Recueil 32

rose-violet

Vous le verrez marchant dans les nuages

Un vieux prêtre dit : Parlez-nous de la religion.
Et le prophète dit :
Ai-je parlé aujourd’hui de quelque autre chose ? …
Qui peut séparer la foi de ses actions, ses croyances de ses occupations ?
Qui peut étendre ses heures devant lui, disant :
Ceci pour Dieu et ceci pour moi-même ; ceci pour mon âme et ceci pour mon corps ?
Toutes vos heures sont des ailes qui battent à travers l’espace d’un moi à un moi…
Et celui pour qui l’adoration est une fenêtre, à ouvrir mais aussi à fermer, n’a pas encore visité la demeure de son âme dont les fenêtres sont ouverte d’une aurore à l’autre.
Votre vie quotidienne est votre temple et votre religion. Lorsque vous y pénétrez, prenez tout votre être avec vous. Prenez la charrue et la forge et le maillet et le luth, les choses que vous avez modelé dans le besoin ou pour votre délice…
Et si vous voulez connaître Dieu, ne soyez pas préoccupé de résoudre des énigmes.
Regardez plutôt autour de vous et vous Le verrez jouant avec vos enfants. Et regardez dans l’espace ; vous Le verrez marchant dans les nuages, étendant Ses bras dans l’éclair et descendant en pluie. Vous Le verrez souriant dans les fleurs, puis se levant et mouvant ses mains dans les arbres.

Khalil Gibran 

L’autobus du Royaume

L’Église, c’est l’autobus pour aller au Royaume de Dieu. On ne prend pas l’autobus pour aller en autobus mais pour aller d’un endroit à un autre. Ce qui compte, ce n’est pas la beauté de l’autobus, sa propreté extérieure, les places respectives de ses occupants, machiniste, contrôleur, passagers assis, passagers debout ; ni même la densité de peuple qui peut s’y regrouper de temps à autre à certains temps forts. Ce qui compte, c’est qu’il vous transporte au bon endroit. Pour l’Eglise, il s’agit de transporter à Dieu, de conduire au Royaume de Dieu, c’est-à-dire au peuple de Dieu réconcilié. Du coup, la tâche des divers groupes d’Église : faire circuler les autobus un peu partout, de façon visible, non arrogante, donner goût d’y monter par temps de pluie comme par grosse chaleur. Une condition nécessaire : pour que les lignes d’autobus existent, il faut qu’il y en ait qui prennent régulièrement la ligne : les pratiquants réguliers.

Bruno Chenu 

L’oiseau dans les mains

Un jour, un garçon plein de suffisance, et désireux d’imposer sa jeune vérité, vient trouver un ancien qui avait grande réputation de sagesse.

« Maître, dit-il, j’ai attrapé l’oiseau que voilà, caché dans le creux de mes mains. Est-il mort ou vivant ? »

Le vieil homme pressent immédiatement le piège. « Si j’affirme qu’il est mort, se dit-il, mon interlocuteur va le relâcher et l’oiseau s’envolera. Tant mieux pour lui ! Mais du coup, ce prétentieux proclamera mon erreur urbi et orbi. Par contre, si je dis qu’il est vivant, il resserrera les mains et l’étouffera pour montrer que, là aussi, je me trompe. »

Après un moment de réflexion, l’ancien regarde le novice dans les yeux et lui répond avec grande douceur : « Ami, la vie de cet oiseau est entre tes mains. »

  

Des chemins sur son visage.

Guillaume, 4 ans, interroge : «  Pourquoi Grand-Maman a des chemins sur son visage ? »

 Là où nous ne voyons que des rides, symboles d’usure, marques d’un temps qui passe et qui ne pardonne pas, il voit, avec son cœur d’enfant, des chemins. Chemins de joie et de peine, de rires etde larmes, d’amour et de souffrance, chemins qui racontent une histoire. Ils murmurent à nos oreilles les longues heures de labeur, d’effort, de travail, de doute, d’inquiétude et de veille, mais aussi lesmoments de tendresse, de folie, de passion, de complicité et d’attention. Tel un précieux parchemin, ils nous content la beauté d’une vie partagée, souvent offerte…   Prenez un miroir et contemplez votre visage.Regardez ces chemins dessinés sur votre peau, ces chemins de vie. Puis avec gratitude, dites-vous mercipour tout ce
que vous avez vécu, appris, transmis, aimé, pardonné…

 

 Explication des Ecritures.

Dans un monastère, un ancien expliquait les Ecritures. Tout à coup, il remarqua qu’un frère était en train de dormir.

- Je continuerai, dit-il, quand le frère se sera réveillé.

Mais un frère ajouta :

- Je pense que le frère s’éveillera, quand tu auras terminé…

 

Deux chevaux, une clochette…

Voici une prairie où se trouvent deux chevaux apparemment semblables à tous les chevaux. Mais approchez-vous : vous allez remarquer quelque chose de surprenant. 

En regardant les yeux d’un des chevaux vous allez découvrir qu’il est aveugle. Mais son propriétaire a choisi de lui offrir une vie confortable. Ecoutez attentivement, vous allez entendre une clochette. Regardez autour, vous allez comprendre que le son vient de l’autre cheval. 

La clochette est attachée à son licou. Elle permet à l’aveugle de savoir où se trouve l’autre pour le suivre. Si vous observez, vous verrez que le porteur de clochette est toujours en train de surveiller l’aveugle qui, lui, écoute la clochette et marche avec confiance vers où se trouve son ami. Chaque soir, quand le porteur de clochette revient à l’écurie, il s’arrête de temps en temps pour s’assurer que l’aveugle n’est pas trop loin pour entendre la clochette.

Quelquefois, nous sommes le cheval aveugle, guidé par la clochette de tel ou tel. D’autres fois, nous sommes le cheval guidant, qui aide d’autres à trouver leur chemin. Les bons amis, même si vous ne les voyez pas, vous savez qu’ils sont toujours là.

 

Murphy

Un colosse fit irruption dans la pièce bondée et hurla :“Y a-t-il quelqu’un qui s’appelle Murphy ?” Un petit bonhomme se leva et dit : “C’est moi, Murphy.”

Le colosse l’a presque tué : il lui brisa  cinq côtes, lui cassa le nez, lui fit deux yeux au beurre noir, le lança comme un paquet sur le plancher. Puis, il sortit en tapant du talon.

Après son départ, nous fûmes bien surpris de voir le petit bonhomme rire sous cape : “Je l’ai bien eu, ce gars-là, se dit-il doucement : ce n’est pas moi, Murphy. Ha ! Ha !”

 

Parler de la prière.

Lorsqu’on demanda à abba Poémen de parler de la prière, il dit : « Personne ne peut parler de la prière, s’il ne prie pas. Et s’il prie, il n’a aucune envie d’en parler. »

 

Poésie grammaticale et philosophique !

Loin des vieux livres de grammaire,
Écoutez comment un beau soir,
Ma mère m’enseigna les mystères
Du verbe être et du verbe avoir.

Parmi mes meilleurs auxiliaires, 
Il est deux verbes originaux.
Avoir et Être étaient deux frères

Que j’ai connus dès le berceau.

Bien qu’opposés de caractère,
On pouvait les croire jumeaux,

Tant leur histoire est singulière.
Mais ces deux frères étaient rivaux.

Ce qu’Avoir aurait voulu être
Être voulait toujours l’avoir.
À ne vouloir ni dieu ni maître,
Le verbe Être s’est fait avoir.

Son frère Avoir était en banque
Et faisait un grand numéro,
Alors qu’Être, toujours en manque
Souffrait beaucoup dans son ego.
 
Pendant qu’Être apprenait à lire
Et faisait ses humanités,
De son côté sans rien lui dire
Avoir apprenait à compter.

Et il amassait des fortunes
En avoirs, en liquidités,
Pendant qu’Être, un peu dans la lune
S’était laissé déposséder.

Avoir était ostentatoire
Lorsqu’il se montrait généreux,
Être en revanche, et c’est notoire,
Est bien souvent présomptueux.

Avoir voyage en classe Affaires.
Il met tous ses titres à l’abri.
Alors qu’Être est plus débonnaire,
Il ne gardera rien pour lui.

Sa richesse est tout intérieure,
Ce sont les choses de l’esprit.
Le verbe Être est tout en pudeur
Et sa noblesse est à ce prix.

Un jour à force de chimères
Pour parvenir à un accord,
Entre verbes ça peut se faire,
Ils conjuguèrent leurs efforts.

Et pour ne pas perdre la face
Au milieu des mots rassemblés,
Ils se sont répartis les tâches
Pour enfin se réconcilier.

Le verbe Avoir a besoin d’Être
Parce qu’être, c’est exister.
Le verbe Être a besoin d’avoirs
Pour enrichir ses bons côtés.

Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été.

 

Le noyer

C’est beaucoup plus que de l’humour

Un jour quelqu’un posa cette question au noyer : sais-tu pourquoi tu es là sur la place du village ? Le noyer, d’un bruissement de feuilles, dit qu’il ne savait pas.

On lui expliqua que le maire du village avait décidé, il y a des années de cela, de mettre un arbre là pour faire beau sur les cartes postales. Un autre, pas d’accord, supposa qu’un enfant en descendant de la montagne avait, par jeu, poussé du pied une noix rencontrée par hasard, l’abandonnant dans ce trou où elle avait germé. 

Peut-être, répondit le noyer d’un mouvement de branche. Mais ceux qui ont l’ouïe assez fine l’ont entendu murmurer : « Moi, je suis là parce qu’il y a de l’ombre. » « C’est absurde, lui dit-on : il n’y avait pas d’ombre avant toi en cet endroit ! » «  Peut-être, répondit le noyer, mais depuis que je suis là, il y a de l’ombre et les voyageurs qui s’y arrêtent y trouvent un peu de paix. Voilà pourquoi je suis ici. »

Jacques Noyer

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