Recueil 14

jaune caca

Poème anglais (d’après Annales d’Issoudun – sept 2005)

Un homme contemplait, à la nuit tombante, le petit cimetière de son village. Il pensait à tous ceux qui reposaient là : des gens simples et ordinaires. Et le sombre songeur pensait alors, par contraste, à tous les grands hommes, ceux qui ont leur statue sur les places publiques, les grands généraux par exemple. Or, découvrait-il, très souvent, ces grands généraux étaient des gens ordinaires avant de s’illustrer dans de terribles batailles. En bref, s’ils n’avaient pas été confrontés à des événements extraordinaires, ils seraient restés des gens ordinaires.

Et le songeur songeait… Parmi ces humbles qui reposaient là, est-ce qu’il n’y aurait pas eu des héros, des grands hommes, des bienfaiteurs de l’humanité si les circonstances l’avaient exigé ? Si, à leur époque, le pays avait connu la guerre, l’invasion ou la peste ? Et c’était injuste. Parce que ce n’était pas leur faute s’ils avaient vécu en temps de paix, si aucun événement n’avait permis de deviner leurs éminentes qualités.

En langage de bon sens : au lieu d’aller méditer dans les cimetières, la nuit, regardez donc les gens qui vivent autour de vous. Vous découvrirez qu’ils sont uniques et tout à fait extraordinaires, même si personne n’a encore eu l’occasion de s’en apercevoir. Et vous serez peut-être le premier ou la première à les découvrir et à les mettre en valeur.

Mais pour ça – et c’est peut-être plus difficile et délicat, – vous aurez d’abord à découvrir qu’il y a, en vous-même aussi, bien des trésors tout à fait uniques qu’il serait dommage de garder cachés jusqu’au cimetière.

Perjean

Poids de Rien

“Dis-moi, combien pèse un flocon de neige ? », demanda la mésange à la colombe.
« Rien d’autre que rien », fut la réponse.

Et la mésange raconta alors à la colombe une histoire : « J’étais sur une branche d’un sapin quand il se mit à neiger. Pas une tempête, non, juste comme un rêve, doucement, sans violence. Comme je n’avais rien de mieux à faire, je commençai à compter les flocons qui tombaient sur la branche où je me tenais. Il en tomba 3.751.952. Lorsque le 3.751.953ème  tomba sur la branche – rien d’autre que rien comme tu l’as dit – celle-ci cassa. »

Sur ce, la mésange s’envola. La colombe, une autorité en matière de paix depuis l’époque d’un certain Noé, réfléchit un moment et se dit finalement :
« Peut-être ne manque-t-il qu’une personne pour que tout bascule et que le monde vive en paix ! »

 ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture)

Point rouge et pièce de lin

Abba Euloge, un jour, ne réussit pas à cacher sa tristesse.

- Pourquoi es-tu triste, Abba ? lui demanda un ancien.

- Parce que je me mets à douter de l’intelligence des frères au sujet des grandes réalités de Dieu. C’est déjà la troisième fois que, leur ayant montré une pièce de lin sur laquelle j’ai dessiné un petit point rouge et leur demandant ce qu’ils voyaient, ils m’ont tous répondu : “Un petit point rouge”, mais jamais : “Une pièce de lin.”

 

Pourquoi ?

Pourquoi la lampe s’est-elle éteinte ? Je l’entourai d’un manteau pour la mettre à l’abri du vent. Voilà pourquoi la lampe s’est éteinte.

Pourquoi la rivière s’est-elle tarie ? Je mis une digue au travers d’elle afin qu’elle me servit à moi seule. Voilà pourquoi la rivière s’est tarie.

Pourquoi la fleur s’est-elle fanée ? Je la pressais contre mon cœur avec inquiétude et amour. Voilà pourquoi la fleur s’est fanée.

Pourquoi la corde de la harpe s’est-elle cassée ? J’essayai de donner une note trop haute pour mon clavier. Voilà pourquoi la corde de la harpe s’est cassée.

Rabindranath Tagore (Le jardinier d’amour) 

Prier en fumant (Les moines et le marketing, ou l’art de présenter ses arguments)

Torturé par le désir de fumer, un moine va voir l’Abbé et lui demande :

- Je suis vraiment mortifié de venir vous voir pour une telle requête, mais je voudrais vous demander la permission de fumer lorsque je suis en train de prier.

- Mais vous n’y pensez pas mon fils ! Et votre engagement, et votre apostolat, et votre force de caractère… C’est une épreuve qui vous est soumise, vous devez vaincre.

Un deuxième moine se présente à son tour pour la même requête :

- Mon père, je viens prendre conseil auprès de vous. Croyez vous que, pendant que je fume, il soit possible de prier ?

- Assurément, mon fils. Il est recommandé de prier en toutes circonstances !

 

Propriétés privées

Par où descendre jusqu’à la mer ? Murs de protection, barrières de défenses, propriétés encloses, haies grillagées bien plus hautes qu’un homme ! Et ces panneaux… ronds, carrés, rectangulaires, rouges et noirs : “PROPRIETE PRIVEE.”

- Pourquoi ne pas risquer ce sentier ?… Il descend sûrement vers la mer !

- Où allez-vous, Monsieur ?

- Je veux descendre au bord de l’eau.

- Vous ne voyez pas que vous êtes dans une propriété privée.

- Oui, mais je suis bloqué là, toutes les propriétés, dans toutes les directions, sont privées, et toutes les voies sans issue.

- Alors, vous savez ce qu’il vous reste à faire… Sortez de ce quartier en retournant sur vos pas !

- Je suis bien obligé, en effet, mais avant de partir, je voudrais bien savoir … dites-moi : toutes ces propriétés, au juste, elles sont privées… de quoi ?

 

Qui nous roulera la pierre ?

Que de pierres empêchent la vie de surgir ! Qui nous roulera la pierre de tant de peurs cachées, secrètes et inavouées ? Elles sont là, pierres invisibles roulées à la porte des mémoires. Elles empêchent tout jaillissement de vie ! Qui nous roulera  la pierre qui a fermé la porte de l’entreprise ? Dans la nuit, le cerveau de l’usine est parti, sans bruit, là bas, en Chine pour faire plus de profit. Qui nous roulera cette lourde pierre ?

Et la pierre énorme de « la crise, » qui la roulera ? Crise dans les finances ou « crise de confiance » et notre monde en est malade. Viens rouler la pierre des manques de confiance plantée au cœur de chacun. Mais, je le crois, des hommes de bonne volonté trouveront les moyens de restaurer les réseaux de ceux qui choisissent l’homme avant l’argent.

Ce matin, en famille une pierre a été bruyamment roulée : une violente colère a bloqué quelques portes déjà fermées. Et le soleil s’est couché sans que rien n’ait bougé. Qui donc roulera la pierre de cette colère ?

La pierre du tombeau de Jésus a été roulée et ceux qui l’ont fermé croyaient avoir gagné. C’était pour eux une affaire classée ! Mais Dieu le Père en a décidé autrement. De son amour et de son bras puissants il a relevé son Fils, devenu à jamais, le Vivant.

La pierre est roulée… et le tombeau est ouvert. Nous connaissons celui qui, avec nous, peut rouler toute pierre !

                                                                                    Jacques lancelot

Regarde dans ce miroir

Un homme dont la richesse avait endurci le cœur et qui se sentait malheureux s’en vint trouver un Rabbi dans l’espoir de retrouver la joie. Le Rabbi lui dit :

- Regarde par la fenêtre et dis-moi ce que tu vois.

- Je vois des hommes dans la rue qui vont et viennent.

Alors le Rabbi lui tendit un miroir et lui dit :

- Regarde dans ce miroir et dis-moi ce que tu vois.

- Je me vois moi-même!

- Et tu ne vois plus les autres ? Songe que la fenêtre et le miroir sont tous deux faits avec la même matière, le verre ; mais le miroir ayant été recouvert d’argent par derrière, tu n’y vois plus que toi-même. Tu es comme ces deux espèces de verre. Pauvre, tu voyais les autres et tu en avais compassion. Couvert d’argent, tu ne vois plus que toi-même. Sans doute faudrait-il gratter le revêtement d’argent pour qu’à nouveau tu puisses voir les autres.

 

Renoncer au monde

Un jeune homme, converti depuis peu, demanda à un ancien :

- Abba, devrais-je maintenant renoncer complètement au monde ?

- N’aie pas peur, lui répondit-il. Si ta vie est vraiment chrétienne, c’est le monde qui immédiatement renoncera à toi.

 

 Restons zen !

Un jeune garçon s’énervait facilement et cela finissait par irriter ses parents. Un jour, son père lui donna un sac de clous et lui dit : « Chaque fois que tu perds ton sang-froid, au lieu de t’énerver, va enfoncer un des clous dans la barrière, au fond du jardin. »

Le lendemain, le garçon enfonça trente-sept clous dans la barrière. Le garçon comprit qu’il était plus simple de se maîtriser et de garder son sang-froid que de sortir pour aller enfoncer des clous dans du bois dur. Le surlendemain, il y en eut moins. Et les jours suivants, de moins en moins.

Un beau jour, il dit à sont père : « Maintenant, j’arrive à moins m’énerver, je suis plus zen. »

Son père lui répondit : « Alors, chaque jour où tu arriveras à garder ton sang-froid, tu pourras retirer un des clous de la barrière. »

Et il fit ainsi chaque jour, jusqu’au jour où il n’y eut plus de clous dans la clôture. Le père prit alors son fils par le bras et l’emmena dans le fond du jardin, devant la barrière. Il lui dit : « Tu as fait ce qu’il fallait faire. Mais regarde tous ces trous ! La barrière ne sera plus jamais pareille, elle ne sera plus aussi belle et lisse qu’auparavant. Il en va de même lorsque tu te fâches ou que tu t’énerves : cela laisse des traces autour de toi… Des traces qui ne disparaissent pas vite ! »

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