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Dieu nous prie le premier

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Dieu nous prie le premier. 

Dieu répond-il à nos prières? Mauvaise question, pointe Marie-Claire Berthelin. Notre prière est une réponse à Dieu qui nous parle par Jésus, et par nos vies. Encore faut-il que notre liberté nous ouvre à lui donner une réponse!

Quand se fait jour en nous l’en­vie ou la décision de prier, nous parlons peut-être ainsi : il s’agit de « donner une place à Dieu dans notre vie »… il s’agit de « Le rencontrer », voire de « Le rejoindre »… Nous cherchons à aller… au-devant de Dieu pour l’approcher davantage, pour… l’obtenir !

Dans quelle direction nous dé­plaçons-nous ainsi ? Où est ce Dieu que nous serions contraints d’aller chercher ? Pendant que se manifeste ainsi notre quête d’hommes et de femmes (qu’on appelle « cher­cheurs » de Dieu…), Dieu EST. Il est… où ? Dieu respire non dans les nuages du ciel, mais dans le souffle hu­main de la terre. De notre terre. Dieu est tout près de l’humanité : DANS l’humanité.

Que fait Dieu ? Dieu « parle ». Son « Verbe », sa « Parole » a pris corps en l’homme Jésus. Cette Parole incarnée travaille inces­samment notre terreau humain.

Où parle-t-Il ? Dans les innom­brables expressions de vie, d’élan, de bonté des êtres qui nous entourent. Dans les multiples démarches de justice, d’accueil des humains entre eux. Là, Dieu PARLE, depuis qu’il a souveraine­ment parlé par, à travers toute la vie humaine du Christ. Les croyants rassemblés en Église se réunissent avant tout pour en­tendre cela…

« Ô Seigneur, je viens vers Toi, je Te cherche, mon Dieu ! » Si ce mou­vement d’appel de l’être humain vers Dieu est mouvement naturel, instinctif (exprimant le besoin religieux), il n’est pas pour autant le mouvement d’origine de la prière de foi. Si nous pen­sons être les premiers à adresser la parole à Dieu (et… Il n’a qu’à répondre !), nous ne sommes pas en fait dans les réalités d’une foi chrétienne, d’une foi en Christ. Ne nous étonnons pas, alors, de cette impression de parler dans le vide : nous avons raison de nous plaindre d’une non réponse…

Dieu nous parle… Et quand nous consentons à lui parler, parce que Lui nous y convie, ce que nous disons est toujours une réponse. Le plus violent de nos cris est toujours une réponse à une pa­role première, venant de notre Engendreur aimant. Dieu a foi en l’homme avant que l’homme se détermine à lui donner sa foi.

Quand nous nous adressons au Dieu de Jésus-Christ « Parole faite chair » (Jean 1, 24), nous ne lui parlons jamais à partir de rien : mais à partir de Lui, ce Dieu habi­tant tout ce que nous sommes. Il est le mouvement, le « souffle » de nos paroles vers Lui, même quand nous nous en croyons l’origine ! Il est la possibilité de nos appels et de nos mots.

Dieu appelle : Tout, en nous, lui sert de lieu d’appel :

- notre vie de rencontre avec les autres, ses accueils, ses conflits, ses interrogations, ses bonheurs…

- notre vie d’action, et ses lassi­tudes, et son dynamisme…

- notre vie affective personnelle, notre vie intellectuelle, notre vie physiologique, et leurs boulever­sements, leurs découvertes…

La vie de tous les hommes, femmes, enfants de la terre…

Prier, c’est répondre : Car Dieu prie l’homme. Avec la ténacité douce d’un amour. Avec la tendresse et l’admirable ajuste­ment à la réalité que seul l’amour vrai connaît et fait connaître. Dieu sans cesse demande : « Veux-tu ? » Notre liberté n’est pas petite !

▪ Il nous est possible de laisser son appel sans réponse, faute de prendre les moyens suffi­sants pour écouter… jusqu’à entendre. C’est là qu’effective­ment nous risquons de parler dans le vide.

▪ Il nous est possible de nier cet appel parce que secrètement nous lui préférons l’expression de nos mots à nous, qui font les demandes et les réponses. C’est plus rassurant de « maîtriser » ainsi les choses.

▪ Il nous est possible de nous détourner de cet appel ou de retarder le moment de l’écouter, par peur de l’inconnu, de l’inattendu. Et, en fait, nous nous détournons d’une vraie réalisa­tion profonde de nous-mêmes. – Il nous est possible de nous ou­vrir à ce Dieu qui nous prie… De consentir à Le laisser Lui-même nous ouvrir, en optant pour une confiance aimante plus vigou­reuse que nos craintes.

Parle Seigneur, ton serviteur écoute (1 Samuel 3,10)

Le petit garçon Samuel a su répé­ter ces mots si ajustés grâce à l’accompagnement reçu du vieil Éli. Alors Dieu lui a « parlé », au cœur du silence nocturne. Et c’est la vie de Samuel qui, à partir de là, s’est « ordonnée » en réponse heureuse. Il a reçu un chemin de liberté pour toute son existence. Il a reçu un sens…

Marthe accompagne ainsi le dé­sarroi de sa sœur Marie, au mo­ment de la mort de leur frère : « Le Maître est là : Il t’appelle. » (Jean 11,28). Et Marie répond, quittant son lieu de tristesse…

Des anonymes disent à Bartimée : « Confiance ! Lève-toi. Il t’ap­pelle. » (Marc 10,49). Et l’aveugle répond en jetant son manteau protecteur, et en bondissant dans le noir vers… un autre que lui…

Marie-Claire Berthelin, Sœur de La Retraite Revue Vie Chrétienne, mars 2017

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