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Le libéralisme et l’Eglise

Rouet

Le libéralisme et l’Eglise

Dans cette société ou règnent des lois du marché très contraignantes, on voit se développer un individualisme exacerbé qui laisse croire aux gens que chacun peut faire ce qu’il veut à condition de respecter les règles du jeu du profit. Mais cet individualisme ne débouche pas sur la vraie liberté de l’homme.

Or l’Eglise se situe à contre courant de cette tendance car, si elle est fidèle à son message, sa priorité est l’homme et non le marché. Elle défend donc l’être profond de l’homme et non pas l’extension indéfinie de la consommation pour le bénéfice de quelques-uns. Autrement dit, il y a au cœur du message chrétien la volonté d’être fidèle à un principe fondamental, à savoir que les biens de la terre sont pour tous les hommes et pas seulement pour quelques-uns.

Mais l’insistance sur le message évangélique amène inévitablement deux critiques contradictoires vis-à-vis de l’Eglise. D’un côté on va lui reprocher de ne pas s’engager assez auprès des plus pauvres car on attend qu’elle porte l’espérance des hommes. Aussi de nombreuses personnes déçues quittent l’Eglise en estimant qu’elle n’est pas assez moderne pour s’occuper des vrais problèmes de notre société. Et si on la trouve dépassée, ce n’est pas parce qu’elle n’est pas assez branchée sur Internet mais parce qu’on attend d’elle une parole d’humanité qui dise à l’homme d’aujourd’hui: « lève-toi et marche ». On lui reproche donc de se cantonner dans le registre des préceptes individuels qui ne concernent que la vie privée des gens.

L’autre critique, non moins vive, accuse au contraire l’Eglise d’en faire trop dans le domaine social et beaucoup souhaiteraient qu’elle se désengage des combats de ce monde pour s’occuper d’abord des questions spirituelles. Les tenants de ce courant ne réalisent pas que le spirituel pur ne veut rien dire s’il est désincarné. Mais le libéralisme, lui, se réjouit quand il voit des prêtres et des laïcs prôner un retour au spirituel pur qui lui laisse les mains libres. L’Eglise ne peut quand même pas se contenter de devenir l’aumônier mondial du nouveau château libéral !

 

Mgr Albert ROUET « La chance d’un christianisme fragile » Bayard 2001

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