Recueil 33

vert

 

Dieu est là, dehors …                                                                    Anthony de Mello, s.j.

Elle était religieuse, dévote et remplie d’amour de Dieu. Chaque matin elle allait à l’église. Quelquefois des enfants l’interpellaient, des mendiants l’accostaient, mais elle était tellement absorbée dans ses dévotions qu’elle ne les voyait même pas. 

Un jour, elle descendit la rue comme d’habitude et parvint à l’église. Elle poussa la porte, mais ne put l’ouvrir. Elle poussa plus fort et découvrit qu’elle était verrouillée. Bouleversée à la pensée de manquer l’office elle leva les yeux. Et elle vit une note épinglée sur la porte : « Je suis là, dehors ! »

 

 Qu’est-ce que l’EAU ?

Quelque part au fond de l’Océan, des poissons entendirent parler du mot EAU. 

- Eau, qu’est-ce que cela signifie, se demandèrent-ils ? Chacun n’avait comme réponse qu’un haussement de sa nageoire dorsale. 

- Si nous allions demander au vieux poisson qui sait tout !

- Vieux poisson sage, dis-nous : qu’est-ce que cela veut dire : l’EAU ?

- Ignorants que vous êtes, dit le vieux poisson en riant à pleines bulles. Vous vivez dans l’eau, vous êtes entourés d’eau, vous êtes nés dans l’eau et dans l’eau vous retournerez. Sans l’eau, aucun de nous n’existerait !

Il arrive que des personnes se posent la même question avec le mot DIEU.

 

Le chef d’état et le Dalaï Lama

Un chef d’état recevant le Dalaï Lama, lui demanda :
- Cher Dalaï Lama, pouvez-vous m’éclairer sur votre secret ? Avec toutes les catastrophes, misères, responsabilités, vos voyages, vos conférences, comment faites-vous pour rester serein ?

- Cher Ami, voici mon secret : Quand je suis assis, je suis assis. Quand je me lève, je me lève. Quand je mange, je mange. Quand je parle, je parle.
- Mais cher Dalaï Lama, moi aussi : Quand je suis assis, je suis assis. Quand je me lève, je me lève. Quand je mange, je mange. Quand je parle, je parle !
- Non, répond le sage en lui souriant. Cher Ami, voici la différence : Quand vous êtes assis, vous pensez à vous lever. Quand vous vous levez, vous pensez à courir. Et quand vous courez, vous pensez à votre but.

Vivre, c’est se reposer dans le présent.

  

Le théorème d’Esope

Connaissez-vous le théorème d’Esope ? Il était esclave et cuisinier d’un maître qui lui dit un jour : 

- Fais-moi le meilleur plat au monde !  

Esope – qui ne connaissait pas, hélas, la recette du foie gras des Landes – lui fit un plat de langue. Le maître se régala. Le lendemain, il lui dit : 

- Fais-moi le pire plat au monde.  

Esope lui fit un plat de langue, le même. Le maître lui dit : 

- Tu te moques de moi ?

- Non, maître, la langue est la meilleure et la pire des choses. 

A l’ère de la communication, vous pouvez avoir les informations les plus extraordinaires, mais aussi des cohortes d’âneries. Si on cultive le meilleur, cette ère peut devenir une grande source d’espérance.

            Michel Serres 

J’ai une grand’mère

J’ai une grand’mère qui a eu 100 ans le 2 août 1934. Un jour elle est tombée de sa chaise et s’est cassé le col du fémur. Je l’ai ramassée toute hurlante. Je l’ai transportée à l’hôpital tenu par des religieuses et un infirmier laïque. J’ai dit au chirurgien : « Qu’est-ce que vous en pensez ? » Il m’a dit : « Elle a 99 ans ! » J’ai dit : « Y a-t-il une chance ? » Il m’a dit : « Non. » Je lui ai dit : « Alors, laissez-là tranquille, ne réduisez pas la fracture, l’important, c’est qu’elle ne souffre pas. » 

Au bout de quelques jours, la douleur s’était calmée. Ma grand’mère a commencé à rouvrir les yeux. Tous les matins, l’infirmier venait la soulever dans ses bras pour la laver. Un peu après arrivait la sœur qui apportait le déjeuner. Ma grand’mère la regardait, clignait de l’œil et lui disait doucement : « Ah ! Madame, j’aime beaucoup votre mari, il a la main légère ? » La sœur lui disait : « Mais, grand’mère, je n’ai pas de mari, je suis religieuse. » « Ah ! disait ma grand’mère, ah ! vraiment ! » Et elle mangeait son déjeuner. Ainsi tous les matins. 

Quand j’arrivais, la religieuse me racontait la scène en riant : « La grand’mère, disait-elle, n’a plus son bon sens. » Quand j’étais seul ave la grand’mère, je lui disais :  « Alors, Nini, vous n’avez pas vu que c’est une religieuse ? Vous avez bien qu’elle n’a pas de mari ! »  Pour qui me prends-tu, disait ma grand’mère ? Oui, je le sais, je le leur dis pour les faire rire. »  Et après un petit peu de réflexion elle ajoutait : « C’est dommage. » « Qu’est-ce qui est dommage, demandais-je ? « C’est dommage que cette femme ne soit pas mariée, me disait-elle. Je le lui dirai demain. » 

Peu à peu, on venait la voir par plaisir. L’infirmier restait là. La sœur restait là. Je restais là par plaisir, des gens venaient. Ma grand’mère, toujours souriante, parlait à tous. Toujours pour faire rire. La sœur avait fini par comprendre la joie intérieure de cette vieille femme. Peut-être avait- elle aussi, au fond d’elle, besoin de véritable joie humaine. Et je me souviens d’un matin où elle s’en alla toute rougissante en disant : « Je ne voudrais pas d’un homme comme ça pour mari, jamais de la vie. Il aurait été plus beau si je l’avais choisi. » « Tu vois, me dit doucement ma grand’mère, quand nous fûmes seuls, elle est contente ! »

Jean Giono

Le bouquet de fleurs.                      Antoine Nouis 

Sur un siège de bus est assis un vieil homme qui tient à la main un bouquet de fleurs fraîchement cueillies. De l’autre côté de l’allée se trouve une jeune fille dont le regard vient sans cesse se poser sur les fleurs. Le bus arrive à la station où le vieil homme doit descendre. Avant de quitter le bus, il dépose le bouquet sur les genoux de la jeune fille : « Je vois que vous aimez les fleurs, dit-il, et je pense que ma femme aimerait que vous les ayez, je vais lui dire que je vous les ai données ». La jeune fille n’a pas le temps de réagir que le vieillard est déjà descendu du bus. Elle regarde par la fenêtre et le voit… pousser la grille d’un petit cimetière ».

 

Un panier rempli

Un jour un homme riche donna un panier rempli d’ordure à un homme pauvre. L’homme pauvre lui sourit et partit avec le panier. Il le vida et le nettoya et puis le remplit de fleurs magnifiques. Il retourna chez l’homme riche et lui rendit le panier, l’homme riche s’étonna et lui dit : Pourquoi tu m’as donné ce panier rempli de belles fleurs alors que je t’ai donné des ordures ? Et l’homme pauvre lui dit : Chaque personne donne ce qu’il a dans le cœur.

  

Le Maître Zen et le scorpion.

Un Maître Zen vit un scorpion se noyer et décida de le tirer de l’eau. Lorsqu’il le fit, le scorpion le piqua. Par l’effet de la douleur, le maître lâcha l’animal qui de nouveau tomba à l’eau en train de se noyer. 

Le maître tenta de le tirer nouvellement et l’animal le piqua encore.

Un jeune disciple qui était en train d’observer se rapprocha du Maître et lui dit : « Excusez-moi Maître, mais vous êtes têtu! Ne comprenez vous pas qu’à chaque fois que vous tenterez de le tirer de l’eau il va vous piquer ? »

Le maître répondit : « La nature du scorpion est de piquer et cela ne va pas changer la mienne qui est d’aider. »

Alors, à l’aide d’une feuille, le maître tira le scorpion de l’eau et sauva sa vie, puis s’adressant à son jeune disciple, il continua : « Ne change pas ta nature si quelqu’un te fait mal, prends juste des précautions. Les uns poursuivent lebonheur, les autres le créent. Quand la vie te présente mille raisons de pleurer, montre-lui que tu as mille raisons pour sourire. Préoccupe-toi plus de ta conscience que de ta réputation. Parce que ta conscience est ce que tu es, et ta réputation est ce que les autres pensent de toi… Et ce que les autres pensent de toi… c’est leur problème ! »

  

Le maître incomparable

C’était un professeur paisible, à la politesse subtile et aux manières de grand seigneur. Pourtant, allez savoir pourquoi, il avait pris à son service le plus mauvais des serviteurs. Grossier, sale, une vraie catastrophe. Il rabrouait les invités, détestait qu’on lui donne un ordre, servait mal, râlait contre tout. La vaisselle, quand il acceptait de la faire, c’était la foire aux pots cassés. Bref, cet homme ne valait rien. Et, curieusement, son patron lui passait tout.

- « Débarrasse-toi de ce bougre, lui dit un jour un bon ami. Franchement, il te fait du tort. »

- « Le chasser ? Non, je ne peux pas, lui répondit le professeur. En vérité, il est mon maître. J’apprends beaucoup auprès de lui. »

L’autre s’étonna : 

- « Ce goujat ? Ce baudet arrogant, stupide ? Regarde-le. Trois jours de barbe, les sourcils épais, un regard de préhistorique. Ton maître, ça ? Dis, tu m’inquiètes. »

L’érudit sourit, soupira, but une gorgée de son thé et répondit : 

- « Il m’est précieux. Il me rend tous les jours meilleur, et ses leçons sont incessantes. Oui, c’est un maître incomparable, et grâce à Dieu, il vit chez moi. »

- « Mais que t’apprend-il ? »

- « La patience. »

 

Le vieux charpentier

Un vieux charpentier s’apprêtait à prendre sa retraite. Il dit à son patron qu’il souhaitait abandonner la construction et se consacrer à sa famille. Sa petite retraite lui permettait de vivre. Son patron fut désolé de voir un si bon travailleur le quitter et lui demanda, comme un service personnel, s’il pouvait construire une dernière maison. Le charpentier répondit oui. Mais on pouvait voir que le cœur n’y était plus : il utilisait des matériaux inférieurs et les finitions laissaient à désirer. Dommage de finir sa carrière de cette façon !

Lorsque le charpentier finit son travail et que le patron vint pour inspecter la maison, il remit la clef de la porte principale à son employé :

« Cette maison est à toi, dit-il, en reconnaissance pour toutes ces années de bonne collaboration. » 

Quel choc ! Quelle honte ! Si seulement il avait su qu’il construisait une maison qu’il allait lui-même habiter… il l’aurait faite bien différemment.

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