sa Bonne Nouvelle aux pauvres ou devons-nous attendre une autre Église ?

Ou comme l’écrivait le Père Rouet dans son livre « Dire Dieu autrement » « Eglise, dis à tous les hommes que Dieu est à l’œuvre au milieu d’eux, même s’il ne le connaissent pas. Rappelle à tous que se dire Chrétien c’est une manière de se dire frère de tous les hommes sous le regard du Père universel… Tu représentes Jésus, tu ne le remplaces pas. »

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Evangile pour le 2° dimanche de l’Avent – 8 décembre 2019

Posté par rtireau le 4 décembre 2019

Prépa

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 3, 1-12. 

En ces jours-là, paraît Jean le Baptiste, qui proclame dans le désert de Judée :
« Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. »
Jean est celui que désignait la parole prononcée par le prophète Isaïe : ‘Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.’
Lui, Jean, portait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins ; il avait pour nourriture des sauterelles et du miel sauvage.
Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui,
et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain en reconnaissant leurs péchés.
Voyant beaucoup de pharisiens et de sadducéens se présenter à son baptême, il leur dit : « Engeance de vipères ! Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ?
Produisez donc un fruit digne de la conversion.
N’allez pas dire en vous-mêmes : “Nous avons Abraham pour père” ; car, je vous le dis : des pierres que voici, Dieu peut faire surgir des enfants à Abraham.
Déjà la cognée se trouve à la racine des arbres : tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu.
Moi, je vous baptise dans l’eau, en vue de la conversion. Mais celui qui vient derrière moi est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de lui retirer ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient dans sa main la pelle à vanner, il va nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera son grain dans le grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »

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Homélie

Posté par rtireau le 4 décembre 2019

2° dimanche de l’Avent dans l’année A – 8 décembre 2019

 Isaïe 11, 1-10 ; Psaume 71 ; Romains 15, 4-9 ; Matthieu 3, 1-12

Aujourd’hui, Jean-Baptiste proclame un baptême de conversion : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche! » Il n’invite pas à revenir à la religion, même pas à la pratique. C’est tellement vrai qu’il reçoit plutôt mal Pharisiens et Sadducéens qui étaient de bons pratiquants. Non ! Jean-Baptiste invite à se convertir, pas forcément à faire des efforts, mais à devenir autre. Le Royaume de Dieu est d’abord intérieur. Dans l’épi, ce qu’on voit c’est la paille et désormais ce qu’on voit est bon à mettre au feu. Seul vaut le blé.

Jean-Baptiste commence à envisager la venue de Jésus. Il commence même à envisager Jésus, à le décrire, à lui donner un visage : “Celui qui vient derrière moi est plus fort que moi… Lui vous baptisera dans l’Esprit-Saint et le feu… Préparez le chemin du Seigneur.” Faites-lui de la place. Et il appelle à la conversion pour que le fils de Dieu puisse prendre visage parmi les hommes. Envisager. Le contraire de dévisager, avec la méfiance que ça peut représenter. EnvisagerRegarder l’autre avec le même regard qu’on a autour d’un berceau. Le regard est particulier autour d’un berceau, sans doute parce qu’il n’y a pas de passé à juger, tout est avenir. C’est comme un cahier tout neuf, c’est l’utopie parfaite dont personne ne dit pour autant que ce soit naïveté. Envisager“Les vrais, les seuls regards d’amour, écrit Paul Baudiquey, sont ceux qui nous espèrent, qui nous envisagent, au lieu de nous dévisager. Alors, on comprend mieux et pour toujours qu’un soir à l’auberge, du côté d’Emmaüs, l’inconnu soit devenu le visage vrai de Dieu.”

Isaïe : “Le loup habitera avec l’agneau… Le nourrisson s’amusera sur le nid du cobra… Il n’y aura plus de mal ni de corruption sur toute ma montagne sainte.” J’en entends qui pensent très fort : “C’est pas demain la veille.” Sans doute. Ou bien : “Faut pas rêver !” Eh bien si ! On peut ! En tous cas Isaïe ne se prive pas de rêver. Mais il fait un rêve du genre naissance, comme autour d’un berceau : “Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David. Un rejeton jaillira de ses racines. Sur lui reposera l’Esprit du Seigneur.” Avec Jésus, les chrétiens croient qu’il est commencé ce monde où le loup habitera avec l’agneau, et que l’impossible s’est déjà réalisé avec sa résurrection. Quelqu’un a pu dire : “Les chrétiens, non pas des gens qui prennent leurs désirs pour des réalités, mais des gens qui croient à la réalité de leurs désirs”. Car cette réalité, c’est la résurrection. On peut l’attendre avec espérance, ce monde où le loup habitera avec l’agneau. Pas avec naïveté car on sait que le Christ nous laisse le soin de continuer nous-mêmes l’incarnation. Il a pris corps à noël. Maintenant, il ne prend corps que par nous. “Le Royaume n’est pas la définition de l’au-delà, dit Mgr Albert Rouet, c’est la définition de ce monde-ci, quand nous l’aurons rendu autre.” Espérer, ce n’est pas attendre naïvement, c’est croire à l’impossible et commencer tout de suite à le réaliser modestement, chacun à sa petite place. 

Voilà l’espérance chrétienne : elle est du genre promessenaissance, petite et discrète mais tenace. On est habitués aux grandes manœuvres bruyantes qui ne vont pas toujours très loin. Il nous faut redécouvrir que la réalité la plus grande est du genre naissance, patience. Jean XXIII aimait dire : “Les vieilles branches qui tombent font plus de bruit que les bourgeons qui poussent.”

L ’espérance chrétienne, est du genre promessenaissance :

• simple comme l’entraide avec ce petit grand père qui vient de perdre son épouse.

• simple comme dans la vie de Thérèse de Lisieux dans un film d’Alain Cavalier : “La caméra s’attarde sur les gestes les plus simples de la jeune femme, laver le dos d’une de ses sœurs âgées, la coiffer ou préparer la cuisine. Dans une sorte de transfiguration du quotidien, le visage et les mains de Thérèse disent que Dieu aime ce monde, qu’il en prend soin avec nos mains, et que l’humble accomplissement de notre tâche humaine est le lieu de notre vie avec Dieu.”

• simple comme la parole d’un ami ou d’un proche qui peut aider à reprendre goût à la vie, quelquefois même sans rien changer à la réalité apparente. J’aime bien la petite histoire de l’adulte et l’enfant plongés dans la nuit par une panne de courant : “Je veux que tu parles”, dit l’enfant. - “Mais parler, ça ne fait pas revenir la lumière”, dit l’adulte. Et l’enfant de répliquer : “Oui, mais quand tu parles, il fait moins noir.”

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Evangile pour le 1er dimanche de l’Avent – 1er décembre 2019

Posté par rtireau le 25 novembre 2019

Prêts

Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 24, 37-44. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : 
« Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme.
En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ;
les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme.
Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé.
Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée.
Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient.
Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra.

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