Recueil 18

vert

Les pieds du lit

Un chrétien avait perdu le sommeil parce qu’il avait le sentiment que quelqu’un était caché sous son lit. Le médecin tente de le raisonner. Il lui prescrit des anxiolytiques. Aucun résultat. Il lui est alors conseillé une vingtaine de séances qu’il va commencer chez un psychanalyste. Un jour, il n’arrive pas alors que le travail est loin d’être terminé. Que s’est-il passé ? Le psychanalyste retrouve par hasard son patient dans la rue… Curieux de savoir où son il en est, il s’enhardit à lui demander des nouvelles. « Eh bien, lui répond le malade, je suis allé voir un prêtre. Il m’a écouté et puis il m’a conseillé de scier les pieds de mon lit pour que le matelas soit à même le sol. Je l’ai fait et j’ai retrouvé mon sommeil de bébé. »

 

 Le charpentier et son marteau

Un charpentier ne retrouve plus son marteau. Il soupçonne le fils de la voisine du vol de son précieux outil de travail. En observant la démarche du jeune homme, l’artisan reconnaît nettement celle d’un voleur. D’ailleurs, tout chez le garçon : son regard, son comportement, ses gestes, etc., tout trahit clairement sa culpabilité.
Quelques instants plus tard, le charpentier retrouve son marteau au fond de sa boîte à outils. A partir de ce moment il constate que le comportement du fils de la voisine ne ressemble en rien à celui d’un voleur.

 

Une poignée de noix

Le vénérable aimait à raconter : Il était un enfant qui voulait manger des noix. Or elles se trouvaient dans un pot au goulot étroit. Il dit : “Maman, je veux manger des noix.” Elle répond : “Prends-en une, petit.” L’enfant enfile le bras mais il remplit tant sa main qu’il ne peut plus la retirer du pot. Il dit : “Regarde ! Ma main ne sort plus.” Sa mère répond : “Lâche donc ce que tu tiens ! Prends seulement ce qu’il faut, et ta main sortira.”

Le vénérable ajoutait : Il n’y a pas que les enfants pour attraper trop de noix en même temps. Et beaucoup, tentés par les richesses, ne sont pas assez sages pour recouvrer leur main.

 

Canne ou bâton ?

Un fils rendit visite à sa mère de 85 ans dans une résidence pour personnes âgées et décida de l’emmener se promener dans la campagne. Lors du départ de la chambre, le fils remarqua qu’elle avait oublié sa canne :

- N’oublie pas ta canne, Maman ! dit-il.

Elle le regarda d’un air sévère. Et dans des termes sans équivoque, elle lui expliqua qu’il ne s’agissait pas d’une canne, mais d’un bâton de marche.

- Quelle est la différence ? demanda le fils.

Elle répondit simplement :

- Une canne évoque un handicap. Un bâton de marche évoque une capacité ! Je suis capable !

 

La course des grenouilles.

Il était une fois une course de grenouilles. L’objectif était d’arriver en haut d’une grande tour.

Beaucoup de gens se rassemblèrent pour les voir et les soutenir. La course commença. En réalité, les gens ne croyaient pas possible que des grenouilles puissent atteindre le sommet, et toutes les phrases que l’on entendit furent de ce genre : « Quelle peine !!! Elles n’y arriveront jamais ! »

Les grenouilles commencèrent à se résigner, sauf une qui continua de grimper avec fougue et enthousiasme. Et les gens continuaient : « Quelle peine !!! Elles n’y arriveront jamais !… »

Et les grenouilles s’avouèrent vaincues, excepté la même grenouille qui continuait son ascension et qui, seule, avec un énorme effort, atteignit le haut de la tour.

Les autres voulurent savoir comment elle avait fait. L’une d’entre elles s’approcha pour lui demander comment elle avait fait pour terminer l’épreuve… et découvrit qu’elle était sourde !

 

La tasse de thé

Il était une fois, en Inde, un grand maître spirituel, un Mahatma, qui vivait au plus profond de la forêt. Un savant vint un jour lui rendre visite. Il était très pressé et demanda au Mahatma : « Vénérable sage, pouvez-vous m’enseigner la méditation ? » Le Mahatma lui sourit et dit : « Pourquoi êtes-vous si pressé ? Asseyez-vous, détendez-vous et prenez une tasse de thé. Nous discuterons ensuite, nous avons le temps. » Mais le savant était agité et impatient. Il répondit : « Pourquoi pas maintenant ? Dites-moi quelque chose au sujet de la méditation ! » Le Mahatma insista néanmoins pour que le savant s’assoie, se détende prenne une tasse de thé avant d’aborder le sujet.

Le visiteur finit par s’asseoir. Il lui fut toutefois impossible de se détendre ; il parlait sans arrêt. Le Mahatma prit son temps. Il prépara le thé et revint auprès du savant qui l’attendait avec impatience. Il lui tendit une tasse et une soucoupe, puis se mit à verser le thé. La tasse se remplit, déborda, mais le Mahatma ne cessait pas de verser. Le savant cria : « Que faites-vous ? La tasse est pleine ? Arrêtez ! » Mais le Mahatma continuait. Le thé déborda dans la soucoupe, puis se mit à couler sur le sol. Le savant cria de toutes ses forces : « Hé ! Êtes-vous aveugle ? Ne voyez-vous pas que la tasse est pleine et ne peut contenir une goutte de plus ? »

Le Mahatma sourit et cessa de verser. « C’est juste, dit-il, la tasse est pleine et ne peut contenir une goutte de plus. Tu sais donc qu’une tasse pleine ne peut recevoir davantage. Comment pourrais-tu alors, toi qui débordes de connaissances, m’écouter lorsque je parle de méditation ? C’est impossible. Fais de la place, d’abord, dans ton esprit et ensuite, je te dirai ce que je peux faire pour toi. »   

 

Armoire tabernacle

Imaginez qu’un soir, on sonne à votre porte. Vous allez ouvrir. Et qui vous trouvez-vous ? Jésus ! En personne debout devant votre porte. Émotion. La sueur vous coule dans le dos, vous n’en croyez pas vos yeux. 

Lorsque vous avez repris vos esprits, vous  invitez Jésus à entrer. « Entrez, faites comme chez vous. » Et vous l’introduisez dans la famille, où tous sont enchantés d’une pareille visite.

Quelques  semaines  après,  Jésus vous  ayant pris  au  mot,  fait comme chez lui. Il invite qui il veut, les estropiés, les petits, les sans nom, comme il l’a dit dans son Évangile. Alors, dans votre maison, des membres de la famille quittent la table, ou claquent la porte. Vous voilà avec un gros problème sur les bras. Que faire ? On ne peut quand même pas mettre Jésus à la porte. Alors il faut trouver une solution à l’amiable.

Vous cherchez dans la maison un placard de bon goût, vous le vernissez couleur bois, vous mettez une serrure dessus, vous placez Jésus dedans, vous mettez des fleurs devant, une lampe rouge au dessus, et chaque fois que vous passez devant, vous faites une profonde inclination.

Vous avez Jésus là où vous le vouliez, et il ne viendra pas plus interférer avec votre vie de famille.

Gérard HUGUES

 

Le nombril

Cela me tracasse beaucoup, dit Dieu, cette manie que les hommes ont de se regarder le nombril au lieu de regarder les autres. J’ai fait les nombrils sans trop y réfléchir, comme un tisserand qui arrive à la dernière maille et qui fait un nœud, comme ça, pour que ça tienne, à un endroit qui ne se voit pas trop. J’étais trop content d’avoir fini ! L’important pour moi, c’était que ça tienne. Et d’habitude ils tiennent bon, mes nombrils, mais ce que je n’avais pas prévu, c’est l’importance qu’ils accordent à ce dernier petit nœud, intime et bien caché. 
Oui, de toute ma création, ce qui m’étonne le plus c’est tout le temps qu’ils passent à se regarder le nombril à la moindre contrariété, au lieu de regarder les autres, au lieu de voir les problèmes des autres. Vous comprenez, j’hésite, je me suis peut-être trompé. Mais si c’était à refaire, si je pouvais faire un rappel général comme en font les grandes compagnies de voitures, je le leur placerais en plein milieu du front. Comme cela, au moins, ils seraient bien obligés de le regarder, le nombril des autres.

 

Le grand ravin

Un homme, toujours insatisfait de lui-même et mécontent des autres, ne cessait de rouspéter contre Dieu en disant : « Mais qui a dit que chacun devait porter sa croix ? Vraiment n’y a t-il aucun moyen de l’éviter ? »

Le Bon Dieu lui répondit en guidant l’homme dans un songe et celui-ci vit l’existence des hommes sur terre comme une immense procession. Chacun allait d’un pas imperceptible et régulier, portant sa croix sur l’épaule.

Lui-même faisait partie de l’interminable cortège. Il avançait péniblement, portant le poids de sa croix. Au bout d’un certain temps, il s’aperçut qu’elle était trop longue : voilà pourquoi la marche était si fatigante ! « II suffirait, se dit-il, que je la raccourcisse un peu et j’aurai beaucoup moins de peine. » Il s’assit sur une borne et, par quelques entailles vigoureuses, il raccourcit sa croix d’une bonne longueur. Quand il repartit, il constata que sa marche était beaucoup plus rapide et plus légère. Et sans se fatiguer, il atteignit l’endroit qui semblait être la destination de cette longue procession : une limite de terre bordée d’un ravin comme une blessure béante dans le sol. Mais c’est au-delà que commençait la Terre du Bonheur éternel. L’autre côté du ravin laissait entrevoir un spectacle enchanteur. Cependant, pour traverser, il n’y avait ni pont ni passerelle. Et pourtant, hommes et femmes passaient facilement. Chacun descendait sa croix des épaules, la posait sur les deux bords du ravin et franchissait ainsi le gouffre. Les croix semblaient faites sur mesure : elles reliaient exactement les bords du précipice. Tous les gens passèrent, sauf lui. Il avait raccourci sa croix et à présent, elle était trop courte pour atteindre l’autre coté du gouffre.

 

Les souris de l’histoire.

C’est l’histoire d’un directeur d’usine qui réprimande injustement un employé. L’employé ne peut évidemment pas répondre en face, mais le voilà énervé. En rentrant chez lui, il hurle après sa femme. Celle-ci, à son tour, hurle après sa fille qui n’a pas rangé sa chambre. La fille donne un coup de pied au chien qui se met à courir après le chat. « L’histoire se termine par la mort de la souris », conclut, avec son léger accent anglais, Jean Vanier. Autour de lui, on éclate de rire. Jean Vanier, lui, reste grave : « C’est ce qui se passe dans nos sociétés, et dans nos communautés, poursuit-il. C’est ce que nous nous transmettons de génération en génération. L’agressivité, la violence se déplace du plus fort jusqu’au plus faible. Cherchez donc qui sont les souris de cette histoire. »

 

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