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Croire en la bonté ultime de chaque être humain

Posté par rtireau le 23 novembre 2014

Ch.Théobald

Extraits d’un dialogue avec le théologien Christoph Théobald

Question : Ce dont nous avons besoin, avant même de parler de la foi en Dieu, est de retrouver la foi en l’homme, en l’autre. Quelles ressources peut-on mobiliser pour cela ?

Réponse : Souvent, notamment en matière écologique ou économique, il est tentant de brandir la menace sur le mode : « Si nous ne changeons pas radicalement notre manière de vivre, nous allons à la catastrophe. » C’est une manière de rejoindre la tradition prophétique. On trouve cela même chez le philosophe Hans Jonas, l’un des pères du principe de précaution. C’est aussi présent dans certains passages d’Evangile, dans la bouche même de Jésus de Nazareth. De fait, ce genre de « catastrophisme éclairé » peut être utile pour faire bouger les choses. Mais dans une société fragilisée et complexe comme la nôtre, cela risque d’être contre-productif. Et surtout cela ne permet pas la conversion en profondeur dont nous avons besoin. Pour retrouver la foi en l’homme, nous devons mobiliser des ressources plus positives. D’abord cette foi élémentaire en la bonté ultime de chaque être humain. Cette foi qui se manifeste par le fait que les femmes mettent toujours des enfants au monde – c’est peut-être le plus grand des miracles – et qu’avec chaque naissance, d’une certaine manière, le monde renaît.

Ce n’est pas en criant que des étrangers vont venir manger notre pain que l’on convainc la population française de faire des enfants, mais en raison de ressources intérieures bien plus profondes qui affirment en nous que la vie, en dernière instance, est bonne et qu’il est bon d’agir ainsi. C’est une donnée que les Ecritures ne cessent de mobiliser : un appel à la capacité humaine de prendre soin d’autrui et de soi-même. Voilà une dimension que les hommes et les femmes qui s’engagent en politique se doivent de cultiver.

 

Question : C’est donner à la politique une dimension très profonde.

Réponse : Aller au bout de cette expérience humaine qu’est la politique, c’est aller au bout de ce que nous croyons de Dieu et de sa relation à nous. En se rappelant – et il serait bon que les chrétiens le redécouvrent – que ce n’est pas parce que nous utilisons le mot Dieu qu’il est présent, ni parce que nous ne le prononçons pas qu’il est absent…. Il faut avoir à l’esprit, que seule l’autolimitation – le mot est de Hannah Arendt – de notre puissance et de nos appétits permet la vie commune. Cela va de pair avec la foi que l’autre puisse émerger et être désiré. C’est au fond ce que nous croyons de Dieu ; c’est ce que nous observons à travers les grandes figures bibliques et celle de Jésus de Nazareth.

On pourrait dire que l’autolimitation est une figure de la sainteté : il s’agit d’espérer et de désirer qu’autrui puisse exister devant nous, et de s’en réjouir. Cela suppose évidemment, comme Jésus le manifeste dans le don qu’il fait de lui-même, d’être radicalement libre de sa propre vie et de sa propre mort. Voilà ce qui est en jeu dans ce que l’on pourrait appeler l’intimité du politique…

Dans « Témoignage Chrétien » du 19 avril 2012

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