Recueil 30

rouge

Aimez-vous !

Aimez-vous.
 Aimez-moi. 
Si vous m’aimez, laissez-moi m’échapper.
Si vous aimez vos proches, laissez-les s’écarter.
Si vous aimez vos petits, laissez-les s’élever.
Si vous aimez vos grands, laissez-les s’envoler.
Si vous aimez vos défunts, laissez-les s’en aller.

Aimez-vous.
L’éloignement n’empêche pas la proximité.
L’absence ne supprime pas la présence.
L’écart n’interdit pas l’alliance.
La solitude ne rejette pas la solidarité.

Aimez-vous.
Le silence n’interrompt pas la parole.
L’ombre n’éteint pas la lumière.

Aimez-vous les uns les autres.
Allégez-vous les uns les autres.
Inventez-vous les uns les autres.
Elevez-vous.
Grandissez-vous.

Aimez-vous.
C’est tout neuf.

Aimez-vous et vous donnerez du fruit.

Aimez-vous
et vous goûterez la paix.

Aimez-vous et vous mourrez la mort.

Aimez-vous et vous vivrez la vie.

Aimez-vous et ma joie viendra vous caresser.


Et cette joie, je vous le dis, personne ne pourra vous l’ôter.

Gabriel Ringlet

 

Un carême épatant

Nous sommes dans les dernières semaines de carême.Au catéchisme, l’abbé nous avait recommandé de faire des sacrifices. Mais on n’avait pas trop d’idées. Alors maman a pris une grande feuille de papier. Elle a dessiné un arbre et a fixé la feuille sur la porte du placard. L’arbre n’avait que les branches. Maman nous a expliqué que les feuilles seraient les sacrifices. 

À partir de là, chaque soir, nous allions à tour de rôle lui dire, dans l’oreille, le sacrifice qu’on avait fait dans la journée. Maman disait : « Ça compte !… » ou bien : « Ça ne compte pas ! »…Il faut bien une autorité de contrôle, quand il s’agit de choses sérieuses. 

Si c’était un vrai sacrifice, maman dessinait une belle feuille verte sur l’arbre. Et il avait été décidéque chaque fois que l’arbre aurait cinq nouvelles feuilles, il lui pousserait une orange. On regardait l’arbre se garnir de feuilles et de fruits. Ce n’était pas très rapide. 

Alors papa est intervenu. Il a dit que chaque fois qu’il y aurait cinq oranges, il nous donnerait une bûche.Et quand ou en aurait de quoi remplir la petite carriole, on pourrait la porter nous mêmes à une vieille grand-mère du quartier qu’on connaissait bien et qui était toute seule. C’était le temps des durs et longs hivers de la guerre, où une bûche était une bûche. On économisait au maximumdans l’unique feu de la maison : le poêle de la cuisine. 

À partir de là, notre arbres’épanouit plus rapidement. On redoublait d’effort et d’inventionpour trouver des sacrifices. Au point qu’il a fallu ajouter des branches à l’arbre primitif. Il y eut deux carrioles de bois. Nous étions si contents de cet exploit qu’on a demandé à mamanquand c’était le prochain carême…

Perjean

  

Les vitraux

Un petit garçon visitant une cathédrale avec sa grand-mère découvre les vitraux.

C’est qui, ces gens-là ?demanda l’enfant, en montrant un vitrail.

Ce sont les chrétiens !répondit la grand-mère.

Peu après, à l’école, I’instituteur demande : 

Qu’est-ce qu’un chrétien ?

Et l’enfant de répondre immédiatement : 

- C’est quelqu’un à travers qui on voit la lumière.

Anonyme

 

Où est Dieu ?

J’arrivepas à comprendre pourquoi Dieu qui était soit-disant partout, on le voyait nulle part.Or, un jour, je me suis réveillée tout ensoleillée de bonheur. Ça m’arrive certains jours, je sais pas pourquoi, j’ai tellement de ciel bleu à l’intérieur de moi quej’ai l’impression d’avoir mangéde  l’infini.Ça te fait mousser le cœur, ça te monte à la tête, et tu te sens pétiller. C’est comme si tu avais bu un peu trop de champagne. Tu titubes d’allégresse.C’est grisant, suave et exquis.

François Garagnon

 

Intuition

C’est absurde !  dit la raison
C’est comme c’est !  dit l’amour…
C’est un malheur ! dit la prophétie
Ce n’est rien que douleur ! dit la peur
C’est sans espoir ! dit la lucidité
C’est comme c’est ! dit l’amour…
C’est ridicule ! dit la fierté
C’est de la légèreté ! dit la prudence
C’est impossible dit ! l’expérience
C’est comme c’est ! dit l’amour…

Eric Fried

 

L’homme existe, je l’ai rencontré

Dans un petit village de Lozère abandonné des hommes,il n’y avait plus personne. Et en passant devant la vieille église, poussé par je ne sais quel instinct, je suis entré… Et, là, j’ai été ébloui… par une lumière intense… insoutenable ! C’était Dieu… Dieu en personne, Dieu qui priait ! 

Je me suis dit : « Qui prie-t-il ? Il ne se prie pas lui-même ? Pas lui ? Pas Dieu ! »Non ! Il priait l’homme ! Il me priait, moi ! Il doutait de moi comme j’avais douté de lui ! Il disait : 

- Ô homme ! si tu existes, un signe de toi ! 

J’ai dit : 

- Mon Dieu, je suis là ! 

Il a dit : – Miracle ! Une humaine apparition ! 

Je lui ai dit : – Mais mon Dieu… comment pouvez-vous douterde l’existence de l’homme, puisque c’est vous qui l’avez créé ?

Il m’a dit : 

- Oui… mais il y a si longtemps que je n’en ai pas vu un dans mon église… que je me demandais si ce n’était pas une vue de l’esprit ! 

Je lui ai dit : 

-Vous voilà rassuré, mon Dieu ! 

Il m’a dit : 

- Oui ! Je vais pouvoir leur dire là-haut : « L’homme existe, je l’ai rencontré ! »

Raymond Devos

Savoir vieillir

J’ai cueilli mes 80 ans dernièrement et j’y pense souvent :
Ainsi le coin de la rue est deux fois plus loin qu’avant.
Ils ont ajouté une montée que je n’avais pas remarquée.
J’ai dû cesser de courir après le bus parce qu’il démarre bien plus vite qu’avant.
Je crois qu’on fait les marches d’escalier bien plus hautes que dans le temps.
Avez-vous remarqué les petits caractères que les journaux se sont mis à employer ?
Tout le monde parle si bas qu’on ne comprend quasi rien.
On vous fait des vêtements si serrés,
surtout à la taille et aux hanches, que c’est désagréable !
Les jeunes gens eux-mêmes ont changé :
ils sont bien plus jeunes que quand j’avais leur âge.
Les gens de mon âge sont bien plus vieux que moi !
L’autre jour, je suis tombé sur une vieille connaissance :
elle avait tellement vieilli qu’elle ne me reconnaissait pas !
Je réfléchissais à tout cela en faisant ma toilette ce matin :
ils ne font plus d’aussi bons miroirs qu’il y a 60 ans !

Jean Vernette 

 La poule

Un jour Philippe Neri confessait une dame de la noblesse romaine. Celle-ci lui avoua qu’elle avait, non sans un certain plaisir, répandu toutes sortes de ragots autour d’elle. Le futur saint l’écouta et, à la fin de l’entretien lui infligea une curieuse pénitence : 

- Vous allez prendre une poule sous le bras et vous parcourrez les rues de Rome en plumant la poule et en jetant au vent ce que vous aurez arraché. Cela fait, vous viendrez me voir demain matin.

La femme s’exécute et revient le lendemain : 

- Maintenant, dit le prêtre, je vous demande d’aller ramasser toutes les plumes et de me les rapporter.

- Mais, Père, le vent les a dispersées, la foule les a piétinées, les gamins les ont ramassées… Je ne pourrai jamais les retrouver toutes. 

- Vraiment ? répond le prêtre, retenez bien ceci alors : il en est ainsi de vos médisances…

d’après Philippe Neri

La charité

Pourquoi le Secours catholique ?… Pour allumer le feu de la charité ! disait le Père Rodhain.
La charité ! Faire la charité ! Ah non, pas de çà ! direz-vous…
La charité, c’est la condescendance, la supériorité dédaigneuse qui se penche avec commisération sur le sort des pauvres ! Faire la charité, c’est comme qui dirait jeter un os à un chien !
Eh bien, vous avez tout faux !
La charité… Caritas en latin… Agapè en grec… c’est l’Amour avec un grand A. l’Amour même qu’est Dieu, c’est l’Amour de Dieu qui passe par les mains, les lèvres, le cœur des hommes.
Et l’Amour de Dieu est attention, respect, délicatesse, bonté, douceur, paix, joie …
La charité, c’est Dieu qui aime à travers nous ! 

François Plouidy

Le jeune homme endormi

Le jeune homme est endormi… Il entre en rêve dans un magasin. C’est un ange qui est derrière le comptoir. Le jeune homme demande : 

- Que vendez vous, ici ?

- Nous vendons vraiment tout ce que vous pouvez désirer,  répond l’ange. 

Alors, dit le jeune homme, voyant à qui il avait à faire : je veux voir la fin de toutes les guerres dans le monde ; je veux du travail pour les chômeurs, l’intégration dans la société de tous les marginaux,la suppression de la misère et davantage d’amour dans les familles ; je veux beaucoup plus de justice et de tolérance ; je veux la générosité envers les étrangers, la réconciliation entre les peuples…

L’ange l’arrêta : 

- Excusez-moi, Monsieur, vous m’avez mal compris. Ici, nous ne vendons pas des fruits, nous ne vendons que des graines. Les fruits, c’est à vous de les faire murir.

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