Recueil 16

rose-violet

 

Transforme-moi en télévision

Seigneur, toi qui es bon et qui protèges les petits de la terre, je voudrais te demander une grande faveur : transforme-moi en télévision, pour que mes parents s’occupent de moi comme ils s’occupent  d’elle, pour qu’ils montrent le même intérêt à mon égard qu’à son égard. Car c’est grâce à la télévision que ma maman peut voir son feuilleton préféré et que mon papa peut écouter les dernières informations.

Je voudrais tant parler comme certains animateurs de la T.V. : quand ils parlent, toute la famille se tait pour les écouter avec grande attention, et sans jamais les interrompre. Je voudrais tant qu’on ait pour moi cette même préoccupation qui anime mes parents lorsque parfois la T.V. est en panne, et que très vite ils appellent un technicien. Je voudrais être une T.V. pour être le meilleur ami de mon papa et de ma maman, et devenir leur héros préféré.

Seigneur, s’il te plaît, fais que je sois une télévision – même si ce n’est que pour un seul jour.

 

Un forgeron du Moyen Âge 

Un jour, un forgeron se retrouva en prison ? Pourquoi donc y fut-il jeté ? En ce temps-là, il fallait souvent peu de choses pour être mis au cachot : ce villageois avait déplu à son châtelain. Aussitôt enfermé, il examina de près la lourde chaîne qui le liait. Car comme il était un habile artisan, il se proposait de rechercher attentivement le défaut de la chaîne.

Alors, bien entendu, il pourrait exploiter ce défaut pour se libérer. N’était-il pas un bon forgeron, plein d’expérience ? Mais comme la nuit était tombée, il remit cette tâche au lendemain.

Après une nuit pénible, dès le premier rayon de soleil à travers le soupirail, cet homme passa à la réalisation de son projet, convaincu qu’il arriverait sûrement à trouver le maillon le plus faible. Mais son espoir est de fort courte durée, car il s’aperçoit vite que c’était lui-même qui avait forgé cette chaîne, dans son propre atelier. Et vraiment, c’était une chaîne sans défauts, qu’il avait vendue naguère au châtelain.

Il s’agit pour nous de regarder de près ce qui nous entrave et de reprendre en mains chacun des maillons ; peut-être que nous avons forgé le premier anneau, le deuxième, et tous les autres encore. Souvent, c’est bien notre propre chaîne qui nous lie. Qui pourra alors nous en délivrer ?

 

Un homme riche

Un homme, dont la richesse avait endurci le cœur et qui se sentait malheureux, s’en vint trouver un Rabbi, dans l’espoir de retrouver la joie. Le Rabbi lui dit : “Regarde par cette fenêtre et dis-moi ce que tu vois. – Je vois des hommes dans la rue qui vont et qui viennent”.

Alors, le Rabbi lui tendit un miroir et lui dit : “Regarde dans ce miroir et dis-moi ce que tu vois.” L’homme reprit : “Je me vois moi-même. -Et tu ne vois plus les autres ? Songe que la fenêtre et le miroir sont tous les deux faits avec la même matière première, le verre ; mais le miroir ayant été recouvert d’argent par derrière, tu n’y vois plus que toi-même tandis que tu vois les autres à travers la vitre transparente de la fenêtre. Je déplore d’avoir à te comparer à ces deux espèces de verre. Pauvre, tu voyais les autres et tu en avais compassion. Couvert d’argent, tu ne vois plus que toi-même. Sans doute vaut-il mieux gratter le revêtement d’argent, pour qu’à nouveau tu puisses voir les autres.”

 

Un jour le roi Salomon

Épris de justice, chacun le sait, le grand roi Salomon décida un matin de visiter la plus importante prison de son royaume afin de se rendre compte si nulle erreur n’avait été commise par les juges. A chaque prisonnier qu’il se fit présenter, le roi posait chaque fois la même question :

- Qu’as-tu fait ? Pourquoi t’a-t-on mis dans cette prison ?

- C’est une épouvantable erreur, lui répondait chacun, une terrible méprise, une injustice noire !

Et le roi d’écouter, sans rien dire, leurs affirmations.

Pourtant, il s’en trouva un pour répondre :

- Hélas ! Sire, moi je mérite pleinement ma peine, j’ai très mal agi et j’en ai honte.

Alors le roi Salomon appela les gardiens et leur dit :

- Faites tout de suite sortir cet homme de la prison, cet affreux criminel finirait par corrompre tous ces innocents. Il n’est pas digne de partager leur logis. Mettez-le en liberté sans attendre.

Conte oriental

 

Un sourire

Un sourire ne coûte rien et produit beaucoup. Il enrichit ceux qui le reçoivent sans appauvrir ceux qui le donnent. Il ne dure qu’un instant, mais son souvenir est parfois éternel. Personne n’est assez riche pour s’en passer, personne n’est assez pauvre pour ne pas le mériter. Il crée le bonheur au foyer, soutient les affaires. Il est le signe sensible de l’amitié. Un sourire donne du repos à l’être fatigué, rend du courage aux plus découragés. Il ne peut ni s’acheter, ni se prêter, ni se voler, car c’est une chose qui n’a de valeur qu’à partir du moment où il se donne.

Et si quelquefois vous rencontrez une personne qui ne sait plus avoir le sourire, soyez généreux, donnez-lui le vôtre, car nul n’a autant besoin d’un sourire que celui qui ne peut en donner aux autres.

 

Un tissu qui s’élabore

Dans ce tissu, je peux être un fil, un trait de couleur… bleu profond, rouge éclatant, ou bien le fil de lin gris. Cette troisième couleur, au dire des tisserands, est la plus importante. Le gris neutre de tous les jours, celui qui fait chanter le bleu profond et le rouge éclatant ; celui qui est porteur d’harmonie.

N’avoir que ma propre couleur et de cela me réjouir, pour qu’elle apporte la joie et non la rivalité, comme si moi, bleu, j’étais l’ennemi du vert, comme si j’étais moi, ton adversaire.

Et ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas entrer avec nous dans l’ouvrage ? Irai-je, les précédant, leur faire place pour qu’ils viennent librement de leurs propres couleurs se mêler au dessin ?

Il y a place pour tous. Et chaque fil vient apporter une continuité : non seulement ceux qui, à l’origine du travail ont été tendus d’un support à l’autre du métier, mais chaque fil. Un fil vient à se rompre : aussitôt le travail s’arrête et les mains patientes de tous les tisserands s’appliquent à le renouer. Chaque fil, même le plus lumineux, peut disparaître, tissé sous les autres. Il est cependant là, non loin même si notre œil ne le perçoit plus.

Maintenant c’est au tour du mien d’être lancé à travers la chaîne. Quand son trait aura cessé d’être visible, alors toute l’harmonie apparaîtra, harmonie de ma nuance mêlée à toutes les autres qui l’accompagnent jusqu’à ce qu’elle disparaisse.

Je ne sais ce qu’il adviendra de ce tissu. Le saurai-je jamais ? Un jour en verra-t-il l’avènement ? Ta face demeure ouverte, ô Toi ressuscité d’entre les morts.

Un tisserand de Finlande. Lettre de Taizé. Juin 1974

 

Une belle histoire

Deux amis marchaient dans le désert. A un moment, ils se disputèrent et l’un des deux donna une gifle à l’autre. Ce dernier, endolori mais sans rien dire, écrivit dans le sable : « Aujourd’hui mon meilleur ami m’a donné une gifle ».

Ils continuèrent à marcher puis trouvèrent un oasis dans lequel ils décidèrent de se baigner. Mais celui qui avait été giflé manqua de se noyer et son ami le sauva. Quand il se fut repris, il écrivit sur une pierre : « Aujourd’hui mon meilleur ami m’a sauvé la vie ».

Celui qui avait donné la gifle et avait sauvé son ami lui demanda : « Quand je t’ai blessé tu as écrit sur le sable, et maintenant tu as écrit sur la pierre. Pourquoi ? »

L’autre ami répondit : « Quand quelqu’un nous blesse, nous devons l’écrire dans le sable, où les vents du pardon peuvent l’effacer. Mais quand quelqu’un fait quelque chose de bien pour nous, nous devons le graver dans la pierre, où aucun vent ne peut l’effacer ».

Apprends à écrire tes blessures dans le sable et à graver tes joies dans la pierre.

                      

Une carte du monde déchirée

Le père lit le journal, mais son fils le dérange à tout instant. Agacé, il prend une vieille carte du monde, parue dans un journal, la déchire et en jette les morceaux à l’enfant : « Tiens, lui dit-il, refais cette carte. Cela t’occupera. »

Pas facile, n’est-ce pas, pour un petit gamin. Mais le père n’a pas fini de lire l’éditorial, que l’enfant revient tout rayonnant : «Voilà, papa, j’ai refait le monde. » En quelques minutes, il avait réussi cette mise en ordre.

« Comment as-tu fait ? », lui demande son père qui ne revient pas de son étonnement en constatant que chaque partie est vraiment à sa place. « Ce n’était pas tellement difficile, dit l’enfant. Au verso se trouvait dessiné un homme ; alors j’ai refait l’homme et le monde se trouvait refait du même coup. »

 

Une heure de ton temps

Un homme rentre chez lui, tard, comme d’habitude, fatigué et énervé. Son fils de 5 ans l’attend à la porte.

- Papa, je peux te poser une question ?

- Bien sûr !

- Papa, combien tu gagnes de l’heure ?

 - Ça ne te regarde pas ! Quelle question ! répond le père, en colère.

- Je voulais juste savoir… S’il te plaît, dis-le moi, papa.

- Si tu tiens à le savoir, je gagne 35 euros de l’heure.

- Oh ! murmure l’enfant, tête basse. Puis il lève la tête :

- Tu peux me prêter 10 euros, s’il te plaît papa ?

Le père est furieux.

- Si tu voulais savoir combien je gagne, juste pour m’emprunter de l’argent pour aller acheter une bêtise quelconque, tu peux filer dans ta chambre, et te coucher ! Serais-tu égoïste à ce point ? Je travaille dur et je n’ai pas de temps à perdre ainsi !

Le gamin s’en va et s’enferme dans sa chambre. Le père, lui, s’assoit, toujours très en colère. Au bout d’une heure, il se calme, et se dit qu’il a été quand même dur. Peut-être son fils voulait acheter quelque chose dont il avait besoin, quelque chose d’important à ses yeux. Alors il va dans la chambre de son fils.

- J’ai été un peu dur avec toi, voilà les 10 euros que tu voulais.

Le gamin se redresse, rayonnant.

- Merci Papa !

Puis, il sort des billets froissés de sous son oreiller, et les compte soigneusement.

- Pourquoi voulais-tu de l’argent, si tu en as déjà ? demande le père.

- Je n’en avais pas assez, Papa. J’ai 35 euros maintenant. Est-ce que je peux acheter une heure de ton temps ?

 

Une parabole de la transmission

Il y avait, dans un village de Pologne, un vieux rabbin, un sage, qui était le chef de la communauté juive. C’était l’époque des pogroms, de la misère, une époque de souffrances pour ce peuple de malmenés.

Ce rabbin, disait la légende, connaissait un merveilleux secret. Lorsqu’un danger se présentait, il allait dans un endroit bien précis de la forêt, à une heure bien précise de la nuit et récitait là une prière particulière qui attirait vers sa communauté les bienfaits de l’Éternel. Lui seul connaissait l’heure, le lieu et la prière. Et ce secret préserva ses ouailles de bien des difficultés.

Mais un jour, Dieu le rappela à lui.

Son fils prit sa suite à la tête du village. Un jour, une calamité se profila. Lui, le fils, connaissait l’heure de la prière mais ignorait le lieu où son père allait. Qu’importe, il entra à la bonne heure dans la forêt, et s’arrêta n’importe où. Il récita la prière que son père lui avait apprise. Et le miracle se produisit.

Lorsqu’à son tour il mourut, c’est son fils qui devint rabbin. Lui ne connaissait ni l’heure, ni le lieu mais, à son tour, lorsqu’une menace se présenta, il se résolut à entrer dans la forêt, à une heure au hasard, s’arrêta n’importe où et récita la prière. De nouveau, la communauté fut sauvée.

Plusieurs générations plus tard, un de ses descendants, qui n’avait qu’un vague souvenir de cette histoire, dut affronter un danger pour sa communauté. Il ne savait plus rien, ni de l’heure, ni du lieu, ni de la prière. Il alla donc dans la forêt la plus proche, s’arrêta n’importe où, et récita simplement un psaume qu’il avait en mémoire. La légende dit que le miracle se produisit et que la communauté fut encore une fois sauvée.

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