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Migrants

Posté par rtireau le 6 août 2015

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Migrants : la clé n’est pas à Calais

Les migrants de Calais cherchent pour la plupart un pays où vivre en paix, où gagner honnêtement leur vie, où on les regarde comme des êtres humains.

Près d’un sur deux appartient aux classes sociales élevées de son pays, et un sur cinq à la classe moyenne. Deux tiers ont fui des persécutions ou ont quitté leur terre par crainte de devenir à leur tour victimes…

Qui sont-ils, les migrants calaisiens, tels que les décrivait récemment une enquête du Secours catholique ? Ceux-là même qu’on pourrait prendre pour une horde barbare quand on entend distraitement les « infos » en provenance de Calais… Ils rêvent de passer en Angleterre où, pensent-ils, tout serait plus facile pour eux. Mais la Grande-Bretagne ne veut pas d’eux. Et la France non plus.

La clé du problème, chacun le sait, n’est pas à Calais. Ce n’est pas une affaire de hauteur de murs ou de grillages, ni même d’agents de sécurité et de patrouilles de police en nombre « suffisant ». On se fait une montagne d’un nombre somme toute assez faible de migrants – quelques centaines, tout au plus deux mille selon les sources les plus alarmistes – qui auraient « pris d’assaut » le tunnel, quand il faudrait commencer par comprendre que ce comportement spectaculaire témoigne surtout de la désespérance dans laquelle se trouvent des hommes et des femmes réduits à une vie indigne et livrés à la merci des trafiquants.

L’histoire jugera sévèrement les pays où l’on feint de croire que c’est en jouant de cette désespérance que l’on abaissera la pression migratoire. Elle jugera sévèrement les nations qui piétinent leurs propres valeurs sans comprendre que ces hommes et ces femmes, si nous faisions l’effort de les accueillir dignement, constitueraient un véritable réservoir d’intelligence, d’énergie, de compétence et même un pouvoir de consommation au moment où nous avons besoin de relancer l’économie.

 

Un défi de confiance

Ils pourraient même, pour certains, nous aider à mettre en œuvre, à l’avenir, les politiques qui réduiront les flux migratoires, par la construction de situations économiques et politiques stables dans leurs pays d’origine. Il ne s’agit donc pas d’appeler chez nous toute la misère du monde pour la prendre en charge.

Cette situation demande que les pays européens se tournent ensemble vers ceux dont ils ont été les colonisateurs, pour soigner les maux hérités de cette page d’histoire mal conduite. Nouons avec eux des relations de partenaires et inventons des formes de collaboration fécondes et plus égales que par le passé.

C’est difficile, parce que nous n’avons que trop attendu. Ne perdons pas davantage de temps. C’est un défi de confiance. Confiance dans l’autre comme en nous ; confiance aussi dans l’avenir et dans les effets démultiplicateurs de la rencontre, du partage, de la solidarité. La pression, qui monte inexorablement à Calais ou en Méditerranée, est le baromètre de notre peur… de faire confiance.

Chaque jour qui passe creuse un abîme de déception, de défiance, de dépit, de ressentiment. L’universalisme de l’humanisme européen dont nous nous targuons passera bientôt pour un hideux mensonge, un piège mortel… Nous aurons nourri – c’est déjà commencé jusque chez nous et parmi nos enfants – la haine de ce que nous prétendons être. À ce rythme-là, notre défaite est certaine.

Jean-François Bouthors   Ouest-France, éditeur et écrivain.

IL A DRESSE SA TENTE PARMI NOUS

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« IL A DRESSE SA TENTE PARMI NOUS »

Du jardin d’Éden à la Jérusalem céleste, l’errance promet d’être longue pour le peuple de Dieu.

PAR DAMIEN NOËL BIBLISTE (Dans supplément à TC N°3638 du 11 juin 2015) 

La Bible commence par un parc (Gn 2,8) et s’achève sur la vision d’une ville (Ap 21,10). Dès l’origine, on nous raconte l’expulsion d’Adam et d’Eve du jardin conçu spécialement pour eux par le Créateur. Ainsi commence l’errance. À vrai dire, on ne voit pas comment un terrain de camping agrémenté d’un verger, même dilaté aux dimensions de la planète, aurait pu suffire à une humanité promise au développement cosmique et soumise à d’autres besoins que ceux de bipèdes frugivores. Bien que représentée et transmise comme une lourde sanction, cette expulsion manu militari ouvre un avenir. Cette scène tragique est plus sûrement le premier pas vers la sortie d’un monde mythique, débouchant sur un monde – réel celui-là – où l’on va devoir s’installer, assurer sa survie, maîtriser les éléments, se déplacer, se développer, se défendre. L’errance primitive donne le ton à toute la suite. Le deuxième épisode reproduit un scénario identique, présenté lui aussi, par certains interprètes, comme une sanction. Après l’échec de la construction, censée atteindre le ciel, de la tour de Babel, Dieu confond les langues et disperse les peuples. Quelques spécialistes hésitent cependant à parler ici de sanction, préférant lire l’épisode comme une intervention salutaire de Dieu pour ramener l’humanité sur terre.

Abraham se lance dans une migration qui promet de tourner à l’errance. Rupture avec un pays, une famille, un clan, et départ vers une destination que Dieu seul connaît. Cette représentation des origines d’Israël, en la personne de son ancêtre, procède de la relecture d’une longue histoire. Elle mûrit au terme d’une décantation méditée qui dessine progressivement les constantes historiques d’un peuple marqué par l’errance. D’ailleurs, la profession de foi proclamée lors de l’offrande des prémices commence ainsi : «Mon père était un Araméen errant » (Dt 26,5). Lorsque la Bible parle d’Abram l’Hébreu (Gn 14,13), elle le désigne comme un élément d’une population nomade, connue de tout le Moyen-Orient ancien, les Apiru ou Habiru. Sous le nom d’Hébreux, la Bible les rattache à Heber, descendant de Noé et de Sem, et ancêtre d’Abraham. L’appellation « hébreu » a été rapprochée d’une racine sémitique qui signifie « passer », « traverser », un excellent totem pour l’Israël biblique.

Errante condition

Le langage de la Bible porte de nombreuses traces laissées par la condition errante des Israélites. Ainsi le terme « tente » qui évoque la précarité d’une halte temporaire. Ce terme apparaît 332 fois dans le texte hébreu de l’Ancien Testament dont 203 fois dans la Loi (le Pentateuque, ou « cinq livres » de Moïse : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome), soit 61 %, presque les deux tiers. Certes, la Loi raconte les patriarches, la sortie d’Egypte et le séjour au désert, périodes où s’imposait le campement. On remarque toutefois que le texte ne parle que de quatre générations de patriarches (Abraham, Isaac, Jacob et ses fils) et limite à quarante années le séjour au désert. La disproportion entre le volume de la Loi et la durée relativement brève de la période qu’elle relate interroge l’historien. Au lieu d’histoire objective, tout est disposé dans la Loi pour que l’image d’un Israël en quête d’une terre crève l’écran. On remarque surtout, pendant ces quarante années d’errance, la mise en place des institutions fondamentales de l’Israël installé plus tard en Canaan. Les éléments juridiques les plus anciens, concernant la vie séculière et le culte, trouvent alors leurs premières formulations.

Les deux corpus législatifs les plus importants, le Lévitique et le Deutéronome, y sont également intégrés. Ce montage suggère que l’important n’est peut-être pas l’installation en Terre promise – Moïse lui-même n’y entrera pas – mais la constitution d’un peuple dont l’identité lui est donnée par son Dieu. Une amie parfaitement étrangère à l’histoire d’Israël, comme à toute religion d’ailleurs, avec qui je parlais de la Bible, me dit un jour: Tes Israélites, au fond, ce n’est pas d’abord une terre qu’ils devaient habiter, mais leur Loi…  Le prophète Osée le pensait déjà, qui rêvait pour son peuple d’un retour au désert afin d’y retrouver son Dieu (Os 2,16).

Parcourir les évangiles à la recherche de ce que Jésus dit sur ce sujet est instructif. Ce peut être également ludique. À propos de l’entrée de Jésus dans le monde, le prologue de Jean porte une phrase qui intrigue. Bien que cela n’apparaisse guère dans nos traductions courantes, c’est bien : « Il a dressé sa tente parmi nous » qu’il faut comprendre au verset 14, et pas simplement le banal : « Il a habité parmi nous. » De loin, cela revient au même, mais pour ce qui nous intéresse ici, cela change tout. Cette précision ne restitue pas d’abord l’effet poétique d’une possible métaphore, que le lecteur saura apprécier. Elle indique que Jésus assume l’errance historique de son peuple et lui confère la plénitude, à la fois divine et humaine, de l’incarnation historique du Verbe.

Demeurer, se poser         

Quelques versets plus loin, deux disciples entendent Jean Baptiste désigner Jésus : « Voici l’agneau de Dieu. » Ils lui emboîtent le pas jusqu’à ce que Jésus se retourne : « « Que cherchez-vous ? » – « Maître, où demeures-tu ? » – « Venez et vous verrez. » Ils allèrent donc, ils virent où il demeurait et ils demeurèrent auprès de lui, ce jour-là ; c’était la dixième heure. » (Jn 1,38-39). Quand on sait ce que l’évangéliste fait du verbe « demeurer », on doute fort que Jésus se soit contenté de faire visiter son logis. Celui-ci, d’ailleurs, devait être modeste si l’on se fie à la réponse donnée un autre jour à quelqu’un qui voulait le suivre : « LeFils de l’homme, lui, n’a pas où poser la tête » (Mt 8,20). Pas de quoi prolonger la visite jusqu’à la dixième heure ! Au terme d’une rétrospective forte, précise et savoureuse des patriarches d’Israël, la lettre aux Hébreux dresse un bilan positif qui reste toutefois ouvert à une ultime perspective : «Dans la foi, ils moururent tous, sans avoir obtenu la réalisation des promesses, mais après les avoir vues et saluées de loin et après s’être reconnus pour étrangers et voyageurs sur la terre. Car ceux qui parlent ainsi montrent clairement qu’ils sont à la recherche d’une patrie ; et s’ils avaient eu dans l’esprit celle dont ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner ; en fait, c’est à une patrie meilleure qu’ils aspirent, à une patrie céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu ; il leur a, en effet, préparé une ville  » (He 11,13-16). La lettre aux Hébreux rejoint ainsi la ville définitive de l’Apocalypse dont la description fastueuse s’inspire largement de la vision d’Ézéchiel. Après le tour des curiosités urbaines propres à ce lieu, le visiteur visionnaire marque soudain l’arrêt : «Mais de temple, je n’en vis point dans la cité, car son temple, c’est le Seigneur, le Dieu tout puissant ainsi que l’Agneau.» L’apothéose. Dans la ville définitive, cité peut enfin rimer avec laïcité, un même Dieu pour tous ; et finies, les religions. 

 

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Recueil 2

Posté par rtireau le 11 août 2014

vert

 

A la recherche de la paix

Il était une fois une petite ville dont les habitants arboraient toute l’année un visage triste et morose.

Malheureux de voir une telle ambiance régner dans sa ville, le maire fit une proclamation publique :

- y aurait il parmi vous un volontaire pour aller chercher la paix ? Je crois que la paix serait la solution à tous nos problèmes !

Un vieux jardinier accepta de partir. Il n’avait pas de plan de route; pas de destination précise.

Il avait juste dans son bagage ce projet un peu fou… de ramener la paix de son mystérieux voyage.

De longues semaines passèrent, et personne n’avait de ses nouvelles.

Le vieux ne revenait pas et les mauvaises herbes envahissaient son jardin.

Ce spectacle désolait sa vieille voisine. Les fruits et les légumes du printemps allaient être complètement perdus si personne ne prenait soin de cette terre tant aimée et soignée d’ordinaire par le jardinier.

Elle finit par s’armer d’une bêche et se mit au travail pour entretenir le jardin abandonné.

D’autres voisines la regardaient par leurs fenêtres. Elles dirent à leurs grands gaillards de fils :

- vous n’avez pas honte de rester plantés là devant la télévision pendant que cette vieille dame est penchée sur sa bêche ?

- personne ne l’y a forcée, marmonnèrent ils. Mais ils étaient bons, au fond d’eux… et ils finirent par la rejoindre.

L’été arriva… le jardinier n’était toujours pas de retour.

Mais son jardin fleurissait et il y avait fort à faire… les arbres croulaient sous le poids des fruits.

D’autres bonnes volontés se proposèrent, et tous ces camarades de travail, se lièrent d’amitié et le jardin devint un petit bijou et une vraie source de bonne humeur et de joie.

On apportait chaque jour d’énormes bouquets de fleurs aux malades des hôpitaux ; on organisa même une grande fête pour déguster ensemble les délicieux fruits et légumes !

C’est au cours de cette fête que le vieux jardinier revint. Il fut accueilli par des ovations.

Un grand silence se fit quand il posa son sac sur le sol.

Tout le monde guettait cette paix promise sûrement cachée dans ce sac.

Et le jardinier prit la parole :

- je n’ai pas ramené la paix, dit il. Il parait qu’elle m’a précédé ici.

Elle était au fond de vous… elle était dans vos partages.

Elle était dans tous vos gestes d’entraide.

Elle était dans votre amitié que vous avez fait grandir.

Nous n’avions qu’à  lui ouvrir la porte de notre cour.

La voici bien présente maintenant et il est bon de voir vos sourires en rayonner…

Elle a pris racine dans mon jardin… je vous le donne : on l’appellera : « le jardin de Canaan »…

 

 

A la virgule près

Un roi, connu pour sa sévérité, contresignait ses condamnations d’une formule particulièrement impitoyable : « Grâce impossible, maintenir en prison ». Il voulut un jour se montrer moins sévère. Il fit venir ses sages et leur demanda conseil. L’un d’eux lui répondit : « Il vous faut peu de choses, majesté, pour être plus juste, il vous suffit de déplacer la virgule ». Depuis ce jour, le roi contresignait ses amnisties de la même formule : « Grâce, impossible maintenir en prison ».

 

A mon frère blanc

Quand je suis né, j’étais noir.

Quand j’ai grandi, j’étais noir.

Quand je vais au soleil, je suis noir.

Quand j’ai froid, je suis noir.

Quand j’ai peur, je suis noir.

Quand je suis malade, je suis noir.

Quand je mourrai, je serai noir.

Tandis que toi, homme blanc,

Quand tu étais né, tu étais rose.

Quand tu as grandi, tu étais blanc.

Quand tu vas au soleil, tu es rouge.

Quand tu as froid, tu es bleu.

Quand tu as peur, tu es vert.

Quand tu es malade, tu es jaune.

Quand tu mourras, tu seras gris.

Après tout cela, tu as le toupet de m’appeler

homme de couleur… 

  

Bocal et gros cailloux

Un jour, un vieux professeur fut engagé pour donner une formation sur la planification de son temps, à un groupe de jeunes cadres… Debout devant ce groupe d’élites (prêts à noter tout ce qui allait être enseigné), le vieux prof les regarda un à un et leur dit lentement : “Nous allons réaliser une expérience.”

De dessous le bureau, il sortit un immense pot de verre qu’il posa délicatement devant lui. Ensuite, il sortit environ une douzaine de cailloux à peu près gros comme des balles de tennis et les plaça dans le grand pot. Lorsque celui-ci fut rempli, et qu’il fut impossible d’y ajouter un caillou, il demanda tranquillement : “Est-ce que ce pot est plein ? « 

Tous répondirent : “Oui.”

Il attendit quelques secondes et ajouta : “Vraiment ?”

Alors, il sortit de sous la table, un récipient rempli de gravier. Avec minutie, il le versa sur les gros cailloux, puis brassa légèrement… Les morceaux de gravier s’infiltrèrent entre les cailloux… jusqu’au fond.

Le vieux professeur redemanda : “Est-ce que le pot est plein ?”

Cette fois, les brillants élèves commençaient à comprendre. L’un d’eux répondit : “Probablement pas.”

 Il se pencha de nouveau et cette fois, sortit un bac de sable. Avec attention, il versa le sable dans le pot. Le sable alla remplir l’espace entre les gros cailloux et le gravier.

“Est-ce que le pot est plein ?”

“Oh non !” firent sans hésiter les prestigieux élèves.

Et comme ils s’y attendaient, le vieil homme versa un pichet d’eau jusqu’à ras bord.

Il leva les yeux vers le groupe et demanda : “Quelle grande vérité nous démontre cette expérience ?”

Pas fou, le plus audacieux des élèves répondit : “Cela démontre que, même lorsque l’on croit notre agenda complètement rempli, si on le veut vraiment, on peut y ajouter plus de rendez-vous, plus de choses à faire.”

“Non ; ce n’est pas cela. La grande vérité que nous démontre cette expérience est la suivante : si on ne met pas les gros cailloux en premier dans le pot, on ne pourra jamais les faire entrer tous ensuite !”

Il y eut un profond silence, chacun prenant conscience de l’évidence de ces propos…

Le vieux professeur leur dit alors : “Quels sont les gros cailloux dans votre vie ?” Votre santé ? Votre famille ? Vos ami(e)s ? Réaliser vos rêves ? Faire ce que vous aimez ? Apprendre ? Défendre une cause ? Se relaxer ? Prendre le temps ? … ou tout autre chose ?

Ce qu’il faut retenir, c’est l’importance de mettre ses gros cailloux en premier dans sa vie, sinon on risque de ne pas réussir… sa vie. Si on donne priorité aux peccadilles (le gravier, le sable), on remplira sa vie de peccadilles et on n’aura plus suffisamment de ce temps précieux à consacrer aux éléments importants de sa vie.

Alors, n’oubliez pas de vous poser à vous-mêmes la question : “Quels sont les gros cailloux dans ma vie ?” Ensuite, mettez-les en premier !… dans votre vie !

D’un geste amical de la main, le vieux professeur salua son auditoire et lentement quitta la salle.               

 

Bonne distance

Un troupeau de porcs-épics pâturait dans la toundra glacée de la Sibérie polaire. Chacun cherchait de son côté quelques lichens échappés au gel. Mais soudain la tempête se lève. Et le blizzard de souffler de plus en plus fort. La température chute vertigineusement. Le vent transperce la peau pourtant épaisse des animaux transis.

D’un même mouvement instinctif, le troupeau se rassemble alors pour offrir moins de prise au vent. Ils se serrent les uns contre les autres. Tout près, tout près, fondus en une seule chair pour échapper au souffle glacial et trouve quelque chaleur au contact des corps.

Mais plus ils se pressent les uns contre les autres, plus leurs aiguilles raidies par le froid leur pénètrent dans la chair, douloureusement.

Blessés, ils s’écartent alors instinctivement. Mais le vent tourbillonnant de neige les enveloppe à nouveau de sa chape glacée.

Du coup ils se rapprochent une nouvelle fois, mais en cherchant à ne pas se blesser, ni trop loin, pour bénéficier de la chaleur de l’autre, ni trop près pour que l’autre ne fasse pas mal… Et cette fois, ils trouvèrent : la bonne distance…                   

  

Ça caille là-dedans

Les bûches de sapin crépitaient dans le poêle, de ces vieux poêles en fonte que l’âge avait fendus. Des reflets de lumière, des rayons de chaleur donnaient au vieux chalet un climat de famille.

Des garçons et des filles, au printemps de leur vie, s’étaient rassemblés là, pour le camp de décembre. Les uns lisaient, d’autres jouaient aux cartes, aux dames, aux dominos. C’était le premier soir, il faisait bon. Les anoraks, devenus inutiles, s’endormaient sur un banc. Des pulls se tordaient sur le dossier des chaises en voyant qu’on soufflait la première des dames et que le roi de pique était emprisonné… par un valet de cœur !

Brusquement, quelque chose a changé, certains font le gros dos, d’autres s’en vont chercher l’anorak somnolent ou remettent leur pull. Les jeux sont moins vivants, l’ambiance s’engourdit. “Ca caille là-dedans.” Le mot était lâché par une demoiselle, tête dans les épaules, assise auprès du feu. On s’approche du poêle, on soulève le couvercle, des braises moribondes étouffaient dans les cendres. Autour du poêle, vingt, trente, quarante bûches de bois attendaient qu’on les prenne pour devenir gaiement chaleur et lumière de jeunesse. Mais personne ne les avait prises ! Et personne ne les avait vues !

Chacun pensait régler la chaleur de son corps avec son pull, son anorak, enlevé et remis et tant de fermetures-éclair ! Personne n’avait pensé à l’ambiance de la salle, à la chaleur du poêle, au bois à rajouter !

Dans un éclat de rire, nous nous sommes demandé : “Et si … ce qui nous arrive ce soir était un symbole de ce qui se passe tous les jours dans la société…”

 

Ça compte aussi… !

Une gerbe de fleurs quand vient un président,

C’est peut-être important ;

Mais un brin de muguet, et un petit merci,

Eh bien ! Ça compte aussi !

Les discours officiels, du moins de temps en temps,

Ça peut être important ;

Cependant un « Je t’aime » ou quelqu’un qui sourit,

Eh bien ! Ça compte aussi !

La misère, la faim, sur tous les continents,

C’est bien sûr important ;

Mais un bébé qui pleure, ou un vieillard aigri,

Eh bien ! Ça compte aussi !

S’acharner au travail, avoir assez d’argent,

C’est hélas important ;

Mais savoir s’arrêter, prendre un peu de répit,

Eh bien ! Ça compte aussi !

Accueillir l’étranger, accepter l’émigrant,

C’est vraiment important ;

Mes voisins de palier qui ne font pas de bruit,

Eh bien ! Ça compte aussi !

Suivre de cœur le Pape en ses déplacements,

C’est sans doute important ;

Mais faire mon possible, à l’endroit où je suis,

Eh bien ! Ça compte aussi !

Prier quand ça va mal et dans les grands moments,

Mais oui, c’est important ;

Avoir, au quotidien, Dieu présent à l’esprit,

Eh bien ! Ça compte aussi !

Bien sûr qu’il ne faut pas délaisser pour autant

Ce qui est important ;

Mais ma vie, et surtout en gestes tout petits :

Eh bien ! Ça compte aussi !

Perjean                       

 

 

Celui qui va venir

Quand tu attends, tu es comme le silence qui se fait juste avant la chanson.

Quand tu attends, tu es comme la nuit qui se termine juste avant la venue du soleil.

Quand tu attends, tu as déjà dans les yeux le sourire de celui qui va venir.

Tu as déjà dans les oreilles le rire de celui qui va venir.

Tu as déjà dans la tête les gestes et les paroles de celui qui va venir.

Quand tu attends, celui qui est absent est déjà présent dans ton cœur.

 

Cette croix-là

En Pologne, à l’époque du régime soviétique. Le directeur de l’école a pris la croix qu’un de ses élèves avaient au cou et, devant tous, l’a piétinée. L’enfant regarde alors son directeur et, lentement, fait le signe de la croix. « Vous avez piétiné ma petite croix en bois, mais celle-là, vous ne pourrez pas me l’enlever. »

  

Changement

Les murs ne sont pas toujours au dehors

Dans tous les murs il y a une lézarde,

     dans toute lézarde il y a un peu de terre,

     dans ce peu de terre la promesse d’un germe,

     Dedans ce germe fragile il y a l’espoir d’une fleur,

     et dans cette fleur la certitude d’un pétale de liberté.

Oui la liberté est en germe,

     même dans les murs les plus hostiles.

La liberté peut naître d’une fissure,

     d’une rupture, d’un abandon.

Elle peut naître aussi d’une ouverture.

La liberté a de multiples visages,

     elle a parfois la caresse d’un regard

     qui a transformé le mien

     pour en faire un chemin.

Les murs sont souvent au dedans

     et dans ces murs aussi

     il y a des lézardes…

Laisse pousser tes fleurs !

                                    Jacques Salomé

 

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