Recueil 20

marron

Reflet

Sur le même arbre se trouvent deux oiseaux, l’un perché tout en haut, l’autre en bas dans les branches. Celui qui est en haut est calme et silencieux, resplendissant d’un merveilleux plumage aux reflets d’or.
Celui d’en bas mange tour à tour les fruits aux brillantes couleurs, soit amers, soit sucrés. Il saute de branche en branche, tantôt heureux, tantôt malheureux. Lorsqu’il goûte un fruit particulièrement amer, il est très déçu et inconsciemment son regard s’élève vers le faîte de l’arbre ou l’éblouissant oiseau ne bouge ni ne mange.
L’oiseau du bas envie cette paix, mais se remet à manger des fruits et oublie l’oiseau du sommet, jusqu’au jour où un fruit vraiment trop amer le fait sombrer dans le désespoir. Alors de nouveau il lève les yeux, et dans un effort il parvient tout près de l’oiseau magnifique. Les reflets dorés de son plumage l’enveloppe lui-même dans un flot de lumière, le pénètrent et le dissolvent en une brume diaphane. Il se sent fondre et disparaître…



En réalité, il n’y a jamais eu qu’un seul oiseau : celui du bas n’était que le reflet, le rêve de celui du haut. Les fruits doux et amers qu’il mangeait, ces joies et ces peines qu’il a vécues tour à tour, n’étaient que vaines chimères. Le seul oiseau véritable est toujours là, au faite de l’arbre de la Vie, calme et silencieux. Il est l’âme humaine au-delà des bonheurs et des peines

Légende citée par Vivekananda, au siècle dernier.

La lumière des yeux

Ce soir là, vingt cinq jeunes handicapés mentaux s’étaient rassemblés pour célébrer l’eucharistie. Le prêtre lut les paroles de Jésus On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau.” Puis il demanda : Où est la lumière ici ? Les réponses fusèrent : L’électricité ! Les bougies…” La petite chapelle en voûte était sombre. Le prêtre demanda encore : “N’y a-t-il pas quelque autre lumière ?” Le silence tomba et soudain l’un des jeunes lança : « Il y a la lumière des yeux.”      

Dans la pénombre, les regards donnaient vie aux visages et les illuminaient. Alors revint en mémoire une autre parole de Jésus : “La lampe de ton corps,  c’est ton œil.” La messe fut joyeuse. Une lumière plus vivante que celle des bougies et de l’ampoule avait fait éclore une paix légère et heureuse.
Il faisait nuit quand on est sorti. Il faisait plusieurs nuits : celle qui suit la disparition du soleil, celle de tant d’êtres perdus dans leurs opacités intérieures, celle de notre terre obscurcie par tant de violences, d’injustices et de mépris. Mais nous avions vu la lampe du corps, et nous savions que cette lumière luit dans les ténèbres.

Jean-Louis Fournier

Issue de secours

Chaque samedi, Marguerite sort de son supermarché, chargée comme un mulet. Aujourd’hui, des bénévoles de la banque alimentaire attendent à la sortie, à côté de grands sacs vides. Elle fait semblant de ne pas les voir.

Marguerite avance à pas lents, elle est lourde. Elle devrait être rayonnante, elle a tout pour être heureuse, ses cabas débordent de bonnes choses, et elle n’est pas heureuse, pourquoi ? Avez-vous remarqué l’expression de Marguerite ? Son air inquiet, son regard tourmente ? À quoi pense-t-elle ? Elle se pose des questions. Elle ne trouve pas les réponses.

A-t-elle bien fait de prendre un spray antibactérien plutôt qu’un nettoyant manager multi-usage ? Des biscuits aux amandes plutôt que des biscuits aux noisettes ? Des yaourts au kiwi plutôt qu’à la fraise ? Omo jardin secret plutôt qu’Omo oasis exotique ? Un gel douche au jus d’abricot du Roussillon plutôt qu’au jus de cerise du Lubéron ?

Soudain, elle s’arrête. Immobile, elle réfléchit, puis elle tait demi-tour. D’un pas assuré elle retourne vers le supermarché. On la sent déterminée, comme si elle venait de prendre une grande décision…

Les bénévoles frigorifiés attendent toujours devant la sortie. Alors, avec soin et sans précipitation, elle vide un a un ses cabas dans les sacs de la banque alimentaire. Tous, jusqu’au dernier.

Marguerite a tout donné. Elle repart légère et soulagée, comme un prisonnier qui vient d’être libéré. Marguerite allait enfin « goûter tout son saoul au luxe suprême qui consiste à se passer de tout. »

 Marguerite Yourcenar.

Avis de recherche !

Urgent !!!!

Cherche un électricien pour rétablir le courant entre les gens qui ne se parlent plus, un opticien pour changer le regard des gens, un artiste pour dessiner un sourire sur tous les visages, un maçon pour bâtir la paix, et un professeur de maths pour nous réapprendre à compter les uns sur les autres.

 

Nuages, pluie

Il était une fois une vieille femme qui se sentait de plus en plus jeune à mesure qu’elle prenait de l’âge. La jeunesse n’a rien à voir avec le temps, elle est une attitude. Le vieillard riche de vie peut vraiment être plus jeune que l’adolescent.

Cette vieille femme était tellement enjouée qu’elle suscitait l’admiration de tous.

- Pourtant, lui dit un visiteur il doit bien y avoir des nuages dans ta vie ?

- Des nuages ? Bien sûr ! Sinon, d’où viendrait la pluie bienfaisante ?

 

Sourires d’anges

Quand un ange vous sourit, rendez-lui son sourire Et il fera de votre cœur une étoile. Mais se plaindront les grincheux et les mélancoliques, il n’y a pas d’anges sur la Terre ! Ils se trompent. La terre est peuplée d’anges. N’attendez pas d’être au ciel pour les rencontrer. Ils sont nombreux à vivre parmi nous. Comment les reconnaître ? Tous ont ce signe particulier : une petite lueur dans les yeux, et dans le dessin de leur sourire. Cet éclat s’appelle la bonté.

Quand vous rencontrez la bonté, la bonté qui se joue des races et des langues, mais qui ne se moque ni de l’opulence, ni du dénuement, ni du savoir, ni de la pauvre ignorance, ni de la puissance, ni de la sereine humilité, quand vous rencontrerez la bonté dites-vous : j’ai affaire à un ange ! Alors, rendez-lui son sourire et cet ange-là se dira peut-être à son tour : j’ai affaire à un ange.

 

Le bâtisseur de ponts

Deux frères s’aimaient et vivaient en parfaite harmonie dans leur ferme jusqu’au jour où un conflit éclata entre eux. Tout commença par un malheureux malentendu entre eux. Mais peu à peu, le fossé se creusa jusqu’au jour où il y eut une vive discussion puis un silence douloureux qui dura plusieurs semaines.

Un jour quelqu’un frappa à la porte du frère aîné. C’était un homme à tout faire qui cherchait du travail. Quelques réparations à faire.
“Oui, lui répondit-il, j’ai du travail pour toi. Tu vois, de l’autre côté du ruisseau vit mon frère cadet. Il y a quelques semaines, il m’a offensé gravement et nos rapports se sont brisés. Je vais lui montrer que je peux aussi me venger. Tu vois ces pierres à côté de ma maison ? Je voudrais que tu en construises un mur de deux mètres de haut, car je ne veux plus le voir.”

L’homme répondit : “Je crois que je comprends la situation.”

L’homme aida son visiteur à réunir tout le matériel de travail puis il partit en voyage le laissant seul pendant toute une semaine. Quelques jours plus tard, lorsqu’il revint de la ville, l’homme à tout faire avait déjà terminé son travail. Mais quelle surprise ! Au lieu d’un mur de deux mètres de haut, il y avait un pont. Précisément à ce moment, le frère cadet sortit de sa maison et courut vers son aîné en s’exclamant : “Tu es vraiment formidable ! Construire un pont alors que nous étions si fâchés ! Je suis fier de toi !”

Pendant que les deux frères fêtaient leur réconciliation, l’homme à tout faire ramassa ses outils pour partir. “Non, attends, lui dirent-ils. Il y a ici du travail pour toi.”

Mais il répondit : “Je voudrais bien rester, mais j’ai encore d’autres ponts à construire.”

Anonyme

Le roi et son jardin

Un roi avait planté près de son château toutes sortes d’arbres et de plantes. Son jardin était d’une grande beauté. Chaque jour, il s’y promenait : c’était pour lui une joie et une détente. 
Un jour, il dut partir en voyage. A son retour, il s’empressa d’aller marcher dans le jardin. Il fût surpris en constatant que les plantes et les arbres étaient en train de se dessécher. Il s’adressa au pin, autrefois majestueux et plein de vie, et lui demanda ce qui s’était passé. Le pin lui répondit : “J’ai regardé le pommier et je me suis dit que jamais je ne produirais les bons fruits qu’il porte. Je me suis découragé et j’ai commencé à sécher.”
Le roi alla trouver le pommier : lui aussi se desséchait… Il l’interrogea et il répondit : “En regardant la rose et en sentant son parfum, je me suis dit que jamais je ne serais aussi beau et agréable et je me suis mis à sécher.”
Comme la rose elle-même était en train de dépérir, il alla lui parler et elle dit : « Comme c’est dommage que je n’ai pas l’âge de l’érable qui est là-bas et que mes feuilles ne se colorent pas à l’automne. Dans ces conditions, à quoi bon vivre et faire des fleurs ? Je me suis donc mise à dessécher. »
Le roi aperçut enfin une magnifique petite fleur, toute épanouie. Il lui demanda comment il se faisait qu’elle soit si vivante. Elle lui répondit : “J’ai failli me dessécher, car au début je me désolais. Jamais je n’aurais la majesté du pin, qui garde sa verdure toute l’année; ni le raffinement et le parfum de la rose. Et j’ai commencé à mourir mais j’ai réfléchi et je me suis dit : « Si le roi, qui est riche, puissant et sage, et qui a organisé ce jardin, avait voulu quelque chose d’autre à ma place, il l’aurait planté. Si donc, il m’a plantée, c’est qu’il me voulait, moi, telle que je suis et, à partir de ce moment, j’ai décidé d’être la plus belle possible !”

 

Question de perspective

Un jour, le père d’une très riche famille amène son fils à la campagne pour lui montrer comment les gens pauvres vivent. Il passe quelques jours sur la ferme d’une famille qui n’a pas beaucoup à lui offrir. 
Au retour, le père demande à son fils : « As-tu aimé ton séjour ? – C’était fantastique papa ! – As-tu vu comment les gens pauvres vivent ? – Ah oui ! répond le fils. - Alors, qu’as-tu appris ?  » 
Le fils lui répond : « J’ai vu que nous n’avions qu’un chien alors qu’ils en ont quatre. Nous avons une piscine qui fait la moitié du jardin et ils ont une grande crique. Nous avons des lanternes dans notre jardin et eux ont des étoiles partout dans le ciel. Nous avons une immense galerie à l’avant et eux ont l’horizon.  Nous avons un domaine mais eux ont des champs à perte de vue. Nous achetons nos denrées, et eux, les cultivent. Nous avons des murs autour de la propriété pour nous protéger, eux ont des amis qui les protègent. » 
Le père en resta muet.  Le fils ajouta : « Merci papa de m’avoir montré tout ce que nous n’avons pas. »

 

Les vrais amis.

Un jeune homme décida de se marier. Il se tourna vers son père et lui dit : « Papa voici la liste de mes amis. Invite-les tous à mon mariage ». « D’accord », répondit le père.
Le jour du mariage, le jeune homme commença à s’inquiéter : « Papa je t’avais dit d’inviter tous mes amis ! – C’est ce que j’ai fait, » lui répondit le père. – Sur ma liste, il y avait 50 personnes et seulement 15 sont présentes aujourd’hui ! – J’ai appelé une à une toutes ces personnes de la liste, et je leurs ai dit que tu avais des problèmes et que tu avais besoin de leur aide. Je leur ai demandé de venir à cette heure-ci. Donc ne t’inquiète pas tous tes amis sont là !” 

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