Recueil 9

violet

Christ n’a pas de mains

Christ n’a pas de mains, il n’a que nos mains pour faire son travail aujourd’hui.

Christ n’a pas de pieds, il n’a que nos pieds pour conduire les hommes sur son chemin.

Christ n’a pas de livres, il n’a que nos livres pour parler de lui aux hommes.

Christ n’a pas d’aide, il n’a que notre aide pour mettre les hommes à ses côtés.

Nous sommes la seule Bible que le public lit encore.

Nous sommes le dernier message de Dieu écrit en actes et en paroles.

 

Jeune moine populaire

Dans un monastère situé sur les bords de la mer Rouge, arriva un jour un jeune moine qui s’attira rapidement la sympathie de tous si bien que, ou peut-être à cause de cela, il en fut un peu infatué.

- Comment est possible un tel engouement ? demanda un ancien à l’higoumène Aspase.

Celui-ci répondit : “Les bouteilles à moitié vides font plus de bruit que les pleines.”

 

Le facteur

Chamal est un petit garçon de 7 ans, un petit Sri-Lankais, aux cheveux noirs de jais, aux grands yeux brillants dans un joli visage bistré. Sa famille est arrivée en France après mille péripéties, chassée par le conflit sans fin qui épuise son pays depuis 50 ans : conflit ethnique, linguistique, religieux, politique… Lui est venu, il y a seulement deux ans, pour vivre chez sa tante après avoir perdu son papa. Une trop longue histoire déjà pour ce petit garçon vif et intelligent, mais qui a quelquefois de longs moments pensifs.

En un an à peine, il a appris à parler parfaitement le français, avec cette merveilleuse capacité qu’ont les enfants de s’adapter rapidement à tout, partout. De temps en temps, il vient me voir, car sa tante, qui travaille chez nous, souhaite que quelqu’un jette un œil sur ses cahiers d’écolier, chose que personne ne peut faire à la maison.

On travaille un peu. Puis on bavarde, puis on revient au cahier, puis il essaye de m’apprendre à jouer avec les jetons de pokémon (c’est bien difficile !). Entre temps, il regarde, regarde partout, avec la curiosité des enfants de son âge. Il regarde aux murs les images, le crucifix… C’est tellement nouveau pour lui, qui est de tradition bouddhiste ! Et un jour, après un long silence, il me demande tout à trac :

• « Il est gentil, ton Dieu ? » Surpris, je réponds :

• « Oh oui ! Très gentil… » Et je lui retourne la question :

• « Et toi, il est gentil ton Dieu ? » Il réfléchit longuement et finit par répondre : « Je ne sais pas ! » … Je reprends : « Mais oui, il est gentil aussi puisque c’est le même que le mien !… » Dans ses grands yeux noirs, il y a tout l’étonnement, toute l’incompréhension du monde.

A ce moment, on sonne. C’est le facteur. Quand nous sommes de nouveau tous les deux, je lui explique : « Tu vois, le facteur, si tu l’avais rencontré dans la rue, tu aurais dit : c’est un facteur. Moi, je dis : c’est le facteur, c’est mon facteur. Quand il va rentrer à la poste, les autres facteurs vont dire : c’est notre copain. A la maison, sa femme dit : c’est mon mari. Et les enfants : c’est papa. Et pourtant, c’est bien toujours la même personne. Mais chacun le voit à sa manière… »

Je n’étais pas tellement sûr que mon explication soit des meilleures et des plus adaptées. Mais un mois plus tard, alors que nous étions plongés dans un difficile problème d’achat de pommes et de monnaie à rendre, on sonne à la porte. Je ne bougeais pas car je savais qu’il y avait quelqu’un d’autre pour ouvrir. Alors Chamal très gravement me dit : « C’est peut-être le facteur ?… » Et, songeur, il regarde longuement le crucifix…

Perjean                      

 

Le festin du Seigneur

Le village au pied du château venait tout juste de se réveiller quand retentit sur la grand’place la voix du héraut seigneurial :

- Notre Seigneur bien-aimé invite tous ses bien-aimés sujets à partager avec lui un festin pour son anniversaire. Une heureuse surprise les y attend. Il leur demande toutefois d’avoir la grande gentillesse d’apporter un peu d’eau pour remplir le bassin du château qui est à sec…

Et faisant volte face, le héraut entouré de ses gardes reprend le chemin du castel seigneurial.

Les commentaires fusent bon train, mais sur des modes fort divers…

- Pffh… Il a bien assez de domestiques pour faire remplir son bassin. Je lui monterai un verre, ce sera largement suffisant !

- Que non ! Il a toujours été bon et généreux ! Je lui apporterai un plein tonneau !

Et au matin du jour dit, on voit un étrange cortège monter du village vers le château. Les uns poussent de toutes leurs forces de grosses futailles, ou ahanent en portant des seaux pleins à ras-bord. D’autres, moqueurs, portent une carafe ou un petit verre sur un plateau.

Entrés dans la cour intérieure, chacun vide son récipient dans le bassin central, le dépose au vestiaire et se dirige joyeusement vers la salle du banquet.

Rôtis et vins, danses et chants, lorsque le soir arrive, le Seigneur remercie chacun d’un mot aimable et se retire dans ses appartements.

“Et la surprise promise ?” Désappointement des grincheux. Joie heureuse des bons sujets : “Notre maître vient de nous donner le meilleur festin qui soit !” Et chacun, avant de repartir, passe prendre son récipient.

Lorsque des cris éclatent, explosent de plus en plus fort en provenance du vestiaire. Cris de joie et cris de rage. Les récipients étaient remplis à ras-bord de pièces d’or !

- Ah ! Que n’ai-je apporté davantage d’eau…                     

 

Le fil à noeuds

Un vieux rabbin racontait : chacun de nous est relié à Dieu par un fil. Et Lorsqu’on commet une faute, le fil est cassé. Mais lorsqu’on regrette sa faute, Dieu fait un nœud au fil.

Du coup, le fil est plus court qu’avant. Et le pécheur est un peu plus près de Dieu !

Ainsi, de faute en repentir, de nœud en nœud, nous nous rapprochons de Dieu.

Finalement, chacun de nos péchés pardonnés est l’occasion de raccourcir d’un cran la corde à nœuds et d’arriver plus vite près du cœur de Dieu.

Tout est grâce, même les péchés. Génial ! …

 

Le juge

Voici venir l’heure où tout sera accompli tous les humains de tous les temps sont réunis au pied du trône où l’on attend le juge. Crainte et tremblement, comme tu penses. On attend, on attend, et il ne vient pas. Alors les gens commencent à se fatiguer, les vieux, les enfants, les femmes enceintes. Et certains des plus valides en profitent pour se pousser auprès du trône, être dans les premiers servis, se faire voir, se faire valoir. Et d’autres, émus de compassion – comme tu l’es si souvent – viennent en aide aux défaillants. Mais ils s’écartent, ils s’éloignent, on leur prend leur place.

Et ils s’en inquiètent et ils se demandent s’ils reviendront à temps et ils ne cessent pourtant pas d’aider, soigner, nourrir et conforter. Et les voici entraînés loin, loin, hors de la salle superbe et solennelle, et les voici perdus sur je ne sais quelle route, dans le désert.

Alors vient à eux le plus pauvre et le plus dolent des hommes. Et ce pauvre lève le regard et dit : « C’est moi qui suis le juge, mon frère! » Et les autres pendant ce temps, attendent, attendent devant le trône vide et qui le restera à jamais.

 

Le lieu où Dieu habite

Un jour, de savants personnages s’interrogeaient sur le lieu où Dieu habite. L’un d’entre eux dit : dans la nature, bien sûr. Le vieux sage du groupe sourit, hochant la tête d’un signe négatif. Le juif qui était là répondit alors : dans le Temple, sans aucun doute. Ce que s’empressa de corriger le musulman : dans les mosquées, évidemment. Le chrétien se sentit obligé de dire : je crois que c’est dans les églises. Mais le vieux sage n’était toujours pas d’accord. Finalement il dit : Dieu est partout où tu le laisses entrer.

Mais un sage peut toujours rencontrer plus sage que lui. Ainsi, notre ami croisa un jeune homme qui allait se promener dans les bois. Que vas-tu y faire ? demanda-t-il. « Rencontrer Dieu », répondit le jeune. « Mais Dieu est partout », fit évidemment remarquer le vieux sage. Et le jeune de répondre : « Oui, Dieu est partout, mais moi, je ne suis pas partout le même. C’est dans la forêt que je lui ouvre le plus facilement ma porte. »

 

 Le moment où le jour se lève

Il fait encore nuit. Quelques hommes sont assis dehors dans l’attente du jour ; un vieux sage est entouré de ses disciples. Et le sage interroge :

- “A quoi pouvons-nous reconnaître le moment où la nuit s’achève et où le jour se lève ?”

Un disciple prend la parole :

- “C’est lorsque les étoiles disparaissent dans le ciel et que la terre est caressée par les premières lueurs du soleil.”

- “Non”, répond le maître.

- “Alors c’est lorsque l’on peut sans peine distinguer de loin un chien d’un mouton.”

- “Non”, dit encore le maître.

- “Mais alors quand est-ce donc ?” demandent ensemble les disciples.

Et le vieux sage, après un temps de silence, répond :

- “Tu reconnaîtras le moment où le jour se lève lorsque, regardant le visage de n’importe quel homme, tu reconnaîtras en lui ton frère. Jusque là, il fait encore nuit dans ton cœur. Car la lumière ne vient pas du ciel. Quand elle naît, c’est du cœur de l’homme.”

Non, la lumière n’est pas à guetter le ciel, depuis le jour où, à Bethléem, elle était au cœur de l’enfant de lumière. Depuis ce jour et pour toujours, nous savons qu’elle peut jaillir du cœur de l’homme qui vit sur cette terre. Noël nous invite à nous tourner vers notre terre pour chercher la lumière.

Cité par le P. Loew

 

Le mystère de l’attaché-case

Pedro avait seize ans. Mais à en juger d’après sa carrure frêle et sa voix fluette, on lui en aurait donné douze. Les copains n’étaient pas tendres avec lui : « Bonzaï », « nabot » et « no-biceps » étaient les surnoms les plus fréquents… Pedro se voulait imperturbable sous cette pluie de quolibets (« qui tombe sur le parapluie de mon indifférence », disait-il), mais ce n’était sans doute qu’une apparence.

Depuis quelque temps, Pedro se promenait avec un attaché-case qui lui donnait l’air d’un homme d’affaires. Il ne s’en séparait jamais. La nuit, il le glissait sous sa couverture ; à table, il le coinçait entre le dossier de sa chaise et lui. À certains moments de la journée, il s’écartait des autres, leur tournait le dos, et ouvrait sa mallette avec un luxe de précautions, comme pour y consulter des trésors…

En tête à tête, l’aumônier du home se risqua à lui demander :

- Qu’est-ce qu’il y a donc à l’intérieur?

Silence gêné. L’animateur insiste amicalement.

- Tu me promets de ne rien dire ? Plaide Pedro, qui accepte enfin d’ouvrir son mystérieux attaché-case.

A l’intérieur, il n’y a rien.

- Oui, c’est vide… et alors ? Tant qu’ils voient cette mallette fermée, ils croient qu’elle contient des choses, explique Pedro.

On a tous besoin d’être important aux yeux des autres. N’est-ce pas normal ? Et quand on est humilié, il faut parfois redoubler d’astuce.

 

Le paquet de biscuits

Une jeune femme attendait l’embarquement de son vol dans un grand aéroport. Comme elle disposait de temps, elle acheta un livre et aussi un paquet de biscuits. Elle gagna la salle VIP de l’aéroport où elle s’installa dans un bon fauteuil. A côté du fauteuil où se trouvait le paquet de biscuits, un homme ouvrit son magazine et se mit à lire.

 

Lorsqu’elle prit un premier biscuit, l’homme assis à proximité fit de même. Elle se sentit irritée par ce comportement, mais elle ne dit rien, se contentant de penser : “Quel sans-gêne celui-là, il ose se servir dans mon propre paquet !”  À chaque biscuit qu’elle prenait, l’homme en prenait un aussi. Cela la mettait dans tous ses états, mais elle ne voulait pas faire d’esclandre. Lorsque qu’il ne resta qu’un seul biscuit, elle pensa : “Et que va t-il faire maintenant, ce profiteur ?” L’homme prit le dernier biscuit, le brisa en deux et lui tendit la moitié. Décidément, il avait dépassé les bornes ! Elle était hors d’elle-même !

En un éclair, elle prit son livre et ses affaires, se leva d’un bond et sortit en trombe pour se rendre au guichet d’embarquement. Lorsqu’elle prit possession de son siège à l’intérieur de l’avion, elle ouvrit son sac à main et, à sa grande surprise, elle y découvrit… son paquet de biscuits, intact et non-ouvert ! Elle se sentit tellement MAL !!! Elle réalisait à quel point elle s’était trompée. Elle avait oublié qu’elle avait glissé son paquet de biscuits dans son sac à main.

L’homme avait donc partagé ses biscuits avec elle, sans rancune ni appréhension. À présent, toute confuse, elle ne pouvait s’empêcher de penser à cet homme qu’elle n’aurait plus la chance de croiser pour s’excuser.

Il y a ainsi quatre choses que nous ne pouvons pas rattraper : la pierre, après l’avoir lancée, le mot, après l’avoir dit, l’occasion, après l’avoir perdue, le temps, lorsqu’il s’est enfui ! 

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