Recueil 5

marron

 

L’espoir

L’espoir,

ça vient d’on ne sait où, ça va plus loin que nous.

L’espoir,

ça nous colle à la peau, ça nous enracine au ciel, ça nous enlace les bras et les mains.

L’espoir,

ça nous étouffe à en crever, à en crier, à en vivre, à en vivre sans fin.

Fragile, si fragile, comme la fleur de blés, il ensemence nos chemins,

il nourrit nos après-demain et fait éclater nos rires plus loin que la terre.

Écrit en rouge sur les murs des prisons, il se nomme LIBERTÉ.

Écrit en noir sur les portes des princes, il se nomme JUSTICE.

Écrit en bleu sur le gris de nos villes, il se nomme HORIZON.

Écrit en blanc sur les robes des filles, il se nomme PRINTEMPS.

Écrit en rose sur les fleurs de nos mains, il se nomme FRATERNITÉ.

Écrit en transparence dans les yeux des enfants, il se nomme VIVRE.

Écrit en arc-en-ciel sur le soleil couchant, il se nomme DEMAIN.

Michel Scouarnec

L’homélie du jour

Un jeune moine était en train de laver sa salade quand un frère l’aborda qui, voulant le mettre à l’épreuve, lui demanda :

- Sauras-tu me répéter ce que l’ancien a dit dans l’homélie de ce matin ?

- Je ne me souviens plus, avoua le jeune homme.

- Pourquoi donc écoutes-tu l’homélie, si tu ne te la rappelles plus ?

- Regarde, frère. L’eau lave la salade, cependant, elle ne reste pas dans les feuilles ; pourtant, ma salade est parfaitement lavée.

 

L’objet brillant

Ecoutez la petite histoire du paysan qui trouve quelque chose qui brille dans son champ.

Il ramasse l’objet et le ramène chez lui. Sa femme est éblouie comme lui. Vient la question : qu’allons nous en faire ? C’est un trésor, je vais le cacher dans le coffre secret. Il prend l’étoile, la range dans la boite, mais celle-ci semble se ternir, devenir transparente, disparaître. Affolé il appelle sa femme : reprends vite le trésor, il n’aime pas qu’on l’enferme. Elle le pose sur la cheminée. Il retrouve un peu de vigueur mais reste terne. Il le pose près de la fenêtre. Il retrouve des couleurs, mais pas l’éclat qu’il avait en plein champ. La femme propose de le poser sur le rebord de la fenêtre. L’homme se rebelle : on va nous le prendre ! Pas question !

Le trésor se fane. La femme insiste, le prend, le dépose délicatement : le trésor retrouve tout son éclat. Les enfants du quartier aiment venir l’admirer, il éclaire leurs jeux tard le soir quand le soleil s’est couché, il semble veiller sur chacun, même dans le profond sommeil de la nuit… étoilée.

 

L’oiseau ensanglanté

J’aime raconter le rêve que fit, une nuit, un écrivain chrétien des premiers siècles. Des myriades d’oiseaux voletaient sous un filet tendu au-dessus du sol. Sans cesse, ils tentaient de s’envoler, heurtaient le filet, et retombaient par terre. Ce spectacle était accablant de tristesse… Mais voici qu’un oiseau, jeune et vigoureux, s’élança à son tour : quand il se cogna contre le filet, il s’obstina à lutter avec les mailles, et soudain, blessé, couvert de sang, il les rompit et s’envola vers l’azur. Un cri strident s’éleva parmi le peuple des oiseaux. Dans un bruissement d’ailes innombrables, ils se précipitèrent, à travers la brèche, vers l’espace sans limites.

L’oiseau ensanglanté, c’est Jésus. Tout au long de ses chemins, au milieu de son peuple, il avait annoncé une vie autre, illuminée par la bonté de Dieu et l’amour entre les hommes. Dans une société cloisonnée, il allait vers les pauvres, les méprisés, les malades et les exclus. Il faisait tomber les barrières que dresse l’argent, les préjugés, la suffisance des puissants. A tous, il annonçait, par ses actes autant que par ses paroles, la tendresse du Père des cieux. Il changeait la vie et la mort même en gestes d’amour.

 

La boîte à sel

Les disciples de Jésus, c’est comme le sel. Le sel, c’est salé, ça a un goût spécial, ça se mélange à la soupe, ça lui donne du goût.

Cela existerait-il un sel qui aurait le goût de l’eau, qu’on pourrait mélanger à la soupe sans que cela se sente ? Cela ne servirait à rien ! Du sel comme ça serait bon pour la poubelle !

Les disciples de Jésus, nous les chrétiens, nous sommes comme le sel de la terre, c’est Jésus qui le dit. Il ne faut pas avoir peut d’être différents à cause de Jésus, pas avoir peur d’être mélangés aux autres.

On ne met pas la boîte à sel fermée dans la soupe ! Peut-être que des chrétiens entre leurs quatre murs, c’est comme une boîte à sel… Eh bien, il faut ouvrir la boîte.

 

La bougie de mariage    d’après une tradition d’Autriche 

Il était une fois une bonne fée, qui offrit à sa nièce, pour son mariage, une bougie. Rien d’extraordinaire, quoique….

La bougie fut posée dans le salon… Les mois passèrent, et, un jour, la jeune mariée trouva la bougie allumée. Par quelle bizarrerie la bougie était-elle allumée ? La jeune mariée tenta de l’éteindre mais en vain, la bougie restait allumée ! Elle en aurait bien parlé à son époux, mais justement, ces temps-ci, elle ne lui parlait plus. Ils étaient, comment dire, un peu fâchés, et c’était la première fois.

Le soir, alors que sa femme était déjà couchée, le jeune marié voulu éteindre la bougie. Par quelle bizarrerie la bougie restait-elle allumée ? Il en aurait bien parlé à sa femme, mais ces temps-ci, il ne lui parlait plus. Ils étaient un peu fâchés et c’était la première fois.

Quelques jours passèrent ainsi sans que les époux ne puissent en parler et la bougie restait toujours allumée ! Un soir, n’y tenant plus, ils finirent par se dire : “Tu as vu que la bougie est allumée ? – Oui. – Tu as essayé de l’éteindre ? – Oui . – Tu as réussi ? – Non.”  Ils étaient bien embarrassés !

Ils décidèrent de s’approcher ensemble de la bougie. Soudain, la bougie se mit à parler : “Les jours de soleil, laissez-moi éteinte ; les jours sombres, allumez-moi ! Lorsque vous voulez vous parler mais que vous ne trouvez pas les mots, allumez-moi ! Lorsque vous voulez vous prendre dans les bras mais que vous n’en n’avez pas la force, allumez-moi ! Approchez-vous, l’un contre l’autre, joue contre joue, d’un même souffle, éteignez-moi !”

Les jeunes mariés, un peu fâchés, se regardèrent à nouveau. Se rappelaient-ils la cause de leur fâcherie ? Pas vraiment ! Quoique, en faisant un petit effort… Les mots venaient plus facilement, les corps se rapprochaient, ils étaient déjà beaucoup moins fâchés. Ils furent bientôt joue contre joue pour souffler ensemble la bougie et, par quelle bizarrerie ? …. La bougie s’éteignit !

Nos jeunes mariés comprirent le message. Et depuis, il est de tradition d’offrir une bougie aux mariés. Une bougie qu’ils allument les jours où ça ne va pas et qu’ils éteignent ensemble après s’être réconciliés !

                                                                                  Texte écrit par Katell BODI

La chaise

Quand le Prêtre entra dans la chambre, il trouva le pauvre homme sur son lit. Il y avait une chaise à côté de lui, si bien que le Prêtre dit :

- Je crois que vous m’attendiez.

- Non, qui êtes-vous ? demanda le malade.

- C’est votre fille qui m’a appelé pour que je vienne prier avec vous. J’ai remarqué la chaise vide à côté de votre lit, j’ai cru que vous saviez que je viendrais.

- Ah oui, la chaise !

Et le malade continua :

- Je ne l’ai jamais dit à personne, mais j’ai passé toute ma vie sans savoir comment prier. A l’église j’ai toujours entendu parler de la prière : comment prier, les avantages que cela apporte. Mais tout ça me rentrait par une oreille et sortait par l’autre. Et je n’avais jamais aucune idée comment faire. Alors depuis très longtemps j’ai abandonné la prière. Mais il y a quatre ans, j’en ai parlé avec mon meilleur ami qui m’a dit : “Jean, le but de la prière c’est tout simplement d’avoir une conversation avec Jésus. Alors je te suggère ceci : tu t’assois sur une chaise et tu mets une chaise vide en face de toi. Avec foi tu regardes Jésus qui est assis en face de toi. Ce n’est pas de la folie puisque Jésus a dit : « Je serai toujours avec toi. »” Donc je lui parlais et je l’écoutais, de la même façon que vous le faites avec moi aujourd’hui. C’est ce que j’ai fait, et j’ai tellement aimé ça que j’ai continué environ deux heures par jour. Je fais toujours très attention à ce que ma fille ne me voit pas car elle me ferait interner.

Le prêtre ressentit une grande émotion et dit à Jean que c’était une bonne chose, ce qu’il faisait, et surtout qu’il fallait continuer. Il pria alors avec lui, lui donna une bénédiction et s’en retourna chez lui.

Deux jours plus tard la fille de Jean annonça au prêtre le décès de son père. Le prêtre demanda :

- Est-il mort en paix ?

- Oui, quand j’ai quitté la maison au début de l’après-midi, il m’a appelé et je suis allé le voir. Il m’a dit qu’il m’aimait et m’a embrassée. Quand je suis revenue après quelques courses, une heure plus tard, je l’ai trouvé mort. Mais une chose est étrange : apparemment, juste avant sa mort, il a rapproché la chaise de son lit et y a posé sa tête. C’est comme ça que je l’ai trouvé. Qu’est-ce que cela peut bien signifier ?

Le prêtre profondément ému, sécha ses larmes et répondit :

- Souhaitons que nous puissions tous partir d’une façon aussi sereine.

 

La consolation

Une petite fille revenait de la maison voisine, où la fille de huit ans venait de mourir de manière tragique.

- Pourquoi y es-tu allée ? lui demanda le père.

- Pour consoler sa maman !

- Et que pouvais-tu bien faire, toi si petite, pour la consoler ?

- Je suis montée sur ses genoux et j’ai pleuré avec elle !

 

La corde invisible

Un paysan avec 3 de ses ânes se rendait au marché pour vendre sa récolte. La ville était loin et il lui faudrait plusieurs jours pour l’atteindre.

Le premier soir, il s’arrête pour bivouaquer non loin de la maison d’un vieil ermite. Au moment d’attacher son dernier âne, il s’aperçoit qu’il lui manque une corde. Si je n’attache pas mon âne se dit-il, demain, il se sera sauvé dans la montagne! Il monte sur son âne après avoir solidement attaché les 2 autres et prend la direction de la maison du vieil ermite.

Arrivé, il demande au vieil homme s’il n’aurait pas une corde à lui donner. Le vieillard n’avait pas la moindre corde, cependant, il s’adressa au paysan et lui dit : “Retourne à ton campement et comme chaque jour fait le geste de passer une corde autour du cou de ton âne et n’oublie pas de feindre de l’attacher à un arbre. »

Perdu pour perdu, le paysan fit exactement ce que lui avait conseillé le vieil homme. Le lendemain dès qu’il fût réveillé, le premier regard du paysan fût pour son âne. Il était toujours là ! Après avoir chargé les 3 baudets, il décide de se mettre en route, mais là, il eut beau faire, tirer sur son âne, le pousser, rien n’y fit. L’âne refusait de bouger. Désespéré, il retourne voir l’ermite et lui raconte sa mésaventure.

« As-tu pensé à enlever la corde ? » lui demanda-t-il.

« Mais il n’y a pas de corde ! » répondit le paysan.

« Pour toi oui mais pour l’âne… »

Le paysan retourne au campement et d’un ample mouvement, il mime le geste de retirer la corde. L’âne le suit sans aucune résistance.

Ne nous moquons pas de cet âne ! Nous pouvons être nous-aussi esclaves de nos persuasions et de nos habitudes… comme si une corde invisible nous empêchait de vivre et de nous épanouir.

 

La couverture partagée

Guillaume le marchand, dont la panse attestait l’aisance, remit entre les mains de son fils Gauthier tout son bien, pour le bien marier à la fille d’un noble sans fortune. Gauthier jura qu’il prendrait soin de son père jusqu’à sa mort, sans le laisser manquer de rien.

Un enfant naquit. Les années passèrent.

Guillaume le marchand avait perdu sa panse. Il portait en tremblant sa cuillère à la bouche. Assis sur le banc de la cheminée, il suivait au fil des heures, de son regard noyé, les allées et venues de la maisonnée.

- Combien de temps faudra-t-il encore supporter ce vieillard inutile et dégoûtant ? répétait l’épouse de Gauthier qui ne cessait de le rudoyer. Gauthier finit par entendre sa femme. Il chassa son père de chez lui.

- Donne-moi quelque chose à manger, supplia celui-ci.

- …

- Laisse-moi au moins emporter une couverture. Que j’aie moins froid… Seulement une de tes couvertures de cheval.

Pour se défaire de lui, Gauthier ordonna à son jeune fils d’aller chercher une des couvertures de son cheval noir, la plus neuve et la plus belle. L’enfant la coupa en deux. Il en donna la moitié à son grand-père.

- Comment, lui dit son père, n’as-tu pas honte ! Donne-la lui tout entière.

- Non, répondit l’enfant. J’en garde la moitié pour toi, quand tu seras vieux.

Gauthier reprit son père chez lui et le soigna fidèlement jusqu’à la fin de ses jours.

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