Recueil 26

rouge

Le monde change.

J’ai fêté mes 90 ans dernièrement, et c’est vrai que rien n’est plus comme avant…

Les journaux sont imprimés de plus en plus petits…
Tout le monde me parle plus bas… et je ne comprends rien…


Le square du bout de la rue me paraît plus loin. On a refait les marches de mon escalier : elles sont si hautes que j’ai du mal à les monter.

Même la jeunesse a changé : les jeunes sont plus jeunes que lorsque j’avais leur âge.
Quant à la vieillesse, les personnes de mon âge m’apparaissent bien plus vieilles que moi…


Il y a des choses que je ne comprends pas …. Le monde change…

Jean Humenry

Pour tout l’or du monde.

Un jeune homme se plaignait un jour de Dieu en ces termes : « Le bon Dieu envoie aux autres les richesses, mais à moi, il ne m’a rien donné ! Comment débuter dans la vie avec rien ? »

Un vieillard qui entendit sa plainte lui dit : « Es-tu si pauvre que tu le crois ? Dieu ne t’a-t-il pas donné jeunesse et santé ?

- Je ne dis pas non, et je puis être fier de ma force et de ma jeunesse ! »

Le vieillard, lui prenant alors la main droite, lui dit : « Voudrais-tu te la laisser couper pour mille roubles ?

- Certes pas !

- Et la gauche ?

- Pas davantage.

- Et consentirais-tu, pour dix mille roubles, à devenir aveugle ?

- Que Dieu m’en préserve ! Je ne donnerais par l’un de mes yeux pour une fortune !

- De quoi te plains-tu donc ? dit le vieillard. Ne vois-tu pas que Dieu t’a donné une immense fortune ? Va, et sois-en désormais reconnaissant. »

Tolstoï

Le vent se fit musique.

Il était une fois le silence

C’est une époque très lointaine où la paix ignorait la guerre parce que la vie ignorait l’homme.

A l’heure où l’océan immense noie le soleil rouge et l’emmène,  le vent compose sur son piano un « TE DEUM »

Alors Dieu avait dit au vent : « De tous mes sens tu es celui qui me ressemble, à n’en pas croire. Regarde-moi que je me voie ! »

Alors le vent, pour le remercier, se fit musique et c’est depuis qu’une mélodie est un miroir où Dieu se mire et donne sa joie.

Jean Humenry 

Les mots de la bouche.

Le professeur de philosophie apporta en classe de la mousse à raser, de la pâte dentifrice et d’autres tubes contenant des gels et des crèmes. Il invita ses élèves à vider tous les contenus sur leur table.

Prenant cela comme un jeu, ils s’exécutèrent volontiers. Il leur demanda alors de remettre le tout dans les tubes.

Stupeur. Ils savaient que cela leur serait impossible.

Le professeur leur dit alors ceci : « Sur le moment, vous étiez tellement concentrés que vous n’étiez pas à même de réaliser tout le dégât que vous étiez en train de causer. Les diverses pâtes se sont rapidement répandues alors qu’il est impossible de remettre tout ça à l’intérieur des tubes. Souvenez-vous de cela lorsque certains mots s’apprêtent à sortir de votre bouche. »

 

Sagesse Bouddhiste

Ils ont demandé à un sage :

“Pourquoi tu ne ripostes pas contre ceux qui se comportent mal avec toi ?”

Il a répondu avec le sourire : “Quand un âne te bouscule, est ce que tu le bouscules aussi ?”

Et un autre a répondu : “Quand tu vois un chien qui aboie, est ce que tu aboies aussi ?”

Seul, le silence secoue les consciences.

 

L’avare

Il était une fois un homme très riche. Il était sans doute l’homme le plus riche de son village. Il était également l’homme le plus avare à telle enseigne qu’on le surnommait M’bibizo signifiant l’homme avare.

M’bibizo était unique par son caractère avare. Il n’avait ni femme ni employé, il exécutait lui-même tous les travaux domestiques et il était fier de ne rien dépenser.

Un jour, dans l’accomplissement de ses travaux, M’bibizo tomba dans un puits et poussa un cri d’appel au secours très violent :

- A l’aide, à l’aide ! hurlait-il.

Aussitôt, son voisin le plus proche accourut et lui tendit la main en s’exclamant :

- M’bibizo, donne-moi ta main que je te sorte du puits.

Mais M’bibizo détestait donner quoique se soit et c’est avec retard qu’il finit par tendre sa main. Et ce long temps de réaction lui fut fatal. 

Sans doute aurait-il survécu si son voisin lui avait dit “prends ma main”.

Les sages du village retinrent que ce fut bien l’avarice qui finit par tuer le riche M’bibizo. 

Conte Africain. 

Le Prophète, extrait 1

Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit : Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et, bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées. Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes. Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de sa puissance pour que ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie. Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable. 

Khalil Gibran

Le Prophète, extrait 2

Alors Almitra parla à nouveau et dit : Et qu’en est-il du Mariage, maître ?
Et il répondit en disant : vous êtes nés ensemble, et ensemble vous serez pour toujours.
Vous serez ensemble quand les blanches ailes de la mort disperseront vos jours.
Oui, vous serez ensemble même dans la silencieuse mémoire de Dieu.
Mais laissez l’espace entrer au sein de votre union.
Et que les vents du ciel dansent entre vous.
Aimez-vous l’un l’autre, mais ne faites pas de l’amour une chaîne.
Laissez-le plutôt être une mer dansant entre les rivages de vos âmes.
Emplissez chacun la coupe de l’autre, mais ne buvez pas à la même coupe.
Donnez à l’autre de votre pain, mais ne mangez pas de la même miche.
Chantez et dansez ensemble et soyez joyeux, mais laissez chacun de vous être seul.
De même que les cordes du luth sont seules pendant qu’elles vibrent de la même harmonie.
Donnez vos cœurs, mais pas à la garde l’un de l’autre.
Car seule la main de la Vie peut contenir vos cœurs.
Et tenez-vous ensemble, mais pas trop proches non plus :
Car les piliers du temple se tiennent à distance,
Et le chêne et le cyprès ne croissent pas à l’ombre l’un de l’autre.

Khalil Gibran

Notre idée de Dieu

Un homme mettait des fleurs sur la tombe de son épouse, quand il vit un asiatique déposer un bol de riz sur la tombe voisine. Il lui demanda :

« Excusez moi, Monsieur, pensez-vous que le défunt viendra manger le riz ? »

« Oui, répondit l’asiatique très calmement, quand le vôtre viendra sentir les fleurs… »

Respecter les opinions des autres est une des plus belles vertus que puisse avoir un être humain.

 

Le soufi et le premier ministre. 

Toute la cour est là, attendant l’arrivée du roi, quand un fakir soufi en haillons entre et va nonchalamment s’asseoir sur le trône. 

Le premier ministre n’en croit pas ses yeux. 

- Qui crois-tu être pour entrer ici et te conduire de cette manière ? lui demande-t-il. Te prendrais-tu pour un ministre ? 

- Un ministre ? rétorque le soufi. Non, je suis bien plus que cela. 

- Tu ne peux pas être le premier ministre, parce que le premier ministre, c’est moi. Serais-tu le roi ?

- Non pas le roi. Plus que cela. 

- L’empereur ? 

- Non, encore plus !

- Le Prophète, alors ? 

- Plus encore !

- Serais-tu Dieu ?

- Non, je ne suis pas Dieu. C’est encore bien plus que cela.

- Mais il n’y a rien, au-dessus de Dieu !

- C’est exact, répond le soufi. Je suis ce Rien.

Ramesh Balsekar, L’appel de l’Etre

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