Recueil 22

bleu-violet

La cloche du temps perdu.              

Conte de Noël et du Jour de l’An réunis

Depuis quelques jours déjà, il m’intriguait. Comme les autres clochards, il allait de poubelle en poubelle, mais il n’en extrayait ni boîtes de conserves, ni bouteilles vides. J’étais sûr de l’avoir déjà rencontré. Oui, c’est cela ! C’était l’an dernier, dans un autre quartier, aux environs de Noël et du Premier de l’An.

- Dîtes-moi ! Vous ne semblez pas vous intéresser aux objets qui font le bonheur de vos collègues !

- C’est normal ! Parce que, voyez-vous, Monsieur, moi, je suis un spécialiste !

- Un spécialiste de quoi ?

- Un spécialiste du Temps Perdu.

- Du temps Perdu !

- Oui ! En fin d’année, j’récupère le temps qu’les gens n’ont pas employé et qu’ils mettent à la poubelle.

- Et vous en trouvez beaucoup ?

- En cette saison, les gens font leur inventaire et ils balancent pas mal.

- Il y a beaucoup de gens qui perdent leur temps ?

- En tant que spécialiste, je peux vous assurer qu’il y a plus de temps perdu que de temps employé. Suivant leur classe sociale, suivant leur âge aussi, les gens n’emploient que telle ou telle catégorie de leur temps. Dans les classes aisées, on consomme plus de temps de repos que de temps de travail. Dans les classes laborieuses, c’est plutôt le contraire.

- Mais sous quelles formes trouvez-vous ce temps perdu ?

- Ah ! Si vous voulez chercher avec moi, j’vous montrerai. Tenez, là ! Voilà une « minute de vérité ». Elle est toute neuve. Elle n’a jamais servi. J’en trouve beaucoup des « minutes de vérité » : la plupart des gens refusent de les vivre. Ici, c’est un « dernier quart d’heure » ! Ce genre de moment, on refuse souvent de le reconnaître, surtout si c’est le nôtre.

- Ah ! Voilà quelque chose ! On dirait une minute, mais un peu plus longue que les minutes habituelles !

- C’est une « minute de coiffeur » ! Elle vient du salon d’en face.

- Qu’est-ce que c’est cette chose claire ?            .

- C’est une « nuit blanche ». Généralement, ça fait suite à un « jour noir » et ça précède un « matin blême ».

- Et ce qui parait si triste ici ?

- Un « temps mort ». Voyez-vous, quand les gens s’ennuient, ils tuent le temps. Alors, ils ont un « temps mort ». Et ils recommencent à s’ennuyer.

- Est-ce que ceci ne serait pas une heure H ?

- C’est bien une « heure H », en effet ! Tout le monde a son « heure H » dans la vie. Seulement, ils sont peu nombreux à la reconnaître quand elle se présente.

- Mais dîtes-moi, que faîtes-vous de tous ces articles ?

- Je les emporte. Je mets le temps dans un bocal pour éviter qu’il s’écoule, et les heures en cage pour les empêcher de s’envoler.

- Mais vous ne pouvez pas garder tout ceci chez vous indéfiniment ?

- Non ! J’ai un projet. J’étiquette tous mes articles et je joins un mode d’emploi. Par exemple, « heure propice ». « A utiliser avec circonspection en fonction du moment où elle se présente ».

- Dans quel but faîtes-vous cela ?

- Je fais ça pour mettre fin au gâchis. Je pense redistribuer tout le temps que j’aurai récupéré. Un soir d’un prochain Noël, je déposerai mes « minutes de vérité », mes « heures H » et quelques « ultimes secondes » dans les souliers des habitants de la ville, en espérant qu’avec le mode d’emploi, ils sauront, cette fois, les utiliser. Et maintenant, Monsieur, excusez-moi, mais je suis pressé ! Vous pensez bien que, quand on passe son temps à récupérer celui des autres, on ne peut pas se permettre de perdre le sien !

Demeuré seul, je m’apprêtais à regagner mon domicile, lorsque mon pied heurta un objet qui résonna. Il s’agissait d’une « heure creuse » que mon homme avait laissée là, par mégarde. Je la ramassai et, rentré chez moi, je me suis employé à la remplir en composant ce petit conte que vous finissez de lire à la « minute même ».

Albert Mathos

 

A la portée de tout le monde.

Le père lit le journal, mais son fils le dérange à tout instant. Agacé, il prend une vieille carte du monde, parue dans un journal, la déchire et en jette les morceaux à l’enfant : « Tiens, lui dit-il, refais cette carte ! Cela t’occupera. »

Pas facile ce puzzle, n’est-ce pas, pour un petit gamin !

Le père croyait avoir la paix pour un bon bout de temps mais à peine a-t-il achevé l’éditorial que l’enfant revient tout rayonnant : « Voilà, papa, j’ai refait le monde !… » En quelques minutes, il avait réussi cette remise en ordre.

« Comment as-tu fait ? » lui demande son père qui n’en revenait pas en constatant que chaque partie était vraiment à sa place.

« Ce n’était pas tellement difficile, répond l’enfant. Au verso se trouvait dessiné un bonhomme, alors j’ai refait l’homme et le monde se trouvait refait en même temps.”

 

 

Le jour où Gandhi perdit une chaussure…

Un jour, en montant dans un train, Gandhi perdit une chaussure qui tomba sur la voie ferrée. Il fut incapable de la récupérer, le train commençant à avancer. Au grand étonnement de ses compagnons de voyage, Gandhi enleva son autre chaussure et la lança près de celle qu’il venait de perdre.

A un passager qui lui demanda pourquoi il avait fait cela, Gandhi répondit en souriant : « Le pauvre homme qui trouvera ma chaussure sur la voie ferrée trouvera la deuxième juste à côté et aura donc une paire de chaussures qu’il pourra utiliser. »

 

 

Les trois pommes

Un jour qu’une dame le consultait et qu’il venait de lui dire que trop de richesses nuisaient parfois au bonheur, Benjamin Franklin s’aperçut que sa visiteuse secouait la tête d’un air incrédule. Alors prenant une pomme dans un panier plein de fruits qui se trouvait là, il appela un enfant qui jouait dans la pièce voisine et lui fit présent de la pomme. L’enfant pouvait à peine la tenir dans sa petite main. Franklin lui en offrit une seconde, que le bambin, tout joyeux, prit de l’autre main. Puis, choisissant une troisième pomme, plus belle encore que les deux premières, il la lui tendit de la même façon. L’enfant serra alors ses deux mains pleines contre sa poitrine, et essaya de prendre et de retenir le dernier fruit avec l’aide des deux autres. Mais ses efforts furent inutiles. La troisième pomme tomba sur le tapis, et il fondit en larmes. Alors Franklin se tourna vers la dame : « Voici, dit-il, un petit homme qui a trop de richesses pour pouvoir en jouir. Avec deux pommes, il était heureux… Il ne l’est plus avec trois. »

 

 

De beaux R

Une enfant frappe à la porte de mon bureau, les cheveux en désordre, une feuille de papier froissé en main. Son geste est tremblant. Il y a sûrement eu du grabuge en classe pour que l’institutrice envoie ainsi une élève chez le directeur. Entre deux hoquets, Françoise m’explique que son institutrice s’est fâchée.

- “J’écris vraiment trop mal,” me dit-elle en me présentant sa feuille.

C’est bien vrai, je ne parviens pas à déchiffrer son gribouillis. Après avoir fait asseoir Françoise, je prends le papier chiffonné à la recherche d’une porte de sortie. Il faut aider cette petite de huit ans, toute désespérée. Je regarde et découvre enfin une lettre passable, c’est un « r » ! Alors je dis à Françoise :

- “Madame a raison. Tu pourrais mieux faire : je vois, là, un beau « r », je sais bien le lire.”

Je vois un pauvre sourire poindre au milieu des larmes.

- “Tu vois comme il est beau, saurais-tu encore en faire de semblables ?”

Un faible oui me répond.

- “Eh bien, faisons un accord : cette semaine tu vas essayer de soigner tes « r », et la semaine prochaine, tu reviendras me montrer ton cahier.”

Françoise ne pleure plus, ses yeux brillent à nouveau et l’accord est conclu. Dès que possible, je demande à l’institutrice de ne tenir compte cette semaine que des « r » et de noter les appréciations en fonction des « r ».

Huit jours après, Françoise frappe à la porte de mon bureau. Elle est rayonnante et me tend son cahier. Quelle différence ! La page est propre. De beaux « r » la ponctuent, mais en s’appliquant pour les faire, Françoise a mieux écrit les « l », les « n », les « q »… Sans être parfaite, loin de là, l’écriture est devenue assez lisible. Quel triomphe ! Un nouveau contrat est signé pour deux autres lettres supplémentaires. Et je vois Françoise retourner en classe, un bonbon en bouche, les yeux pétillants et un cœur qui chante victoire.

                                                                                                D’après M.T. Hanquet.

 

 

Belle histoire de prof.

Un jour, une prof. demandea à ses élèves de noter le nom de tous les élèves de la classe sur une feuille et de laisser un peu de place à côté de chaque nom. Puis, elle les invita à penser à ce qu’ils pouvaient dire de plus gentil au sujet de chaque camarade et de le noter à côté de chacun des noms. Cela pris une heure. Et les élèves remirent leur copie. Elle écrivit le nom de chaque élève sur une feuille et à côté toutes les remarques gentilles que les autres avaient écrites.              

Le lendemain, elle donna à chaque élève sa liste. Peu de temps après, tous souriaient.

- « Vraiment ? »  entendait-on chuchoter…

-  »Je ne savais pas que j’avais de l’importance pour quelqu’un »  !

-  »Je ne savais pas que les autres m’aimaient tant. »

Personne ne parla plus de cette liste. La prof. ne savait pas si les  élèves en avaient parlé entre eux ou avec leurs parents Mais peu importait. L’exercice avait rempli sa fonction.

Quelques années plus tard, un élève tomba, mort, au Vietnam et la prof. se rendit à ses obsèques. L’église était comble. Beaucoup d’amis étaient là. L’un après l’autre, ils s’approchèrent du cercueil pour lui adresser un dernier adieu. La prof. y alla aussi. Un des soldats lui demanda : « Est-ce que vous étiez la prof de Marc ? » 

Elle acquiésça. Alors il lui dit : « Marc a souvent  parlé de vous. »

Après l’enterrement, la plupart des amis de Marc s’étaient réunis. Ses parents étaient là aussi et ils attendaient de  pouvoir parler à la prof. “Nous voulions vous montrer quelque chose. »  dit le père de Marc et il sortit son portefeuille de sa poche.

« On a trouvé cela quand Marc est tombé à la guerre. Nous pensions que vous le reconnaîtriez. »

Il sortit un papier qui avait dû être recollé, déplié et replié souvent. Sans le regarder, la prof. savait que c’était l’une des feuilles de la fameuse liste des élèves.

« Nous aimerions vous remercier, »  dit la mère de Marc. Comme vous pouvez le constater, Marc a beaucoup apprécié ce  geste. »

Tous les anciens élèves se réunirent autour de la prof. Charlie sourit et dit : « J’ai encore ma liste. Elle se trouve dans le premier tiroir de mon bureau. »  La femme de Chuck dit : « Chuck m’a prié de la coller dans notre album  de mariage. »  « Moi aussi, j’ai encore la mienne, dit Marilyn, elle est dans mon  journal intime ».  Puis, Vicky prit son agenda et montra sa liste toute usée. « Je l’ai toujours avec moi », dit-elle. D’ailleurs nous l’avons tous gardée. »  La prof était si émue qu’elle dut s’asseoir.

Il est important de dire aux personnes qu’on fréquente qu’elles sont particulières et importantes.

 

Miroir de Pâques

Il cherchait le sens de l’existence. Il avait beaucoup lu et voyagé, rencontré quantité de sages et de gourous. Mais les années passaient et, dans son cœur, continuait de résonner cette question sans réponse : « Pourquoi ? Pourquoi la vie ? Pourquoi la terre, l’univers et ses étoiles ? Pourquoi la mort et la souffrance ? »

Il restait de plus en plus souvent seul, triste, les yeux fixés sur un vieux miroir. Son regard cherchait dans le reflet de son visage – où pointait déjà la marque du temps – une réponse, un signe. Il espérait qu’en contemplant ainsi, au travers de sa propre image, le reflet de l’humanité, il trouverait le début d’une réponse.

Un soir qu’il allait dîner dans le bistrot en bas de chez lui, il croisa le regard d’un vieil homme. Pour sortir un instant de son trop-plein de solitude, il offrit un verre à l’inconnu qui accepta et le remercia avec une infinie douceur. Les verres vides, l’inconnu s’apprêtait à sortir lorsque notre homme lui demanda : « Avez-vous dîné ? » L’autre répondit que non.   »Alors restez avec moi, car déjà le soir tombe, venez partager mon modeste repas ».

Le doux regard de l’inconnu invitait à la confidence. Notre homme se mit à parler de sa vie, de ses voyages, de ses lectures, de ses rencontres, et de ce lancinant pourquoi qui ne cessait de retentir dans son cœur. Et puis, il évoqua le vieux miroir où il passait des heures à regarder filer le temps sur son propre visage. Alors, l’inconnu lui dit soudain : « Emmène-moi chez toi ! « 

Arrivé dans l’appartement, l’inconnu demanda à son hôte de se placer face au miroir comme il en avait l’habitude. Intrigué, notre homme s’exécuta et se mit à contempler, une fois encore, sa propre image. Alors, l’inconnu prit un chiffon, décolla légèrement le miroir du mur, glissa la main derrière et se mit à gratter le tain du vieux miroir. Bientôt, tout reflet disparut, il ne resta plus qu’un simple carré de verre, totalement transparent.

L’inconnu prit le cadre et le posa devant une fenêtre qui donnait sur un boulevard bruyant où grouillait une foule anonyme et pressée, et où l’on apercevait, prés d’une bouche de métro, le frêle amas de cartons d’un sans-domicile. Puis, sans un mot, l’inconnu sortit. Alors, notre chercheur de sens, tomba à genoux et se mit à pleurer. Non pas de tristesse, mais de joie. Une joie mystérieuse, imprenable ; une joie comme une pierre qu’on roule pour ouvrir enfin, au matin d’une interminable nuit, le tombeau des blessures humaines.

 

 

Anecdote contre le racisme.

La scène a eu lieu dans un vol de la compagnie British Airways entre Johannesbourg et Londres. Une femme blanche, d’environ cinquante ans, s’assied à côté d’un noir.

Visiblement perturbée, elle appelle l’hôtesse de l’air :

- Quelle est votre problème, madame ?, demande l’hôtesse.

- Mais vous ne voyez pas ? répond la dame. Vous m’avez placée à côté d’un noir. Je ne supporte pas de rester à côté d’un de ces êtres répugnants. Donnez-moi un autre siège.

- S’il vous plait, calmez-vous, dit l’hôtesse de l’air. Presque toutes les places de ce vol sont prises. Je vais voir s’il y a une place disponible.

L’hôtesse s’éloigne et revient quelques minutes plus tard :

- Madame, comme je le pensais, il n’y a plus aucune place libre dans la classe économique. J’ai parlé au commandant et il m’a confirmé qu’il n’y a plus de place dans la classe exécutive. Toutefois, nous avons encore une place en première classe.

Avant que la dame puisse faire le moindre commentaire, l’hôtesse de l’air continue :

- Il est tout à fait inhabituel dans notre compagnie de permettre à une personne en classe économique de s’asseoir en première classe. Mais, vu les circonstances, le commandant trouve qu’il serait scandaleux d’obliger quelqu’un à s’asseoir à côté d’une personne aussi désagréable.

Et, s’adressant au noir, l’hôtesse de l’air lui dit :

- Donc, monsieur, si vous le souhaitez, prenez votre bagage à main car un siège en première classe vous attend.

Et tous les passagers autour qui, choqués, assistaient à la scène, se levèrent et applaudirent.

 

 

Ubuntu

Un anthropologue a proposé un jeu aux enfants d’une tribu africaine. Il a mis un panier de fruits près d’un arbre et a dit aux enfants que le premier arrivé gagnait tous les fruits. Au signal, tous les enfants se sont élancés en même temps… en se donnant la main ! Puis ils se sont assis ensemble pour profiter de leur récompense.

Lorsque l’anthropologue leur a demandé pourquoi ils avaient agi ainsi, alors que l’un d’entre eux aurait pu avoir tous les fruits, ils ont répondu : “Ubuntu, comment l’un d’entre nous peut il être heureux, si tous les autres sont tristes ?”

 

 

Le Jeune Jardinier

Un jour, le dirigeant d’une grande société engage un jardinier indépendant. Alors que ce dernier arrive chez lui, le patron s’aperçoit qu’il a fait appel à un adolescent à peine âgé de 15 ans. Peu importe se dit-il, maintenant il est là.

Quand le garçon a terminé, il demande au propriétaire l’autorisation de passer un petit coup de fil. Par mégarde, le dirigeant surprend la conversation de son jeune jardinier. Le garçon s’entretient avec une femme :

- Vous avez besoin d’un jardinier ?

- Non, j’en ai déjà un.

- Mais moi, en plus de faire le jardin, je ramasse les déchets, souligne le garçon.

- C’est tout à fait normal, mon jardinier aussi fait cela, répond la femme.

- Je lubrifie tous les outils à la fin de mon service, ajoute l’adolescent.

- Mon jardinier aussi, rétorque la propriétaire un peu agacée.

Dans une dernière tentative pour persuader son interlocutrice, l’adolescent lance :

- je suis rapide, jamais en retard et mes tarifs sont imbattables !

- Désolée, mais le prix de mon jardinier est également très compétitif, répond la femme avant de raccrocher.

- Mon garçon, je crois bien que tu viens de perdre une cliente, dit le patron.

- Bien sûr que non, c’est moi son jardinier ! J’ai fait cela seulement pour savoir si elle est vraiment satisfaite de mes services.

 

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