Recueil 12

vert

Les outils

Il y avait une fois, il y a bien longtemps, dans un petit village de Suède, un atelier de charpentier. Un jour que le maître était absent, les outils se sont réunis sur l’établi. Ils ont discuté très longtemps pour savoir lesquels des outils on devait supprimer.

- Je sais, dit un outil, il faut supprimer la scie parce qu’elle mord, elle grince et elle a le caractère grincheux.

Un autre dit :

- Nous ne pouvons pas garder le rabot parmi nous. Il a le caractère tranchant et il épluche tout ce qu’il touche.

- Quant au marteau, dit un troisième, je lui trouve un caractère assommant et en plus il cogne et nous tape sur les nerfs.

- Et les clous ? Peut-on vivre avec des outils aussi pointus ? Il faut qu’ils s’en aillent!

- Et la lime ? Et la râpe ? On se frotte toujours avec elles, on se dispute.

- Et le papier de verre ? Il est toujours en train de nous froisser !

Tout le monde parlait à la fois. Chacun accusait l’autre des pires choses si bien qu’à la fin, personne n’avait sa place dans l’atelier.

Il y avait beaucoup de bruit jusqu’au moment où le maître est revenu dans son atelier.

Sans rien dire, il a pris une planche et la scia avec la scie qui grince. Puis il la rabota avec le rabot qui tranche et qui épluche tout ce qu’il touche. Il utilisa la lime et la râpe qui frottent puis  le papier de verre qui froisse.  Le charpentier prit encore le marteau qui cogne et les clous pointus.  Finalement il se servi de tous ces outils au mauvais caractère et fit un berceau très beau, très doux pour accueillir l’enfant à naître, pour accueillir la vie.

 

Les personnes sont des cadeaux

Les gens sont des cadeaux que le Père a enveloppés pour nous les envoyer. Certains sont magnifiquement enveloppés. Ils sont très attrayants, dès le premier abord. D’autres sont enveloppés de papier très ordinaire. D’autres ont été malmenés par la poste. Il arrive parfois qu’il y ait une “distribution spéciale.” Certains sont des cadeaux dont l’emballage laisse à désirer. D’autres dont l’emballage est bien fait. Mais l’emballage n’est pas le cadeau ! C’est si facile de faire l’erreur, et nous rions quand les enfants prennent l’un pour l’autre. Parfois le cadeau est très facile à ouvrir. Parfois il ne l’est pas. Il faut alors se faire aider. Peut-être parce qu’ils ont été déjà ouverts et rejetés ! Ou bien se pourrait-il que le cadeau ne me soit pas destiné ?

Je suis une personne et donc moi, je suis un cadeau ! Un cadeau pour moi-même d’abord. Le Père m’a donné à moi-même. Ai-je déjà regardé à l’intérieur de l’emballage ? Ai-je peur de le faire ? Peut-être n’ai-je jamais accepté le cadeau que je suis. Pourrait-il se faire qu’il y ait à l’intérieur quelque chose de différent de ce que je m’imagine ? Je n’ai peut-être jamais vu le cadeau merveilleux que je suis. Les cadeaux du Père pourraient-ils être autre chose que magnifiques ?

J’aime les cadeaux que je reçois de ceux qui m’aiment, pourquoi pas les cadeaux du Père ? Je suis un cadeau pour les autres. Est-ce que j’accepte d’être donné par le Père aux autres ? Les autres doivent-ils se contenter de l’emballage ? Sans jamais pouvoir apprécier le cadeau.

Toutes les rencontres sont des échanges de cadeaux. Mais un cadeau sans quelqu’un qui le donne n’est pas un cadeau. C’est une chose privée de liens avec celui qui donne ou celui qui reçoit.

Un ami est un cadeau, pas seulement pour moi, mais aussi pour les autres à travers moi. Quand je garde mon ami, quand je me l’approprie, je détruis sa nature de cadeau. Si je le mets de côté pour moi, c’est alors que je le perds. Si je le donne aux autres, je le garde. Les gens sont des cadeaux reçus ou donnés, comme le Fils. L’amitié est la réponse des personnes-cadeaux au Père qui donne. L’amitié est Eucharistie, action de grâce !

 Jean Vermette, Paraboles pour aujourd’hui

 

Les quatre bougies

Les quatre bougies brûlaient lentement. L’ambiance était tellement silencieuse qu’on pouvait entendre leur conversation.

La première dit : « je suis la paix ! Cependant, personne n’arrive  à me maintenir  allumée. Je crois que je vais m’éteindre. » Sa flamme diminua rapidement, et elle s’éteignit complètement.

La seconde dit : « je suis la foi ! Dorénavant je ne suis plus indispensable, cela n’a pas de sens que je reste allumée plus longtemps. » Quand elle eut fini de parler, une brise souffla sur elle et l’éteignit.

Triste, la troisième bougie se manifesta à son tour : « je suis l’amour ! Je n’ai pas de force pour rester allumée. Les personnes me laissent de côté et ne comprennent pas mon importance. Elles oublient même d’aimer ceux qui sont proches d’eux. » Et, sans plus attendre, elle  s’éteignit.

Soudain, un enfant entre et voit les trois bougies éteintes. « Pourquoi êtes-vous éteintes ? Vous deviez être allumées jusqu’à la fin. » En disant cela, l’enfant commença à pleurer.

Alors, la quatrième bougie parla : « n’aie pas peur, tant que j’ai ma flamme nous pourrons allumer les autres bougies,  je suis l’espérance! »

Avec des yeux brillants, l’enfant prit la bougie de l’espérance… et alluma les autres.

Que la flamme de l’espérance ne s’éteigne jamais à l’intérieur de vous ! …

 

Les trois tamis

Un jour, quelqu’un vint trouver Socrate et lui dit :

- Il faut que je te raconte comment ton ami s’est conduit.

- Un instant ! dit le sage. As-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ?

- Quels tamis ?

- Le premier est celui de la vérité. As-tu contrôlé si ce que tu veux me raconter est vrai ?

- Non, je l’ai entendu raconter.

- Bien, bien ! Mais sans doute l’as-tu fait passer à travers le deuxième tamis, celui de la bonté ? Ce que tu veux me raconter, si pas tout à fait vrai, c’est au moins quelque chose de bon ?

- Heu, non, au contraire.

- Essayons encore le troisième tamis : voyons s’il est utile de me raconter ce que tu as envie de dire.

- Utile ? Pas précisément.

- Eh bien, dit Socrate en souriant, si ce que tu as à me dire n’est  ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir. Et quant à toi, je te conseille de l’oublier.

 

Logique

Ton Christ est juif, ta voiture est japonaise, ta pizza est italienne et ton couscous algérien, ta démocratie est grecque, ton café est brésilien, ta montre est suisse, ta chemise est indienne, ta radio est coréenne, tes vacances sont turques, tunisiennes ou marocaines, tes chiffres sont arabes, ton écriture est latine, et… tu reproches à ton voisin d’être étranger !

 

Menacé de résurrection

On dit que je suis menacé de mort. Peut-être. Quoi qu’il arrive, je suis dans la paix. S’ils me tuent, ils ne me prendront pas la vie. Je l’emporterai avec moi, sur le dos, telle la besace d’un berger. Il en faut plus pour m’émouvoir ; car depuis mon enfance, quelqu’un m’a soufflé à l’oreille une vérité solide comme le roc, qui est en même temps une invitation à l’éternité : “Ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps mais ne peuvent pas tuer la Vie.”

La vie, la vraie vie, s’est fortifiée en moi quand j’ai appris à lire l’Evangile : le mouvement de résurrection commence avec la première ride qui se dessine sur le visage, avec la première tache de vieillesse apparaissant sur nos mains, avec le premier cheveu blanc, surpris un jour dans la griffe du peigne, avec le premier soupir de nostalgie devant un monde qui change et s’éloigne soudain de nos yeux. Ainsi commence la résurrection, non pas ce quelque chose d’incertain que d’aucuns appellent “l’autre vie”, mais la vie “autre”.

On dit que je suis menacé de mort. De mort corporelle, qui n’est pas “menacé de mort” depuis sa naissance ? “Menacé de mort”, et alors ? Si cela est, je leur pardonne d’avance. Que ma croix soit une parfaite géométrie d’Amour, et qu’elle me permette de continuer à aimer, à parler, à écrire,  et à faire sourire, de temps en temps, tous mes frères, les hommes.

Je suis “menacé de mort.” Il y a dans cet avertissement une erreur profonde. Ni moi, ni personne, ne sommes “menacés de mort”. Nous sommes “menacés de vie”, “menacés d’espérance”, “menacés d’Amour”. Nous nous trompons, chrétiens, nous ne sommes pas menacés de mort ; nous sommes “menacés de résurrection.” Christ est le chemin, la vérité, la vie surtout,  même s’il est crucifié au sommet de la décharge du monde…

                                   Un guatémaltèque.

 

Mes relations avec le Seigneur

“Mes relations avec le Seigneur étaient assez bonnes. Je lui demandais des choses, je conversais avec lui, je chantais ses louanges et lui rendais grâce. Mais tout le temps, j’avais la sensation désagréable  qu’il voulait que je le regarde dans les yeux. Et cela, je ne l’osais pas. Je lui parlais, certes, mais j’évitais son regard, dès que je sentais qu’il me fixait.

J’évitais son regard, et je savais bien pourquoi : j’avais peur ! Je craignais d’y découvrir une accusation pour quelque faute non regrettée ; je croyais y découvrir quelque exigence, ou une chose qu’il attendait vraiment de moi.

Or, un beau jour, j’ai pris mon courage à deux mains, et je l’ai regardé ! Il n’y avait aucune accusation ni aucune demande ; les yeux du Seigneur me disaient simplement : “Je t’aime !”. J’ai fixé longuement ces yeux et je les ai scrutés ; mais toujours l’unique message était : “Je t’aime !” Ensuite, comme Simon-Pierre, je suis sorti et je me suis mis à pleurer.”

                                   extraits du livre d’Anthony de Mello          

 

Mon nom sur l’invitation

Le Christ a dit : “Venez à moi, vous tous qui peinez et portez de lourds fardeaux et je vous donnerai le repos.” Cela n’était pour moi que des mots magnifiques, sans plus, jusqu’à ce que j’aie réalisé que mon nom était écrit sur l’invitation.

 

 Mon tailleur

Quel est l’homme le plus intelligent que je connaisse ? Ce n’est pas à une grave recherche que je vous invite , car il s’agit tout simplement de mon tailleur. Et pourquoi donc ? En vérité, mon tailleur, chaque fois qu’il me rencontre, reprend mes mesures, tandis que les autres m’ont mesuré une fois pour toutes et ne prennent jamais le temps de reprendre mes mesures !

                                                          George Bernard ShawMurphy

 

Ne méprise pas le corps du Christ (Jean-Chrysostome, 354-407)

Veux-tu honorer le Corps du Christ ? Ne commence pas par le mépriser quand il est nu. Ne l’honore pas ici avec des étoffes de soie, pour le négliger dehors où il souffre du froid et de la nudité. Car celui qui a dit : “Ceci est mon corps” est le même qui a dit : “Vous m’avez vu affamé et vous ne m’avez pas nourri.”

Quelle utilité à ce que la table du Christ soit chargée de coupes d’or, quand il meurt de faim ? Rassasie d’abord l’affamé et orne ensuite sa table. Tu fabriques une coupe d’or et tu ne donnes pas une coupe d’eau. En ornant sa maison, veille à ne pas mépriser ton frère affligé : car ce temple-ci est plus précieux que celui-là.

Qui pratique l’aumône exerce une fonction sacerdotale. Tu veux voir ton autel ? Cet autel est constitué par les propres membres du Christ. Et le corps du Seigneur devient pour toi un autel. Vénère-le. Il est plus auguste que l’autel de pierre où tu célèbres le saint Sacrifice. Et toi tu honores l’autel qui reçoit le corps du Christ et tu méprises celui qui est le corps du Christ. Cet autel-là, partout il t’est possible de le contempler, dans les rues et sur les places ; et à toute heure tu peux y célébrer ta liturgie.

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