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Homélie

Posté par rtireau le 3 janvier 2018

Fête de l’Epiphanie – 7 janvier 2018

Isaïe 60, 1-6 ; Psaume 71 ; Ephésiens 3, 2-3a. 5-6 ; Matthieu 2, 1-12

L’Epiphanie après Noël, c’est un peu comme la Pentecôte après Pâques, et comme la confirmation après le baptême. En tous cas c’est la fête de l’espérance car elle montre la venue de Jésus à toute l’humanité. Lorsque les anges chantent au moment de sa naissance, tout le monde est concerné : « Gloire à Dieu au plus des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ».

St Paul écrit aux Ephésiens quelques mots qui permettent de comprendre la visite des Mages : “Toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’Évangile.” Déjà dans le premier Testament, par son Alliance avec Abraham, puis Moïse et Israël au Sinaï, Dieu avait révélé qu’il était Dieu de tous les peuples. Appeler Israël le peuple élu ne voulait donc pas dire que c’était à l’exclusion des autres, mais qu’il lui était confié une responsabilité, une mission pour toutes les nations. Les prophètes ont rappelé l’universalité de cette mission, et ils ont dénoncé ses tentations nationalistes. Isaïe, dans la 1ère lecture, en rappelle le sens : “Les nations marcheront vers ta lumière, et les rois, vers la clarté de ton aurore. Lève les yeux alentours, et regarde : tous, ils se rassemblent, ils viennent vers toi ; tes fils reviennent de loin, et tes filles sont portées sur la hanche. Alors tu verras, tu seras radieuse, ton cœur frémira et se dilatera.”

« Gloire à Dieu au plus des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ». C’est la traduction connue du chant des anges. Mais écoutez donc ce que dit le texte grec : « Gloire à Dieu dans les très-hauts et sur la terre paix parmi les humains de bienveillance. » Seuls ceux qui sont des humains de malveillance ne peuvent pas accueillir Noël et l’Epiphanie. Pour autant ce sont bien des fêtes universelles : La paix de Dieu qu’annonce Jésus, elle est manifestée parmi tous les humains de bienveillance. C’est une étoile qui invite des non-juifs à venir reconnaître le nouveau roi de la paix qui vient de naître. Ce roi vient accomplir ce qu’annonçaient les prophètes. Il est le roi d’un royaume nouveau dont les membres sont tous les humains de bienveillance, pauvres de cœur, doux, artisans de paix, assoiffés de justice. C’est un roi qui fait trembler de peur les rois de la terre.

Surprise désagréable pour les mages venus d’Orient. Ils découvrent en Israël des gens de malveillance. Un roi Hérode jaloux de son pouvoir, prêt à égorger tout concurrent. Des chefs des prêtres et des scribes prisonniers de leurs Ecritures interprétées à la lettre.

Surprise agréable, pour ces mages étrangers, de voir l’étoile s’arrêter non au-dessus d’un palais, mais au-dessus d’une petite maison et d’y reconnaître un roi en la personne d’un petit enfant inconnu dans les bras de sa mère. Ainsi les récits de Noël et de l’Epiphanie annoncent une inversion des valeurs humaines. Ils laissent entrevoir déjà le procès qui sera fait à l’enfant de Bethléem quand il déclarera la préférence de Dieu pour les petits et les pauvres, et quand il se présentera comme l’homme de bienveillance absolue, allant jusqu’à aimer ses ennemis, pour ouvrir chacun à la bienveillance universelle de Dieu.

Ils lui offrirent leurs présents. Voilà le grand geste d’amour et de confiance que les mages nous proposent. Le passé ? Il n’est plus. Le futur ? Il n’est pas encore. Mais le présent que je vis, là ou je suis, dans ma maison, sur un lit d’hôpital ou en prison, je peux de tout mon cœur te l’offrir. Pour être simplement avec toi aujourd’hui.

Et puis on ne sort jamais indemne de la rencontre de Dieu : ce n’est pas pour rien que les mages sont repartis par un autre chemin : c’est le chemin de la conversion. Connaissez-vous la petite parabole des essuie-glaces ?
Vous savez qu’on peut conduire sous la pluie… à condition d’avoir des essuie-glaces en bon état !
Eh bien je vous souhaite de bons essuie-glaces capables de traverser 2018 en voyant clairement la route. Ils portent les noms de bonté, bienveillance, pardon, justice… pour qu’à l’intérieur de la voiture, je veux dire de votre cœur, il y ait toujours surabondance de joie et de paix.

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Homélie

Posté par rtireau le 27 septembre 2017

26° dimanche dans l’année A – 1 octobre 2017

Ezéchiel 18, 25-28 ; Psaume 24 ; Philippiens 2, 1-11 ; Matthieu 21, 28-32

L’un dit non et fait quand même, l’autre dit oui et n’obéit pas. Et si les deux étaient la même personne ? Il nous arrive de dire non et de faire quand même, et l’inverse. Quoi qu’il en soit, pour Dieu il n’y a pas de bons ni de mauvais définitifs. Et Jésus n’enferme personne dans son passé. Le non apparent cache peut-être un oui balbutiant et le oui tonitruant camoufle parfois un subtil refus.

“Quoi qu’il en soit, écrit Jean-Yves Baziou, Jésus accorde un privilège à l’action… Il ne suffit pas d’annoncer l’évangile, d’expliciter, éventuellement bruyamment, une identité religieuse qui nous distinguerait des autres : encore faut-il parvenir à faire évangile, à faire passer dans les relations sociales un souffle d’espoir, de liberté joyeuse, d’amitié. Jésus critique ceux qui disent mais n’agissent pas. Il recommande de ne pas en rester à des paroles, fussent-elles de piété…Seul l’Evangile vécu est éloquent.”

Un mot du contexte de notre évangile : entre la parabole des ouvriers de la onzième heure de dimanche dernier et le texte d’aujourd’hui Jésus est entré solennellement à Jérusalem (les Rameaux), et il a chassé les marchands du Temple. Les grands prêtres et les anciens ont réagi : “Par quelle autorité fais-tu cela ?” Et Jésus a répondu : “Déjà vous n’avez pas voulu comprendre Jean-Baptiste. Les prostituées et les publicains, eux, se sont convertis.”  Et aujourd’hui il leur lance : “Les prostituées vous précèdent dans le Royaume.” Il y va fort ! Seul l’évangéliste Matthieu rapporte cette phrase difficile à inventer, ce qui fait dire à Gérard Bessière : “Apparemment, les trois autres évangélistes ont préféré la laisser dans l’encrier.”

Jésus est souvent entouré de gens peu recommandables, et il y en a pourtant qui accueillent sa parole : Zachée, Marie Madeleine, et aussi Matthieu qui était à sa table de publicain quand Jésus l’a appelé. Car Jésus n’enferme jamais quelqu’un dans son passé. Comme Dieu son Père, il regarde la personne, le dedans, pas la coquille. A l’image du petit (6 ans) qui jouait avec des coquillages sur la plage et qui, tout d’un coup, arrive à toute vitesse : “Maman, il y a quelqu’un dedans.” Jésus, comme Dieu son Père, voit le “quelqu’un qui est dedans.”  

Ne pas juger, rester humble, comme y invitait saint Paul dans sa 2de lettre aux Philippiens au ch 2 qu’on lit également chaque année à la fête des Rameaux, véritable résumé de la foi chrétienne : “Ayez assez d’humilité pour estimer les autres supérieurs à vous-mêmes. Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : ayant la condition de Dieu, il ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu ; mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur… il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix.”

Avoir le même regard que Dieu… Au sujet des “droits de l’homme,” Michel Scouarnec a écrit : S’il revient au droit humain de fixer des limites aux rapports humains, ce droit se pervertit dès lors qu’il prétend fixer des limites à l’amour qui est en Dieu. En Dieu pas de justice sans bonté.” Et il formulait ce qu’il appelle les droits de Dieu, de quoi nous aider à avoir le même regard que Dieu :

* Le droit de rester bon quand l’œil de l’homme se fait mauvais.

* Le droit de verser un même salaire à l’ouvrier de la 11ème heure qu’à celui de la première.

* Le droit de faire briller son soleil sur les méchants comme sur les bons.

* Le droit de soutenir le pauvre sans défense devant le riche sans pitié.

* Le droit de perdre son temps à écouter l’enfant autant que le sage et le savant.

* Le droit d’attendre la moisson pour séparer l’ivraie du bon grain.

* Le droit d’ouvrir sa table à tous les fils prodigues.

* Le droit de laisser dans le bercail 99 brebis pour partir à la recherche de l’égarée.

* Le droit de pardonner sans limite ni relâche à quiconque demande pardon.

* Le droit de mourir en croix plutôt que de cautionner les intérêts de ses amis.

J’ai juste envie d’en ajouter un pour aujourd’hui : Le droit d’accueillir les nouveaux venus dans la paroisse comme des frères qui nous sont donnés à aimer.

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Dieu nous prie le premier

Posté par rtireau le 22 mai 2017

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Dieu nous prie le premier. 

Dieu répond-il à nos prières? Mauvaise question, pointe Marie-Claire Berthelin. Notre prière est une réponse à Dieu qui nous parle par Jésus, et par nos vies. Encore faut-il que notre liberté nous ouvre à lui donner une réponse!

Quand se fait jour en nous l’en­vie ou la décision de prier, nous parlons peut-être ainsi : il s’agit de « donner une place à Dieu dans notre vie »… il s’agit de « Le rencontrer », voire de « Le rejoindre »… Nous cherchons à aller… au-devant de Dieu pour l’approcher davantage, pour… l’obtenir !

Dans quelle direction nous dé­plaçons-nous ainsi ? Où est ce Dieu que nous serions contraints d’aller chercher ? Pendant que se manifeste ainsi notre quête d’hommes et de femmes (qu’on appelle « cher­cheurs » de Dieu…), Dieu EST. Il est… où ? Dieu respire non dans les nuages du ciel, mais dans le souffle hu­main de la terre. De notre terre. Dieu est tout près de l’humanité : DANS l’humanité.

Que fait Dieu ? Dieu « parle ». Son « Verbe », sa « Parole » a pris corps en l’homme Jésus. Cette Parole incarnée travaille inces­samment notre terreau humain.

Où parle-t-Il ? Dans les innom­brables expressions de vie, d’élan, de bonté des êtres qui nous entourent. Dans les multiples démarches de justice, d’accueil des humains entre eux. Là, Dieu PARLE, depuis qu’il a souveraine­ment parlé par, à travers toute la vie humaine du Christ. Les croyants rassemblés en Église se réunissent avant tout pour en­tendre cela…

« Ô Seigneur, je viens vers Toi, je Te cherche, mon Dieu ! » Si ce mou­vement d’appel de l’être humain vers Dieu est mouvement naturel, instinctif (exprimant le besoin religieux), il n’est pas pour autant le mouvement d’origine de la prière de foi. Si nous pen­sons être les premiers à adresser la parole à Dieu (et… Il n’a qu’à répondre !), nous ne sommes pas en fait dans les réalités d’une foi chrétienne, d’une foi en Christ. Ne nous étonnons pas, alors, de cette impression de parler dans le vide : nous avons raison de nous plaindre d’une non réponse…

Dieu nous parle… Et quand nous consentons à lui parler, parce que Lui nous y convie, ce que nous disons est toujours une réponse. Le plus violent de nos cris est toujours une réponse à une pa­role première, venant de notre Engendreur aimant. Dieu a foi en l’homme avant que l’homme se détermine à lui donner sa foi.

Quand nous nous adressons au Dieu de Jésus-Christ « Parole faite chair » (Jean 1, 24), nous ne lui parlons jamais à partir de rien : mais à partir de Lui, ce Dieu habi­tant tout ce que nous sommes. Il est le mouvement, le « souffle » de nos paroles vers Lui, même quand nous nous en croyons l’origine ! Il est la possibilité de nos appels et de nos mots.

Dieu appelle : Tout, en nous, lui sert de lieu d’appel :

- notre vie de rencontre avec les autres, ses accueils, ses conflits, ses interrogations, ses bonheurs…

- notre vie d’action, et ses lassi­tudes, et son dynamisme…

- notre vie affective personnelle, notre vie intellectuelle, notre vie physiologique, et leurs boulever­sements, leurs découvertes…

La vie de tous les hommes, femmes, enfants de la terre…

Prier, c’est répondre : Car Dieu prie l’homme. Avec la ténacité douce d’un amour. Avec la tendresse et l’admirable ajuste­ment à la réalité que seul l’amour vrai connaît et fait connaître. Dieu sans cesse demande : « Veux-tu ? » Notre liberté n’est pas petite !

▪ Il nous est possible de laisser son appel sans réponse, faute de prendre les moyens suffi­sants pour écouter… jusqu’à entendre. C’est là qu’effective­ment nous risquons de parler dans le vide.

▪ Il nous est possible de nier cet appel parce que secrètement nous lui préférons l’expression de nos mots à nous, qui font les demandes et les réponses. C’est plus rassurant de « maîtriser » ainsi les choses.

▪ Il nous est possible de nous détourner de cet appel ou de retarder le moment de l’écouter, par peur de l’inconnu, de l’inattendu. Et, en fait, nous nous détournons d’une vraie réalisa­tion profonde de nous-mêmes. – Il nous est possible de nous ou­vrir à ce Dieu qui nous prie… De consentir à Le laisser Lui-même nous ouvrir, en optant pour une confiance aimante plus vigou­reuse que nos craintes.

Parle Seigneur, ton serviteur écoute (1 Samuel 3,10)

Le petit garçon Samuel a su répé­ter ces mots si ajustés grâce à l’accompagnement reçu du vieil Éli. Alors Dieu lui a « parlé », au cœur du silence nocturne. Et c’est la vie de Samuel qui, à partir de là, s’est « ordonnée » en réponse heureuse. Il a reçu un chemin de liberté pour toute son existence. Il a reçu un sens…

Marthe accompagne ainsi le dé­sarroi de sa sœur Marie, au mo­ment de la mort de leur frère : « Le Maître est là : Il t’appelle. » (Jean 11,28). Et Marie répond, quittant son lieu de tristesse…

Des anonymes disent à Bartimée : « Confiance ! Lève-toi. Il t’ap­pelle. » (Marc 10,49). Et l’aveugle répond en jetant son manteau protecteur, et en bondissant dans le noir vers… un autre que lui…

Marie-Claire Berthelin, Sœur de La Retraite Revue Vie Chrétienne, mars 2017

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