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Homélie

Posté par rtireau le 25 juillet 2018

17° dimanche dans l’année B – 29 juillet 2018

2 Rois 4, 42-44 ; Psaume 144 ; Ephésiens 4, 1-6 ; Jean 6, 1-15

Le discours sur le pain de vie (Jean 6) commence par le récit de la multiplication des pains. Deux éléments important :le signe des pains partagés et la fuite de Jésus dans la montagne.

Le signe des pains partagés, multipliés. Même si notre texte fait allusion à l’Eucharistique, il semble bien que Jésus ait nourri des foules qui avaient faim. On a même voulu le faire roi. En tous cas il a eu une réaction très humaine : “Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ?”Autrement dit, Dieu lui-même, en Jésus, nous ramène au quotidien des hommes : il  faut assurer à tous le pain quotidien. Évangéliser passe par une réelle solidarité. 

Aujourd’hui on est moins sensibles qu’autrefois au côté merveilleux,et ce qui est miraculeux rend sceptique. Alors, après avoir pris au sérieux le miracle dans son côté abondance de pain, pourquoi ne pas oser, comme l’a fait le théologien Karl Rahner, prendre ce récit comme une exigeante parabolepour la vie de l’humanité d’aujourd’hui ? Ce que nous venons de lire, dit-il, se reproduit aujourd’hui : on a des moyens techniques, on récolte dans le même champ dix fois plus de blé qu’autrefois. Donc personne ne devrait plus mourir de faim. Maintenant donc, dit-il, la multiplication des pains est un peu entre nos mains : à nous de nourrir la foule dans le désert de notre terre, car “ventre affamé n’a pas d’oreilles”. La phrase de Jésus reste d’actualité :“Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ?”Dieu Amour nous fait don de ce miracle de la multiplication des pains par la technique pour qu’étant libérés des soucis matériels nous ayons le temps de nous préoccuper du pain de Dieu

Et Dieu nous invite à ne pas baisser les bras sous prétexte qu’on n’aurait pas grand-chose à partager. Jésus n’a pas fait du pain à partir des pierres comme le lui suggérait le tentateur au désert. La multiplication des pains a été rendue possible par un petit garçon qui avait cinq pains et deux poissons, c’est à dire la portion que le gouvernement donnait aux orphelins pour sept jours. Ce petit garçon a donc donné tout ce qu’il avait pour manger durant une semaine.Dieu peut tirer du peu qu’on a une bénédiction pour des milliers de gens. Mais il ne faut pas se dire : “Nous ne pouvons rien faire !”Devant les problèmes humains de la faim, de la justice et de la paix, nous pouvons toujours poser un geste. Et le peu qu’on met dans les mains de Jésus devient beaucoup.

Mais il est vrai aussi que “ventre repu n’a pas d’oreilles.” Les techniques qui devraient nous libérer peuvent nous rendre esclaves. Esclaves du pain en quantité qui pourrira dans nos mains comme la manne du désert dans les mains de ceux qui en prenaient plus que la ration quotidienne. On arrive alors au deuxième élément du récit : la fuite dans la montagne.Jésus invite à regarder plus loin. Dieu crie sans cesse, comme le vieux philosophe grec Diogène : “Vous ne serez jamais heureux d’être seulement des cochons gavés.”Jésus fuit dans la montagne, loin de ceux qui voulaient le faire roi. Il ne se laisse pas manipuler. L’homme a cette capacité de s’ouvrir à Dieu. Jésus assouvit avec surabondance la faim corporelle – il reste douze corbeilles ! – mais plus encore la faim de vie éternelle que le Christ est capable de combler. Lui seul est le Pain de Vie. C’est notre eucharistie : elle nous rassemble pour une communion encore plus profonde avec le Christ. 

Nous y recevons le corps du Christ dans la présence de nos frères avec qui nous sommes solidaires et dans le pain consacré, les deux. Nous y recevons le corps du Christ à condition d’avoir faim de vraies relations et à condition d’avoir faim de Dieu, les deux.Les deux jamais séparables et tellement bien exprimés par la bouche de Saint Jean Chrysostome (4èmesiècle) : “Tu veux honorer le Corps du Christ, ne le méprise pas lorsqu’il est nu.”

En fait, le vrai miraclen’est pas la multiplication des pains, mais la naissance d’un Peuple.Au début du texte, il est question d’une foule nombreuse et, à la fin, c’est un peuple de cinq mille hommes.Au début, la réaction des apôtres est prisonnière du système de l’argent et du commerce où les riches deviennent plus riches et les pauvres plus pauvres : “Le salaire de deux cents journées ne suffirait pas !” Heureusement il y a un petit garçon qui a cinq pains et deux poissons. Ce n’est pas un économiste, c’est le cœur d’un enfant qui fait entrer dans le partage.

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Homélie

Posté par rtireau le 18 juillet 2018

16° dimanche dans l’année B -  22 juillet 2018

 Jérémie 23, 1-6 ; Psaume 22 ; Ephésiens 2, 13-18 ; Marc 6, 30-34

“Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu.” Ce sont les mots de Jésus à ses disciples il y a longtemps. Pourquoi pas à nous aujourd’hui ?

Se mettre à l’écart pour se reposer. Prendre le temps gratuit du repos

Se mettre à l’écart pour prier. Prendre le temps gratuit de la prière

Se mettre à l’écart pour se reposer. Prendre le temps gratuit du repos.Échapper pour un temps aux contraintes professionnelles, aux parcours obligés, aux horaires imposés. Le repos n’est pas un luxe, le repos n’est pas une concession à la facilité ou à la paresse. Pas du tout. Nous sommes faits aussi pour le repos. C’est l’écrivain français Julien Gracq(Louis Poirier), décédé en 2007, qui disait : “Tant de mains pour transformer le monde et si peu de regards pour le contempler. Un temps pour transformer le monde, d’accord. Mais aussi le temps de vivre, un temps pour l’amour, l’amitié, pour la liberté, pour la beauté, pour la poésie et la musique, pour le silence et la réflexion. Trop de gens en font tellement pour gagner leur vie qu’en définitive ils la perdent…” Je trouve qu’il parle un peu comme Jésus. Ou comme la petite Jade sur la plage en Camargue qui demande à sa Mamie de rester encore un peu pour voir le soleil se coucher. Et au moment de repartir, elle dit : “Mamie, c’était si beau, et personne ne regardait.”

La vocation de l’homme, selon l’Évangile, ne consiste pas à mener une vie agitée ou encombrée. “Tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses”, disait Jésus à son amie Marthe, tu risques de passer à côté de l’essentiel, de l’unique nécessaire.

Revenir à l’essentiel, mais comment ? Eh bien peut-être en prenant au sérieux la seconde recommandation que l’on croit entendre de la part de Jésus : se mettre à l’écart pour prier, prendre le temps gratuit de la prière. Grand mystère pour chacun que cette invitation. On ne peut que suggérer, encourager, mettre en chemin vers cette forme de repos qui tout d’un coup peut devenir prière. Les vacances, le calme, l’absence d’horaire peuvent offrir une chance pour cette mystérieuse réalité : faire l’expérience de ce moment essentiel qui sert, non pas à changer les choses, mais surtout à nous changer nous-mêmes. Car à force de regarder le Christ et d’écouter sa Parole, nous ne sommes plus les mêmes. Notre conscience s’éclaire. Nous nous sentons plus forts. Son Esprit descend en nous et nous arrivons petit à petit à aimer les autres d’un amour plus grand que notre propre cœur.

C’est un peu ce que suggèrent ces quelques lignes merveilleuses de Antoine de Saint Exupéry, dans un chapitre duPetit Prince, au moment où il rencontre un marchand :

Bonjour, dit le Petit Prince.

Bonjour, dit le marchand.

C’était un marchand de pilules perfectionnées qui apaisent la soif.

Pourquoi vends-tu cela ?dit le Petit prince.

C’est une grosse économie de temps, dit le marchand. Des experts ont fait des calculs, on épargne 53 minutes par semaine.

Et que fait-on de ces 53 minutes ?

On en fait ce que l’on veut.

Eh bien moi, dit le Petit Prince, si j’avais 53 minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine.

Le temps de marcher tout doucement vers une fontaine, 53 minutes, à peu près le temps de la célébration du dimanche. Je nous souhaite de ne jamais être à 53 minutes près pour aller à la source.

Je nous souhaite, à la faveur de l’été : 

- de prendre le temps de marcher tout doucement vers une fontaine pour nous reposer.

- de prendre le temps de marcher tout doucement vers la fontaine pour prier.

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Homélie

Posté par rtireau le 10 juillet 2018

15° dimanche dans l’année B -15 juillet 2018

Amos 7, 12-15 ; Psaume 84 ; Ephésiens 1, 3-14 ; Marc 6, 7-13

“Tu n’as rien oublié ? As-tu pris tout ce qu’il te faut ?”Questions qui fusent avant un départ. Vérification du contenu du portefeuille. Tout est prévu. C’est Parfait ! Et vous partez. Les consignes que Jésus donne ? Tout le contraire : ne prenez rien de ce qui peut freiner votre marche. Rien, sauf un bâton. Pas de sac, pas d’argent, même pas de pain. Une tunique, une seule, et des sandales. 

Ne rêvons pas. Ça n’a jamais existé. D’ailleurs les recommandations de Jésus varient d’un évangile à l’autre. Marc, Matthieu et Luc ne retiennent pas les mêmes détails. Ce qui compte c’est l’esprit. Et la disponibilité intérieure qui permet de rencontrer les autres en vérité et en liberté. Et de témoigner du Dieu gratuit, du Dieu qui s’offre, qui ne s’impose pas, ne se possède pas, ne se mérite pas.

Contrairement à une croyance très répandue notre Dieu n’est ni riche ni tout-puissant. Il est pauvre parce qu’il n’est qu’amour, regard vers l’autre. Il ne faut pas confondre cette pauvreté avec de la faiblesse. Car il faut être très fort pour se faire tout impuissant, pour ne répondre à la force que par de l’amour. Dieu dont l’amour est tout puissant. Inviter à accueillir ce Dieu est impossible si l’on prétend sortir de son sac des arguments, ou des preuves comme on disait autrefois. Il faut être les mains vides pour que Dieu se révèle. Lui seul peut se dire. Ce qu’il faut emporter au départ : le lien d’amitié forte et douce. Il vaut mieux se dépouiller de tout le reste.

12 apôtres ! Pourquoi pas 15 ou 20 ? En Israël il y avait 12 tribus : il y aura 12 apôtres pour couvrir les besoins du nouvel Israël. 12 n’est dont pas un petit nombre, mais signifie la totalité des besoins du nouvel Israël. Dans le texte parallèle de Matthieu on voit Jésus envoyer 72 disciples. Pourquoi pas 75 ou 120 ? La Genèse énumère les nations de la terre, et il y en a 72. Autrement dit, Jésus envoie autant de disciples qu’il y a de nations, autant que de terrains où l’Évangile n’a pas été annoncé. S’il en faut 12 ou 72, c’est qu’il en faut pour aller partout ! “Allez dans le monde entier. De tous les peuples, faites des disciples.” Qui sont ceux que Jésus a choisis ? Des élites, des intellectuels, des saints ? Pas vraiment. Pierre est attachant mais naïf, faible et lâche. Jean est surnommé le fils du tonnerre, avec son tempérament violent. Judas est capable de trahir. Matthieu est arraché par Jésus à la compagnie des comptables malhonnêtes quand il est appelé à son comptoir de publicain. Des autres on ne sait pratiquement rien. Ils sont de ceux dont on ne parle pas.

Ceux que Jésus choisit et envoie sont des gens ordinaires. Ne disons pas : “Je ne suis pas capable, je ne sais pas parler, je ne suis qu’une maman, je ne suis qu’un employé.” Tous nous sommes appelés. D’ailleurs, pour être rempli de la force d’aimer de Dieu, il faut être envoyé. Le prophète Amos n’a pas choisi sa mission. C’est Dieu qui l’a appelé : “Le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, et c’est lui qui m’a dit : « Va, tu seras prophète pour mon peuple… »”On ne se présente pas soi-même : on est envoyés. Voilà la racine de notre liberté.Qui pourrait prétendre être une lumière pour les autres dans leurs ténèbres ?Seul Dieu éclaire: nous sommes envoyés aux autres pour qu’ils perçoivent en nous cette lumière qui ne peut que nous être donnée.

Et Jésus veut cette mission modeste ! “N’emportez ni or, ni argent ; partez sans bagages, deux par deux.” La mission n’est ni puissance, ni prestige. Jésus demande à ses envoyés de s’adapter aux situations. “Quand dans une localité… - Si  on vous refuse…” Il sait que ses disciples n’auront pas toujours le travail facile. Il ne faut jamais forcer, surtout pas ceux qui semblent ne rien vouloir entendre de Dieu. Même le geste, très culturel, de secouer la poussière de ses pieds ne signifie pas la colère. Mais simplement qu’on n’est pas venu pour prendre quoi que ce soit, mais pour donner, et que nous n’emportons rien. La constatation de la fermeture de ces personnes ne supprime jamais l’espérance qu’elles seront rejointes par des chemins que Dieu seul connaît. Ailleurs, Jésus a dit que l’Église est efficace à la manière du levain, d’une pincée de sel, ou d’une semence. Et puis, comme dit le théologien Christoph Théobald : “Ce n’est pas parce que nous utilisons le mot Dieu qu’il est présent, ni parce que nous ne le prononçons pas qu’il est absent.”

“Ne parle du Christ que si l’on t’interroge, disait François de Sales, mais vis de telle façon qu’on t’interroge.” Il ne s’agit pas de transmettre la foi mais de la montrer par notre manière de vivre. Ce n’est pas ce que nous disons qui fera croire en Dieu mais ce que nous vivons.

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Homélie

Posté par rtireau le 4 juillet 2018

14° dimanche dans l’année B -  8 juillet 2018

Ezéchiel 2, 2-5 ; Psaume 122 ; 2 Corinthiens 12, 7-10 ; Marc 6, 1-6

Les compatriotes de Jésus n’ont pas l’air contents dans la synagogue de Nazareth. Pourtant, ce qu’il annonçait était plutôt Bonne Nouvelle : guérisons, libération, soulagement des pauvres. Les gestes qu’il faisait étaient aussi des gestes de salut et de libération, et même s’il parlait de conversion, c’était pour faire découvrir la vraie joie.

En fait, ce n’est pas le message qui est contesté par les habitants de Nazareth, c’est le messager. Trop exigeant ? Non ! Trop déroutant ? Non plus. Non ! Seulement trop familier. Les gens de Nazareth le connaissaient trop bien, cet homme du pays :

- par sa profession : “N’est-il pas le charpentier ?”

- par sa mère : “N’est-il pas le fils de Marie ?”

- par sa parenté : “N’est-il pas le frère de Jacques, de Joseph, de Simon ?”

On connait la parenté et le cousinage. En bref, cet homme Jésus est trop humain pour révéler Dieu. Impensable que Dieu choisisse comme envoyé le charpentier dont chacun, à Nazareth, connaissait la famille. “Nul n’est prophète dans son pays.” Jésus se disait fils de Dieu, certains de ses disciples commençaient à entrevoir son mystère. Mais ses compatriotes disaient : “C’est le fils du charpentier.”

Attention ! Ne sourions pas de leur difficulté à croire, c’est la nôtre très souvent. Par exemple quand nous trouvons trop simple et trop humaine l’Église chargée d’annoncer la Bonne Nouvelle. Au long de son histoire, elle a eu ses moments édifiants mais aussi ses moments scandaleux. Et pourtant c’est bien cette Église, dont nous faisons partie, qui est le corps du Christ.

Et quand nous trouvons trop simple et trop humaince prêtre qui a prononcé la parole du pardon ou qui a baptisé votre enfant. Il a pourtant reçu la mission de renouveler les gestes de Jésus Sauveur.

Et quand nous trouvons trop simple et trop humaincet étranger qui demande à être accueilli ou ce malade qui attend une visite. Et pourtant ils sont bien pour nous visages du Christ. “Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites.”

Et quand nous trouvons trop simple et trop humaince monsieur tout le mondeque la vie met sur notre route. Et pourtant il est habité par Dieu. “Tout homme est une histoire sacrée, tout homme est à l’image de Dieu.”

Et quand nous trouvons trop simple et trop humainecette vie trop ordinaire qui est la nôtre. Tant d’années à recommencer les mêmes banalités, avec les mille soucis et les mille détails, apparemment sans importance. Tout ça semble trop humain pour être divin.Et pourtant cette vie ordinaire, la nôtre, Jésus l’a vécue lui-même. Le Fils de Dieu l’a divinisée. Plus elle est humaine, plus elle est divine !Difficile à croire. Pourtant c’est bien ça qui s’appelle être chrétien.

Les contemporains de Jésus sont déçus. Ils attendaient un Messie triomphant qui chasserait les romains. Ils attendaientle jour fracassant du Seigneur pour restaurer Israël dans sa puissance. Ils sont choqués, déçus par la façon dont Jésus accomplit sa mission. Pas d’éclats : il enseigne, il guérit, il console, il pardonne. Ils sont déçus.

Nous aussi, nous sommes déçus par exemple quand nous disons : “Ah! S’il y avait un Bon Dieu, ça n’existerait pas.” Nous rêvons encore d’un Dieu qui interviendrait de façon visible pour mettre bon ordre dans notre monde. Non, il n’agit pas de cette façon. Il n’est pas providence d’intervention, mais plutôt d’inspiration. Il parle au cœur des hommes, il inspire, il anime notre liberté par son Esprit-Saint, son Esprit d’amour. Mais il est effectivement impuissant si l’homme n’accueille pas son Esprit. Rien ne lui résiste sinon notre incroyance.

Soyons heureux de croire en Dieu qui a vécu notre condition humaine, notre vie ordinaire, et la souffrance et la mort pour nous révéler que l’amour aura le dernier mot. Dans cette Eucharistie, recevons son Esprit pour essayer, dans notre vie ordinaire, de suivre son chemin de vie, d’amour et de joie.

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Homélie

Posté par rtireau le 27 juin 2018

13° dimanche dans l’année B – 1erjuillet 2018

Sagesse 1, 13 … 2, 24 ; Psaume 29 ; 2 Corinthiens 8, 7 … 15 ; Marc 5, 21-43

Deux femmes. Ou plutôt, l’une pas encore femme – elle n’a que douze ans – et l’autre qui ne l’est plus vraiment pour des raisons de maladie. Pour l’une et pour l’autre douze ans se sont écoulés. La petite est à l’âge où tout l’être se transforme, où le garçon mue, où la jeune fille s’éveille. Mais le texte dit qu’elle est “à toute extrémité”.Quant à l’autre, qui a des pertes de sang, elle vit sa féminité comme une honte, dans la débâcle de son corps. La Loi la considérait comme impure et donc marginale.

Jésus se met en marche.L’évangile de Marc nous montre Jésus toujours un peu pressé. L’expression aussitôtrevient à tout moment. Jésus lutte avec obstination contre toutes les puissances de mal : les esprits mauvais, la tempête déchaînée, les maladies, la mort même. Mais dans ce combat, il jette des petites phrases essentielles : “Ta foi t’a sauvée… ne crains pas, crois seulement.”En demandant la foi comme condition pour accomplir ses miracles, Jésus avoue que rien ne lui résiste sinon notre liberté qui peut se refuser à lui. Rien ne lui résiste sinon notre incroyance. 

Avec lui, autour de lui, la foule aussi est en marche. Tout le monde bouge, quelque chose va arriver. La femme impure est dans la foule. Le mouvement de foule la met à proximité de Jésus. Elle qui n’éveille plus le désir, elle l’intouchable, elle désire le toucher. Cet homme qui guérit et qui libère, cet homme qui n’a pas peur et qui change la vie, elle va le toucher. Va-t-elle oser ? Modestement elle va essayer, avec la retenue de celle qui a oublié depuis si longtemps ce que c’est qu’être touchée : “Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée.”Seulement son vêtement, mais l’humble contact d’un instant a irradié tout son être : “Elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie.” Jésus, lui, demandait qui avait touché ses vêtements. Il avait senti “qu’une force était sortie de lui”.La femme se jette à ses pieds en tremblant. Elle entend prononcer sur elle : “Ta foi t’a sauvée, va en paix.”

On vient alors annoncer que la petite est morte. Jaïre ne demandait d’abord qu’une guérison pour son enfant. Mais lorsqu’on lui apprend que son enfant est morte, il est invité par Jésus à franchir le pas de la foi en la résurrection : “L’enfant n’est pas morte, elle dort”.Tout le monde se moque : prendre la mort pour un sommeil, quelle sottise ! C’est pourtant là que réside le sens de ce que Jésus va faire, et la bonne nouvelle qu’il veut annoncer : la mort est comparable à un sommeil pour ceux qui croient en lui. C’est jusqu’à cette foi du matin de Pâques que veut nous conduire le vainqueur de tout mal. “Ne crains pas. Crois seulement”,lui dit Jésus. 

Arrivé à la maison du chef de synagogue, il met dehors les pleureuses et les moqueurs, il ne garde près de lui que le père et la mère de l’enfant et trois disciples. La puissance de Jésus ne veut rien de sensationnel. Elle se déploie dans la discrétion et la simplicité. Il prend la main de l’enfant et dit ces deux mots araméens : “Talitha koum !”, “Fille ! Debout !” Debout, c’est un des mots employés par les évangiles pour dire la résurrection de Jésus. Elle se leva et se mit à marcher. Avec Jésus, la mort n’est plus la mort. Elle ne domine plus sur l’homme, elle est un sommeil d’où la puissance de Dieu l’arrache pour le rendre à la vie. Ce geste de Jésus (la prenant par la main, il la fit se lever) est une annonce de sa résurrection. Puis “Il leur dit de la faire manger”.La petite venait de traverser une mort, une femme venait de naître en elle.

“Si je parviens à toucher seulement son vêtement, je serai sauvée,”disait la première femme. Et puis seconde histoire : Jésus saisit la main de l’enfant et lui dit : “Lève-toi”.Comme si la foi c’était toucher ou être touché. La foi, tendre la main pour toucher, la foi, une affaire de tact ! Pourquoi ces deux histoires sont-elles restées ensemble dans les Évangiles ? Peut-être pour signifier que Jésus avait donné, ou rendu, leur féminité à deux êtres en détresse. Et qu’il inaugurait une attitude neuve envers les femmes, si souvent regardées comme inférieures. Et puis Lève-toi– Deboutsont les mots pour dire la résurrection de Jésus. Et lanourritureque Jésus invite à donner à l’enfant, de la même façon qu’il avait invité à nourrir les foules qui le suivaient, pourrait bien être annonce de la nourriture eucharistique.

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