Evangile pour la fête de la Trinité – 16 juin 2019

Posté par rtireau le 13 juin 2019

Trinité taizé

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 16,12-15. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

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Homélie

Posté par rtireau le 13 juin 2019

La sainte Trinité dans l’année C – 16 juin 2019

Proverbes 8, 22-31 ; Psaume 8 ; Romains 5, 1-5 ; Jean 16, 12-15

« J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter. »C’est l’Esprit de Dieu qui est chargé de nous guider vers la véritétout entière. Comment mieux dire que la véritéest bien unchemin, une approche, un pas à pas, une histoireL’Esprit nous guide vers la vérité.L’Esprit est une personne. L’Esprit est la troisième personne de la Trinité.

Trinité: le mot est lâché ? Compliqué ? Oui ! Autant, mais pas plus que notre famille humaine : personne n’a attendu de savoir ce que c’est qu’une famille pour venir au monde et y vivre. Trinité : j’ai cru moi aussi que c’était réservé aux intellectuels. En réalité Trinitéest le mot que l’Eglise a trouvé pour signifier ce que l’Evangilenous dit de Dieu et ce que notre vienous dit de Dieu : 

• dans l’EvangileJésus, le Fils, parle souvent du Père, et quand il s’en va, il annonce qu’il nous enverra l’Espritpour rester avec nous.

• et dans notre vie, Dieu Trinitédonne à comprendre pourquoi nous sommes différents ; et notre vie peut nous dire beaucoup de Dieu Trinité parce que nous sommes créés à l’image de Dieu. Deux personnes qui s’aiment très fort peuvent devenir un couple. Et autour d’eux, on continue de dire leurs deux prénoms, mais il arrive qu’on parle des deux ensembles, le couple untel, comme d’une nouvelle réalité, deux qui ont un même Esprit.

La Trinitén’est donc pas une énigme, c’est uneclépour comprendre qui est Dieu et qui nous sommes.Jésus dit qu’il nous est possible de connaître le Père. Saint Jean le raconte : “Dieu, personne ne l’a jamais vu ; le Filsunique,… lui qui est dans le sein du Père, c’est lui qui 1’a fait connaître.” (Jean 1, 18).Jésus, tout le portrait de son Père !” disait un théologien. Ce visage du Père, Saint Jean le décrit en disant : “Dieu est amour.” (1 Jean 4, 8) 

Et Jésus parle de Dieu comme nous parlons d’Amour, avec trois dimensions : l’initiative,l’accueil, la communion.

• Le Pèreest initiative. Jésus nous dévoile le Père comme la source de tout ce que lui-même vient nous partager : la vie, la tendresse, le pardon. “Comme le Père m’a aimé, moi-aussi je vous ai aimés.” (Jean 15, 9) “De même que le Père m’a envoyé, moi-aussi je vous envoie.” (Jean 20, 21)

• Jésus, leFils, est tout entier accueil. Tout ce qu’il a, tout ce qu’il est, il le tient du Père.

• Et c’est dans l’Espritque se vit cette communion. Comme si Dieu était ce couple que j’évoquais à l’instant, dont on parle des deux personnes (Les untel) comme d’une nouvelle réalité.

L’Eglise n’est pas une association qui se souvient du passé ; elle est chaque jour communion d’amour parce que le cœur de Dieu a voulu battre dans un cœur d’homme, au rythme de son amour. Laissons-nous saisir par l’amour du Père, commencement toujours nouveau. Laissons-nous habiter par l’amour du Fils, accueil, reconnaissance, partage - Il n’aime pas vraiment celui qui ne sait pas recevoirEnfin,laissons l’Esprit ouvrir en nous des chemins de rencontre. 

Baptisés « au nom du Père, du Fils et de l’Esprit« , soyons comme le Père, éveilleurs de vie, ni paternalistes ni possessifs ; soyons comme le Filsqui se reçoit d’un Autre et qui se donne ; soyons comme l’Esprit, artisans de relations pleines de respect. C’est à l’amour que vivent les personnes divines qu’on reconnaît Dieu Amour. C’est à l’amour que nous aurons les uns pour les autres qu’on nous reconnaîtra chrétiens. Une jeune fille a un jour formulé magnifiquement cette richesse que chacun de nous porte en soi : “Dieu est le seul bonheur gratuit auquel tout le monde a droit”. 

Le théologien Alain Durand a écrit La cause des pauvres en 1991. Souvent, dit-il, on a la foiet, en conséquence, on se soucie du plus pauvre. C’est bien. Mais ce n’est pas tout à fait la réalité ! Car notre souci des pauvres n’est pas conséquence de notre foi, il constitue notre foi. Les signes que Dieu est venu dans l’histoire sont tous des signes qui concernent les pauvres : les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont guéris, les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres. Si l’on s’imagine que la foi existerait en dehors de ces actions, écoutons la réponse terrible de saint Jean : “Si quelqu’un dit « j’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur.” (1 Jean 4, 20)

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Evangile pour la fête de la Pentecôte – 9 juin 2019

Posté par rtireau le 6 juin 2019

Esprit-Pentecôte

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14,15-16.23b-26. 

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

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Homélie

Posté par rtireau le 6 juin 2019

Fête de la Pentecôte – 9 juin 2019

Actes 2, 1-11 ; Psaume 103 ; Romains 8, 8-17 ; Jean 14, 15-16.23b-26

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus s’apprête à quitter le monde et il parle de l’Esprit“Moi je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous, l’Esprit de vérité… Il sera en vous.”Beaucoup croient que le mystère de la Trinitéest compliqué. Or vous savez que Jésus, le Fils, nous parle sans cesse de son Père, et qu’il nous quitte en assurant qu’il restera présent par son Espritqui “demeure en nous”. Simple, non ? Le mystère reste entier, mais c’est à la manière du mystère de l’Amourdont chacun peut déjà faire l’expérience. C’est donc un passage de relais que Jésus fait à ses disciples : c’est à eux (à nous) de continuer d’annoncer que Dieu est Père.Et il promet l’Esprit qui sera sa présence jusqu’à la fin des temps.

J’aime bien aussi la petite parabole intitulée: Entre Ascension et Pentecôte.Quand le Christ ressuscité était en train de monter au ciel, il jeta un coup d’œil vers la terre et la vit plongée dans l’obscurité, sauf quelques petites lumières sur Jérusalem. En pleine ascension, il croise l’ange Gabriel qui lui demande :

- “Seigneur, qu’est-ce que c’est que ces petites lumières ?” 

- “Ce sont les Apôtres en prière, groupés autour de ma mère. Mon plan : à peine rentré au ciel, leur envoyer mon Esprit, pour que ces petits feux deviennent un grand brasier, qui enflamme d’Amour – Charité, peu à peu, tous les peuples de la terre !”  

Et l’ange Gabriel ose répliquer: “Et que ferez-vous, Seigneur, si ce plan ne réussit pas ?” 

Après un instant de silence, le Seigneur lui répond doucement :“Mais je n’ai pas d’autre plan.”

Ecoutez maintenant Jacques NOYER, évêque émerite d’Amiens, qui raconte à sa façon, en 2015, l’histoire de la Pentecôte. C’est l’histoire de cette poignée d’hommes qui ce jour-là ont ouvert portes et fenêtres sur le monde pour lui annoncer la Bonne Nouvelle. Ils disaient que tous les peuples sont aimés de Dieu et appelés à vivre en paix. Ils disaient qu’il ne fallait pas avoir peur car l’amour peut changer la face du monde. Pourtant ils avaient eu peur. Ils avaient vu comment les chefs religieux du moment, avec la complicité du pouvoir occupant, avaient crucifié leur leader en l’accusant de blasphème. Ils avaient fui. Ils s’étaient cachés. Ils s’étaient regroupés. Ils se sentaient tellement désarmés. Mais doucement ils avaient retrouvé des forces. Ils ne voyaient plus Jésus comme un vaincu mais comme un vainqueur.II était avec eux. Il comptait sur eux. Il les envoyait pour inviter le monde à la paix.

Peut-être quelques-uns ont-ils pu être tentés de prendre les armes de leurs adversaires. La résistance avait déjà inspiré bien des bandes que la force romaine avait vite matées. Ils n’avaient pas toujours compris pourquoi Jésus avait refusé de les armer et regrettaient les épées qu’ils n’avaient pas pu prendre. Mais ils comprenaient doucement que ce n’était pas une erreur que Jésus avait faite mais que c’était bien le cœur de son projet. On ne répand pas la paix par la guerre. On ne vainc pas la haine par une haine plus forte. On éveille l’amour en prenant le risque d’aimer, les mains nues et les yeux confiants. La haine croira vaincre par la violence. Elle sera vaincue par l’innocent crucifié et aimant. Sommes-nous capables, nous les héritiers de cette poignée de disciples, de sortir de cette église tout à l’heure en annonçant l’Evangile de la paix par l’amour ? Ne soyez pas trop certains que la guerre est loin et que vos armes vous sauveront. Ne laissez pas le virus de la méfiance contaminer nos sociétés. Prenez conscience que tout étranger pacifique, si nous nel’accueillons pas comme un frère, deviendra un ennemi de plus. Ne croyez jamais que les choses s’arrangeront sans vous et sans ébranler votre confort.

La Pentecôte n’est pas un week-end de vacances. C’est le moment où les chrétiens osent affirmer leur programme de paix par l’amour. Devant la barbarie, il n’est question ni de fuir ni de se soumettre. Face à la barbarie, il n’est pas question de devenir barbares à notre tour. Il faut prendre le risque d’ouvrir ses portes, de parler aux inconnus, de partager le toit et la table avec l’étranger sans patrie. Le royaume de Dieu demande des hommes de cœur et non des hommes d’armes, des témoins de l’amour et non des mercenaires, des hommes prêts à donner leur vie et non des assassins sans pitié.

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Evangile pour le 7° dimanche de Pâques – 2 juin 2019

Posté par rtireau le 30 mai 2019

Uns

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 17, 20-26.  

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, je ne prie pas seulement pour ceux qui sont là, mais encore pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi.
Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi. Qu’ils soient un en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé.
Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, pour qu’ils soient un comme nous sommes UN :
moi en eux, et toi en moi. Qu’ils deviennent ainsi parfaitement un, afin que le monde sache que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé.
Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.
Père juste, le monde ne t’a pas connu, mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont reconnu que tu m’as envoyé.
Je leur ai fait connaître ton nom, et je le ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que moi aussi, je sois en eux. »

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Homélie

Posté par rtireau le 30 mai 2019

7° dimanche de Pâques dans l’année C –2 juin 2019

Actes  7, 55-60 ; Psaume 96 ; Apocalypse 22, 12-14; 16-20 ; Jean 17, 20-26

Saint Luc (1èrelecture) décrit avec amour la belle figure d’Etienne. Ce jeune juif devenu chrétien est mort, victime de sa largeur d’esprit, et de la passion de son amour au service de l’Evangile. Il est tué pour avoir proclamé sa foi. Son martyre, hors des murs de Jérusalem, tout près de la porte de Damas, ouvrit à l’Eglise les portes de l’évangélisation du monde. En effet, c’est ce meurtre qui a bousculé la première communauté à sortir des remparts de Jérusalem. Peu de temps après, un autre jeune, témoin consentant de la lapidation d’Etienne, sortira par cette même porte pour gagner Damas. A son tour, il sera enveloppé par la gloire du Ressuscité. Vous avez reconnu Saul de Tarse qui prendra le relais d’Etienne. Rien n’arrêtera la course de  l’Evangile.

Avez-vous remarqué comment la mort d’Etienne, le premier martyr chrétien, se trouve présentée comme la mort de Jésus : il passe devant un tribunal ; il est entraîné hors de la ville ; il remet son esprit entre les mains du Seigneur ; il meurt en priant pour ses bourreaux. Pendant 3 siècles, les chrétiens seront peu nombreux et soumis au même type de persécution que Jésus, sûrement parce qu’ils sont un danger pour le pouvoir. De Jérusalem à Rome, on se méfie d’eux et on essaie de les faire disparaître. Malgré cela, les communautés se multiplient et se développent. Et voici qu’au 4èmesiècle l’empereur se déclare lui-même chrétien. Alors les chrétiens sont non seulement acceptés, mais peu à peu prennent les commandes de la société : c’est l’Europe de chrétienté. Mais que devient la foi en situation confortable ? L’authenticité chrétienne se transforme lorsque les chrétiens ont le pouvoir ? C’est à ce moment-là que naît la vie religieuse : des hommes et des femmes quittent la cité pour le désert. Ils ont comme une mission de guetteurs : Attention, le Royaume de Dieu n’est pas arrivé, même si on est au pouvoir et organisés en chrétienté.Ils sont donc de nouveaux dérangeurs, et martyrseux-aussi quelquefois.

J’aime bien cette constatation d’histoire. Ceux qui essaient d’être vraiment chrétiens ne se font pas tous assassiner, mais ils sont rarement populaires bien longtemps. Et si nous sommes si peu dérangés, nous, c’est toujours une fameuse question : sommes-nous vraiment chrétiens ? Vous savez combien j’aime les petites paraboles. En voici une qui aborde cette question : c’est un jeune homme, converti depuis peu, qui demande à un ancien : 

- Abba, devrais-je maintenant renoncer complètement au monde ?- N’aie pas peur, lui répondit-il. Si ta vie est vraiment chrétienne, c’est le monde qui immédiatement renoncera à toi.

 L’évangile nous place au cœur de la prière de Jésus. Il prie pour nous, qui avons accueilli les paroles de ses apôtres et qui croyons en lui. Et il insiste auprès de son Père pour que notre unité soit parfaite, c’est-à-dire à l’image de celle qui existe entre lui et son Père, qui s’appelle l’Esprit. L’Esprit qui guérit sans cesse la maladie des chrétiens qui est de se déchirer à cause du manque de communion. Quelquefois ils se déchirent au nom même de l’Esprit. Eh bien ce n’est pas celui du Christ : car l’Esprit du Christ est bien audace, mais jamais révolte ; il est bien amour, mais jamais soupçon ; il provoque bien des tensions, mais ne pousse jamais à s’entre-déchirer.

Ecoutez Marion Muller-Colard, jeune théologienne protestante, au sujet de notre texte : « Dieu demeure en tout homme qui se sait demeurer en lui. Cet humain-là, quelque soit son statut, est porteur du sacré… En ce sens c’est un affreux malentendu que le message chrétien ait été converti en une nouvelle religion. Le christianisme est, en substance, l’abolissement de tout système religieux… C’est cela la bonne nouvelle pour les hommes… » 

Je pense aussi au livre de Maurice Bellet : Le Dieu Sauvage. Curieux titre pour dire qu’on a affublé Dieu au long des siècles de différents oripeaux : certains très sérieux (Dieu de la raison, Dieu des Philosophes) ; d’autres insupportables (Dieu de la guerre – encore de nos jours, des humains font la guerre au nom de Dieu). Tout plein d’oripeaux, dit Maurice Bellet, sauf ceux de l’Evangile. Et son livre qui a l’air pessimiste se termine tout d’un coup de façon paisible avec ce qu’il appelle le Dieu Surgissant (surgissant de l’Evangile), toutes les fois que se tient cette “relation où l’être humain est pour l’autre humain présence bonne et vivifiante. Ce Dieu-là, par rapport aux dieux installés, est un Dieu surgissant.” C’est en ce Dieu-là que nous sommes heureux de croire.

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Evangile pour la fête de l’Ascension, année C – 30 mai 2019

Posté par rtireau le 27 mai 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24,46-53.

En ce temps-là, Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur dit : « Il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
À vous d’en être les témoins. »
Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut. »
Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit.
Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel.
Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie.
Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

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Homélie

Posté par rtireau le 27 mai 2019

Ascension du Seigneur dans l’année C - 30 mai 2019 (1èrecommunion)

Actes  1, 1-11 ; Psaume 46 ; Hébreux 9, 24-28; 10, 19-23 ; Luc 24, 46-53

Vous vous êtes déplacés nombreux et peut-être de loin pour ce moments de fête où l’un de vos proches est concerné au plus profond de lui, pour ce moment où l’un de vos proches, comme disait Mgr Rouet quand il était évêque de Poitiers, met en jeu quelque chose de fondamental pour son existence. Vous vous êtes déplacés pour une raison relationnelleforte, une raison d’amitié ou d’affection. Et vous avez eu raison. Dieu déplace les foules quand il y a une bonne raison humaine relationnellede bouger. Tertullien, un père de l’Eglise du 3° siècle vous aurait dit que vous êtes venus grâce à ce qu’il appelait le “sacrement du frère.”

Ascension – Pentecôte: deux fêtes qui vont bien ensemble, et qui disent un message très fort sans doute pas assez entendu. Sinon, il y aurait moins de désespérés de l’absence de Dieu. Et moins de rêveurs à l’affût d’interventions directes de Dieu dans le monde pour tout régler. Ascension – Pentecôte: message fort de la présence dans l’absence. Compliqué ? Non ! Simplement mystérieux et très fréquent : Untelqui est toujours là, on dit de lui qu’il est tout le temps dans la lune. Tel autre : on dit de lui qu’il est très présent alors qu’il se trouve à l’autre bout du monde, ou même décédé depuis longtemps. Ceux qui nous sont chers ne sont jamais vraiment absents. Au fond la véritable absence est l’indifférence. Et la vraie présence est celle qu’on ne voit pas forcément, mais qui éclaire tout de sa présence mystérieuse.

Quelques phrases du Nouveau Testament autour de ce messageAscension – Pentecôte :

- Dans les Actes des apôtres (1ère lecture) : “Vous allez recevoir une force, quand le Saint Esprit viendra sur vous. Vous serez alors mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre.”

- Dans l’Evangile de Luc (d’aujourd’hui)“Demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut.”

- Ailleurs dans le livre des Actes des apôtres, au chapitre 15, v. 28), cette fameuse réflexion de quelques apôtres que je trouve tout à fait succulente : “L’Esprit Saint et nous-mêmes avons décidé”… Ça peut être tentant de parler comme ça.

-Un autre mot étonnant de Jésus (St Jean au chapitre 16, v. 7) : “Il vaut mieux pour vous que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l’enverrai ».Autrement dit, Jésus est venu pour dire que tout ce qui est humain a une dimension divine. Et il faut qu’il parte pour empêcher les hommes d’idolâtrer Jésus, pour signifier : “Dieu, c’est bien moi, mais ce n’est pas seulement ce que vous voyez. Aucun homme à lui tout seul, même pas moi, ne peut dire tout de Dieu.”Il est donc soustrait à leurs yeux pour qu’ils aillent à sa rencontre sur les routes du monde, pour que, vivant de sa mémoire, ils le découvrent ailleurs et autrement, inconnu sous les traits du prochain. Jésus lui-même n’a pas fixé la manière de dire Dieu. Il n’était pas une photo de Dieu.

Des enfants aujourd’hui commencent à communier. Ils vont recevoir le Corps du Christ !Compliqué ? Beaucoup aimeraient qu’on explique. Moi je crois qu’il ne faut pas expliquer. En effet, ce n’est pas compliqué, c’est simplement mystérieux. Et un mystère, ce n’est pas : “circulez, y’a rien à voir”, mais “scrutez car il y a tellement à comprendre que vous n’aurez jamais fini.”Ce qu’il faut, c’est se mettre en chemin sans tarder pour commencer à comprendre le mystère.

En réalité, la messe est la rencontre de deux présences réelles : celle du Christ, qui ne fait aucun doute, et la nôtre, notre présence, qui, elle, est parfois moins sûre. Nous communions à la présence réelledu Christ pendant la messe pour devenir nous-mêmesprésence réelledu Christ après la messe. Vous connaissez la formule : “Moi, je ne mange pas de ce pain-là.”Eh bien, vous les adultes qui accompagnez ces enfants qui vont commencer à manger de ce pain-là, soyez chaque jour à leurs côtés pour qu’ils partagent leur vie comme on partage le pain… 

Soyons tous réellement présents pour accueillir la présencedu Christ en partageant l’eucharistie : car on ne mange pas de ce pain n’importe comment. On le reçoit avec respect. Saint Cyrille de Jérusalem disait dès le 4° siècle : “Fais de ta main gauche un trône pour ta main droite qui doit recevoir le Christ”. Et je vous invite à avoir le sourire en le donnant, sourire en le recevant.

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Evangile pour le 6° dimanche de Pâques – 26 mai 2019

Posté par rtireau le 22 mai 2019

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Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 14, 23-29.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.

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Homélie

Posté par rtireau le 22 mai 2019

6° dimanche de Pâques dans l’année C – 26 mai 2019

Actes 15, 1-2.22-29
 ; Psaume 66
 ; Apocalypse 21, 10-14.22-23
 ; Jean14, 23-29

Discours d’adieu, c’est souvent comme ça qu’on appelle le texte dont je viens de lire un extrait. Le mot confidenceconviendrait mieux car c’est un vrai moment d’intimité. Jésus va quitter ce monde et passer à son Père. Il annonce encore une fois son départà ses amis. Il essaie encore une fois de leur faire comprendre ce qui va lui arriver. C’est tellement le contraire de ce qu’ils espèrent. Juste avant ce texte, Jude, un des apôtres, a posé une question qui montre bien où ils en sont : “Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ?”M’enfin ! Jésus, tu devrais une bonne fois montrer ta puissance ? Pourquoi te réserves-tu seulement pour un petit groupe d’amis ? Si tu veux t’imposer dans l’opinion, si tu veux être quelqu’un pour les foules, montre-toi, fais quelque chose !

Et la réponse de Jésus est prodigieuse, d’autant plus qu’elle est celle d’un homme qui va vers la mort. « Indéracinable volonté, écrit Marion Muller-Colard, de l’homme qui plonge en Dieu au point de ne faire qu’un avec lui » : “Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole.”Et l’effet en retour sera l’amour du Père. “Mon Père l’aimera.”Et ça permettra la visite du Père et du Fils : “Nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.”Traduction plus littérale : “Nous planterons en lui notre tente”, avec tout ce que çà pouvait signifier pour un Israélite : non pas cohabitation mais inhabitation, non pas côte à côte, mais présence intime, au cœur, qui conduira Jésus à dire un instant plus tard : “Que tous soient uns, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi.”(Jean 17, 21) 

En bref, pour celui qui accueille la Parole, la Parole ouvre en lui une demeure de Dieu. L’ami du Christ devient temple de Dieu. Le Christ ressuscité n’a plus maintenant d’autre présence que par les hommes capables d’aimer.

Bientôt, ce sera le temps de l’Esprit, la Pentecôte, qui réveillera en chacun la Parole du Seigneur. Jésus a tout dit de son vivant. Mais les chrétiens n’auront jamais fini de comprendre sa Parole. “L’Esprit Saint… vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.”Un jour, notre évêque qui s’exprimait devant des jeunes avait donné un nom particulier à l’Esprit : il l’avait appelé le Traducteur : “Lisez la bible, disait-il, et l’Esprit qui est en vous traduira les mots que vous lirez en parole de Dieu pour vous aujourd’hui.”Vous vous rendez compte, chacun de nous a son traducteur. Moi, je suis en train de vous dire ma traduction du texte. Mais chacun a un traducteurau fond de son cœur, pour entendre Dieu lui parler.

Notre texte dit aussi un autre nom pour l’Esprit : le Défenseur! Un mot bien concret : le défenseur, l’avocat de la défense. La traduction de Monsieur Chouraqui dit Réconfort. Partout où l’homme sera menacé, Dieu lui-même le défendra. Quand l’Esprit de Dieuse fait droit de l’homme.

Dans la suite de notre texte, Jésus donne sa paix,non pas, dit-il, à la façon dont le monde la donne.En Orient, on donne la paix : salamshalom,comme on dirait bonjour. Donner ainsi la paix, c’est déclarer simplement à celui qu’on rencontre qu’on ne lui fera pas la guerre. C’est déjà beaucoup ! Pourtant Jésus donne plus. Rappelez-vous la belle expression qu’on emploie avec les enfants quand ils sont fâchés : “Faisons la paix !”Eh bien ! Jésus fait la paix, au prix de sa vie. La paix que donne Jésus, dans la mesure où on sait l’accueillir, n’est pas un arrangement, c’est une création nouvelle

Jean Debruynne, le poète, parle de cette paix à la manière de Jésus : “La paix aurait pu être une fleur sauvage, de ces fleurs des champs que nul ne sème ni ne moissonne. La paix aurait pu être de ces fleurs des prés que l’on trouve toutes faites un beau matin au bord d’un chemin, au pied d’un arbre ou au détour d’un ruisseau. Il aurait suffi de ramasser la paix comme on ramasse des champignons ou comme on cueille la bruyère ou la grande marguerite. Au contraire ! La paix est un travail, c’est une tâche. Il faut faire la paix comme on fait du blé. Il faut faire la paix comme il faut des années pour faire une rose et des siècles pour faire une vigne. La paix n’existe pas à l’état sauvage : il n’y a de paix qu’à visage humain.”

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