Evangile du Jeudi Saint – 18 avril 2019

Posté par rtireau le 15 avril 2019

pieds

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 13, 1-15.

Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,
se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »
Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. »
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. »

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Homélie

Posté par rtireau le 15 avril 2019

Le Jeudi saint – 18 avril 2019

Ex 12, 1-8, 11-14 ; 1 Co 11, 23-26 ; Jean 13, 1-15

Un jour, au sujet des textes du Jeudi-Saint, quelqu’un m’avait dit : « La sortie d’Egypte, cette histoire de libération d’un peuple, je vois. Je crois que je comprends. Le lavement des pieds, le maître qui se fait serviteur, je vois ce que ça peut signifier et exiger dans ma vie. Mais le texte de Saint Paul, l’institution de l’Eucharistie, c’est complètement déconnecté de ma vie. Pour moi, c’est purement un truc d’Eglise. Je ne vois pas le rapport avec mon quotidien. »

 Alors on avait évoqué une eucharistie d’obsèques et l’expression : “Cet ami nous a rassemblés.” 

On avait rappelé l’expression qu’on entend souvent : “Moi, je ne mange pas de ce pain-là.”

Et puis un texte de l’Eglise qui venait de sortir au sujet de la dette des pays pauvres et qui était intitulé : “Pour une économie de communion.” 

Et puis encore une émission de télévision où une juge pour enfants recevait des parents de mineurs délinquants. Un papa y racontait qu’il ne mangeait jamais avec ses enfants. Il s’est trouvé réprimandé par la juge qui lui a dit : “Commencez par là, par vous remettre à manger avec vos enfants. Un papa, ça doit manger régulièrement avecses enfants.” 

Et enfin nous avions évoqué les différentes sortes de repas, depuis le casse-croûte de l’ouvrier seul sur son chantier, jusqu’au repas de fête, en passant par le repas quotidien autour de la table familiale. Ces repas où le pain, comme l’avait dit un enfant,prend de plus en plusle goût du partage.

Je ne me souviens pas si on l’avait convaincu. Mais pour nous l’Eucharistie, dont Saint Paul raconte aujourd’hui l’institution, est bien comme un repas qui serait dans la ligne directe du repas de fête. Et l’on y mange un pain qui a tellement goût de partage qu’il en prend le goût du Christ ressuscité. En tous cas l’Eucharistie cesse d’être une formule magiquequi saurait transformer le pain et le vin comme les fées avec leur baguette. Elle cesse aussi d’être un pouvoir et devient un service. Comment pourrais-tu partager le pain de Dieu si tu ne partages jamais le pain avec ton frère ? Jean l’a écrit dans sa 1ère  lettre (1 Jean 4, 20) : « Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit est incapable d’aimer Dieu qu’il ne voit pas ».

C’est en accomplissant ces gestes du serviteur que Jésus déclare : « Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous avez raison car je le suis ». Il l’est et il le dit, à genoux devant ces hommes aux pieds sales, avec la bassine et le torchon…  Toutes nos idées sur Dieu chancellent. Même devant Judas, il s’est agenouillé. Et quand Pierre refuse, Jésus se fait catégorique : “Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi”. Jésus avait bien dit que le plus petit était le plus grand et qu’il fallait devenir comme un enfant. Ce jour-là, il n’avait pas le dos tourné qu’on discutait pour savoir qui allait avoir les premières places !

Ecoutez François Cassingenas dans son livre Étincelles “Le récit de l’Institution et le menu du repas sont absents de l’évangile de Jean, mais il y a le lavement des pieds qui est en réalité une Eucharistie par les pieds ou, pour dire autrement les choses, les pieds de l’Eucharistie. Car l’Eucharistie de Jésus débarbouille tout l’homme, et s’occupe de tout l’homme, et restaure tout l’homme de haut en bas, ainsi que Pierre l’a compris : « Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! ». La Table n’a ni sens ni goût sans l’agenouillement aux pieds du frère, la Table ne tient pas debout sans les pieds de ton frère, sans le service et le pardon.” Le même écrivait aussi : « La sainte communion n’est pas ce qui rend Jésus-Christ pri­vé en moi, mais ce qui me rend social enJésus-Christ. »

La Résurrection n’est donc pas un souvenir, mais l’événementtoujours actueldont les effets continuent de se manifester dans notre monde. Jésus n’a pas dit : “Faites cela en souvenirde moi.” Il a dit : “Faites cela en mémoirede moi.”C’est toute la différence entre le mot souveniret le mot mémoire. Quand nous faisons l’Eucharistie en mémoire de lui, ce n’est pas seulement l’évocation d’un souvenir puisque nous croyons que c’est bien lui qui se donne réellement encore aujourd’hui. De même quand nous partageons, quand nous secourons, nous croyons que c’est bien lui qui se rend présent et que c’est bien son Esprit qui agit à travers ces gestes.Car Dieu ne cesse de visiter les hommes, et c’est en visitant leurs frères que les hommes rendent visite à Dieu.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Evangile des Rameaux et de la Passion – Luc 22-23

Posté par rtireau le 9 avril 2019

Croix

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 22,14-71.23,1-56.

Quand l’heure fut venue, Jésus prit place à table, et les Apôtres avec lui.
Il leur dit : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette Pâque avec vous avant de souffrir !
Car je vous le déclare : jamais plus je ne la mangerai jusqu’à ce qu’elle soit pleinement accomplie dans le royaume de Dieu. »
Alors, ayant reçu une coupe et rendu grâce, il dit : « Prenez ceci et partagez entre vous.
Car je vous le déclare : désormais, jamais plus je ne boirai du fruit de la vigne jusqu’à ce que le royaume de Dieu soit venu. »
Puis, ayant pris du pain et rendu grâce, il le rompit et le leur donna, en disant : « Ceci est mon corps, donné pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »
Et pour la coupe, après le repas, il fit de même, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang répandu pour vous.
Et cependant, voici que la main de celui qui me livre est à côté de moi sur la table.
En effet, le Fils de l’homme s’en va selon ce qui a été fixé. Mais malheureux cet homme-là par qui il est livré ! »
Les Apôtres commencèrent à se demander les uns aux autres quel pourrait bien être, parmi eux, celui qui allait faire cela.
Ils en arrivèrent à se quereller : lequel d’entre eux, à leur avis, était le plus grand ?
Mais il leur dit : « Les rois des nations les commandent en maîtres, et ceux qui exercent le pouvoir sur elles se font appeler bienfaiteurs.
Pour vous, rien de tel ! Au contraire, que le plus grand d’entre vous devienne comme le plus jeune, et le chef, comme celui qui sert.
Quel est en effet le plus grand : celui qui est à table, ou celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui est à table ? Eh bien moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert.
Vous, vous avez tenu bon avec moi dans mes épreuves.
Et moi, je dispose pour vous du Royaume, comme mon Père en a disposé pour moi.
Ainsi vous mangerez et boirez à ma table dans mon Royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d’Israël.
Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé.
Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. »
Pierre lui dit : « Seigneur, avec toi, je suis prêt à aller en prison et à la mort. »
Jésus reprit : « Je te le déclare, Pierre : le coq ne chantera pas aujourd’hui avant que toi, par trois fois, tu aies nié me connaître. »
Puis il leur dit : « Quand je vous ai envoyés sans bourse, ni sac, ni sandales, avez-vous donc manqué de quelque chose ? »
Ils lui répondirent : « Non, de rien. » Jésus leur dit : « Eh bien maintenant, celui qui a une bourse, qu’il la prenne, de même celui qui a un sac ; et celui qui n’a pas d’épée, qu’il vende son manteau pour en acheter une.
Car, je vous le déclare : il faut que s’accomplisse en moi ce texte de l’Écriture : Il a été compté avec les impies. De fait, ce qui me concerne va trouver son accomplissement. »
Ils lui dirent : « Seigneur, voici deux épées. » Il leur répondit : « Cela suffit. »
Jésus sortit pour se rendre, selon son habitude, au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent.
Arrivé en ce lieu, il leur dit : « Priez, pour ne pas entrer en tentation. »
Puis il s’écarta à la distance d’un jet de pierre environ. S’étant mis à genoux, il priait en disant :
« Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. »
Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait.
Entré en agonie, Jésus priait avec plus d’insistance, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre.
Puis Jésus se releva de sa prière et rejoignit ses disciples qu’il trouva endormis, accablés de tristesse.
Il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Relevez-vous et priez, pour ne pas entrer en tentation. »
Il parlait encore, quand parut une foule de gens. Celui qui s’appelait Judas, l’un des Douze, marchait à leur tête. Il s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser.
Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ? »
Voyant ce qui allait se passer, ceux qui entouraient Jésus lui dirent : « Seigneur, et si nous frappions avec l’épée ? »
L’un d’eux frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille droite.
Mais Jésus dit : « Restez-en là ! » Et, touchant l’oreille de l’homme, il le guérit.
Jésus dit alors à ceux qui étaient venus l’arrêter, grands prêtres, chefs des gardes du Temple et anciens : « Suis-je donc un bandit, pour que vous soyez venus avec des épées et des bâtons ?
Chaque jour, j’étais avec vous dans le Temple, et vous n’avez pas porté la main sur moi. Mais c’est maintenant votre heure et le pouvoir des ténèbres. »
S’étant saisis de Jésus, ils l’emmenèrent et le firent entrer dans la résidence du grand prêtre. Pierre suivait à distance.
On avait allumé un feu au milieu de la cour, et tous étaient assis là. Pierre vint s’asseoir au milieu d’eux.
Une jeune servante le vit assis près du feu ; elle le dévisagea et dit : « Celui-là aussi était avec lui. »
Mais il nia : « Non, je ne le connais pas. »
Peu après, un autre dit en le voyant : « Toi aussi, tu es l’un d’entre eux. » Pierre répondit : « Non, je ne le suis pas. »
Environ une heure plus tard, un autre insistait avec force : « C’est tout à fait sûr ! Celui-là était avec lui, et d’ailleurs il est Galiléen. »
Pierre répondit : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. » Et à l’instant même, comme il parlait encore, un coq chanta.
Le Seigneur, se retournant, posa son regard sur Pierre. Alors Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois. »
Il sortit et, dehors, pleura amèrement.
Les hommes qui gardaient Jésus se moquaient de lui et le rouaient de coups.
Ils lui avaient voilé le visage, et ils l’interrogeaient : « Fais le prophète ! Qui est-ce qui t’a frappé ? »
Et ils proféraient contre lui beaucoup d’autres blasphèmes.
Lorsqu’il fit jour, se réunit le collège des anciens du peuple, grands prêtres et scribes, et on emmena Jésus devant leur conseil suprême.
Ils lui dirent : « Si tu es le Christ, dis-le-nous. » Il leur répondit : « Si je vous le dis, vous ne me croirez pas ;
et si j’interroge, vous ne répondrez pas.
Mais désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite de la Puissance de Dieu. »
Tous lui dirent alors : « Tu es donc le Fils de Dieu ? » Il leur répondit : « Vous dites vous-mêmes que je le suis. »
Ils dirent alors : « Pourquoi nous faut-il encore un témoignage ? Nous-mêmes, nous l’avons entendu de sa bouche. »
L’assemblée tout entière se leva, et on l’emmena chez Pilate.
On se mit alors à l’accuser : « Nous avons trouvé cet homme en train de semer le trouble dans notre nation : il empêche de payer l’impôt à l’empereur, et il dit qu’il est le Christ, le Roi. »
Pilate l’interrogea : « Es-tu le roi des Juifs ? » Jésus répondit : « C’est toi-même qui le dis. »
Pilate s’adressa aux grands prêtres et aux foules : « Je ne trouve chez cet homme aucun motif de condamnation. »
Mais ils insistaient avec force : « Il soulève le peuple en enseignant dans toute la Judée ; après avoir commencé en Galilée, il est venu jusqu’ici. »
À ces mots, Pilate demanda si l’homme était Galiléen.
Apprenant qu’il relevait de l’autorité d’Hérode, il le renvoya devant ce dernier, qui se trouvait lui aussi à Jérusalem en ces jours-là.
À la vue de Jésus, Hérode éprouva une joie extrême : en effet, depuis longtemps il désirait le voir à cause de ce qu’il entendait dire de lui, et il espérait lui voir faire un miracle.
Il lui posa bon nombre de questions, mais Jésus ne lui répondit rien.
Les grands prêtres et les scribes étaient là, et ils l’accusaient avec véhémence.
Hérode, ainsi que ses soldats, le traita avec mépris et se moqua de lui : il le revêtit d’un manteau de couleur éclatante et le renvoya à Pilate.
Ce jour-là, Hérode et Pilate devinrent des amis, alors qu’auparavant il y avait de l’hostilité entre eux.
Alors Pilate convoqua les grands prêtres, les chefs et le peuple.
Il leur dit : « Vous m’avez amené cet homme en l’accusant d’introduire la subversion dans le peuple. Or, j’ai moi-même instruit l’affaire devant vous et, parmi les faits dont vous l’accusez, je n’ai trouvé chez cet homme aucun motif de condamnation.
D’ailleurs, Hérode non plus, puisqu’il nous l’a renvoyé. En somme, cet homme n’a rien fait qui mérite la mort.
Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. »
[…]
Ils se mirent à crier tous ensemble : « Mort à cet homme ! Relâche-nous Barabbas. »
Ce Barabbas avait été jeté en prison pour une émeute survenue dans la ville, et pour meurtre.
Pilate, dans son désir de relâcher Jésus, leur adressa de nouveau la parole.
Mais ils vociféraient : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! »
Pour la troisième fois, il leur dit : « Quel mal a donc fait cet homme ? Je n’ai trouvé en lui aucun motif de condamnation à mort. Je vais donc le relâcher après lui avoir fait donner une correction. »
Mais ils insistaient à grands cris, réclamant qu’il soit crucifié ; et leurs cris s’amplifiaient.
Alors Pilate décida de satisfaire leur requête.
Il relâcha celui qu’ils réclamaient, le prisonnier condamné pour émeute et pour meurtre, et il livra Jésus à leur bon plaisir.
Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix pour qu’il la porte derrière Jésus.
Le peuple, en grande foule, le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur Jésus.
Il se retourna et leur dit : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! Pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants !
Voici venir des jours où l’on dira : “Heureuses les femmes stériles, celles qui n’ont pas enfanté, celles qui n’ont pas allaité !”
Alors on dira aux montagnes : “Tombez sur nous”, et aux collines : “Cachez-nous.”
Car si l’on traite ainsi l’arbre vert, que deviendra l’arbre sec ? »
Ils emmenaient aussi avec Jésus deux autres, des malfaiteurs, pour les exécuter.
Lorsqu’ils furent arrivés au lieu dit : Le Crâne (ou Calvaire), là ils crucifièrent Jésus, avec les deux malfaiteurs, l’un à droite et l’autre à gauche.
Jésus disait : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » Puis, ils partagèrent ses vêtements et les tirèrent au sort.
Le peuple restait là à observer. Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient : « Il en a sauvé d’autres : qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »
Les soldats aussi se moquaient de lui ; s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,
en disant : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! »
Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « Celui-ci est le roi des Juifs. »
L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’injuriait : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »
Mais l’autre lui fit de vifs reproches : « Tu ne crains donc pas Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
Et puis, pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n’a rien fait de mal. »
Et il disait : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »
Jésus lui déclara : « Amen, je te le dis : aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »
C’était déjà environ la sixième heure (c’est-à-dire : midi) ; l’obscurité se fit sur toute la terre jusqu’à la neuvième heure,
car le soleil s’était caché. Le rideau du Sanctuaire se déchira par le milieu.
Alors, Jésus poussa un grand cri : « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » Et après avoir dit cela, il expira.
À la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendit gloire à Dieu : « Celui-ci était réellement un homme juste. »
Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, observant ce qui se passait, s’en retournaient en se frappant la poitrine.
Tous ses amis, ainsi que les femmes qui le suivaient depuis la Galilée, se tenaient plus loin pour regarder.
Alors arriva un membre du Conseil, nommé Joseph ; c’était un homme bon et juste,
qui n’avait donné son accord ni à leur délibération, ni à leurs actes. Il était d’Arimathie, ville de Judée, et il attendait le règne de Dieu.
Il alla trouver Pilate et demanda le corps de Jésus.
Puis il le descendit de la croix, l’enveloppa dans un linceul et le mit dans un tombeau taillé dans le roc, où personne encore n’avait été déposé.
C’était le jour de la Préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du sabbat.
Les femmes qui avaient accompagné Jésus depuis la Galilée suivirent Joseph. Elles regardèrent le tombeau pour voir comment le corps avait été placé.
Puis elles s’en retournèrent et préparèrent aromates et parfums. Et, durant le sabbat, elles observèrent le repos prescrit.

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Homélie

Posté par rtireau le 9 avril 2019

Dimanche  des Rameaux et de la Passion – C-14 avril 2019

Isaïe  50, 4-7 ; Psaume 21 ; Philippiens 2, 6-11 ; Luc 22 – 23

 

Après avoir lu ce texte de la passion, on pourrait dire que tout est en place pour que le drame commence :

- Le  coq dont le chant répété trois fois nous rappelle que nous sommes des lâches.

- Le  pain, fractionné et offert, signifie que l’Amour est livré.

- La coupe, pleine et partagée, montre que la Vie est sacrifiée.

- La  croix de bois dit que l’espérance y est suspendue. 

- Judas, qui fait l’étonné, précède toutes nos trahisons.

- Jean, l’ami et le confident, rejoint Marie au pied de la croix.

Tout  est en place. Tout est dit.

A nous d’entrer dans cette Semaine « Sainte », avec les sentiments du Christ Jésus : lui, pourtant de condition divine, ne retint pas jalousement son rang divin. Il se vida de lui-même, se remplit de la volonté du Père, jusqu’à mourir. Et Dieu l’a rendu à la vie au matin de Pâques.

Dieu a rendu Jésus à la vie au matin de Pâques.

Car il y a deux sens au mot PASSION :

- c’est d’abord une situation que l’on subit, une situation où l’on est passif… où l’on se trouve à la merci des autres… Dépendance totale puisque ces autres hommes sont allés jusqu’à condamner Jésus à mort… Passion d’un homme livré à la souffrance et à la mort…

- Mais ce n’est pas le tout de la passion de Jésus… puisque cette passion passive est la conséquence d’une vie pleine de passion au sens actif. Sa passion c’était de donner à chaque homme une nouvelle chance, de dire à tous : vous pouvez vivre debout, solidaires, vous pouvez vivre comme des frères. C’est cette passion qu’on a voulu arrêter en mettant Jésus à mort…

Si nous sommes rassemblés, ce n’est donc pas seulement pour faire mémoire de la mort de Jésus, mais aussi pour nous renouveler dans l’esprit de Jésus, pour essayer de vivre la même passion que lui.

Dieu a rendu Jésus à la vie au matin de Pâques.

Durant la nuit pascale, toi catéchumène, tu seras illuminé ; toi, déjà baptisé, tu seras renouvelé.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Evangile du 5° dimanche de carême dans l’année C – 7 avril 2019

Posté par rtireau le 4 avril 2019

Unknown

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 8,1-11.

En ce temps-là, Jésus s’en alla au mont des Oliviers.
Dès l’aurore, il retourna au Temple. Comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner.
Les scribes et les pharisiens lui amènent une femme qu’on avait surprise en situation d’adultère. Ils la mettent au milieu,
et disent à Jésus : « Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.
Or, dans la Loi, Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là. Et toi, que dis-tu ? »
Ils parlaient ainsi pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre.
Comme on persistait à l’interroger, il se redressa et leur dit : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. »
Il se baissa de nouveau et il écrivait sur la terre.
Eux, après avoir entendu cela, s’en allaient un par un, en commençant par les plus âgés. Jésus resta seul avec la femme toujours là au milieu.
Il se redressa et lui demanda : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? »
Elle répondit : « Personne, Seigneur. » Et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Homélie

Posté par rtireau le 4 avril 2019

5° dimanche de Carême. 7 avril 2019

Isaïe 43, 16-21 ; Psaume 125 ; Philippiens 3, 8-14 ; Jean 8, 1-11

Un passage d’Évangile qui a du être bien embarrassantpour l’Eglise antique. Les spécialistes nous apprennent qu’il ne figure pas dans un certain nombre de manuscrits anciens et que certains l’attribuent à Saint Luc. Comme si on s’était passé, d’évangile en évangile, un texte gênant.

Scribes et pharisiens ne manquent pas une occasion pour essayer de coincerJésus : 

- Un juif pieux peut-il payer le denier à ce païen de César ?

- Est-on fidèle à la loi quand on guérit quelqu’un le jour du sabbat ?

- Il mange à la table des pécheurs publics… Il fréquente vraiment n’importe qui.

Aujourd’hui, ils comptent bien le prendre en flagrant délit de contradiction avec lui-même ! 

            - Va-t-il lapider cette femme en renonçant à sa loi d’amour ? 

            - Ou bien va-t-il refuser de le faire et se mettre en contradiction avec la loi de Moïse ?

Au fait, qui est cette femme ?On ne sait pas. Est-elle jeune, quel est son nom, son visage ?On ne sait rien. Sauf qu’elle a été surpriseen flagrant délit d’adultère.Le type même de la femme-objet. Objet de convoitise, objet de mépris, elle devient objet qui va servir à régler une querelle entre pharisiens et Jésus. Elle est comme déjà morte : tout se passe sans elle. 

La femme a été « surprise en flagrant délit d’adultère. »Donc ils étaient deux ! Or, dans cette scène, l’amant n’est pas là. La Torah condamnait en réalité les deux amants. Mais voilà, pour le machisme patriarcal de tous les intégrismes, seule la femme peut être adultère. L’homme est amoureux. La femme ne peut être que perverse et tentatrice.

L’adultère est grave, Jésus ne le nie pas. Mais, il dissocie l’acte de la personne qui le pose, il distingue le péché et le pécheur.Le mal est à condamner ; le délinquant est à guérir.

Ensuite, il rejette la peine de mort, puisque, en reconnaissant la lapidation prévue par la Loi, il invite « ceux qui sont sans péché »à lancer la première pierre. Impossible puisque seul Dieu est sans péché.

Sa réponse est d’abord le silence.Et il dessine avec nonchalance sur le sol, comme pour ne pas se solidariser avec ceux qui jugent la femme. Puis il se relève avec la fameuse phrase : “Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre !” Et il se remet à dessiner.François Cassingena écrit :« La civilisation contemporaine se tient tout entière au milieu de nous comme cette femme adultère à laquelle le Christ déclare pour finir : «  Moi non plus je ne te condamne pas » (Jean 8,11). Lui jeter la pierre équivaudrait à nous lapider les uns les autres. »

Cette histoire me fait penser à ces personnes qui viennent nous raconter les blessures que la vie a pu leur faire. Car elles ajoutent assez souvent que leurs souffrances sont considérablement augmentéesà cause du regarddes autres… et quelquefois même à cause de l’attitude de chrétiens qui changent de trottoir comme pour éviter la contamination. Comme si Jésus nous invitait à nous méfier de tel ou tel. J’ai toujours été sidéré qu’on puisse se réclamer du Christ et de l’Évangile pour montrer du doigt tel ou tel dont la vie ne serait pas conforme à l’idéal chrétien… 

Eh bien non ! Jésus est venu non pas d’abord pour les bien pensant ou les prétendus honnêtes, mais pour les pécheurs. Pour Zachée, pour Marie-Madeleine, la Samaritaine et même le prisonnier de droit commun sur son poteau d’exécution. A chaque fois il pardonne et rend la dignité. Car il fait plus que donner une absolution, il remet debout. Dieu n’attend pas que nous changions pour nous pardonner, il nous pardonne pour que nous changions. Il croit en l’homme qu’il sait capable de sortir de son péché… s’il n’est pas jugé. 

Aujourd’hui les militants du CCFD, qui agissent pour un monde plus solidaire, ont quelque chose à nous dire. Et on ne change pas de sujet, car ce qu’ils nous disent, c’est qu’à côté de l’égoïsme personnel, il y a l’égoïsme collectif. Le péché personnel fait des malheurs autour de nous, le péché collectif fait des drames dans le monde. Qu’as-tu fait de ton frère ? Pas seulement tes enfants et ta famille, ou ton voisin. Le CCFD nous rappelle qu’on ne devrait pas s’accommoder si facilement de situations inhumaines et évitables. Nous comprenons encore mieux l’évangile de ce dimanche. Décidément, nous ne sommes pas sans péché, nous n’oserons plus jeter la pierre.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Evangile du 4° dimanche de carême dans l’année C – 31 mars 2019

Posté par rtireau le 26 mars 2019

pardon_prodigue_g

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 15, 1-3.11-32.

En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Un homme avait deux fils.
Le plus jeune dit à son père : “Père, donne-moi la part de fortune qui me revient.” Et le père leur partagea ses biens.
Peu de jours après, le plus jeune rassembla tout ce qu’il avait, et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en menant une vie de désordre.
Il avait tout dépensé, quand une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin.
Il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays, qui l’envoya dans ses champs garder les porcs.
Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.
Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.”
Il se leva et s’en alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.
Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.”
Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds,
allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons,
car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” Et ils commencèrent à festoyer.
Or le fils aîné était aux champs. Quand il revint et fut près de la maison, il entendit la musique et les danses.
Appelant un des serviteurs, il s’informa de ce qui se passait.
Celui-ci répondit : “Ton frère est arrivé, et ton père a tué le veau gras, parce qu’il a retrouvé ton frère en bonne santé.”
Alors le fils aîné se mit en colère, et il refusait d’entrer. Son père sortit le supplier.
Mais il répliqua à son père : “Il y a tant d’années que je suis à ton service sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis.
Mais, quand ton fils que voilà est revenu après avoir dévoré ton bien avec des prostituées, tu as fait tuer pour lui le veau gras !”
Le père répondit : “Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi.
Il fallait festoyer et se réjouir ; car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé !” »

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Homélie

Posté par rtireau le 26 mars 2019

4° dimanche de carême C – 31 mars 2019

Joués 5, 10-12 ; Psaume 33 ; 2 Corinthiens 5, 17-21 ; Luc 15, 1-3. 11-32

Premier acte de notre parabole : le Père et son fils cadet.Le jeune a voulu conquérir son indépendance. Il se retrouve quasiment esclave. Même sa conversionest motivée par un calcul : retrouver le gîte et le couvert. En fait il est malheureux d’avoir perdu l’habitude d’aimer. Et il a besoin d’être aimé. C’est ce que fait le Père avec des gestes concrets : « il l’aperçoit…. il est saisi de compassion… il court… il l’embrasse ». Et il fait une grande fête. Il est un Père prodigue en amour !Une telle folie de tendresse ne peut venir que de Dieu. Jésus casse l’image d’un Dieu méchant qui ne cesse de nous hanter. Il nous dit Dieu Miséricorde.

Deuxième acte : Le père et son fils aîné. C’est à la fin du récit que se trouve la pointe de la parabole. L’aîné refuse d’entrer. C’est un comble ! Lui, le modèle de l’esprit familial, refuse d’être de la famille. On le croyait de la maison, il reste dehors. Et lui aussi est dans un système de revendication : « Tu ne m’as jamais donné un chevreau… » Il fait penser aux pharisiens qui pratiquent une religion intéressée, pour avoir la récompense éternelle. Le père recommence alors avec l’aîné les démarches de réconciliation : « Il le supplie… ». L’amour de Dieu qui a su retrouver celui qui était perdu doit maintenant retourner le cœur de celui qui ne se croyait pas perdu. Dom Helder Camara disait : “L’un s’est réveillé de son péché, quand donc l’autre se réveillera-t-il de sa vertu ?” 

Le père a donc invité ses deux fils à découvrir ce que peut être une fraternité.En accueillant l’enfant perdu, il a donné à ses deux fils d’être frères.  Et il nous fait découvrir quela vraie conversion n’est pas l’effort pour devenir quelqu’un de bien, maisdonner de la joie à Dieu.“Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. » (Luc 15, 7) 

Qui est donc ce père ? Ni écrasant, ni moralisateur, il est « saisi de compassion ». Et surtout il fait le reste du chemin, comme dans cette belle histoire juive qui a dû inspirer Jésus : un fils de roi est séparé de son père par une distance de cent jours de marche, c’est à dire beaucoup. Il veut revenir, lui aussi. Ses amis l’encouragent : « Retourne près de ton père ! » Mais il répond : « Je ne peux, pas, je n’en ai pas la force ! »Le père l’apprend et lui adresse un message : « Fais comme tu peux. Marche selon ta force, et moi je viendrai, et je ferai le reste du chemin pour arriver jusqu’à toi. »

Jean-Pierre Manignea une belle réflexion sur notre parabole. A l’origine, dit-il, il y a une méprise. Elle est signalée d’une phrase, la plus belle qui fut jamais prononcée :“Tout ce qui est à moi est à toi”.Le fils cadet ne l’a pas compris. Au lieu de jouir de tout l’héritage, il en réclame une part. Et il l’épuise. Le fils aîné ne le comprend pas davantage. Il refuse la fête parce qu’il ne voit pas que c’est aussi sa fête. Tous les deux veulent manger, mais pas à la table où tout est partagé. Ça ne marche pas. Et dans nos vies pas davantage. Tant que nous sommes dans la ferme paternelle, c’est à dire dans la communion avec Dieu et nos frères, c’est l’abondance. Cette communion quittée, comme pour le cadet, ou refusée, comme pour l’aîné, voici tôt ou tard la famine, image de la sécheresse du cœur et du désespoir. Il faut réentendre la parole de l’amour absolu : “Tout ce qui est à moi est à toi”. Et y croire absolument.

La parabole reste tragiquement inachevée : l’aîné va-t-il se laisser convaincre et entrer dans la joie de son père ? Et si on continuait l’histoire ? Le prodigue représente les pécheurs. L’aîné évoque Pharisiens et Publicains. Dieu est le père de tous. Il court vers les uns et supplie les autres. Dans ce récit pathétique, nous sommes tous les personnages. L’histoire est la nôtre, de toutes les manières.Elle bouscule nos idées toutes faites sur Dieu. Essayons d’être attentifs aux différents regards : celui des pharisiens et des scribes sur Jésus : « cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et mange avec eux ! Et celui des autres personnages. 

Paul Baudiquey a écrit: « les vrais regards d’amour sont ceux qui nous espèrent. » Ces regards ne regardent pas les yeux de l’autre, mais ils le regardent dans les yeux.Le fils aîné de la parabole regardait les yeux de son frère, pendant que le père regardait, dans les yeux, son fils retrouvé.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

Evangile du 3° dimanche de carême dans l’année C – 24 mars 2019

Posté par rtireau le 20 mars 2019

p_3_figuier_sterile_lft-08121

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 13, 1-9.

Un jour, des gens rapportèrent à Jésus l’affaire des Galiléens que Pilate avait fait massacrer, mêlant leur sang à celui des sacrifices qu’ils offraient.
Jésus leur répondit : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même.
Et ces dix-huit personnes tuées par la chute de la tour de Siloé, pensez-vous qu’elles étaient plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ?
Eh bien, je vous dis : pas du tout ! Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même. »
Jésus disait encore cette parabole : « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier, et n’en trouva pas.
Il dit alors à son vigneron : “Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe-le. À quoi bon le laisser épuiser le sol ?”
Mais le vigneron lui répondit : “Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche autour pour y mettre du fumier.
Peut-être donnera-t-il du fruit à l’avenir. Sinon, tu le couperas.” »

Publié dans Non classé | Commentaires fermés

Homélie

Posté par rtireau le 20 mars 2019

3° dimanche du carême C- 24 mars 2019

Exode 3, 1-8a.10.13-15 ; Psaume 102 ; 1 Corinthiens 10, 1-6.10-12 ; Luc 13,1-9

Imaginez donc Jésus, au milieu de quelques personnes, en train de commenter le journal du jour. Il y a deux faits divers. Tout le monde en parle : des Galiléens ont été massacrés par Pilate ; dix-huit personnes ont été tuées à Siloé par l’écroulement d’une tour. Evidemment les premières questions qui viennent à cette époque devant des catastrophes, c’est : “A qui la faute ?”Ou bien : “Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour que ça m’arrive ?” Et Jésus rectifie : La première question n’est pas la chasse aux coupables, l’urgent n’est pas non plus de se laver les mains, mais de se demander devant chaque événement : qu’est-ce que cet événement me dit ? A quoi il m’appelle ? Autrement dit : Stop ! Ne cherchez pas la culpabilité des autres, ni même  de vous. 

En bref, ne cherchez pas de coupables ! Changez votre idée de Dieu, et changez votre façon de vivre !

* Changez votre idée de Dieu: regardez Moïse, à son travail près du troupeau de son beau-Père : l’ange du Seigneur lui apparaît dans un buisson qui brûle sans se consumer. Ambiance sacrée, mystérieuse : “N’approche pas d’ici, retire les sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte”, et Moïse se voile le visage. Ambiance de peur de ce Dieu lointain. Mais il y a la suite et Dieu parle : “J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Egypte…, je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens… Maintenant donc, va, je t’envoie …”Je suis proche, et c’est toi, Moïse, qui vas le dire et le montrer. Plus tard, ce sera Jésus qui montrera combien Dieu est proche. Et maintenant, eh bien … vous avez deviné : c’est à nous de le montrer.

* Changez de façon de vivre: stop à la recherche des coupables. A vous de jouer. Oui oui ! Il y a des situations insoutenables, des catastrophes de toutes sortes et la mort d’innocents. La réponse de Dieu n’est pas : “Où sont les coupables ?”Elle est : “J’ai vu la misère de mon peuple…, va, je t’envoie.”  Je connais les souffrances de mon peuple: notre Dieu, c’est celui qui entend les cris. Il connaît la souffrance, et il est toujours avec celui qui essaie de soulager, de délivrer. Notre Dieu n’est jamais avec celui qui fait souffrir.

Va ! Je t’envoie : la réponse de Dieu, à nous de la donner. Nous sommes l’oreille, l’œil, la main de Dieu. C’est nous qui voyons, qui entendons, qui secourons. A nous d’être toujours du côté de la solidarité qui rend Dieu proche. Je me souviens ce couple qui avait reçu un appel au secours d’un ami dans la déprime et qui replongeait dans l’alcool. Ils disaient : “Dès l’après midi, on y était.”Les mêmes racontaient : “On a réussi avec des gens en difficulté à créer une équipe d’ACO.”

Changer notre idée de Dieu, changer notre façon de vivre. A l’époque de Jésus, la violence était naturellement ressentie comme une manifestation de la colère de Dieu. Horreur d’une telle interprétation qui fait de Dieu un tueur, et qui fait du tueur lui-même un instrument de Dieu, donc pas vraiment responsable. Remplacez le nom de Pilate par Hitler, ou par tel ou tel nom beaucoup plus récent, pour réaliser jusqu’où ça peut mener. Et puis si le malheur et la violence manifestaient la justice de Dieu, alors une vie heureuse serait signe qu’on serait irréprochable. Logique ! Si je suis heureux, riche et en bonne santé, c’est que je suis bien avec Dieu. 

Marion Muller Colard a écrit un petit livre intitulé l’autre Dieu.Comme s’il y en avait un autre que celui devant qui on se sent toujours coupable : « Nous sommes, écrit-elle, la seule espèce vivante qui double sa peine à se sentir maudit en plus que d’être malade… les significations perverses que nous donnons aux événements nous font plonger en désespoir plus sûrement que les événements eux-mêmes. »

Jésus dissipe pourtant toutes ces illusions. L’image du figuier stérile est là pour nous répondre. S’il n’est pas coupé aussitôt – autrement dit : s’il ne connaît pas encore le malheur, – ce n’est pas pour ses mérites, c’est parce que Dieu patiente !Notre histoire se déroule tout entière dans la patience de Dieu. Qu’est-ce qu’il attend de nous ? Sans doute moins une conduite impeccable, au sens où nous l’entendons, qu’une fécondité. Le vrai souci de notre vie, ça ne doit pas être de scruter en tout ce qui nous arrive les signes de l’approbation ou non de Dieu. Notre vocation, c’est de donner du fruit en abondance.

Publié dans Non classé | Pas de Commentaire »

123456...36
 

boutiqueesoterique |
Entre Dieu et moi paroles d... |
Eglise de Maison |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Vous connaîtrez la vérité e...
| CHORALE "VOIX DES ANGES" D'...
| Le son de la trompette