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Rites, habitudes… et TRADITION

Hébrard

Rites et habitudes ne sont pas Tradition

Monique Hébrard : « Pour une Eglise au visage d’Evangile » pages 67 à 69

Les défenseurs de la Tradition immobile sacralisent souvent des traditions qui ne sont que des habitudes héritées de l’histoire, et n’ont rien à voir avec la Tradition ! Les traditions évoluent donc normalement au fil des temps. Prenons l’exemple de la sacralisation de la personne du pape et de la pompe qui l’entourait ; elles se sont simplifiées et purifiées en moins d’un siècle. Pour la joie des uns et la consternation d’autres ! En 1939, le couronnement de Pie XII reflétait encore la pompe impériale, et la sacralité du Grand Prêtre. Porté au dessus de la foule sur sa sedia gestatoria, la tête couronnée de la lourde tiare-triple couronne, à l’abri des flabella surmontées de plumes d’autruche blanche, le pape était une sorte d’effigie sacrale d’une divinité intouchable, qui se tenait à distance, comme cachée dans le saint des saints. Il renvoyait davantage l’image d’un monarque sacré ou d’une idole que celle du bon berger de l’Evangile ! Le bon pape Jean surprit tout le monde par sa bonhomie, en osant sortir de l’enceinte du Vatican pour assumer son rôle d’évêque de Rome… et en convoquant ce concile qui allait changer la face de l’Eglise. Paul VI eut l’audace de concélébrer des messes, et de s’aventurer beaucoup plus loin que Jean XXIII : en Terre Sainte (1964), à I’Onu (1965) et à Istanbul pour rencontrer le patriarche Athénagoras (1967). Il abandonna également la tiare. Jean-Paul II révolutionna l’image du pape. Il descendit définitivement de la sedia gestatoria pour les bains de foule. Il se fit voyageur de tous les continents, baisant les terres, serrant les enfants dans ses bras, faisant le clown avec tous les chapeaux du monde. Il rappela que le pape n’était pas un pur esprit en faisant du ski et quelques brasses dans sa piscine, puis en se laissant voir dans son corps dégradé par la maladie et la vieillesse. Benoît XVI continua sur la lancée, même si cela lui était moins naturel et même si, en octobre 2012, on vit réapparaître la tiare sur les armoiries de la tapisserie rouge sous la fenêtre de son bureau ; peut-être comme une ultime « main tendue » en direction des intégristes. En renonçant au pontificat à vie, il s’est mis au rang d’un évêque. Jean-Paul II n’avait-il pas déjà écrit que la fonction de l’évêque de Rome « ne le sépare pas de la mission confiée à l’ensemble des évêques, il appartient à leur collège et ils sont frères dans le ministère92».

François, en l’espace de quelques jours, a aboli toutes les barrières pour vivre dans la simplicité et la proximité. Parce qu’il ne conçoit pas de vivre seul, il a déserté le palais pontifical pour la maison Sainte-Marthe. Pour assister à la messe matinale de Jean-Paul II en sa chapelle privée, il fallait être pistonné, faire une demande qui n’était confirmée que la veille au soir, et se rendre au petit matin à la porte de bronze gardée par les gardes suisses. François dit sa messe matinale entouré d’invités mais aussi des gens simples, s’asseyant volontiers au milieu de tous pour commenter l’Evangile. En voyage il porte lui-même sa petite valise noire qui a tant intri gué les journalistes. Un évêque français qui était aux JMJ de Rio me confia sa joie d’avoir assisté à des célébrations dans la plus grande simplicité. François fait tout pour que, comme il l’avait dit lors d’une de ses premières rencontres avec les journalistes, ce soit le Christ le centre de l’Église, et non pas le pape.

Le printemps 2013 aura marqué un grand tournant dans la conception de la papauté. Peut-être même cessera-t-on de s’adresser au pape avec un « très saint père » qui n’a rien d’évangélique. Vous n’avez qu’un père disait Jésus, celui qui est dans les cieux.

Mais François a beau avoir de belles et fermes intentions… il n’est pas l’Église à lui seul! Et il reste du travail à faire pour exaucer le souhait de Jean XXIII d’enlever toute la poussière de la maison. Le père Raniero Cantalamessa, dans sa prédication du Vendredi saint 2013 au Vatican reprit cette image en comparant l’Église à « certains vieux édifices qui, au fil des siècles, pour s’adapter aux exigences du moment, se sont remplis de cloisons, d’escaliers, de petites salles » qui ne correspondent plus au moment présent. Et il concluait : « Il faut avoir le courage d’abattre tout cela et de ramener l’édifice à la simplicité et à la linéarité des origines ».

 

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