Recueil 4

jaune caca

 

Grâce à un oiseau blessé

Je connais un oiseau, un oiseau qui s’est blessé sans le savoir.

Cet oiseau allait unir deux enfants de races différentes mais leurs pays étaient en guerre et ils ne s’aimaient pas. Ces deux enfants trouvèrent l’oiseau en même temps, alors ils se sont battus pour savoir qui devait le soigner. Puis ils réfléchirent.

Comme l’oiseau souffrait, les deux enfants décidèrent de soigner l’oiseau ensemble et ils devinrent les meilleurs amis du monde.

Si, grâce à un oiseau, deux enfants peuvent devenir amis, alors deux adultes, deux pays…

 

Hofetz Chaim

Au siècle dernier, un touriste américain rendit visite au célèbre rabbin Hofetz Chaim.

Il s’étonna de voir que le rabbin n’avait pour tout logement qu’une simple pièce remplie de livres. Et pour seul mobilier, une table et un banc.

- “Où sont vos meubles ?” demanda le touriste.

- “Où sont les vôtres ?” rétorqua Hofetz.

- “Les miens ? Mais je ne suis qu’un visiteur, ici ; je ne fais que passer”, dit l’Américain.

- “Moi-aussi”, répliqua le rabbin.

 

Il était un roi

Il était un roi très bon. Mais il y avait tant de rouages entre lui et son peuple, que celui-ci ne le connaissait plus.

Ce peuple, comme tous les peuple du monde, était malheureux. Aussi, le Roi envoyait-il des ministres, des médecins, des instituteurs, des assistantes sociales et même des curés aux provinces les plus éloignées. Mais certains messagers du Roi ne savaient pas comment s’y prendre, d’autres en profitaient pour se remplir les poches.

Le Roi décida de faire une tournée personnelle dans son royaume. Dans chaque ville, l’on organisait des réceptions : grands banquets, fêtes, préfets, musiques… Massés sur les grands boulevards, le peuple qui se laisse toujours prendre à ce genre de spectacle, criait : “Vive notre Roi !” et agitait de petits drapeaux. Mais à peine les dernières fusées de feux d’artifice éteintes, chacun se retrouvait aussi malheureux qu’avant et même un peu plus : “Pourquoi ne suis-je pas né dans la peau du Roi, ou au moins dans celle de l’un de ses courtisans ?”

Le Roi réunit son entourage : “Je donne à mon Premier ministre pleins pouvoirs pour gouverner le royaume en mon absence. Quant à moi, inconnu de tous, je vivrai au milieu du peuple, travaillant de mes mains. Le soir, je réunirai quelques voisins. Un jour, ils comprendront qui je suis.” Naturellement, le chef du protocole intervint pour faire les objections que vous devinez : le respect dû au Roi, le mauvais accueil du peuple grossier, et il conclut :

- “Majesté, quand vous aurez réussi à rendre heureux une douzaine de voisins, vous serez bien avancé! Des dizaines de millions d’hommes resteront malheureux.

- Mon ami, lui répondit le Roi, je ne t’ai pas attendu pour me faire la même objection… Voilà ce que j’ai pensé : j’apprendrai à ma douzaine de voisins à en faire autant, chacun avec trois, quatre ou dix, selon ses possibilités. Si chacun communique ainsi un peu de son bonheur à ses proches, tout mon royaume en sera transformé.”

Fais-le, ça se fera. Et l’exemple nous est venu de haut.

 

Il n’y a pas de coiffeur dans cette ville !

Soudain, le coiffeur se permit une réflexion forte : « Il n’y a pas de Dieu ! – Et pourquoi donc, interrogea son client ? – S’il existait, il n’y aurait pas tout ce mal et ces êtres mauvais comme Hitler, Staline et tant d’autres », répondit-il aussitôt. L’homme qui se faisait coiffer, un modeste croyant, opposa quelques arguments, mais en vain. Notre coiffeur avait des idées bien arrêtées.

La coupe achevée, le service payé, le client s’en alla. Un peu plus loin, au coin d’une rue, il croisa un pauvre hère à la coiffure longue et désordonnée, à la barbe généreuse et hirsute. Il fit alors demi-tour à grandes enjambées et rentra dans le salon de coiffure. Sans les salutations d’usage, il interpella le coiffeur : « Il n’y a pas de coiffeur dans cette ville ! – Et moi, alors ? – Non, il n’y a pas de coiffeur dans cette ville ! Je viens de voir un homme à la chevelure démesurée et à la barbe non taillée. C’est bien la preuve ! – Mais je n’en peux rien s’il ne franchit jamais la porte de mon salon et ne s’adresse pas à moi, répliqua le coiffeur. – Tu vois, il en va de même pour Dieu ! »

 

J’avais faim

J’avais faim, et vous avez fondé un club à but humanitaire où vous avez discuté de ma faim.

J’étais en prison et vous vous êtes glissé dans l’église, priant pour ma libération.

J’étais nu et vous avez examiné sérieusement les conséquences morales de ma nudité.

J’étais malade et vous êtes tombés à genoux pour remercier le Seigneur de vous avoir donné la santé.

J’étais sans abri et vous m’avez prêché les ressources de l’Amour de Dieu.

Vous paraissez si pieux, si près de Dieu.

Mais, moi, j’ai toujours faim, je suis toujours seul, nu, malade, prisonnier, sans abri. J’ai froid.

 

Je l’aide à pleurer

Martin est avec sa maman et joue dans le jardin devant la mairie. En courant, de-ci de-là, il aperçoit un vieux monsieur, assis seul, sur un banc, tout triste. Martin ne sait pas qu’il vient de perdre sa femme. Mais il a vu la tristesse et les larmes discrètes du vieux monsieur. Alors, il va vers lui, et, sans rien dire, il s’assied à côté de lui. Sa maman l’appelle et lui dit : « Tu vois bien que le monsieur a beaucoup de peine. Il ne faut pas le déranger. » – « Maman, je ne le dérange pas, je l’aide à pleurer. »

 

Jus et salade

On rêve de communauté où chacun, censément, serait le tout de l’autre. Non pas comme des pommes sur le pommier où chacune est finalement pour soi et le soleil pour tous. Ni comme des fruits dans une même corbeille : il y a diversité, mais juxtaposée.

Alors, on invente la communauté passée dans la moulinette ou le mixer. Tout y passe en effet : la peau, les pépins. Il en sort un jus uniforme plein de vitamines. Mais chacun y a perdu sa personnalité.

C’était, dit-on, le résultat de certains ordres religieux, autrefois. C’est peut-être, aujourd’hui, l’idéal de telle communauté de base où l’on ne sait plus très bien reconnaître laïcs, religieuses, gens mariés, célibataires.

Une solution meilleure ? La salade de fruits. Chacun reste lui-même : poire, pomme, banane, ananas. Et chacun bénéficie du goût propre de l’autre. Mais à une condition : accepter évangéliquement d’être coupé en quatre, dix ou douze morceaux, si l’on est un beau, gros fruit. Seuls, les très humbles restent entiers : une cerise, un grain de raisin, une groseille.

                                               Jacqus Loew

 

L’aventure des hérissons

Un été, une famille de hérissons vint s’installer dans la forêt. Il faisait beau, il faisait chaud, et toute la journée les hérissons s’amusaient sous les arbres. Ils batifolaient dans les champs, aux abords de la forêt, jouaient à cache-cache entre les fleurs, attrapaient des mouches pour se nourrir, et, la nuit, ils s’endormaient sur la mousse, tout  près des terriers.

Un jour, ils virent tomber une feuille d’un arbre : c’était l’automne. Ils jouèrent à courir derrière la feuille, derrière les feuilles qui tombaient de plus en plus nombreuses ; et, comme les nuits étaient un peu plus fraîches, ils dormaient sous les feuilles mortes.

Or, il se mit à faire de plus en plus froid. Dans la rivière parfois on trouvait des glaçons. La neige avait recouvert les feuilles. Les hérissons grelottaient toute la journée et, la nuit, tant ils avaient froid, ils ne pouvaient plus fermer l’œil.

Aussi, un soir, ils décidèrent de se serrer les uns contre les autres pour se tenir chaud, mais ils s’enfuirent aussitôt aux quatre coins de la forêt : avec tous leurs piquants, ils s’étaient blessés le nez et les pattes. Timidement, ils se rapprochèrent, encore, mais, encore une fois, ils se piquèrent le museau. Et, chaque fois qu’ils couraient les uns vers les autres, c’était la même chose.

Pourtant, il fallait absolument trouver comment se rapprocher : les oiseaux l’un contre l’autre se tenaient chaud ; les lapins, les taupes, tous les animaux aussi. Alors, tout doucement, petit à petit, soir après soir, pour avoir chaud mais ne pas se blesser, ils s’approchèrent les uns des autres, ils abaissèrent leurs piquants et, avec mille précautions, enfin trouvèrent la bonne distance. Et le vent qui soufflait ne leur faisait plus de mal ; ils pouvaient dormir, bien au chaud, tous ensemble.

Nicole Favre

 

L’enfant préféré

Un Kalife fit venir un homme très simple, dont on lui avait qu’il était un sage. Pour éprouver cette sagesse, ce Kalife lui posa cette question :

- On me dit que tu as de nombreux enfants ; veux-tu m’indiquer de tes enfants lequel est le préféré ?

Et l’homme de répondre : Celui de mes enfants que je préfère, c’est le plus petit, jusqu’à ce qu’il grandisse, celui qui est loin, jusqu’à ce qu’il revienne, celui qui est malade, jusqu’à ce qu’il guérisse, celui qui est prisonnier, jusqu’à ce qu’il soit libéré, celui qui est est éprouvé, jusqu’à ce qu’il soit consolé.

poème arabe

 

L’envie en litanies

Viens avec nous sur les sommets,

nous t’attendons, viens, tout est prêt ! Non, aujourd’hui, je n’ai pas envie.

Veux-tu, petit, courir au pain :

voici qu’arrivent nos voisins ! Non, aujourd’hui, je n’ai pas envie.

Venez, curé, carillonner :

la fête commence au clocher. Non aujourd’hui, je n’ai pas envie.

Docteur, grand-père est au plus mal.

Epargnez-lui le jour fatal ! Non, aujourd’hui, je n’ai pas envie.

Venez, pompiers, venez au feu :

tout s’envole en fumée chez eux ! Non, aujourd’hui, on n’a pas envie.

Les magasins se sont fermés

derrière une publicité. Non, aujourd’hui, on n’a pas envie.

Le soleil immobile aux cieux

se mit à crier aux curieux : Non, aujourd’hui, je n’ai pas envie.

Et le monde paralysé est mort à la fin de l’année,

dans un grand cri : « je n’ai plus envie ! »

Et voici qu’un peuple affamé,

perclus dans un désert brûlé, se lève et crie : « Ici, on meurt d’envie! »

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