Recueil 15

jaune caca

Si …

Si la note disait : ce n’est pas une note qui fait une musique, il n’y aurait pas de symphonie.

Si le mot disait : ce n’est pas un mot qui peut faire une page, il n’y aurait pas de livre.

Si la pierre disait : ce n’est pas une pierre qui peut monter un mur, il n’y aurait pas de maison.

Si la goutte d’eau disait : ce n’est pas une goutte d’eau qui peut faire une rivière, il n’y aurait pas d’océan.

Si l’homme disait : ce n’est pas un geste d’amour qui peut sauver l’humanité, il n’y aurait jamais de justice et de paix, de dignité et de bonheur sur la terre des hommes.

Michel Quoist

 

Simon

Tous les jours, on le voyait entrer dans la vieille église du village, un solide édifice roman, fait de grosses pierres, et qui avait abrité bien des prières. Chaque jour, ce vieux bonhomme un peu voûté y pénétrait sur le coup de midi, quand sonnait l’angélus. Il n’y restait pas longtemps, mais il n’aurait jamais manqué ce rendez-vous.

La sacristine qui habitait sur la place le voyait entrer et sortir presqu’aussitôt. Inquiète, elle avertit Monsieur le curé. Sait-on jamais ! Aujourd’hui, il y a tant de malfaiteurs. Intrigué, il décida de se poster derrière une colonne et d’observer. Notre ami entrait, allait jusque devant l’autel, faisait une génuflexion pleine de dignité et s’en retournait. Plusieurs jours de suite, le curé observa le même rite. Il sortit enfin de sa cachette et interpella le mystérieux visiteur :

- Que fais-tu là ?

- Je viens faire ma prière, Monsieur le curé.

- Elle n’est pas très longue…

- Je sais. Je ne suis pas capable de mieux, mais elle lui suffit.

- Tu n’as même pas le temps de réciter un Ave Maria.

- Oh non ! Je dis simplement : Bonjour Jésus, c’est Simon !

Un jour, on ne vit plus Simon au village. La vieillesse gagnait du terrain. On l’avait trouvé presque inanimé et on l’avait emmené dans un hospice. Là, il était très bien soigné, mais personne ne venait le voir. Pourtant, il avait l’air heureux, surtout vers midi. A cette heure-là, chaque jour, son visage rayonnait. Sans doute s’agenouillait-il dans l’église de son cœur et redisait-il la même prière : “Bonjour Jésus, c’est Simon !”  

C’était le dimanche de Pâques. Midi approchait. En cette belle journée printanière, Simon était endormi sur son lit. Un rayon de soleil illuminait son visage serein. Au milieu du sommeil, il se mit à sourire. Il rêvait. Il vit quelqu’un de beau et de lumineux s’approcher de lui. Lentement. Paisiblement. Le regard plein d’amitié. Et puis, d’un geste de la main, cet inconnu le salua et lui dit : “Bonjour Simon, c’est Jésus !”

De ce rêve-là, Simon ne s’est jamais réveillé. C’était sa Pâque éternelle.

 

Socrate au marché

En véritable philosophe qu’il était, Socrate était d’avis que toute personne sage devait mener une vie frugale. Lui-même ne portait même pas de chaussures. Pourtant il tombait constamment sous le charme du marché et s’y rendait souvent pour regarder toutes les marchandises qui y étaient exposées. À l’un de ses amis qui lui demandait pourquoi, Socrate dit : « J’aime aller là et découvrir le nombre de choses sans lesquelles je suis parfaitement heureux. »

La spiritualité, c’est non pas savoir ce que l’on veut, mais comprendre ce dont on n’a pas besoin.

 

Son meilleur outil

Il avait été annoncé que le diable allait se retirer des affaires et mettre ses outils en vente. Le jour de la vente, les outils étaient exposés : d’une manière attrayante : malice, haine, envie, jalousie, sensualité, fourberie, tous les instruments du mal étaient là, chacun marqué de son prix. Il y avait aussi un outil en apparence inoffensif, très usé, mais dont le prix était supérieur à tous les autres. Quelqu’un demanda au diable ce que c’était.

- C’est le découragement, répondit-il.

- Pourquoi le vendez-vous aussi cher ?

- Parce qu’il est plus utile que n’importe quel autre. Avec ça, je puis entrer dans n’importe quel homme, et une fois à l’intérieur, le manœuver de la manière qui me convient le mieux.

- Pourquoi est-il usé ?

- Parce que je l’emploie avec presque tout le monde. Mais très peu de gens savent qu’il m’appartient.

Le prix fixé pour le découragement était si élevé que l’instrument n’a jamais été vendu. Le diable en est toujours possesseur, et il continue à l’utiliser.                              

 

Sur la route d’Emmaüs

Sur la route, ils étaient deux. Les voici trois. Jésus est avec eux qu’ils ne savent pas.

Mon Dieu, mon Dieu, ton rendez-vous sera-t-il donc toujours en chemin ?  Et c’est donc en marche que nous avons le plus de chances de te rencontrer. Tu n’es donc pas un dieu de tout repos, un Dieu arrivé et installé, un dieu de trône et de maître-autel. Tu n’es donc toujours qu’un Dieu vagabond, un dieu d’Exode et sans domicile fixe. Ta seule demeure sera donc toujours la route ? Et il suffira que ces deux-là, sur la route d’Emmaüs, veuillent t’arrêter dans une auberge, qu’ils désirent t’installer, même provisoirement, pour que tu t’effaces de leurs yeux.

Sur la route, ils étaient deux. Ils se parlaient. Ils partageaient les mots de leur tristesse, les phrases de leurs regrets, le choc de cette mort en croix qui ressemblait trop à un assassinat.

Ils étaient deux sur la route, à se parler, les voici trois. Jésus est avec eux, qu’ils ne reconnaissent pas.

Mon Dieu, mon Dieu, C’est donc quand nous commençons d’oser nous parler, lorsque nous prenons le risque de l’échange, c’est donc lorsque nous tentons de communiquer que tu es là au milieu de nous ? Mon Dieu, c’est donc toujours toi qui te glisses dans notre conversation, au moment où nous nous y attendons le moins ? Mon Dieu, mon Dieu, c’est donc lorsque nous acceptions d’être deux que nous sommes trois.

                      

Tentation de vaine gloire…

Abba Gérase consentait une fois par an à aller prêcher à Antioche, et une grande foule de gens accourait pour l’écouter. Un jour, rentrant de sa mission, un frère lui demanda :

- N’es-tu pas tenté de vaine gloire en ayant tant de gens autour de toi ?

- Non, frère, répondit Gérase. Je pense que si j’étais crucifié, il y aurait encore plus de gens.

 

Tout est (propre) prêt

Seul dans ma maison, je décide de faire le ménage (il faut bien !) et de me faire un bœuf aux carottes qui me durera quelques jours. Je m’exécute. La maison est propre, le bœuf est bon. Voilà.

La semaine suivante, j’attends du monde : des amis très chers, les enfants. Je vais faire le ménage, je vais leur faire un bœuf aux carottes. Je sais qu’ils aiment ! Les mêmes gestes, la même recette, mais quelle différence. Ce n’est plus “tout est propre”, c’est “tout est prêt.”

 

Toute le monde, personne et chacun

Il était une fois quatre individus qu’on appelait : TOUT LE MONDE, QUELQU’UN, CHACUN et PERSONNE.

Il y avait un important travail à faire
et on a demandé à TOUT LE MONDE de le faire. TOUT LE MONDE était persuadé que QUELQU’UN le ferait. CHACUN pouvait l’avoir fait
mais ce fut PERSONNE qui le fit. QUELQU’UN se fâcha car c’était le travail de TOUT LE MONDE ! TOUT LE MONDE pensa que CHACUN pouvait le faire et PERSONNE ne doutait que QUELQU’UN le ferait. En fin de compte, TOUT LE MONDE fit des reproches à CHACUN
parce que PERSONNE n’avait fait
ce que QUELQU’UN aurait pu faire.

MORALITE : sans vouloir engueuler TOUT LE MONDE, il serait bon que CHACUN fasse ce qu’il doit faire sans nourrir l’espoir que QUELQU’UN le fera à sa place car l’expérience montre que là où on attend QUELQU’UN, généralement on ne trouve PERSONNE.

 

Tout seul !

Cela se passait sur le terrain de jeu d’un centre de rééducation fonctionnelle pour handicapés. Jean-François, dix ans, appareillé aux deux jambes, trébuche et tombe par terre. Passe son éducateur : “Christian, viens me relever !” – ”…” –  “Christian, viens me relever !” –  “…” L’éducateur se contente de le regarder avec un grand sourire.

Pleurant et tempêtant, Jean-François commence à s’appuyer sur ses bras, sur son derrière et finit par se remettre debout. Tout clopinant, il se jette sur Christian qui lui ouvre tout grand les bras, toujours souriant : “Tout seul ! Tu as vu je me suis relevé tout seul !” Et Jean-François de s’arrêter une seconde. Puis il dit dans un cri : “Non, pas tout seul ! Tu étais là.” – “Oui, Jean-François, répond Christian. Et je t’aiderai toujours. Mais comme ça !”

 

Toutes les forces

Le père observait son petit garçon qui cherchait à déplacer un vase de fleurs très lourd. Le cher petit se fatiguait, haletait et grommelait, mais ne réussit pas à bouger le vase d’un seul millimètre.

- “As-tu vraiment utilisé toutes tes forces ?” lui demanda le père.

- “Oui,” répondit l’enfant.

- “Non ! reprit le père, car tu n’as pas demandé mon aide.” 

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